L’étrange lettre de garantie au bédouin Surâqa ibn Mâlik

UN ŒIL SUR LE MONDE MUSULMAN
Paul Laurendeau

Les récits hagiographiques pourtant sur Mahomet, Saint Prophète de l’Islam, sont des révélateurs intellectuels étonnants. Outre qu’ils sont des peintures incroyablement vivantes et passionnées du personnage (dans une culture sensée interdire de le représenter — la représentation par le texte narratif semble se faufiler entre les mailles autoritaires), ces portions biographiques laudatives mettent en contraste un archaïsme mythifiant «classique», gorgé d’irrationalité, de visions et de miracles, avec des traits de modernité dignes d’un baratin de secte contemporaine. Je vais vous citer ici un exemple de cela, pour sa haute représentativité critique.

C’est l’Hégire et les musulmans fuient La Mecque, comptoir polythéiste, autoritaire et doctrinaire, pour la palmeraie de Médine. Les chefs musulmans ont laissé fuir tous leurs sectateurs en premier et, imprégnés de l’héroïsme tranquille et abnégatoire des grands de jadis, ils ferment la marche. Mahomet et son beau–père, le futur premier calife de l’Islam Abû Bakr, sont donc les derniers à se replier. Les Mecquois, inquiets de l’Hégire qu’ils perçoivent comme un défi à l’autorité municipale autant que comme un symptôme contrariant de rayonnement des idées nouvelles, poursuivent les deux chefs musulmans. Ils passent à deux doigts de les pincer dans une caverne mais virent de bord dans les montagnes, un peu inexplicablement. Mahomet et Abû Bakr s’organisent alors dare-dare avec quelques serviteurs et des chameaux et se tirent en douce, sans trompettes, mais sans précipitation non plus. C’est au moment de cette traversée calme du désert en direction de Médine que survient l’étrange épisode du bédouin Surâqa ibn Mâlik. On lit:

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Surâqa poursuit le Saint Prophète

Avant de se mettre en route, le Saint Prophète se retourna pour regarder la Mecque, le cœur gonflé d’émotion. C’était sa ville natale, celle où il avait vécu enfant puis homme, et où il avait reçu l’Appel divin. C’était la ville où ses ancêtres avaient vécu et prospéré depuis l’époque d’Ismaël. Rempli de ces pensées, il jeta un dernier long regard sur la ville et dit: «La Mecque, tu m’es plus chère que toute autre ville au monde, mais ton peuple ne veut pas me laisser vivre en ton enceinte.» Après quoi Abû Bakr dit: « Cette ville a rejeté son Prophète. Elle a mérité sa destruction.»

Les Mecquois, après l’échec de leur poursuite, mirent à prix la tête des deux fugitifs. Quiconque capturerait et leur rendrait le Saint Prophète ou Abû Bakr, morts ou vifs, recevrait une récompense de cent chameaux. L’annonce de ceci fut faite parmi les tribus des environs de La Mecque. Tenté par la récompense, Surâqa ibn Mâlik, un chef bédouin, se lança à la poursuite des fuyards et les aperçut finalement sur la route de Médine. Il vit deux chameaux montés et, certain qu’ils portaient le Saint Prophète et Abû Bakr, il éperonna son cheval… Le cheval se cabra et tomba peu de temps après, entraînant Surâqa dans sa chute. Laissons la parole à Surâqa lui-même:

Après être tombé de cheval, j’ai consulté ma fortune à la manière superstitieuse commune chez les Arabes, en tirant des flèches. Les flèches prédirent la malchance. Mais la tentation de la récompense était grande. Je me remis en selle et repris ma poursuite, atteignant presque les fugitifs. Le Saint Prophète allait dignement, sans regarder en arrière. Abû Bakr, quant à lui, regardait sans cesse en arrière (craignant évidemment pour la sécurité du Saint Prophète). Comme j’approchais d’eux, mon cheval se cabra à nouveau et me désarçonna. Je consultai encore les flèches, et elles prédirent encore la malchance. Les sabots de mon cheval s’enfoncèrent profondément dans le sable. Remonter et reprendre la poursuite paraissaient difficile. Je compris alors que ces hommes étaient sous la protection divine. Je les interpellai et les priai de s’arrêter. Il me fut alors possible de les rejoindre. Quand je fus assez près d’eux, je leur communiquai mon intention première et mon changement de sentiment. Je leur dis que j’abandonnais la poursuite et que je tournais bride. Le Saint Prophète me laissa aller, non sans me faire promettre de ne révéler leur route à personne. Je fus convaincu du fait qu’il était un prophète véritable et qu’il était destiné à réussir. Je lui demandai de me donner par écrit une garantie de paix qui me servirait quand il deviendrait suprême. Le Prophète demanda à ’Àmir ibn Fuhair de m’écrire cette lettre de garantie, ce qu’il fit. Comme je m’apprêtais à rentrer avec celle-ci, le Prophète reçut une révélation concernant l’avenir et dit: «Surâqa, comment te sentiras-tu quand tu aura les bracelets de Chosroès à tes poignets?» Étonné de cette prophétie, je demandai: «Quel Chosroès? Chosroès bin Hormizd, l’Empereur de Perse?» Le Prophète dit: «Oui.»

Seize ou dix-sept ans plus tard, la prophétie fut accomplie à la lettre. Surâqa embrassa l’Islam et se rendit à Médine. Le Prophète mourut. Et après lui Abû Bakr, d’abord, puis ‘Umar, devinrent les califes de l’Islam. L’influence grandissante de l’Islam excita la jalousie des Perses au point qu’ils attaquèrent les musulmans mais au lieu de les battre, ils furent eux-mêmes vaincus. La capitale des Perses tomba aux mains des musulmans qui prirent possession de ses trésors, y compris des bracelets d’or que Chosroès portait aux cérémonies officielles. Après sa conversion, Surâqa avait coutume de raconter comment il avait poursuivi le Saint Prophète et sa petite suite et ce qui s’était passé entre le Saint Prophète et lui. Quand le butin de la guerre avec la Perse fut placé devant ‘Umar, il vit les bracelets d’or et se souvint de ce que le Saint Prophète avait dit à Surâqa. C’était une grande prophétie qui avait été faite en un temps de dénuement complet. ‘Umar décida de montrer de façon spectaculaire l’accomplissement de cette prophétie. Il fit donc appeler Surâqa et lui donna l’ordre d’enfiler les bracelets d’or. Surâqa objecta que l’Islam interdisait aux hommes de porter de l’or. ‘Umar dit que c’était vrai, mais que l’occasion était exceptionnelle. Le Saint Prophète avait prédit que les bracelets d’or de Chosroès seraient un jour à ses poignets. Il devait donc les porter maintenant, même s’il se rendait passible de punition. Surâqa avait fait son objection par déférence pour l’enseignement du Saint Prophète. Autrement il était aussi désireux que tout autre de donner la preuve de l’accomplissement de la grande prophétie. Il enfila les bracelets et, ainsi, les musulmans virent de leurs yeux la prophétie accomplie.

Tiré de «La vie de Mohammad, le Saint prophète de l’Islam» dans Le Saint Coran avec texte arabe, une traduction et une introduction à l’étude du Saint Coran, sous la direction de Hadrat Mirza Tàhir, 1995, Islam international Publication, pp 263-265.

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Ce texte traduisant des segments tirés de l’Usud al-Ghâba, une des biographies traditionnelles autorisée du Saint Prophète, parle au premier degré d’une «lettre de garantie» rédigée par un des serviteurs du Prophète dans l’objectif limpide et explicite d’ultérieurement protéger la tribu bédouine de Surâqa ibn Mâlik au moment de sa conquête future par les musulmans. On retrouve les poncifs narratifs habituels: l’adieu ostensible à la ville aimée mais honnie, le peuple voisin qui attaque les croyants victorieux par jalousie. On retrouve aussi la formule usuelle de la vision prophétique réalisée et, de surcroît, on observe l’intégration des fléchettes divinatoires, coutume pourtant pré-islamique, dans la compréhension prospective (ici: pessimiste mais aussi, fatalement, erronée) du monde. Mais tous ces procédés reconnus se combinent à l’acte singulièrement moderne et décalé de la méfiance contractuelle par excellence qui est celui de se faire parapher une belle et bonne lettre de garantie par le futur «chef suprême» pour considération par ses subalternes anonymes de l’avenir. On observera aussi combien, pour le cavalier bédouin, la pulsion irrationaliste ou surnaturelle prend corps dans le cadre ordinaire de sa vie de cavalier du désert. Quand il se fait désarçonner deux fois par son pur-sang qui se cabre et quand, par-dessus le marché, les pieds de ce dernier s’enfoncent dans le sable —une suite de faits incongrus virtuellement impossibles à concaténer si subitement dans le tout de la journée, ou de la vie, d’un cavalier bédouin— Surâqa ibn Mâlik embrasse très prosaïquement l’hypothèse d’une intervention divine. Remarquables aussi sont le statu de l’or et de la transgression dans ce récit. Pour minimiser l’ostentation et la rapine, l’Islam restreint, depuis ses tous débuts, le port de bijoux d’or aux seules femmes. Pourtant le calife ‘Umar, vainqueur des Perses, n’hésite pas à placer Surâqa ibn Mâlik en position ouverte de transgression des enseignements éthiques du Prophète pour arranger «avec le gars des vue» une spectaculaire confirmation de la validité prophétique des visions du même Prophète. La prise de parti irrationaliste est patente et on assume sereinement qu’il urge de confirmer le Saint Prophète de l’Islam comme visionnaire magique où, dira-t-on plus pudiquement, comme être humain divinement inspiré. Rien, dans ce choix politico-religieux du calife ‘Umar, pour vraiment étonner.

On reste cependant avec un bizarre questionnement praxéo-philosophique accroché à l’esprit, suite à ce récit. De fait, qu’en est il tant de l’infaillibilité communicative et inspiratrice du Saint Prophète de l’Islam s’il doit signer des lettres de garantie, rédigées dans les formes par un serviteur-secrétaire, comme je ne sais quel grand commis commercial, pour indubitablement confirmer que telle obscure tribu bédouine est bien celle du chasseur de prime repenti qui les épargna lui, ses serviteurs et son futur premier calife, aux jours si bénis, si sensibles, si obscurs, et si risqués de l’Hégire?

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Tiré de l’ouvrage de Paul Laurendeau (2015), L’islam, et nous les athées, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou PDF.

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Cavalier bédouin de Tunisie
Cavalier bédouin de Tunisie
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Un oeil sur le monde musulman

Je médite l’Islam parce que ce phénomène historique, intellectuel et émotionnel durable, influençant plus d’un milliard d’humains, compte. Je le fais en athée et en philosophe matérialiste mais avec toute la déférence requise. Je ne suis pas un iconoclaste. Je ne suis pas un hagiographe non plus mais je m’intéresse à cette vision du monde pour ce qu’elle dit de l’humain et de son contexte culturel. Salut, solidarité et respect, dans la différence. - Paul Laurendeau (Ysengrimus)

38 pensées sur “L’étrange lettre de garantie au bédouin Surâqa ibn Mâlik

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    5 décembre 2013 à 7 07 31 123112
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    Merci de ce texte.

    Mais pourquoi tu dis Mahomet et pas Mohammad ou Mohammed?

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    5 décembre 2013 à 7 07 36 123612
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    La graphie et la prononciation du nom du Saint Prophète varie immensément d’un pays musulman (arabophone ou non) à l’autre. Je veux pas aller me saucer dans des chicanes potentielles en en valorisant une plus que l’autre. la formulation Mahomet est la francisation limpide et établie du nom du Saint Prophète. Elle est fixée dans ma langue depuis le Moyen-Age et n’engage absolument aucun irrespect. Elle est donc relativement neutre devant la variation difficile à interpréter des prononciations et graphies modernes. C’est pas plus sot que de dire Coran, La Mecque, Jules César, Michel-Ange, Londres, États-Unis ou Allemagne.

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    5 décembre 2013 à 8 08 11 121112
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    Allah est grand et la famille Saoud ses prophètes…

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        5 décembre 2013 à 13 01 30 123012
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        Bravo Paul! ton texte est intéressant comme toujours.

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          5 décembre 2013 à 21 09 03 120312
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          Pierre CLOUTIER
          Tribune libre de Vigile
          jeudi 5 décembre 2013

          « Je viens de terminer la lecture du Coran d’un couvert à l’autre. Plus de 6 000 versets contenus dans 114 chapitres ou sourates, en insistant plus particulièrement sur les 28 derniers chapitres composés des « prétendues » révélations faites à Mahomet par l’archange Gabriel, dans la (dernière) partie de sa vie à Médine, où il était chef politique et chef de guerre, et j’en suis sorti littéralement bouleversé. C’est l’horreur totale. »

          http://www.vigile.net/Islam-et-fascisme

          « Il faut bien comprendre que l’islam est en GUERRE contre les Chrétiens, les Juifs, les athées, les païens, la démocratie et tout ceux qui s’opposent à Allah.

          « – Sourate 113/89 : 41 : Mobilisez-vous, légers et pesants, et luttez de vos fortunes et de vos personnes dans la voie de Dieu. Cela est meilleur pour vous. Si vous saviez.

          « – Sourate 113/89 : 5 : Une fois les mois interdits écoulés, TUEZ les associateurs (Ceux et celles qui ne croient pas à Allah comme Dieu unique). Prenez-les, assiègez-les et restez assis aux aguets contre eux…

          ‘Il ne faut pas céder un pouce de terrain à ce fléau. Pas un pouce. »

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    5 décembre 2013 à 12 12 49 124912
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    J’espère pour ce pauvre Surâqa ibn Mâlik qu’ils sont pas allé ensuite le punir froidement et durement pour avoir porté et brandi des bracelets d’or persan en public. Sa réponse à l’interrogation du Prophète serait alors: « Je me sens finalement très mal. Le fouet, ça pince en titi! »…

    Il y a un gros paradoxe éthique dans cet épisode, en fait…

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    5 décembre 2013 à 14 02 26 122612
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    @Paul Laurendeau

    Le bédouin Surâqa ibn Mâlik n’a fait que réagir à la loi de la dualité, car dans le coeur de l’homme il y a le désir de faire confiance (ou un besoin) et de s’ouvrir à plus grand que soi, mais dans le même temps le doute le met en garde, sa mémoire conditionnée par les expériences douloureuses et destructrices qu’il a vécues.

    Tant qu’une personne habite un corps, elle ne peut être totalement parfaite. Sa conscience peut être plus développée, malgré tout, il reste un humain avec ses côtés positif et négatif.

    Même si Surâqa avait foi en Mahomet, il était plus rassuré avec un contrat …

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      5 décembre 2013 à 14 02 33 123312
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      Bien dit, madame. Il serait intéressant de savoir s’il a du soumettre cette lettre aux soudards musulmans au moment de l’islamisation de sa tribu. Si oui, ça a du faire une grosse impression.

      Ceci dit, son ascendant personnel a peut-être suffit. S’il a suivi Mahomet à Médine, il fit partie des tous premiers sectateurs. Une élite spontanément respectée et presque sacralisée.

      ceci dit, on est jamais trop prudent…

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      5 décembre 2013 à 14 02 47 124712
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      Carolle Anne,

      Selon ce que je sais, un musulman doit compléter une transaction avant le coucher du soleil.

      Après c’est un autre jour. Il faut renégocier.

      Une autre différence culturelle.

      Salutations.

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    5 décembre 2013 à 18 06 28 122812
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    @serge Morin

    Ibn Mâlik a pas été puni pour la monstration des bracelets d’or. Il est une des figures bénies de l’Islam. ‘Umar savait parfaitement ce qui faisait en lui faisant réaliser la prophétie. C’est ‘Umar qui va être puni de sa magnanimité envers les Perses car sera assassiné par un esclave perse.

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    5 décembre 2013 à 20 08 03 120312
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    Les occidentaux croient connaître tout de l’Islam mais ils ne connaissent pratiquement rien. Quant à leur histoire national, elle est faussaire et sous influence d’une élite qui a intérêt à ce que le peuple ne la connaisse pas vraiment.

    Dieu est grand et Mohammed est son prophète.

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      6 décembre 2013 à 9 09 24 122412
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      Parle leur de l’Islam, mon frère au lieu de critiquer dans le vide. Pour une fois qu’ils s’intéressent. Tu as souvent entendu les occidentaux se parler entre eux d’Ibn Mâlik et des bracelets d’or du roi de Perse, toi?

      Moi non…

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    6 décembre 2013 à 0 12 35 123512
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    Toutes religions est construites a partir de chose qui les précédaient et l’Islam est arrivé 600 ans après les deux autres…

    Comme il est dit : « il n’y a rien de nouveau sous le soleil »

    Ceci dit ya comme une ressemblance avec l’histoire de Paul sur le chemin de Damas. La persécution, la chute de cheval, la conversion, l’importance de la place de l’un et l’autre au sein de leur religion respective.

    Y’aurait une histoire semblable dans la religion juive, que je serais pas du tout surpris.

    Bonne journée

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      6 décembre 2013 à 7 07 45 124512
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      Je seconde cette analogie narrative avec Saint Paul. Bien vu..

      Différence fondamentale cependant: cette très moderne lettre de garantie…

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        6 décembre 2013 à 10 10 42 124212
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        Merci.

        Existe t-il une copie de cette lettre et a-t-elle été authentifié ?

        Bien, Mohammad n’as pas marché sur les eaux, pas non plus ressuscité de morts pour ce que j’en sais…alors je crois que le récit contribue a la  »construction  » d’une auréole le distinguant du commun des mortels. Non ?

        Bonne journée

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          6 décembre 2013 à 10 10 54 125412
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          Pas de copie disponible de cette lettre de garantie. Ce serait trippant en masse de la retrouver.

          « une auréole le distinguant du commun des mortels »

          Oui, oui… mais comme politique et comme diplomate autant que comme commandeur des croyants. Il y a comme une modernité transactionnelle, la-dedans. Un principe théocratique aussi, mais pas au sens théiste autoritaire antique des dix commandement, plus au sens de la sagacité transactionnelle qui sera celle de Saladin ou des Ottomans, par exemple…

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            6 décembre 2013 à 12 12 29 122912
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            Avant sa révélation, survenue à l’âge de quarante ans, Mahomet était un intendant de commerce caravanier prospère (sa patronne était d’ailleurs une femme – à méditer)…

            Les contrats, y connaissait ça, je pense.

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            6 décembre 2013 à 19 07 36 123612
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            Dans le domaine de la construction, et qui semble ce reproduire dans l’histoire présente, l’on dit qui faut faire le ‘rough’ avant la finition et chaque ouvrier as sa spécialitée.

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    6 décembre 2013 à 10 10 13 121312
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    @ Pierre Cloutier
    C’est le siécle de l’islamophobie, votre lecture et votre interprétation du saint Coran sont primitives et superficielles .
    Si vous voulez une interprétation juste et rationnelle sur le sujet alors je vous conseille de lire « La Bible le Coran et la science » de Maurice Bucaille, cela pourra trés certainement vous sortir de votre ignorance.

    @ Paul Laurendeau
    votre article n’a aucun intéret intellectuel, votre analyse est subjective et périphérique.
    Vous vous attaquez au messager, en occultant le message je vous conseil tout autant le meme ouvrage qui au dela de tout subterfuge traite du sujet d’un point de vue scientifique et non pseudo entellectuel.
    Amicalement.

    • avatar
      6 décembre 2013 à 10 10 32 123212
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      Eh ben, mon bon Liberté, vous qui avez lu LE livre unique fusionnant comme imparablement religion et science (chacun ses lubies, hein), expliquez-moi alors, parce que ça interpelle vachement (intellectuellement, oui, oui…) le philosophe athée et matérialiste que je suis…

      Pourquoi Surâqa ibn Mâlik a-t-il réclamé une lettre de garantie proprement rédigée et paraphée de son Saint Prophète?

      C’est de la mystique, de la politique, du commerce, ou les trois à la fois?

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        6 décembre 2013 à 13 01 53 125312
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        Pourquoi un papier ? « Business is business » toutes les religions s’empruntent. Voyez notre « clearing bancaire » qui reprend cette idée du ‘deal is off¨ » au crépuscule… 🙂 🙂

        PJCA

        @ Paul : intéressante anecdote que je ne connaissais pas du du tout

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      6 décembre 2013 à 14 02 36 123612
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      « C’est de la mystique, de la politique, du commerce, ou les trois à la fois? » Laurendeau

      Les trois pour trois: Moïse, Jésus, Mahomet

      « Ce qui a donné lieu à l’opinion que l’on a conçue d’eux, c’est la hardiesse qu’ils ont eue de se vanter de tenir immédiatement de Dieu tout ce qu’ils annonçaient au peuple; créance absurde et ridicule, puisqu’ils avouent eux-mêmes que Dieu ne leur parlait qu’en songe. Il n’est rien de plus naturel à l’homme que les songes, par conséquent, il faut qu’un homme soit bien effronté, bien vain et bien insensé, pour dire que Dieu lui parle par cette voie, et il faut que celui qui y ajoute foi, soit bien crédule et bien fol pour prendre des songes pour des oracles divins. »
      (en français moderne de Vroes / Traité des trois imposteurs / chapitre I. parag. V / 1775)

      Au sujet de la conversion de Saül racontée à plusieurs reprises dont deux rapportées par Luc:

      « Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient la voix, mais ils ne voyaient personne. » AC 9, 3-19

      « Ceux qui étaient avec moi virent bien la lumière, mais ils n’entendirent pas la voix de celui qui me parlait. » AC 22, 6-11

      Ses compagnons ne voyaient rien et entendaient tout, ensuite ses compagnons voyaient mais n’entendaient rien. Fâcheux.

      DG

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        6 décembre 2013 à 14 02 41 124112
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        On est en plein accident au centre de Paris avec cinquante témoins qui ont tous vu l’homme qui a vu le hallebardier.

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        6 décembre 2013 à 19 07 25 122512
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        Elle est bonne, lol !

        En plus, dans la partie ou il dit que ces compagnons voient la lumière, eux ne sont pas aveuglés par cette lumière, contrairement a Saul.

        Sagissait d’une lumière dite  »sélective » 😉

        bonne soirée

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        7 décembre 2013 à 9 09 04 120412
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        Très intéressante, Gélinas, cette aporie narrative sur Saint Paul. Elle fait collage de segments de versions. Ça arrive assez souvent dans les très vieux récits à doxographes anonymes.

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    6 décembre 2013 à 11 11 00 120012
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    Un siècle qui dure 1400 ans c’est long longtemps.

    La « science » vient prouver la « sainteté »?

    http://www.algerie-dz.com/forums/archive/index.php/t-120677.html

    Bucaille était le médecin de la famille Al-Saoud…
    On devine facilement la réponse.

    Bucaille a été remplacé par notre très « secret » chef du PLQ.

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    6 décembre 2013 à 20 08 15 121512
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    @ Paul Laurendeau
    j’aurais une question dont la réponse exige une honnêteté intellectuelle minimale.
    Vous vous définissez comme  » philosophe athée et matérialiste  » .
    Ma question sera donc la suivante: est-il possible a qu’un matérialiste athée puisse avoir une analyse objective sur une question de religion, sachant qu’au départ de sa réflexion la négation de la chose religieuse est une constante?
    Amicalement.

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      6 décembre 2013 à 21 09 32 123212
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      Je ne veux , en aucun cas, répondre à la place de M. Laurendeau qui est un grand garçon capable de se débrouiller tout seul. Je pense cependant qu’on ne naît pas athée et matérialiste. L’athéisme est une évolution de l’esprit ou de la pensée. L’acquis culturel préalable demeure et demeurera et constitue, à mon sens, la base de référence et de jugement.

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      7 décembre 2013 à 7 07 38 123812
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      L’athée ne nie pas la chose religieuse. Il traite la chose religieuse comme un phénomène ethnoculturel répandu, intellectuellement significatif, mais tout simplement exempt de surnaturel. Sur le principe déiste dont vous rappelez, à raison, le caractère fondamental, ce qui pour vous est « vérité » reste pour l’athée croyance. Ceci axiomatiquement posé, et sans le moindre militantisme athée, je ne « nie » pas l’existence du Saint Prophète et des califes. Ce serait une absurdité factuelle. Simplement, le rapport les concernant qu’en fait la culture musulmane est gorgé de légendes. C’est en grande partie ce qui le rend captivant. Sauf que, comme vous le dites si bien: il faut aussi tenter d’être objectif.

      Je médite l’Islam parce que ce phénomène historique, intellectuel et émotionnel durable, influençant plus d’un milliard d’humains, compte. Je le fais en athée et en philosophe matérialiste mais avec toute la déférence requise. Je ne suis pas un iconoclaste. Je ne suis pas un hagiographe non plus mais je m’intéresse à cette vision du monde pour ce qu’elle dit de l’humain et de son contexte culturel.

