L’HOMOGAMIE, DANS LE CAMP DU BIEN

 

URANUS
Pierre JC Allard:

Uranus souligne ce qui est étonnant, ce qui est surprenant, ce qui vous sauterait aux yeux même si on ne le soulignait pas,  …. Mais,  comme dirait Talleyrand,  ça va mieux quand on le souligne.  Aujourd’hui, soulignons la banalisation triomphale de l’homogamie, le mariage et donc la création parfaitement légale d’un couple ordinaire … composé d’un homme et de son mari.

Moral, immoral, correct, incorrect, ce n’est pas de ça que je parle.  Aujourd’hui, e parle de l’acceptation TOTALE  de cette nouvelle donne par le monde médiatique.

 » Le mari du journaliste américain Glenn Greenwald, proche d’Edward Snowden, a été interpellé à l’aéroport londonien d’Heathrow...  » – disent les journaux….

Voila, c’est dit: Glenn Greenwald, qui est bien un homme, a un mari: un autre homme.  On voit ci-haut la photo sympathique de deux personne qui s’aiment. Et personne ne sourcille.  La surprise n’est pas dans l’amour; elle est est au niveau du sourcil qui ne bronche pas… C’est la banalisation de cette relation qui est la nouvelle.

Pourquoi cette relation qui, la semaine dernière encore, aurait fait tourner toutes les têtes. peut-elle aujourd’hui être si ostentatoirement traitée comme banale?   C’est çà, le vrai scoop.

Pourquoi ? Parce que dans  la foulée de la vague universelle d’approbation pour Snowden, qui suit celle pour Manning, qui suit celle pour Assange … Genn Greenwad est aujourd’hui largement vu comme un héros.  IL EST DANS LE CAMP DU BIEN.   La question du bien et du mal moral ne se pose donc plus pour Greenwald en termes traditionnels.  Le bien, c’est ce que fait Greenwald.   L’éthique et la moralité n’ont qu’a s’adapter.

Il est donc maintenant devenu tout a fait acceptable pour tout homme d’avoir un mari. Le zeitgeist – le seul dieu dont on soit sûr qu’il existe – a béni leur union et l’union de tous ceux qui suivront leur exemple.   Les médias, Guardian en tête, font voler les cloches. Un nouveau mode de vie nous est né.  Et le féminin s’accordant au masculin, toute femme peut aussi désormais avoir son épouse.

Ne croyez pas que je désapprouve cette évolution. Ni que je l’approuve d’ailleurs – j’y vois mêmes quelques inconvénients –  mais la question n’est vraiment plus là.   Une réalité bien vivante vaut mieux que quelque utopie morte.  La question posée est donc désormais a un autre niveau.  Elle découle de l’avènement d’un changement BEAUCOUP plus fondamental encore que l’homogamie: l’impermanence absolue maintenant avérée  des valeurs et leur maniabilité.

Avec le contrôle des médias et en utilisant las outils modernes de la sociopsychologie – qui sans qu’on nous le dise est devenue une science exacte  – on peut désormais  transformer complètement,  en quelques jours,  une vision éthique qu’on croyait ancrée pour l’éternité au plus profond de la psyché.

Comment l’homogamie qui était anathème est-elle devenue instantanément une option  banale ? Il a suffi de lier solidement un comportement présenté ( à tort ou à raison, ici peu importe), comme positif , à un comportement perçu lui comme négatif – sans nécessairement plus d’égard à une quelconque valeur morale intrinsèque – pour que l’ensemble « flotte » ou « coule » comme un seul bloc. C’est Archimède, mais revu par la psychocybernetique de Maltz  et la Programmation neurolinguistique de Bandler et Grinder.

Un héros homosexuel est perçu ici comme d’abord un héros…  puis juste un héros.  La parfaite réponse a Malcolm X , qui avait dit jadis qu’en Alabama un Noir avec un Ph.D était d’abord un Noir…  puis juste un sale Nègre. Les priorités ont changé.

Bravo ! Une percée pour l’évolution. Mais n’oublions pas qu’il y a toujours un ubac.  Le phénomène de compensation demeure, pour le pire comme pour le meilleur, et la  possibilité de manipulation en devient sans limite.  Il n’y a pas de pavé si lourd qu’on ne puisse le faire flotter, si on lui attache une bouée ayant une force ascensionnelle suffisante… et vrai aussi pour l’inverse.

Car si la notion de genre, qui semble si basique, peut être modifiée relativement si facilement, est-il un seul principe fondamental qui ne puisse pas l’être ?   Existe-t-il UN comportement naturel qui ne puisse être modelé dès le berceau pour devenir son contraire ?  On demandait jadis un levier pour soulever le monde, est-on a prouver que désormais, avec les bonnes techniques, on peut faire de vous un ascète ou un cannibale ?

