Lire le Coran (quand on est occidental)


UN ŒIL SUR LE MONDE MUSULMAN
Paul Laurendeau

Je ne vais pas vous chanter de chanson: le Coran est un texte insupportable à lire, surtout pour des occidentaux irréligieux. Le premier sentiment qu’il suscite au lecteur spontané et inexpérimenté est de la colère et de la répulsion. Il faut y revenir et y revenir encore et rester toujours très patient. Je vais expliquer pourquoi dans une seconde. Mais avant, je tiens à partager un souvenir qui en dit long sur certaines des petites difficultés du dialogue culturel au sujet de ces fausses évidences collectives que sont les textes sacrés.

Quand j’étais en fac circa 1979-1980, j’avais bien fraternisé avec une consoeur de classe d’origine arabe. Appelons-la Rahmah. On avait, entre autres, discuté cette question des textes sacrés. Rahmah, qui me savait athée donc impartial, m’avait explicitement demandé de lui conseiller un texte chrétien, un seul, qui ferait la synthèse de ce que cette religion exprime, formule et promeut. Je lui avais recommandé, sans hésiter, l’Évangile selon Saint Marc. Texte bref, solide, prenant, limpide, le plus dépouillé et le moins bavard des trois synoptiques. De bonne grâce, Rahmah s’était prêtée au jeu. Elle avait lu attentivement et patiemment l’Évangile selon Saint Marc en français d’abord, dans la magnifique version de la traduction Chouraqui si orientale d’allure, et ensuite en arabe, dans la version d’un éditeur libanais du temps dont j’oublie hélas le nom. Quand je lui demandai finalement ce qu’elle en tirait, Rahmah me répondit en toute candeur (c’était l’époque où les intellectuels disaient ce qu’ils pensaient, pas ce qu’ils se sentaient obligés de dire pour faire bien): «C’est insupportable, intolérable. C’est linéaire, simpliste, sensualiste, grossier, bêta, flagorneur. C’est crétin en fait. Une insulte à l’intelligence. On dirait une historiette pour écoliers. Ce texte traite son lecteur comme un ignorant infantile». Devant mon silence respectueux, ma consoeur arabo-musulmane de vingt-deux printemps s’était sereinement enhardi. Elle avait ajouté, comme en disant la chose la plus ordinaire et la plus évidente du monde: «En plus c’est contre la religion, ce genre de texte». Et ce fut tout.

J’ai souvent repensé à l’opinion agacée et sereinement irrévérencieuse de Rahmah sur l’Évangile, surtout quand je me suis mis à une lecture sérieuse du Coran. C’est que, voyez-vous, le Coran m’horripile pour les raisons inverses de celles qui font que l’Évangile horripile Rahmah. Elle trouvait l’Évangile simplet et linéaire. Je trouve le Coran éclaté et désorganisé. Elle trouvait l’Évangile sensualiste et flagorneur. Je trouve le Coran austère et autoritaire. Elle trouvait que l’Évangile ressemblait à une historiette pour enfants d’écoles. Je trouve que le Coran sonne comme le discours d’un vieillard en chaire. C’est en cela que le souvenir de Rahmah me détermine encore solidement ici. Grâce à la lecture patiente et au commentaire irrité de Rahmah sur l’Évangile ­—un commentaire ouvertement et sereinement biaisé et orienté par sa lecture antérieure du Coran, naturellement— je me suis rendu compte que ma propre lecture du Coran était justement… biaisée et orientée par ma lecture antérieure de l’Évangile! Les enfants du Jesus-freak-out se sont retrouvés, finalement et l’un dans l’autre, avec une façon bien au ras des mottes, et bas de gamme, et indigente intellectuellement de lire un texte sacré, sans trop s’en aviser. Ceci dit, pour ne rien arranger, mes fils n’ont jamais lu le moindre texte sacré (chrétien ou autre) et quand ils se sont mis le nez dans le Coran, ils ont très mal réagi. Ils ont trouvé cela autoritaire, abrupt, hostile, fendant, dogmatique. Donc les liseux d’Évangile (texte simplet et linéaire, je seconde pleinement le commentaire musulman sur ce point) AINSI QUE les athées de formation n’ayant subi le conditionnement d’aucun texte religieux particulier ont une caractéristique en commun. Ils sont très mal préparés pour la lecture du Coran et, mettez vous ça dans la tête une bonne fois pour toute: le premier contact avec le texte sacré des musulmans se passera très mal, pour un lecteur occidental. C’est fatal.

