L’armée américaine s’inquiète de l’influence de la Russie et de la Chine en Afrique

Par Yacine Babouche (revue de presse : TSA  – 14/8/19) sur France-Irak actualité

 

Le webmagazine Les7duQuébec.com l’annonce depuis un certain temps : L’Afrique, émergent au développement industriel et urbain capitaliste, sera la proie aux convoitises des puissances impérialistes mondialisées. L’Afrique, qui a tant souffert des premières vagues d’expansion impériales occidentales – souffrira encore de cette nouvelle vague d’expansion impériale asiatique contre occidentale, et pourrait bien être le théâtre de la prochaine guerre thermonucléaire. Voici deux articles exposant les malversations récentes des puissances impérialistes en Afrique.  Robert Bibeau. Éditeur. http://www.les7duquebec.com

 

Les USA s’inquiètent (!)

Les États-Unis continuent de s’inquiéter de la montée d’influence de la Russie et de la Chine en Afrique, où les deux rivaux des États-Unis «interfèrent dans les opérations militaires américaines et posent une menace significative aux intérêts de la sécurité nationale américaine», s’inquiétait il y a quelques mois, John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président Trump.

Ce sentiment est désormais partagé par l’actuel et le précédent commandant du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom), commandement unifié qui coordonne toutes les activités militaires et sécuritaires des États-Unis sur le continent africain, les généraux Stephen Townsend et Thomas Waldhauser. Ces derniers ont évoqué devant le congrès américain leurs inquiétudes sur la montée en puissance de ces deux rivaux des États-Unis, rapporte le média The Intercept dans un article paru hier mardi 13 août.

Ces responsables militaires américains ont décrit un continent africain de plus en plus susceptible de tomber sous le contrôle de Pékin et Moscou aux dépens de Washington, la Russie exerçant une influence sur pas moins de dix pays africains et la Chine étant susceptible d’ouvrir de nouvelles bases sur tout le continent.

 

Algérie, Libye, Tunisie

Lors de son témoignage devant le sénat américain, le désormais ex-commandant Waldhauser s’est principalement concentré sur les avancées croissantes effectuées de la Russie en République centrafricaine et, dans une moindre mesure, en Algérie, en Libye et au Soudan. Le général Waldhauser a également mentionné six autres nations qui étaient également liées à la Russie ou susceptibles de subir son influence, à savoir l’Angola, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie et la Tunisie.

 

Selon l’ex-commandant d’Africom, la Russie exploite ou cherche à exploiter l’aide militaire apportée en échange de droits miniers et de partenariats dans le domaine de l’énergie. «Pour contrecarrer les efforts de la Russie, Africom continue de travailler avec de nombreux partenaires pour devenir le partenaire militaire privilégié en Afrique», a affirmé Waldhauser.

Dans la même veine, l’actuel commandant d’Africom Stephen Townsend a placé la Chine juste en dessous de la Russie en termes de menace pour la primauté américaine en Afrique mais a affirmé s’attendre à ce que Pékin éclipse Moscou. «Je pense qu’ils recherchent l’accès et l’influence à nos dépens», a déclaré le nouveau commandant de l’AFRICOM à propos de la Chine. «La Chine a doté le Nigeria de systèmes aériens sans pilote armés … mais la piètre qualité des plates-formes a contribué à une utilisation peu fréquente», a indiqué Townsend. «Les coûts bas et les délais de livraison courts incitent les partenaires africains à acheter du matériel chinois, mais les achats ne répondent souvent pas aux besoins militaires sous-jacents», a estimé le commandant d’Africom.

 

Un plan quinquennal

 

Réagissant à ces menaces perçues, Africom a lancé un plan quinquennal visant en partie à contrer «la présence accrue» de la Chine et de la Russie sur le continent. Le commandement américain cherche également à renforcer les alliances afin de «dissuader toute action malveillante des Chinois et des Russes», a indiqué Waldhauser en mars, cité par la même source. L’actuel commandant Stephen Townsend à lui aussi fait référence à «l’influence néfaste de la Russie en Afrique» et a pris à partie la Chine, soulignant que  les Chinois ont réussi à promouvoir leur faux récit selon lequel leur aide est apportée sans conditions».

Plusieurs experts interrogés par The Intercept se sont toutefois montrés dubitatifs quant au récit d’Africom présentant les intentions chinoises et russes comme étant «néfastes» et les intentions américaines comme «vertueuses».

«L’affirmation de Waldhauser selon laquelle les puissances non africaines ont une influence néfaste en Afrique est vraie – et les États-Unis sont l’une de ces puissances», a affirmé dans ce cadre Temi Ibirogba, chercheuse spécialisée dans l’Afrique au think tank américain Center for International Policy. «Il est difficile d’affirmer que l’une des grandes puissances a véritablement à cœur les meilleurs intérêts de l’Afrique», a ajouté Ibirogba. «Le comportement des États-Unis ne peut tout simplement pas être qualifié d’altruiste, car sa politique étrangère trop militarisée après les attentats du 11 septembre 2001 est en fait liée à une augmentation de la violence sur le continent plutôt qu’à la dissuasion», a expliqué la chercheuse.

«Les responsables américains semblent avoir la fausse perception que la politique étrangère américaine est aimée et bien accueillie par les Africains, mais que ce sont vraiment les Chinois qui gagnent là-bas pour le moment», a affirmé l’experte.

