La Crimée se porte bien

Un oeil sur … la Russie
Mikhail Gamandiy-Egorov.

On se souvient également de l’énorme enthousiasme qu’a suscité ce choix au sein de la population criméenne. De même que dans le reste de la Russie. Larmes de joie chez les jeunes et les moins jeunes. Et surtout beaucoup d’espoir quant à l’avenir. Justement, qu’en est-il aujourd’hui ? Quels sont les sentiments régnant au sein des Criméens, puisque c’est bien de leur vie qu’il s’agit.

Eh bien, la Crimée, région ayant toujours possédé d’énormes opportunités (tourisme, agriculture et industrie vinicole notamment, sans parler de sa position stratégique en Mer Noire,…), était pourtant laissée à l’abandon par les différents pouvoirs ukrainiens, étant même devenue une région largement dépendante en terme de subventions de l’Etat central ukrainien. Pourtant rien d’étonnant : la Crimée n’a jamais inspiré confiance aux leaders ukrainiens qui ont toujours vu en elle le foyer des sentiments pro-russes.

Et lorsqu’il était devenu tout simplement impossible pour les habitants de la péninsule de rester au sein dudit Etat ukrainien, compte tenu des événements dans l’Ouest de l’Ukraine et à Kiev, ils ont pris leur avenir en main et ont choisi la voie du retour au sein de la Russie, qu’ils ont toujours considéré comme étant leur Mère-Patrie. À rappeler qu’au moment même de l’éclatement de l’URSS, les Criméens avaient déjà demandé à rejoindre la Fédération de Russie, demande restée sans réponse de la part du premier pouvoir de la nouvelle Russie de l’époque…

Aujourd’hui, après plus de trois mois qui ont suivi le ralliement à la Russie et en discutant avec les différents représentants de la Crimée, on s’aperçoit que l’enthousiasme n’a guère baissé. Bien au contraire. Un ami entrepreneur (ethniquement Ukrainien) me disait l’autre fois que depuis le ralliement à la Russie (pour lequel il a voté) et mis à part l’aspect de justice historique, les opportunités d’affaires sont devenues beaucoup plus intéressantes et surtout bien plus organisées, et ce malgré les nouvelles règles auxquelles il a fallu se conformer compte tenu du fait d’être désormais sous la juridiction d’un nouvel Etat.

Les Tatars de Crimée, ayant été la communauté qui était plus ou moins divisée sur la question du ralliement, eux, affirment être aujourd’hui rassurés et ne regrettent pas d’avoir choisi en majorité eux aussi le choix de rejoindre la Russie. Leur langue est désormais l’une des langues officielles de la Crimée. D’autre part, le président Poutine a comme il avait promis, signé le décret de réhabilitation des Tatars de Crimée, qui comme plusieurs autres peuples avaient été victimes de répressions des années 1930. Rien de cela n’avait été fait sous le pouvoir de Kiev.

Qu’en est-il économiquement parlant ? L’un des points à souligner dans cette question (cruciale) est la mise à niveau des salaires et retraites de la presqu’île au niveau moyen russe, soit une augmentation de plus de 2-3 fois selon les cas. L’autre aspect est de transformer la Crimée d’une région totalement dépendante (comme c’était le cas sous la domination de Kiev) en une région économiquement autonome et efficace, et compte tenu des atouts que possède la péninsule, les premiers résultats font ravir plus d’un.

Dans le domaine touristique, la Crimée qui a toujours attiré de nombreux touristes russes, en attirera aujourd’hui vraisemblablement un nombre bien plus conséquent, y compris pour des raisons patriotiques, bon nombre de citoyens russes privilégiant désormais les vacances à l’intérieur du pays et y voyant comme une sorte de réponse à la rhétorique des « sanctions » occidentales. Il est bien connu que les touristes russes sont parmi les plus dépensiers, et ce aux quatre coins du monde, mais lorsque certains pays menacent (tout en étant très dépendants des touristes russes), ces derniers répondent par un tourisme patriotique. Par ailleurs, grand nombre de foyers russes envoient aujourd’hui leurs enfants passer les vacances en Crimée, un peu comme à l’époque soviétique lorsque la péninsule était le principal centre balnéaire pour les enfants du pays.

La Crimée attire également grand nombre d’investisseurs, principalement russes mais pas seulement. Lors de la dernière visite de Vladimir Poutine en Chine, plusieurs hommes d’affaires et investisseurs chinois ont exprimé un vif intérêt pour différents projets en Crimée. Et mis à part nos amis chinois, de plus en plus d’investisseurs occidentaux et notamment européens s’intéressent activement eux aussi à la péninsule, et ce malgré les « positions » de leurs gouvernements. Beaucoup d’entre eux vont en Crimée et discutent des opportunités sur place.

A rappeler que la Russie investira près de 4 milliards d’euros par an dans le développement de la Crimée : le coup de pouce nécessaire pour les débuts. Une bonne partie de ces investissements iront dans l’infrastructure (complètement négligée sous le pouvoir ukrainien). L’Etat russe sera pour le moment le principal investisseur mais de plus en plus d’investisseurs privés participeront au fur et à mesure. En ce qui concerne le secteur de l’agriculture et malgré les tentatives de la part de Kiev de faire saboter les récoltes, notamment en coupant massivement l’eau à la presqu’île, au final les résultats sont loin d’être négatifs. Au contraire, les professionnels du domaine ne cachent pas leur optimisme.

Tout cela pour dire que la Crimée est désormais partie intégrante de la Fédération de Russie, non pas seulement juridiquement, mais bien économiquement, bien que beaucoup encore reste à faire. Le principal étant que dans le cœur des Criméens, la Russie et la Crimée sont désormais indivisibles. Et cela n’a pas de prix.

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