Les chrétiens brunâtres contemporains n’en ratent d’ailleurs pas une pour miser sur ce caractère hautement rébarbatif du Coran aux yeux de leurs ouailles à la noix. Aussi soucieux de leurs arguments de vente que les musulmans, en ces temps tristement résurgents, les suppôts du gentil Jésus nous bassinent souvent avec des développements à rallonge selon lesquels le Coran est un ouvrage fondamentalement belliqueux, courroucé, guerrier, conquérant, etc. On connaît la salade occidentale (bien mal placée pour parler) au sujet du christianisme, religion d’amour et de l’Islam, religion de guerre. Je demande aux chrétiens qui se lamentent du ton effectivement remonté et roide du Coran de relire et de méditer (par exemple — et ceci n’est qu’un tout petit exemple parmi bien d’autres) dans le Livre de Jérémie la section intitulée Introduction aux oracles contre les nations. Le ton virulent et le propos incendiaire sont là, l’un dans l’autre, passablement analogues à ceux du Coran. Et si le Coran est une longue jérémiade, souvenons-nous qu’il n’y a pas meilleure jérémiade que dans le texte sacré des héritiers du prophète Jérémie… tous testaments, ancien et nouveau, confondus. Souvenons nous de Jésus amenant le glaive et la bisbille dans les familles, des Actes des Apôtres tordeurs de bras de sectateurs, des Épîtres obscurantistes de saint Paul, de l’Apocalypse… et la barbe à la fin. Les textes sacrés, qui sont archaïques et vermoulus, incorporent leurs lots copieux de propos catastrophistes, tonitruants, virulents, courroucés et belliqueux et que celui dont l’ardoise est propre lance le premier pleurnichement bien intentionné…

Alors laissons là ces coups fourrés sectaires entre cultes fondamentalement similaires et allons à l’essentiel. Que fait le Coran, finalement? Que rapporte ce texte? Que nous dit-il? Oublions une seconde le mythe ex post de sa genèse (parole divine transmise au Saint Prophète par un ange, dans la langue de dieu, dictée, transcrite, consignée). Regardons simplement ce qui se passe, ce que nous avons sous les yeux, dans la traduction française ou anglaise de ce texte sacré que nous venons de nous décider à découvrir. Dans ce texte, dont le titre signifie lecture ou récitation, un orateur nous fait lire ou entendre une sourate, c’est-à-dire, en fait, un prêche, un sermon circonscrit autour du thème appelé par le titre de la sourate (il y a 114 sourates dans le Coran et elles sont disposées non pas en ordre chronologique ou thématique mais en ordre décroissant de longueur). Il faut vraiment lire le Coran comme on lirait une collection, un peu éparse, de sermons. Le sermonneur (qui est soit dieu, soit le Saint Prophète, soit un imam ordinaire nous parlant de dieu et du Saint Prophète, cela varie au fil du texte) nous dit (et redit — faut pas craindre la redite quand on approche ce type d’ouvrage) de craindre dieu, de respecter ses prophètes, et il nous explique comment manifester adéquatement notre religiosité (y compris comment renoncer aux superstitions pré-islamiques, faire confiance à la miséricorde divine sans douter de son omniscience, prêcher le dieu unique aux incroyants) et comment organiser nos vies (y compris matrimonialement, juridiquement, pécuniairement mais aussi intellectuellement). Quand des exemples historico-légendaires sont invoqués, ils ne valent pas en soi (comme ce serait le cas, par exemple, dans une mythologie) mais ils servent exclusivement à appuyer l’argument mis en place dans le cadre du sermon en cours. Le Coran est un texte largement prescriptif, et indubitablement plus argumentatif que démonstratif.

La première difficulté de lecture de ce texte réside dans le fait que le Coran s’adresse à un auditoire savant, cultivé, très instruit même de tous les détails profonds de l’histoire sainte judéo-christiano-musulmane. Contrairement à l’Évangile, le Coran n’est pas un texte pour incultes. Ce n’est pas une biographie ou un compendium narratif ou explicatif. C’est un texte qui s’adresse à un auditoire non seulement solidement renseigné sur ce qu’il formule mais, en fait, déjà musulman. Le Coran n’annonce pas, il partage et redistribue un corps de doctrine déjà largement disposé dans les esprits de ses lecteurs ou de son auditoire. C’est donc un texte fatalement et involontairement marqué au coin de l’implicite et de l’effet de connivence. Le Coran est très sereinement allusif. Il fait ses renvois en assumant que son auditoire les capte au vol et en décode le contenu, prosaïque ou allégorique. Il est erroné de croire que le Coran peut initier le lecteur ignorant de la culture musulmane. Dire à des occidentaux du tout venant lisez le Coran, en croyant qu’il instruit l’ignorant, c’est foncer vers un mur d’incompréhension et le choc sera fort abrupt. C’est en cela que, sans amertume aucune, ni ironie, ni irrespect, je dis que les sourates du Coran doivent être approchées comme un corpus de sermons. Si vous vous lancez dans la lecture disons, d’un recueil de sermons de Bossuet, vous serez confrontés à un intervenant oratoire original qui mobilise tout un fatras théologique convenu, postulé connu, et l’organise en fonction de la configuration originale de son intervention spécifique. Et alors, un conseil: apportez votre sac de biscuits documentaires. Bossuet, c’est ni un didacticien ni un vulgarisateur. Sur le Coran: même observation. Vite, bien vite, les renvois allusifs, éclatés, rhizomatiques, glosés et redits (souvent avec de significatives différences au fil des redites) que l’iman récitant le sermon de la sourate fait, en plus à un rythme de charge et dans un total désordre apparent… tout ça va vite nous faire perdre le fil.

L’autre difficulté de lecture majeure du Coran pour des occidentaux, c’est le ton. Autoritaire, lapidaire, cassant, percutant, menaçant, tonnant. Encore une fois: pensez aux prophètes de l’ancien testament quand ils pérorent. Vous retrouverez un ton fort similaire dans le Coran. Cela rappelle de bien mauvais souvenirs aux anticléricaux de ma génération et ça ne dit rien de bien engageant aux athées de formation de la génération de mes fils. On a donc là un dialogue mal engagé, s’il en fut. Pour des exemples limpides de cet état de fait, je vous renvoie aux quatre citations du Coran sur lesquelles repose mon propos descriptif dans le texte. Islam et incroyance. En vérité, je vous le dis: lire la sourate Çad (sourate 38), c’est littéralement un test de personnalité, pour un occidental. Prendre connaissance de cette sourate sans bouillir de rage n’est vraiment pas évident, surtout si, comme moi et mes fils, on ne croit ni à diable ni à dieu. Parce que soyons redondant mais limpide sur ce point: le Coran parle de dieu. Et pas un petit peu…

Alors pourquoi lire le Coran, s’il est si rébarbatif et nous casse les oreilles avec dieu? Oh, un petit instant, quand même… Pourquoi lire Spinoza, s’il est si rébarbatif et nous casse (lui aussi!) les oreilles avec dieu? Réponse: à cause de la rationalité. Pourquoi lire Hegel, s’il est si abstrus et nous casse les oreilles avec sa fadaise de l’Idée Absolue? Réponse: à cause de l’urgence de la dialectique. Si on se met à laisser de côté tout texte fondamental sous prétexte qu’il est rebutant à lire et nous casse les oreilles avec quelque chose, on va passer à côté de segments colossaux de la pensée universelle… car celle-ci est toujours datée et problématique parce que datée. Aime, aime pas, c’est comme ça. On ne s’informe pas que sur ce qui nous amuse, ou nous divertit, ou confirme nos croyances, nos espoirs et nos valeurs. Moi, je lis le Coran parce qu’une fois passé dieu, le ton pète-sec et les allusions théogoneuses absconses, j’y trouve des moments comme ceci:

 

N’imitez pas celle qui défaisait le fil de son fuseau
après l’avoir solidement tordu.
Ne considérez pas vos serments
comme un sujet d’intrigues entre vous,
en estimant que telle communauté
l’emportera sur telle autre.

(Le Coran, Sourate 16, Les abeilles. verset 92, traduction D. Masson)

 

Et via ceci, j’accède à la vraie raison pour laquelle je lis le Coran: les musulmans. Je lis le Coran à cause de mes compatriotes musulmans de partout. Ils sont avec moi et en moi dans ce vaste monde et ils sont un milliard cinq-cent millions à asseoir leur cadre de représentations intellectuelles et émotionnelles sur le fondement du Coran. Et moi, comme me le signale justement, fort opinément, la sagesse coranique ici, je ne crois pas que telle communauté l’emportera sur telle autre. Je crois que, planétairement comme localement, les communautés vont coexister. Et de coexister, elles vont échanger. Et d’échanger, elles vont faire l’effort de se comprendre et ce, même quand c’est bizarre, même quand c’est incongru, même quand c’est révoltant, même quand c’est enquiquinant, même quand ça tiraille. Je lis le Coran parce que les musulmans m’intéressent et que leur apport à la pensée universelle et à la sagesse des nations me fait réfléchir. Et je le fais en restant moi-même (je lis le Coran pour m’instruire, pas pour me convertir) et en ne cherchant pas non plus à les faire cesser d’être eux-mêmes (je parle du Coran en occidental, aux occidentaux, pas aux musulmans qui en savent bien plus long que moi sur la question).

Pour comprendre nos compatriotes musulmans, il faut éventuellement se décider à lire le Coran. Cela nous fait entrer dans les profondeurs les plus intimes de leur vision du monde, comme on entre dans la résidence étrange, bigarrée mais magnifique, d’un voisin incongru, dépaysant mais respecté. Ceci dit, ce que je vous dis ici c’est que le Coran, ça se lit pas comme un roman. Accrochez-vous.

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Tiré de l’ouvrage de Paul Laurendeau (2015), L’Islam, et nous les athées, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou PDF.

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Un oeil sur le monde musulman

Je médite l’Islam parce que ce phénomène historique, intellectuel et émotionnel durable, influençant plus d’un milliard d’humains, compte. Je le fais en athée et en philosophe matérialiste mais avec toute la déférence requise. Je ne suis pas un iconoclaste. Je ne suis pas un hagiographe non plus mais je m’intéresse à cette vision du monde pour ce qu’elle dit de l’humain et de son contexte culturel. Salut, solidarité et respect, dans la différence. - Paul Laurendeau (Ysengrimus)

5 pensées sur “Lire le Coran (quand on est occidental)

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    8 janvier 2015 à 4 04 32 01321
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    INFORMATION COMPLÉMENTAIRE SUR LA TRADUCTION FRANÇAISE DU CORAN QUE J’UTILISE

    Je travaille avec la traduction de madame Denise Masson (1901-1994), solide islamoloque du siècle dernier. C’est l’œuvre d’une vie et c’est magnifiquement documenté et édité. C’est la version boutique classique du Coran chez Gallimard. L’exemple cardinal (et sans effets de modes, de tiraillages politiciens ou de relations publiques) du regard occidental respectueux porté sur le livre saint de l’Islam…

    Profitons-en pour rappeler un vieux principe de traduction: traduisez toujours en direction de votre langue première…

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    7 février 2018 à 21 09 34 02342
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    Voltaire disait du Coran:
    «Le Koran est une rhapsodie sans liaison, sans ordre, sans art ; on dit pourtant que ce livre ennuyeux est fort beau. Je m’en rapporte aux Arabes, qui prétendent qu’il est écrit avec une élégance et une pureté dont personne n’a approché depuis. Si ce livre est mauvais pour notre temps et pour nous, il était fort beau pour ses contemporains, et sa religion encore meilleure.»

    Aussi, je me permets de rappeler une évidence: il ne faut pas confondre la grande Civilisation Arabe et l’islamisme: l’une est synonyme de progrès, de culture, d’éducation et de beauté, qui rayonna jusqu’en France et aurait pu aller encore plus au nord s’ils n’avaient été arrêtés à Poitiers par Charles Martel; l’autre, une coalition de forbans qui renversa les anciennes traditions, et qui amena le désordre, la guerre et la misère dans tout le moyen-orient.

    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/islamisme-et-ismaeliens.html

    Cordialement.

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      8 février 2018 à 9 09 06 02062
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      Je ne sais pas si les monothéistes (TOUS les monothéistes) sont des forbans, comme vous dites. Mais ce sont incontestablement des dogmatiques et des rigoristes. Globalement, leur temps est fait, il est bien difficile d’en douter.

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    21 février 2019 à 20 08 16 02162
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    Pour le musulman culturel qui vit à cheval entre islam, universalité et modernité que je suis, non pratiquant certes et c’est pas pour me justifier, mais pas déconnecté pour autant, ni ignorant de fondamentaux et détails de cette religion, et qui, modestement mais assurément a pu accumulé une expérience de vie significative (en terre d’islam et en occident) ou religion et non religiosité se sont côtoyé, cohabité et n’ont jamais empêché l’harmonie, l’ouverture d’esprit et la sagesse de germer en moi, mon esprit et mes convictions comme c’est le cas pour presque la majorité des humains censés et doté d’intelligence sur terre, Pour la personne donc que je suis, Je trouve votre témoignage authentique, touchant, respectueux, éclairé, intelligent, sincère et rend assez bien compte de la difficulté culturelle, rationnelle, intellectuelle pour aborder les textes sacrés et le Coran en particulier surtout pour un non musulman. Et, à ce titre, je vais tenter donc de compléter et ajuster, sans prétentions ni dogmatisme aucuns, votre approche et compréhension de la chose un peu comme un devoir que je m’assigne, un devoir d’éclairage important et surtout fraternel, paisible et sage à mes yeux, afin de mieux vous aider à comprendre et pénétrer l’esprit et l’âme musulmane…tout Athée que vous êtes, que je respecte et salue, dans l’espoir de lever le voile au moins en ce qui vous concerne et concerne vos lecteurs, sur ce grand malentendu qui empêche tellement de gens aujourd’hui en occident de comprendre et situer les musulmans apaisés et pacifiques pourtant en majorité, dans le contexte géo politique, culturel, et intellectuel mondial qui est le nôtre.

    Tout d’abord, il n’y a pas que pour un Chrétien, un Juif, un Bouddhiste ou quiconque qui soit élevé dans l’athéisme et l’incroyance ou qu’il ait quitté la religion de sa propre volonté, que la premier contact avec le texte du Coran révulse et donne de l’urticaire, si ce n’est susciter de la colère et de l’indignation lors de la toute première lecture du texte ! Car c’est aussi le cas pour le musulman, même celui qui soit né dans un milieu hyper religieux, et même pour celui qui se croit le plus dévoué des musulmans avant qu’il ne décide un jour de se retrousser les manches pour confronter le texte sincèrement ! Cette étape là je vous rassure, il n’y a qu’un ignorant, un menteur ou un inconscient qui se dise musulman qui ne l’ai pas connue au moins une fois au courant de son existence ! et vous l’avez assez bien décrite d’ailleurs, on n’aborde pas le Coran ou on le comprend lorsqu’on le lit la première fois comme on lirait une première fois un roman ou un livre de contes qui nous attire ou nous révulse pour décider de le mettre de côté pour toujours, mais plutôt, lorsqu’on y revient et revient…par décision et conviction personnelle… parfois celle de vouloir en découdre ! voir s’y opposer, le confronter, le jauger et découvrir comment il nous juge personnellement…bref, il ne s’agit pas ici d’un superstitieux pris avec un livre sacré et interdit, un talisman, un livre de magie chamanique qu’on lui imposerait de garder chez lui, un objet surnaturel qui possède deux facettes, l’une merveilleuse et l’autre maléfique qu’il craindrait de pourfendre toute sa vie et d’approcher ! C’est pas à ce point-là, ni que ce soit le cas, mais en réalité, un musulman devra inévitablement aborder le Coran sincèrement et courageusement un jour avec l’intention le plus souvent de consolider sa foi et renforcer sa croyance en Islam qu’il décidera de le faire et espérer en sortir gagnant ! et c’est en effet ce qui se passe ! car la première leçon qu’il va en tirer est que la compréhension et l’interaction avec le Coran se fait inévitablement et obligatoirement en plusieurs couches de lectures, sans pour autant que ce soit une sorte de mécanisme d’endoctrinement comme dirait toute personne décidant d’en découdre et fermer la parenthèse, non pas du tout, c’est paradoxalement et plutôt dans une logique de rationalité, un pur exercice de raisonnement, de conviction consciente et d’introspection intellectuelle et spirituelle aussi…cette dimension spirituelle et émotionnelle étant complémentaire à la raison dans cet exercice.

    Et pour donner un exemple plus précis, le musulman lambda qui ouvre le Coran pour la première fois, ou étant déconnecté du Coran pendant des années, décide d’y revenir un jour, eh bien une fois passé la première et courte sourate de la ‘’Fatiha’’ qui fait office ‘’d’ouvreuse’’ et de préambule, et qu’il aborde la Sourate de la Vache, il ne tardera pas lors des premiers versets à se sentir personnellement et directement visé par les versets qui décrivent les ’’ hypocrites’’, ou ceux qui selon cette Sourate sont gravement vilipendés et promis à l’enfer éternel car font semblant et se disent musulmans mais en fait n’accomplissent rien pour l’être en réalité…etc., bref ! le commencement se passera très mal, au point que le lecteur s’imagine dès le début qu’il n’y a pas la moindre chance qu’il puisse échapper à ce sermon solennel et décisif sur sa propre vérité d’abord et ensuite sur sa destinée fatale, horrible et éternelle en enfer ! d’où la question immédiate et légitime qui se pose à notre esprit et que vous posez aussi : Pourquoi alors est ce qu’il faille retourner faire cette deuxième couche de lecture… quel intérêt y aurait-t-il pour le lecteur choqué que je suis d’entreprendre cette deuxième lecture ou couche, puis une troisième, puis une quatrième, puis par dizaines et centaines, si ne n’est que pur endoctrinement, aveuglément, fanatisme, intégrisme, haine de soi, haine des autres, dira surtout un non musulman… eh bien c’est justement là que les choses deviennent intéressantes pour comprendre…car le Coran est très loin d’être un livre de haine de soi ou des autres ou qu’il se limite à cette dualité à laquelle on veut le réduire bien qu’on connaisse le nombre incalculable de passages lumineux et magnifiques qui font partie de son message et je vais tenter de lister un certain nombre de raisons qui tiennent de la rationalité encore et aucunement de l’endoctrinement pour l’expliquer ;

    – D’abord pour le style d’écriture et le genre littéraire qui sonne un peu comme un discours ‘’époustouflant’’ cognitivement dans la tête du lecteur arabe lambda ; le Coran est indéniablement écrit dans un style arabe très élaboré au point qu’il faut parler l’arabe pour le réaliser pleinement, car tout en étant très lucide et consciencieux , et bien qu’il soit martial et sévère dans son ensemble, il conserve une grande part de mystère dans les mots et les expressions qu’il utilise, et s’attache rigoureusement à un style poétique avec Vers, Prose, vocabulaire, grammaire, conjugaison, et syntaxe d’une beauté, solidité et constances qui soient rares dans la littérature arabe habituelle…il raisonne ainsi dans l’esprit du lecteur arabe, un peu comme un Chrétien lirait les plus beaux passages de la Bible, un Juifs lirait ceux de la Torah ou un bouddhiste lirait ceux du Sanscrit…mais avec en plus (juste pour exagérer la chose et sans pour autant prétendre que ce soit une règle) une touche de Homère, de Flaubert, du Baudelaire, du Shakespeare, du Orwell, et si on peut se le permettre, du Tolstoï, du Dostoïevski, du Kafka et du Garcia Marquez ! (non je suis loin d’avoir lu la moitié de ceux que je cite ici… sauf des passages et des citations à l’occasion) mais c’est un peu pour illustrer le prestige et la profondeur qui marquent le texte Coranique dans la conscience et l’esprit arabe et musulman ! Alors est-ce un phénomène exclusivement culturel aux Arabes ? Peut-être bien, mais il se trouve que la majorité des musulman soient asiatiques et Africains et non Arabes et dont la langue mère est à des lieux de la langue Arabe!

    -Ensuite, et deuxième raison, comme pour tout texte sacré, il y a l’Intrigue, le Mystère et l’incompréhension ou la frustration de ne pas avoir saisi le sens qui soient Permanentes dans toute lecture du Coran ! donc en plus il y a cet espèce d’art abstrait et caché à jouer avec le sens des mots dans le Coran, et c’est permanent. Demandez à n’importe quel érudit musulman, il vous le dira ; personne jusqu’à date ne peut en effet prétendre en saisir le sens entier et se satisfaire d’une lecture ou d’une autre ! Ce qui explique l’exégèse à l’infini dans la tradition musulmane… et dont nous fournit la preuve incontestable le Soufisme ésotérique et mystique dans l’islam…qui a séduit Chrétiens et Juifs pendant des siècles à travers la philosophie musulmane, et qui s’acquiert pourtant et obligatoirement par une véritable plongée corps et âme dans le texte Coranique pour vous transporter dans d’autres dimensions métaphysiques si on peut le formuler ainsi ! Bref, il serait vulgaire et sans fondement de parler là encore d’endoctrinement… mais on parle ici de spiritualité poussée à l’extrême dans la privation, l’isolement et l’introspection un peu comme les moines troglodytes…et on ne parle pas ici d’état d’hypnose ou d’état second avec les yeux qui tournoient comme dans un dessin animé sur une note humoristique…ou une similitude décelée ou supposée avec un gourou de secte sous LSD et autres matières psychotropes, car il n’y a point besoin de recours à de tels substances dans le Soufisme… contrairement à un chamane de la civilisation précolombienne ou Eurasiatique! Et donc c’est cet intrigue et mystère qui pousseront le lecteur veut, veut pas à entamer sa deuxième et énième lecture, et fait intéressant lui permettront d’accéder si on veut à un stade où il fera la paix avec le texte ! Aussi incroyable que cela puisse s’entendre, à partir de la troisième ou quatrième lecture, non seulement vous faites la paix avec le texte et ne vous y sentez plus visé et vilipendé comme avant, mais VOUS DÉCIDEZ le rapport que vous aurez dorénavant avec le texte ! Soit vous décidez de vous y identifier aveuglément et adhérer à une interprétation littérale du texte comme font les fondamentalistes intégristes et autres salafistes de même acabit, Soit vous décidez de mettre une distance avec le sens littéral et vous vous accrochez au cœur ésotérique du livre ! et c’est cette seconde option que se situe une majorité de musulmans lambda, ordinaires, travailleurs pour gagner leur vie…en dépit des étiquettes qu’on veut leur coller ou les pratiques qu’on veut leur imposer à l’intérieur même de l’islam, Sunnites, Chiites etc… d’ailleurs, il serait utile de rappeler qu’aucun État musulman à travers l’histoire mis à part le récent État Saoudite et wahhabite, n’ont souhaité afficher ou définir leur Islam comme étant une lecture littérale du Coran ! ils ont plutôt choisi pour rite l’une des quatre écoles du Sunnisme pour faire office de référence jurisprudentielle et d’interprétation, et s’accommoderont tous sans exception de mœurs légèrement ‘’détournés’’ de ceux que prônent les salafistes et autres rigoristes littéraux qui n’ont jamais pu bâtir un État en bonne et due forme, le wahhabisme s’étant suffi à être un mouvement pendant plus d’un siècle avant que la manne pétrolière et l’autoritarisme du fondateur Ibn Saoud ne réussisse à transformer tout ça en état Saoudien qu’on connait aujourd’hui.

    – La troisième et dernière raison qui explique le retour permanent au Coran et au texte chez les musulmans est simplement identitaire et culturelle, elle relève surtout du purement éducatif et disciplinaire ‘’à la bonne franquette’’ c’est-à-dire comme chacun devrait faire chez soi… comment être une bonne personne, interagir avec autrui et observer son comportement et ses pratiques d’un point de vue aussi bien moral que éthique…tout en s’inspirant du Coran à la différence des orthodoxes et les figures d’autorité qui eux y trouvent un recours législatif et juridique pour régler les différends, les divorces, les querelles, les crimes (sans pour autant appliquer une charia qui coupe la main des voleurs ou la tête des pêcheurs comme font les arriérés Saoudiens ou Iraniens), bref, les nombreux cas du droit qui requièrent un arbitrage et qui feront d’ailleurs que la jurisprudence musulmane soit l’une des plus élaborées et poussées au point qu’il soit très courant chez les juristes musulmans encore aujourd’hui, devant exercer encore dans les deux législations moderne et islamique en vigueur dans leur pays, de prétendre ou insister que le code Napoléon ou code civil occidental dans son entièreté se soit largement inspiré de la jurisprudence musulmane lors de la conquête d’Égypte par Napoléon. Chose qui reste à vérifier pour les spécialistes, mais je peux témoigner moi-même, que la complexité et la précision du droit musulman à vouloir rendre justice surtout dans les affaires de propriété, de terres, d’héritage, et de droit commercial est probablement sans équivalent historiquement ! Comme je me souviendrais des critiques que formulait feu mon propre père qui fut fonctionnaire toute sa vie à l’égard des réformes et l’élaboration de la loi du Cadastre par les français qu’il jugeait presque inculte, incomplète et trop rigide pour préserver les droits de tous et en toutes circonstances comme pouvait le faire le droit qu’exerçait son père jadis Cadi de son état (Juge)!

    Bref, Aujourd’hui, en dépit de l’image d’un Pape de la Chrétienté Catholique qui soit populaire et omniprésent sur la scène occidentale, la distance radicale qu’ont pris une majorité d’occidentaux avec la religion est telle qu’il leur est très difficile de comprendre pourquoi les musulmans continuent de s’attacher à l’islam en général, et au Coran en particulier, et bien qu’ils ne soient pas de pieux pratiquants, qu’ils puissent ‘’tricher’’ sur toute la ligne, agir en schizophrènes en quelques sorte, boire de l’alcool, avoir des rapports sexuels hors du cadre conjugal, adopter toutes sortes de mœurs modernes et s’attacher à la religion en même temps ! d’autant que les inquiétudes des occidentaux en général ne soient pas tout à fait illégitimes depuis que l’immigration déverse un lot significatif de musulmans dans leur pays et leur patries…en conjonction avec les problèmes d’intégrisme et de terrorisme graves qui affectent le monde…car il faut admettre que c’est une question à laquelle ne carburent pas uniquement les discours alarmistes et islamophobes, mais aussi ceux de politiciens et de penseurs plus modérés qui ne fuient pas le débat pour autant et préfèrent dire tout haut ce que pensent beaucoup de gens tous bas ! Le problème dans ce débat important réside dans cette complexité justement, et se dissipe dans la connaissance de l’islam et des musulmans comme on constate…sans pour autant devoir fermer les yeux sur ce qui pourrait se tramer de dangereux dans une mosquée ou un réseau relié à des activistes de l’islam politique…bref, ce débat et cette réflexion a déjà débouché sur le modèle de cohabitation musulmans et non musulmans qui prévaut aujourd’hui un peu partout en occident ; c’est-à-dire, des musulmans sous étroite surveillance sécuritaire à laquelle collabore une majorité d’entre eux…et ce n’est pas plus mal si les choses doivent se passer ainsi pour l’instant puisque on parle d’enjeux de sécurité qui touchent tout le monde. Mais la réponse à la question préalable du pourquoi ces fichus musulmans qui se disent ouverts d’esprits n’abandonnent pas l’islam, le Coran et affichent ouvertement un choix de vie exempt de signes religieux mérite une réponse ! Et c’est tout simplement parce que l’islam culturel dans lequel ils ont grandi et qui subsiste dans leur esprit est très très loin de l’image de la haine et les autres stéréotypes que véhiculent les extrémistes et qu’on cherche à leur coller, et qu’on n’arrête pas de répéter et aussi invraisemblable que cela puisse paraitre aux sceptiques et autres ignares de cette religion !

    Vous savez, ce que racontent les politologues à propos de la radicalisation de l’islam sunnite depuis la révolution de Khomeiny n’est pas faux ! Khomeiny va faire basculer le monde musulman relativement apaisé et moderne des années 1960 et 1970 dans une escalade sans fin en guise de réponse politique des pays musulmans sunnites qui craignaient la contamination chiite ! Ceci à eu pour conséquence l’encouragement d’un islam politique sunnite pour répondre à Khomeiny et à fini dans les dérives que l’on connaît aujourd’hui ! sans oublier la ‘’cause palestinienne’’ qui en constituera le deuxième vecteur au vu de la radicalisation de l’occupation israélienne. Mais pour le communs des musulmans, les années 1960 et 1970 constituaient une ère d’ouverture et d’émancipation qu’ils n’ont jamais cessé de souhaiter un retour…et qu’ils ont pu restaurer dans certains pays comme au Maghreb et l’Égypte et certains pays du moyen orient, sans pouvoir restaurer ou réussir le principal c’est-à-dire bâtir des économies et des démocraties qui auraient pu encadrer la jeunesse et l’émanciper en plus d’éviter cette immigration et ‘’fuite de cerveaux’’ massive et insensée même à leurs yeux surtout lorsqu’on sait les dettes accumulées auprès des bailleurs de fonds pour assurer une éducation gratuite à cette jeunesse, pour la voir disparaître soudainement sous l’effet du chômage et des contraintes sociales !

    Je finirais avec un beau souvenir qui ne manquera pas de vous surprendre, lorsque j’étais plus jeune dans mes vingtaines, amoureux d’une française que j’allais visiter chez elle, et l’invitant chez moi dans mon pays d’origine à plusieurs reprises, voyant que je n’étais pas pratiquant, elle me posa un jour la même question, je lui répondit de regarder autour d’elle et de mémoriser les bougainvilliers en couleurs, les sapins, les Thuyas, les arbres fruitiers et le chant des oiseaux le matin, je lui dit que je ne suis né et n’ai grandi que comme ça ! au milieu des fleurs, avec une famille aimante, chouchouté par des parents qui faisaient leurs prière, un père qui psalmodiait le Coran à l’aube, puis faisait de la marche et de l’exercice dans le jardin avec son chapelet entre les doigts, avant de prendre une douche et enfiler son costume taillé sur mesure, et nous réveiller non pas en venant nous voir, mais avec la légère odeur de son eau de toilette parisienne Guerlain, Caron, Yves saint Laurent avant de prendre son petit déjeuner au pain grillé et toutes sortes de gâteries et partir à son travail, nous confiant à ma mère, et à notre nounou qu’on adorait qui nous préparaient comme des princes et des princesses pour l’école, le soir venu, mon père enfilait ses habits traditionnels confortables, veillait à ce qu’on fasse nos devoirs et après qu’il fasse la prière du soir, et une fois qu’il se soit assuré de nous mettre au lit contre notre grès , il ne se privait pas de se servir un apéro, un bon scotch sur glace (‘’Dimple’’ assez souvent je me souviens.. une marque ayant presque disparu) , souper paisiblement avec ma mère, regarder un film ou écouter de la musique et apprécier la vie ! Pourquoi veux-tu que je renies tout ça, c’est Dieu qui m’a donné cette chose ! je me souviens lui avoir dit sous un ciel bleu magnifique et caractéristique de mon enfance et ma jeunesse! Elle n’insistait plus, on rigolait et on allait à la plage ou la ville pour le restant de la journée pour ne revenir à la maison que pour nous goinfrer de victuailles et autres gâteries maison ! Plus je vieillis, plus je me dis que j’avais raison de penser ainsi ! Bref, ces parents-là, ne nous ont jamais forcé de faire la prière mais ils nous rappelaient simplement qu’il faille un jour commencer…et si j’ai un regret d’ailleurs, c’est de ne pas avoir eu le courage d’écrire un livre sur cette enfance et jeunesse incroyable et sur l’ironie de la vie qui a fait que je finisse assez jeune comme immigrant dans un autre pays… ou je fus accusé de sentir le chameau, et suspecté de misère… comme si je n’avais jamais été le Pacha que je fus jadis…je me plains pas là, mais me remémore des débuts difficiles dans mon nouveau pays d’adoption…bref, je peux en dire autant de mes sœurs qui pouvaient porter les jupes courtes en leur temps, ne se sont jamais voilées, et chantaient des chansons françaises célèbres devant leur miroir au retour de l’école ou pendant qu’elles se peignaient les cheveux! je pourrais aussi en dire autant des Corans élégants et anciens aux reliures de cuir imprimé et autres dorures et couleurs s’étant bonifiés avec le temps et que mon père gardait jalousement dans un meuble de sa chambre à coucher (et pas les Corans de mauvaise qualité papier imprimés par millions de copies et gracieusement distribués par l’Arabie Saoudite) , et des encyclopédies françaises et arabes, dictionnaires, romans, magazines, et autres bandes dessinées célèbres qui meublaient la bibliothèque à l’étage ou qu’on gardait jalousement dans nos chambres … cette histoire, plein de musulmans de ma génération pourraient vous la raconter, et je ne suis pas une exception…!

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