      Pourriez-vous me pointer ce que je dis de faux ou d’irrespectueux sur l’Islam ou son Saint Prophète? Ce fait culturel majeur n’est plus le lot de ses seuls sectateurs et hagiographes (vous, musulmans, en tartinez trop épais dans le style « vie de saint » – il va falloir vous faire historiens pour vrai un petit peu, hein). Le fait que les penseurs athées en parlent indique, mutatis mutandis, la perpétuation de l’influence du corpus islamique. Je ne vais certainement pas me laisser bâillonner sur des questions aussi captivantes qui restent, bon an mal an, de portée universelle.

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        7 décembre 2013 à 12 12 06 120612
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        Je seconde. L’athée est en fait LE SEUL qui peut décrire objectivement les religions et leur signification, qui est historique et humaine, sans plus…

        C’est la théologie qui n’est pas objective. C’est une fausse science car elle est sans objet.

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          8 décembre 2013 à 0 12 51 125112
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          Les croyants sont en fait LES SEULS qui peuvent décrire objectivement l’athéisme et sa signification, qui est historique et humaine, sans plus…

          C’est la science athéiste qui n’est pas objective. C’est une fausse science car elle est sans objet. Elle compare des pommes avec des oranges, considérant les pommes supérieurs aux oranges. Elle oppose science et théologie considérant sa « science » de facto supérieur à la théologie alors que les deux sont incomparables. Elle tente de croiser un chien avec un chat considérant le chien supérieur et qu’il assimilera les avantages de la féline famille (griffes rétractiles, agilité alpine) tout en demeurant un chien!

          Et je crois être athée, sans plus…

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            8 décembre 2013 à 6 06 34 123412
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            Redite inversée du propos de Laurendeau en psittacisme vide. Strict jeu verbal. Ne veut rien dire. L’athéisme est pas une « science » c’est une incroyance. Toujours aussi inapte au débat réel, les bêtes à bon dieu…

            Que veux-tu. le débat ne dicte pas. Il échange…

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    6 décembre 2013 à 23 11 40 124012
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    @ Le Gaiagénaire
    « laissez dire les sots; le savoir a son prix. »
    Jean de La Fontaine
    L’avantage de la science.

    @ Zekri
    L’athéisme peut être soit une attitude, soit une doctrine en fait c’est une position philosophique.
    Dans un cas comme dans l’autre elle n’est nullement: « une évolution de l’esprit ou de la pensée. »
    Il ne s’agit pas d’avoir un bagage intellectuel, il s’agit de savoir ou le poser.

    « Dieu fait bien ce qu’il fait. Sans en chercher la preuve
    En tout cet univers, et l’aller parcourant,
    Dans les citrouilles je la treuve. »
    Jean de la Fontaine.
    Le gland et la citrouille.

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      7 décembre 2013 à 1 01 43 124312
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      « Liberté »

      « Sur la terre, en tout cas, l’espèce qui est la raison d’être de toutes les autres n’est que partiellement elle-même. Elle ne penserait même pas à le devenir tout à fait si certains de ses représentants n’avaient réussi, par un effort individuel qui s’est surajouté au travail général de la vie, à briser la résistance qu’opposait l’instrument, à triompher de la matérialité, enfin à retrouver Dieu. Ces hommes sont les mystiques. Ils ont ouvert une voie où d’autres hommes pourront marcher. Ils ont, par là même, indiqué au philosophe d’où venait et où allait la vie…Toutefois il est difficile de concevoir un amour agissant, qui ne s’adresserait à rien. Par le fait, les mystiques sont unanimes à témoigner que Dieu a besoin de nous, comme nous avons besoin de Dieu. Pourquoi aurait-il besoin de nous, sinon pour nous aimer ? » [7]
      [7] http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Bergson_InstinctIntelligenceEtIntuition.htm#_09
      —————————————
       » Il s’agit si peu du Dieu auquel pensent la plupart des hommes que si, par miracle, et contre l’avis des philosophes, Dieu ainsi défini descendait dans le champ de l’expérience, personne ne le reconnaîtrait. » [8]
      [8] [13] Henri Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion, 1932, Éditions Les Presses universitaires de France, 58e édition : 1948, Collection Bibliothèque de philosophie contemporaine, pages 176 et 177.
      ———————————
      Merci de ton intervention.

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      7 décembre 2013 à 12 12 09 120912
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      Les portes-paroles de dieu sont aussi innombrables que confortables dans leur impunité. C’est bien facile de jouer au messager avec un message qu’on invente à mesure…

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