La dynastie des Ming (suite)

 Empereur Wanli (1572-1620)

Un oeil sur … la Chine
Carolle Anne Dessureault :

Considérée comme l’une des plus grandes périodes de gouvernement efficace et de stabilité humaine, les Ming vont régler sur la Chine de 1368 à 1644. La dynastie Ming est la dernière dynastie chinoise à être dominée par les Han ! Quelques dix-sept empereurs vont se succéder au cours du règne de la dynastie Ming !

L’un d’eux, Ming Yonglé, (1402 à 1424) entreprit d’immenses projets de construction et de restauration, entre autres, la restauration du Grand Canal et de la Grande Muraille, la fondation de la Cité Interdite à Pékin, fit construire des centaines de navires, et commanda la plupart des voyages d’exploration maritime de l’eunuque amiral Zheng He. Son nom signifie Joie Éternelle. Il fut enterré dans la tombe de Changling, le Mausolée central et le plus important des Tombeaux des Ming.

Vous trouverez la liste des empereurs Ming dans l’article du 4 avril 2014.

L’empereur Zhengtong (1435 – 1449 et 1457 – 1464) La crise de Tumu
Une destinée peu banale pour Zhu Qizhen qui fut empereur non pas une, mais deux fois ! D’abord en 1435, il prit le nom de Zhengtong jusqu’en 1449, puis écarté du pouvoir; il revint en 1457 sous le nom de Tianshun.

Il n’avait que huit ans lorsqu’il monta sur le trône en tant que Zhengtong ! Pendant ses jeunes années de formation, l’eunuque Wang Zhen s’occupa des affaires de l’État. Des années plus tard, à l’âge de vingt-deux ans, au cours d’une opération militaire dans le nord-ouest du pays, le jeune empereur fut capturé par les Mongols qui décidèrent de l’échanger contre une rançon, une négociation avortée par la trahison de son demi-frère,  Zhi Qiyu, qui profita de son absence pour se proclamer empereur sous le nom de Jingtai.  Zhengtong déchu, ne représentant plus aucune valeur monétaire pour les Mongols, fut libéré et retourné chez lui où il fut gardé en captivité dans le palais de Jingtai. Pendant ce temps, les amis-alliés de Zhengtong fomentèrent une rébellion au cours de laquelle Zhi Qiyu trouva la mort. C’est ainsi que Zhu Qizhen reprit le pouvoir et se fit appeler Tianshun.

Ses années de pouvoir sont marquées par les troubles. Un général chinois, Cao Qin, de concert avec ses troupes Ming, organisèrent un coup d’état contre lui de peur d’être les prochaines victimes des purges de ceux qui avaient soutenu la succession de son demi-frère, Jingtai. Conséquence : les portes ouest et est de la Cité impériale furent incendiées et plusieurs ministres tués.

À l’horizon, les constantes incursions mongoles poussèrent l’empereur à fortifier la Grande Muraille dont les tours abritaient des feux qui permettaient de signaler les mouvements des troupes ennemies.

Empereur Wanli (1572 -1620)
Cet empereur savait s’entourer de conseillers avisés pour gérer adéquatement le vaste royaume de la Chine. Pourtant, cette efficacité fut mise en péril à la mort de l’un d’eux, ébranlant si fortement la stabilité apparente des alliances ingénieusement nouées, qu’elle causa une grave division au sein du royaume.

Très ennuyé par les troubles, l’empereur Wanli se désintéressait peu à peu des affaires courantes et surtout des lassantes querelles entre ses ministres. Pour avoir la paix, il décida de se retirer derrière les murs de la Cité Interdite. Un changement radical s’imposa suite à ce retrait ayant pour conséquence de réduire considérablement l’influence administrative des fonctionnaires … au profit des eunuques à qui Wanli accorda un grand pouvoir en faisant d’eux ses intermédiaires avec les fonctionnaires.

Favoris, les eunuques se montrèrent tyranniques. Chaque fois qu’un fonctionnaire désirait faire passer un message à l’empereur, il devait courtiser les  eunuques et leur offrir des pots-de-vin. La corruption des eunuques devint une façon courante de faire les affaires à la cour.

Rappelons que le premier empereur, Hongwu, avait interdit aux eunuques d’apprendre à lire et à s’engager en politique. En dépit de ces contraintes, les eunuques prirent de plus en plus d’expansion, entre autres sous le règne de Yonglé (comme nous l’avons vu dans l’article précédent), et certains se distinguèrent, tel Zheng He, comme amiral. Ainsi, au fil des ans, ils prirent de l’autonomie, développèrent leur propre bureaucratie sans être assujettis à la bureaucratie officielle des fonctionnaires.

Mais ce n’est qu’au cours du règne de Wanli (vers 1590) que leur domination tyrannique s’exprima lorsque l’empereur leur accorda le droit de collecter des taxes.

Le dernier empereur, Chongzhen (1627 – 1644)
Élevé dans un environnement paisible, Zhou Youjian hérita du trône à l’âge de dix-sept ans. Il prit le nom de Chongzhen. Malgré de bonnes intentions, sa gouvernance fut assombrie par les corruptions internes et l’économie épuisée par les extravagances des dynasties passées. Son caractère soupçonneux l’amena à des erreurs de jugement, telle l’exécution en 1630 du général Yuan Chonghuan qui avait pourtant brillamment combattu les Mandchous, un geste qui allait précipiter la dynastie vers sa chute.

En effet, les soulèvements populaires s’intensifiaient ainsi que les incursions mandchoues. En l644, l’Armée populaire marcha dans Pékin. Devant l’évidence de l’échec, Chongzhen, plutôt que de se rendre, se pendit dans le Parc Jingshan.

Les Mandchous fondirent en mai 1644 la dernière dynastie impériale de Chine, les Qing, qui régnera jusqu’à l’abdication de son dernier souverain Puyi en 1912.

Une nouvelle étoile remplaçait celle qui venait de mourir.

Les objets d’art et le commerce
Un grand épanouissement dans le domaine des arts marque la période des Ming, que ce soit la peinture, la poésie, la musique, la littérature, ou l’opéra. Les porcelaines et les objets de laque se raffinent, et sont agrémentés de dessins complexes. Les gens aisés se procuraient ces objets ainsi que des broderies en soie et des articles en jade et en ivoire. La demande pour ces objets raffinés fournissait du travail à des marchands d’art, et aussi, à des faussaires qui réalisaient des imitations réussies.

La popularité de la soie et de la porcelaine traversa les frontières. On estime que la seule Compagnie néerlandaise des Indes orientales transporta plus de six millions d’objets en porcelaine jusqu’en Europe entre 1602 et 1682. En échange, la Chine achetait de l’argent, et aussi des patates douces, du maïs et des arachides. Étant donné que ces plantes pouvaient être cultivées dans des zones où les cultures traditionnelles, le riz, le blé ou le millet ne poussaient pas, la population connut une bonne expansion.

 

Sources : http://www.chine-nouvelle.com/chine/empereurs/zhengtong.html
http://www.chine-informations.com/guide/chongzhen_1253.html

 

 


 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *