Charlottesville-Noam Chomsky : «les antifas font un énorme cadeau à la droite»

(Chers lecteurs, le webmagazine Les7duquebec.com  vous offre en pâture cette pièce d’anthologie politique gauchiste à titre d’illustration concrète de l’arnaque montée à Charlottesville récemment et que nous dénoncions dans notre dernier éditorial http://www.les7duquebec.com/7-au-front/donald-trump-refuse-de-jouer-le-jeu-a-charlottesville/. Dans le texte ci-dessous la go-gauche américaine dénonce un de ses mentors de s’opposer = tout comme Donald Trump = à la manigance gauche-droite-droite-gauche pour soi-disant lâchement attaquer les gens de couleur ou pour généreusement défendre les gens de couleur. Évidemment Chomsky devrait comprendre de quel côté se trouve le BIEN et de quel côté se trouve le MAL. Les médias menteurs et les médias de la go-gauche font une large diffusion des propos de Chomsky car ils permettent d’approfondir la mystification et de poursuivre la préparation aux conditions de guerre réactionnaire. Incidemment, nous vous invitons à lire cette section du texte où l’auteur souligne qu’une semblable gamique fut élaborée dans les années trente pour préparer la Seconde guerre mondiale. Robert Bibeau  http://www.les7duquebec.com)

 

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Noam Chomsky affirme que le mouvement antifasciste impliqué dans les affrontements de Charlottesville est «autodestructeur». Il soutient que les principes de leur action sont faux et qu’il s’agit d’un «énorme cadeau fait à la droite».

Le mot « antifa »  est un raccourci utilisé pour désigner les organisations « antifascistes », il se réfère à une coalition non structurée et décentralisé de groupes militants de base qui s’opposent à l’extrême droite.

Le mouvement, qui a été fondé en Italie et en Allemagne dans les années 1920, a fait les gros titres à la suite d’un rassemblement de la «suprématie blanche» à Charlottesville, en Virginie, au début du mois. Des néo-nazis, des membres du Ku Klux Klan et des partisans de « alt-right » (littéralement : la droite alternative) se sont affrontés avec des antifascistes et une femme est morte après qu’une voiture ait foncé dans un groupe de manifestants antifascistes.

Comme pour en rajouter à cette violence, Trump a déclenché une certaine colère en renvoyant dos à dos les suprématistes blancs et les antifascistes, affirmant que les contre-manifestants étaient aussi violents que les groupes « d’extrême droite » et que le mouvement « alt-right » incluait des gens  » Très bien « .

Chomsky, qui est célèbre pour sa critique de la politique étrangère américaine, du néolibéralisme et des grands médias, vient d’émettre un avis critique sur les Antifas.

« En ce qui concerne les Antifas, il s’agit d’une minuscule frange de la gauche, tout comme leurs prédécesseurs », a déclaré le linguiste et philosophe au Washington Examiner : « Ils font là un énorme cadeau à la droite, y compris à commencer par la droite militante et exubérante. Leurs actions reposent souvent sur de faux principes – comme le refus du dialogue – et leur mouvement est généralement autodestructeur. Lorsque la confrontation se dérive sur le terrain de la violence, c’est le plus dur et le plus brutal qui gagne – et celui-là, nous le connaissons. Cela discrédite le militantisme constructif et fait perdre les avancées réalisées par des formations structurées et organisées ».

En disant cela, Chomsky se réfère à d’autres formes de lutte et de tactiques que l’action directe contre les « suprématistes blancs », telles que l’organisation syndicale, la solidarité avec les migrants, les programmes d’éducation publique.

Chomsky, qui a récemment quitté son poste de professeur émérite au Massachusetts Institute of Technology pour devenir professeur lauréat à l’Université de l’Arizona, a suscité des critiques à propos de ce jugement porté sur les Antifas.

Eleanor Penny, qui a beaucoup écrit sur le fascisme et l’extrême droite, a déclaré à The Independent : « Chomsky considère la lutte contre le fascisme comme un combat pour la pureté morale que l’on peut gagner en restant respectueux, polis et déférents. Mais les fascistes n’ont aucune intention de gagner cette bataille. Ils ne se soucient pas de respecter la liberté d’expression ou le droit à un procès équitable ; ils ont ouvertement déclaré leur intention meurtrière envers les personnes de couleur (et d’autres « indésirables ») et ils continueront à le faire par tous les moyens. Pour cette raison, la résistance physique est un devoir, un acte de légitime défense, et non pas une représentation maladroite du déclin moral de gauche « . En outre, la bataille de Cable Street en 1936 et les affrontements similaires de Lewisham et Wood Green à Londres en 1977, ont montré que la résistance physique a protégé les populations locales de la violence raciste et empêché un rassemblement de fascistes d’aller plus loin. Cela s’inscrit dans une politique générale ».

 

Les avis critiques sur les médias sociaux soutiennent que Chomsky est moins « à gauche » (sic) en vieillissant et insinuent que sa notoriété et son discernement sont en régression, pour ne pas dire du domaine du passé.  Asa Winstanley, un journaliste américain, a déclaré : « C’est triste : Chomsky imite Trump en condamnant  » les deux parties  » en affirmant qu’Antifa est « un cadeau majeur à la droite ».

Le mouvement antifasciste, qui prône l’opposition populaire autonome au fascisme plutôt que de faire appel à la police ou à l’État, n’est pas une organisation centralisée homogène. Ce mouvement a une histoire longue et variée qui remonte à la lutte contre les chemises noires de Mussolini dans les années 1920 et ensuite les chemises brunes d’Hitler dans les tavernes de Munich. Au Royaume-Uni, les antifascistes se sont mobilisés contre les chemises noires menées par Oswald Moseley, le chef de l’Union britannique des fascistes, dans Cable Street à East London dans les années 1930 et dans bien d’autres cas. De 1934 à 1936, en France, un Comité de vigilance a regroupé des intellectuels antifascistes.

Ramer à contre-courant comme le fait Chomsky réclame beaucoup d’énergie pour cet homme de 88 ans.

Sources : BBC news, Washington Examiner.

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétaire depuis 40 années.

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