*Source : TSA

Censure : Le site d’information indépendant TSA (Tout sur l’Algérie) est inaccessible sur le territoire algérien.

 


Le chinois Huawei aurait aidé les autorités algériennes à surveiller les opposants  (Wall Street Journal)

 

Par la rédaction du HuffPost Algérie (revue de presse : 15/8/19)*

(+ la mise au point Huawei)

Dans un article fleuve publié jeudi consacré à l’aide apportée par des experts de Huawei à des gouvernements africains, notamment la Zambie et l’Ouganda, pour surveiller les opposants, le Wall Street Journal (WSJ)  évoque, incidemment, le rôle de la grande entreprise chinoise en Algérie.

 

Selon le Wall Street Journal qui a eu accès à des informations en Ouganda, les dirigeants de Huawei ont recommandé aux dirigeants de ce pays d’aller examiner un système de surveillance mis en place en Algérie où “l’autocrate vieillissant” Abdelaziz Bouteflika au “pouvoir depuis vingt ans”  cherchait à voir ce que “mijote” l’opposition. 

De fait, rapporte le journal, une équipe de hauts responsables sécuritaires ougandais a été dépêchée en septembre 2017 en Algérie pour “ étudier le système de vidéosurveillance à Alger, qui comprenait des centres de surveillance de masse et de cybersurveillance.”

L’un de ces responsables ougandais a déclaré au journal américain qu’ils ont discuté en Algérie “du piratage d’individus dans l’opposition qui peuvent constituer une menace à  la sécurité nationale”. Le même responsable a indiqué que les “les Algériens sont avancés dans ce domaine”.

Le Wall Street Journal dit avoir eu accès un rapport classé élaboré conjointement entre les services de sécurité ougandais et algériens. Ce rapport, indique-t-il, qualifie le système de surveillance mis en place en Algérie de “ système intelligent de vidéosurveillance de Huawei”. Le rapport le qualifie de “ système avancé” qui “fournit l’une des meilleures applications de surveillance”.

Le chef de la police ougandaise de l’époque, Kale Kayihura, a signé quelques mois plus tard “ un accord de coopération avec l’Algérie pour qu’une équipe algérienne le conseille sur le déploiement du programme ougandais de surveillance mis en œuvre par Huawei”.  Le conseiller algérien est décrit par de hauts responsables ougandais comme un “ cyber-expert formé au siège de Huawei à Shenzhen”.

Le groupe Huawei, précise le WSJ, a indiqué qu’il n’a “jamais vendu des solutions de surveillance (sold safe city solutions) en Algérie. “Le ministère algérien des Affaires étrangères n’a pas répondu à de multiples courriels et appels à commentaires. De multiples visites et appels à l’ambassade d’Algérie en Ouganda n’ont donné aucun commentaire” souligne le journal américain. 

Le Wall Street Journal précise que l’ancien chef de la police ougandaise,  Kale Kayihura,assigné à résidence depuis juin 2018 et poursuivi pour plusieurs infractions, notamment la distribution illégale d’armes gouvernementales à des milices civiles, “n’a pu être joint pour commenter.”

*Source : Huffpostmaghreb.com

 


Pour info: La réaction de Huawei à l’article du WSJ

Par S.L (revue de presse : TSA – 16/8/19)*

La filiale algérienne du géant chinois des télécommunications Huawei a réagi, ce vendredi 16 août, aux informations publiées mercredi par le Wall Street Journal. Dans une longue enquête, le journal américain a accusé l’équipementier chinois d’aider plusieurs pays africains dans la cyber-surveillance et le cyber-espionnage de figures d’opposition, l’Algérie servant même de modèle présenté aux pays africains intéressés par les services de Huawei.

Pour convaincre de l’efficacité de leur système, les dirigeants de Huawei ont recommandé aux autorités ougandaises de jeter un œil au système de surveillance présent en Algérie, révèle notamment le Wall Street Journal, qui affirme dans ce cadre qu’une équipe de responsables de sécurité ougandais s’est déplacée en septembre 2017 à Alger pour étudier le système de vidéo-surveillance à Alger, qui comprend des centres de surveillance de masse et de cyber-surveillance.

« Nous avons discuté le fait de pirater des personnalités de l’opposition qui peuvent menacer la sécurité nationale », a déclaré un des responsables ougandais cité par le Wall Street Journal. Le même responsable a ajouté que « les Algériens sont avancés dans ce domaine ».

« Le 14 août, un article de « Wall Street Journal », que certains médias algériens ont repris, en indiquant que les employés de Huawei avaient utilisé les solutions de la Safe city « la ville sécurisées » et les solutions des autres sociétés pour aider les gouvernements ougandais, zambiens et algériens à espionner leurs opposants politiques », écrit Huawei Algérie dans une déclaration.

« Ainsi, Huawei tient à clarifier la situation et dénoncer toutes ces accusations non fondées : 1. Huawei rejette complètement les allégations non fondées et incertaines du Wall Street Journal contre ses activités commerciales en Algérie, en Ouganda et en Zambie ; 2. Le code de conduite professionnelle de Huawei interdit à tout employé d’entreprendre des activités qui compromettraient les données ou la confidentialité de nos clients ou des utilisateurs finaux, ou qui enfreindraient les lois en vigueur ; 3. Huawei est fier de respecter les lois et les réglementations locales à travers tous les marchés où il opère et défendra sa réputation avec vigueur face à de telles allégations sans fondement », détaille le communiqué.

*Source : TSA

 

 

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

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