Tout le débat sur la théorie des genres et le mariage gay ne serait il qu’un protocole expérimental pour tester in vivo la capacité de modifier sans heurts les attitudes et les comportements profonds de l’humain?  Dans cette vaste expérimentation, l’affaire Greenwald, montrerait que la haine et le dégoût qu’éprouve la population mondiale, ou au moins européenne pour la politique américaine – symbolisée par son traitement de Snowden –   a pu dégager une force ascensionnelle suffisante pour soulever le poids des vieux préjugés homophobes.   Tiens, tiens, voila qui est intéressant; trouvera-t-on autre chose ?  Je suis persuadé que l’expérience est suivie de près

En sortira-t-il plus de bien ou de mal ?  Je ne sais pas; ce serait un autre débat.  Mais je sais qu’il en sortira certainement une meilleure connaissance de la psyché humaine, avec tout le bien d’en pouvoir corriger les horreurs et les faiblesses comme le racisme ou le sexisme.. , mais aussi la possibilité de la manipuler qui est indissociable de cette capacité de la guérir.

Pierre JC Allard


6 pensées sur “L’HOMOGAMIE, DANS LE CAMP DU BIEN

  • avatar
    21 août 2013 à 10 10 14 08148
    Permalink

    Notre perception fut la même.
    http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/son-mari/

    Nous la traitons avec deux approches différentes, mais nos observations concordent totalement.

    Vous parlez de:
    – L’impermanence absolue maintenant avérée des valeurs et leur maniabilité.
    – La sociopsychologie sans qu’on nous le dise est devenue une science exacte.

    Ce sont ces deux points qui me paraissent les plus importants dans votre propos.
    On peut nous inculquer des valeurs par matraquage médiatique.
    Et jamais on ne nous parle de sociopsychologie. Une science dont nous subissons les effets quotidiennement, à notre insu, bien sûr.

    Je crois qu’il faut toujours observer notre émotion qui suit le courant imposé par les médias, et ce, des « nouvelles » jusqu’aux émissions de « divertissement ». Je crois qu’il faut constamment dépoussiérer les valeurs «fondamentales» sur lesquelles notre jugement devrait reposer.

    Salutations,

    Serge Charbonneau

    Répondre
  • avatar
    21 août 2013 à 11 11 07 08078
    Permalink

    « Tout le débat sur la théorie des genres et le mariage gay ne serait-il qu’un protocole expérimental pour tester in vivo la capacité de modifier sans heurts les attitudes et les comportements profonds de l’humain? »

    Pour moi, la réponse est oui et je dis « non » bien sûr. Je m’y oppose…

    Demian West

    Répondre
  • avatar
    21 août 2013 à 11 11 42 08428
    Permalink

    Quand il sera nécessaire, pour les autorités, de mousser l’homophobie, il le feront avec autant de verve.

    On s’amuse continuellement à débattre au niveau « public » des sujets qui sont « individuels » comme la religion, les goûts sexuels et autres. Ce qui n’a aucun sens « socialement ».

    Pendant ce temps, on se dévoue à « imposer » la liberté et la démocratie à des gens ayant une qualité de vie sociale remarquable, avec des bombes des AK-47 et des gaz toxiques. On détruit des « réussites sociales » ayant un concept différent de notre « psychologie » sociale infantile.

    Vive le « New world order ».

    Je ne suis qu’un simple observateur; mais j’ai le droit de « vomir » sur l’état actuel de notre psychologie sociale. Il faudra finalement comprendre que chacun peut vivre comme il l’entend; mais n’a aucun droit de dicter aux autres une façon de vivre.

    Personnellement, je ne me crois pas assez intelligent pour dire aux autres « quoi faire »; et je jauge les autres exactement à mon même niveau.

    André Lefebvre

    Répondre
  • avatar
    21 août 2013 à 13 01 14 08148
    Permalink

    Bien sure que l’on manipule les esprits et depuis longtemps.

    Tout le ‘marketing’, depuis avant ma naissance dans les années ’50, as pour base la pyramide des besoins de Maslow.
    Il n’est pas difficile d’imaginer que cette science ai évoluer de facon exponentielle et ai atteint un degré d’exactitude près de la perfection.

    C’est pourquoi il faut trouver une facon de se réapproprier les médias de masses et mettre l’accent sur l’éducation libre.

    Répondre
  • Ping :Bradley-Chelsea Manning s’ajoute à Greenwald. L’homogamie instrumentée | Les 7 du Québec

  • Ping :Le sens des faits – volume 5 | Pierre JC Allard

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *