Mais pourquoi les musulmans ne veulent pas qu’on représente physiquement le saint prophète?


UN ŒIL SUR LE MONDE MUSULMAN
Paul Laurendeau

Comprenons-nous bien, je suis athée mais je ne suis pas ignare. Le petit journalisme contemporain occidental est, lui, par contre, particulièrement sot, nunuche et baveux et il ne rate jamais l’occasion de faire passer les musulmans pour des irrationnels, des boutefeux et des incohérents. Ça m’agace au plus haut point. Ça n’explique rien et ça sème la confusion intellectuelle, la pire de toutes. Le refus par les musulmans de voir le saint prophète (j’utilise ici la désignation française musulmane usuelle pour ce personnage historique – simple question de déférence élémentaire) représenté matériellement fonctionne selon une logique interne simple, parfaitement articulée et qui pose des problèmes spécifiques (y compris des problèmes logiques menant à une critique intellectuelle respectueuse). Voyons l’affaire dans sa limpide cohérence. L’Islam organise son système de représentations d’abord et avant tout dans un cadre de croyances hautement codé. C’est là une chose très spécifique qui n’échappe pas aux détails des contraintes historiques. On dira donc, plus précisément, que le religion musulmane est un monothéisme abrahamique et, comme tel, qu’elle est très soucieuse de précision sur son inscription dans une continuité améliorée des deux autres monothéismes abrahamiques majeurs que sont le judaïsme et le christianisme. Ceci est capital et encore bien mal compris des occidentaux.

UN RIGOUREUX MONOTHÉISME. L’Islam est la version la plus achevée et la plus cohérente des grands monothéismes ayant eu un impact de masse significatif. En cela, l’Islam formule des exigences qui frappent par leur simplicité, leur clarté et, disons le mot, leur rigueur. Il y a un seul dieu, c’est Allah et il faut s’abandonner totalement à la foi en lui. C’est un être immatériel, intemporel, spirituel, éternel assurant la cohérence de l’univers matériel et social. Je vous assure que le plus modeste musulman vous dira que la foi en dieu est l’unique exigence de l’Islam et que tout le reste est facultatif, ancillaire, subsidiaire, ajustable et conjoncturel. Or, il faut absolument comprendre que le monothéisme de la tradition abrahamique s’extirpe par bonds du polythéisme ancien qu’il subvertit. Dans la Genèse, dieu est souvent désigné au pluriel (Les Élohims). Je ne vous parlerai pas des anges, des diables, des dieux des peuples ennemis (Moloch, Baal etc), des veaux d’or, des djinns et de toute une fournée d’êtres intermédiaires qui brouillent le monothéisme depuis ses origines. Le cas chrétien pose des problèmes encore plus épineux (sans calembour), sur cette question de la rigueur simple et dépouillé du monothéisme. Voici un culte qui s’embarque avec une trinité incorporant un esprit saint (en anglais Holy Ghost – je vous laisse méditer et gamberger l’explication de ce concept moyenâgeux particulièrement fumeux), un fils de dieu divinisé (thaumaturge hocus-pocus ressuscité après supplice dont la magie, hautement sensuelle et terrestre, répugne particulièrement à la logique systématisante, abstraite et universalisante de la foi islamique) et une nuée de saints plus ou moins surnaturels eux aussi. Tout ça, pour les musulmans, c’est du fatras superstitieux et la notion de fils de dieu est une pure et simple injure intellectuelle. Dieu est un être spirituel immortel, il ne peut pas engendrer un être charnel mortel. Point final. On est pas dans les galipettes hédonistes et sautillantes de la mythologie gréco-romaine ici. Pas de demi-dieu, au sens fort du terme. Pas de trinité non plus: dieu est un. L’exigence de rigueur monothéiste de l’Islam ne transigera pas là-dessus. C’est une question de simple cohérence élémentaire dans la formulation des caractéristiques définitoires de dieu. Ajoutons, pour la bonne bouche, que des penseurs modernes ont introduit des monothéismes encore plus systématiques que celui de l’Islam (Thomas Paine, Spinoza, Voltaire, les Francs-maçons – ils rompent carrément le contact entre l’humain et le divin. Ils retirent les anges et la prière par exemple, intermédiaires indispensables en Islam pour que la transmission du Coran au saint prophète ne soit pas trop intime avec dieu mais aussi pour que tout le monde puisse se raccorder au divin). Ces théologies hyper-abstraites de francs-tireurs, ce sont les déismes. Ils sont bien beaux et bien logiques, mais leur impact de masse est resté beaucoup plus restreint (le passage direct à l’athéisme prenant vite le dessus sur la foi déiste de Thomas Paine ou le dieu-nature de Spinoza). Restons lucides ici. Quand le dieu de Voltaire aura défini en profondeur la culture et la vision du monde d’un milliard et demi de personnes (ce qui est le cas de l’Islam), eh ben, on en reparlera… C’est quand même pas demain la veille.

UNE RELIGION ABRAHAMIQUE. C’est ici qu’on entre au cœur de notre problème. Contrairement au déisme justement, l’Islam n’est pas juste un monothéisme comme ça, en l’air. C’est un monothéisme révélé. C’est délicat ça, parce que qui dit révélation dit point de contact entre dieu et les humains. L’Islam est en plus révélé dans un cadre très spécifique: le cadre prophétique abrahamique. Partant d’Abraham (Ibrahim) puis d’Ismaël (Isma’ïl), une succession de prophètes, dont Jésus (Îsâ, être humain et prophète de l’Islam), gueulent, luttent et s’efforcent de faire avancer deux causes: la moralité publique (sexuelle, comportementale, politique et militaire notamment) et la rigueur de la foi monothéiste. Or une des exigences cardinales de la foi en un dieu unique, c’est le rejet de toutes autres divinités, idoles, totems, fétiches, panthéons, saints, lutins, héros fabuleux, ou icônes. Le Coran est très clair là-dessus. Citons pour exemple ce passage, attribué au prophète Joseph (Yusuf):

Ceux que vous adorez en dehors de lui
ne sont que des noms
que vous et vos pères, vous leur attribuez.
Dieu ne leur a concédé aucun pouvoir.
Le jugement n’appartient qu’à Dieu.
Il a ordonné que vous n’adoriez que lui:
telle est la Religion immuable;
mais la plupart des hommes ne savent rien!
(Le Coran, Sourate 12, Joseph. verset 40, traduction D. Masson)

Pas de concession. En toute cohérence, donc, cette consigne stricte et cruciale s’applique aussi à tous les prophètes sans exception, incluant le ci-devant dernier prophète, le saint prophète de l’Islam. C’est très délicat parce que, dans le cadre des religions abrahamiques, les prophètes sont des personnages explicitement raccordés au divin MAIS qu’on ne peut pas simplement rejeter (on bazarde tout simplement –autoritairement– les djinns et les icônes – les prophètes, c’est bien plus délicat à encadrer). Le saint prophète est donc juste un messager humain, mort à soixante-cinq ans d’une courte maladie et incarnant, comme les premiers califes, la modestie humaine et limitée d’un simple serviteur de dieu. Or, les musulmans ont eu le pif d’observer rapidement (notamment dans les territoires sur lesquels leur rayonnement fulgurant s’effectua, sous les quatre premiers califats) que lidolâtrie n’était en rien une manifestation de religiosité exclusivement polythéiste. Les cultures ayant accepté le pacte avec dieu (pour reprendre la formulation coranique) en étaient lourdement infestées, non plus, alors, envers les idoles de jadis mais envers les saints d’aujourd’hui. Voyant dans cela (d’ailleurs à raison, je les seconde ici pleinement, en tant que rationaliste) une régression tendancielle vers des formes de religiosité plus sensuelles et sensorielles, moins abstraites ou générales, les musulmans ont vu, avec la fermeté requise, à mettre, sur cette question, de l’ordre dans leur propre demeure. Ils ont vu à ce que le grand amour, profond et tangible, qu’ils ressentent pour le saint prophète ne bascule pas en dévotion. Déférence obligée envers l’absolue priorité monothéiste. L’iconolâtrie (représentation des saintetés sur supports matériels et adoration subséquente, souvent délirante, de ces supports – partez-moi pas sur le christ en croix, les reliques médiévales, les icônes des vieux croyants russes ou les images de la vierge dans des taches d’huile ou du christ dans des croque-monsieurs) fut donc explicitement prohibée dans la culture islamique. The rest is history…

UN PROBLÈME FONDAMENTAL DE COHÉRENCE. Adoncque, cet interdit de représenter le saint prophète matériellement, ce n’est pas à cause de la peur de la dérision ou des caricatures qu’il fut initialement formulé. C’est plutôt à cause du contraire: l’amour débordant et intense des musulmans pour le saint prophète. On refusait que le saint prophète se fasse fétichiser et adorer (comme Jésus ou encore Bouddha), alors qu’il n’est qu’un modeste porte-paquet de la révélation divine. Le rejet des représentations matérielles initiales du saint prophète était donc un rejet de l’iconolâtrie complètement INTRA MUROS (contrainte de culte INTERNE à la foi musulmane). Or une caricature est le pur contraire de l’iconolâtrie. C’est de l’iconoclastie, venue de non-coreligionnaires, en plus (les derniers à risquer de diviniser le prophète, donc). En ruant dans le bacul, ici, ainsi, nos pauvres amis musulmans prouvent, avec leur ardeur usuelle (ils sont les bouillants héritiers du calife Omar, que voulez-vous, et pourquoi pas…), qu’ils ont quand même un petit peu perdu le sens des priorités fondamentales de leurs propres directives de cultes. Pas fort, la foi dans ça… Insécure… Mais la plupart des hommes ne savent rien! disait Yusuf. Eh bondance, méditons tous ensemble son message… Seuls les musulmans sont tenus de ne pas transformer leur saint prophète en statuette de chapelle ou en grigri tribal. Ce que les non-musulmans font dans leurs canards, leurs ordis, leurs cinémas et leur propagande de merde, le culte islamique s’en tape souverainement… normalement. Sauf s’il dérape dans la cruelle et violente perte de repères dont souffrent tant certaines diasporas mondiales… Restons logiques, restons cohérents. Cultivons l’abstraction adéquate et le sens approprié des causalités. Gardons ainsi à l’esprit la signification doctrinale effective de tout ceci: ce n’est pas la représentation matérielle du saint prophète que l’Islam a combattu. C’est la divinisation et l’adoration que ces mises en images risquaient de déclencher, notamment chez les petits esprits du type de ceux qui contrariaient tant le prophète Yusuf. Il y en a dans tous les camps…

Moi, ici, tout ce que je demande à mes concitoyens et concitoyennes musulmans et musulmanes du monde c’est de rester cohérents dans la logique interne de leur propre culte. Dieu est miséricordieux (y compris pour les connards, occidentaux ou autres) et son saint prophète est un messager qui ne doit pas être divinisé. Le reste, c’est de la bagarre de taverne d’intérêt mineur. Dans ce cabotinage grossier et vulgaire de films crétins et de caricatures faciles (souvent, elles aussi, de fort mauvais goût – comme le disait un de nos plus éminents caricaturistes québécois: Ça donne rien de plus de montrer Mahomet les fesses à l’air), absolument personne ne divinise le saint prophète et, par la force de leur bêtise ignare et ethnocentriste, les ennemis les plus virulents de l’Islam observent ici, plus que quiconque et sans même le savoir, cette exigence fondamentale de la foi islamique (ne pas diviniser le saint prophète!). Alors, restons dignes, cohérents et cessons une bonne foi de mordre à tous ces hameçons imbéciles tendus par l’appareil hyper-perfectionné du discrédit médiatique (et politique) occidental.

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Tiré de l’ouvrage de Paul Laurendeau (2015), L’Islam, et nous les athées, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou PDF.

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Un oeil sur le monde musulman

Je médite l’Islam parce que ce phénomène historique, intellectuel et émotionnel durable, influençant plus d’un milliard d’humains, compte. Je le fais en athée et en philosophe matérialiste mais avec toute la déférence requise. Je ne suis pas un iconoclaste. Je ne suis pas un hagiographe non plus mais je m’intéresse à cette vision du monde pour ce qu’elle dit de l’humain et de son contexte culturel. Salut, solidarité et respect, dans la différence. - Paul Laurendeau (Ysengrimus)

23 pensées sur “Mais pourquoi les musulmans ne veulent pas qu’on représente physiquement le saint prophète?

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    12 octobre 2012 à 0 12 17 101710
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    Excellent article. Nécessaire, indiscutable et incontournable. Qui ne convaincra cependant, hélas, aucun de « ces hommes qui ne savent rien ». Ceux qui croient, croiront et ceux qui en profitent continueront à semer la haine.

    PJCA

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        24 avril 2014 à 6 06 06 04064
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        Je remercie Pierre JC Allard qui, lors d’un délicat transfert éditorial de cet article, en a préservé les commentaires. Cela fit apparaitre sa trombine à côté du texte d’un peu tout le monde mais le contenu vif des échanges ne fut pas perdu..

        Lisez attentivement le nom ou l’identifiant pour bien retracer les auteur(e)s des segments du débat.

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    12 octobre 2012 à 2 02 51 105110
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    Moi, je suis croyant. Ma foi a ceci de particulier qu’elle est en quelque sorte en rupture avec toute religiosité dont le culte est autre que celui de servir l’humanité dans ses aspirations de justice, de vérité, de solidarité, de compassion, de beauté. Dans ma foi, la volonté du Père c’est que nous nous aimions tous et toutes les uns les autres sans discrimination de couleurs, de races, de religions… Le Dieu en qui je crois ne se laisse découvrir qu’à travers les hommes et les femmes que nous côtoyons, tout particulièrement à travers les humbles de la terre.

    Le niveau de conscience auquel l’humanité est arrivée met à l’épreuve tout autant les croyants que les non-croyants. Cette conscience interpelle tous les dieux qui alimentent les religions du monde, mais aussi toutes les idéologies qui s’appuient sur diverses rationalités. Que font-ils et que font-elles pour répondre prioritairement aux grandes aspirations de justice, de vérité, de bonté, de compassion des hommes et des femmes d’aujourd’hui ? Jusqu’à quels points transforment-elles leurs adeptes en de véritables artisans au service d’une humanité nouvelle ?

    Dans ma foi, le visage de Dieu se laisse découvrir dans le visage des hommes, des femmes et des enfants, créés à son image et ressemblance. Plus l’humanité deviendra humaine, plus nous découvrirons ce visage de Dieu. Ce ne sont pas ceux qui disent Père, Père qui entreront dans le royaume des cieux, mais ceux qui font sa volonté : nous aimer les uns les…

    [Vous êtes déiste – P.L.]

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    12 octobre 2012 à 8 08 10 101010
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    Je voudrais ajouter un point de vue personnel sur la foi, les religions et les représentations de Dieu. L’article de M. Paul Laurendeau m’en donne l’occasion.

    Moi, je suis croyant. Ma foi a ceci de particulier qu’elle est en quelque sorte en rupture avec toute religiosité dont le culte est autre que celui de servir l’humanité dans ses aspirations de justice, de vérité, de solidarité, de compassion, de beauté. Dans ma foi, la volonté du Père c’est que nous nous aimions tous et toutes les uns les autres sans discrimination de couleurs, de races, de religions… Le Dieu en qui je crois ne se laisse découvrir qu’à travers les hommes et les femmes que nous côtoyons, tout particulièrement à travers les humbles de la terre.

    Le niveau de conscience auquel l’humanité est arrivée met à l’épreuve tout autant les croyants que les non-croyants. Cette conscience interpelle tous les dieux qui alimentent les religions du monde, mais aussi toutes les idéologies qui s’appuient sur diverses rationalités. Que font-ils et que font-elles pour répondre prioritairement aux grandes aspirations de justice, de vérité, de bonté, de compassion des hommes et des femmes d’aujourd’hui?? Jusqu’à quels points transforment-elles leurs adeptes en de véritables artisans au service d’une humanité nouvelle ?

    Dans ma foi, le visage de Dieu se laisse découvrir dans le visage des hommes, des femmes et des enfants, créés à son image et ressemblance. Plus l’humanité deviendra humaine, plus nous découvrirons ce visage de Dieu. Ce ne sont pas ceux qui disent Père, Père qui entreront dans le royaume des cieux, mais ceux qui font sa volonté : nous aimer les uns les autres dans la justice, la vérité, la compassion, la bonne foi et la solidarité. Là est le véritable culte.

    Sans prétention et avec tout mon respect

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    12 octobre 2012 à 9 09 35 103510
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    @ Oscar

    On est toujours dans le débat entre la « cause première » bien difficile à nier – (« Appeler Dieu « Dieu » ou lui donner un autre nom » » – et la « providence », à qui l’on prête une volonté propre, au risque de se retrouver dans la position littéralement indéfendable de ne pas être d’accord avec elle…

    PJCA

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      12 octobre 2012 à 11 11 27 102710
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      Pierre, la providence, comprise comme celle qui s’occupe de notre avenir, de notre destin, n’est pas tout à fait celle en laquelle je crois. Un jour, alors que j’étais au Chili, au temps d’Allende, un membre d’une brigade communiste qui peignait des murailles pour les faire parler, me dit: vous les chrétiens vous êtes un peu comme cet homme qui doit déplacer une grosse pierre et qui se met à genoux pour implorer le ciel de lui donner la force pour la déplacer. Nous, dit-il, nous nous attelons à la tâche et, en ce faisant, nous arrive la force qu’il faut pour la déplacer.Cette anecdote qui remonte à plus de 40 ans m’est toujours restée à l’esprit.

      Vous, Pierre, mieux que quiconque, vous en savez beaucoup sur le sujet. De quoi alimenter nos réflexions. Merci à Paul Laurendeau d’ouvrir indirectement cette fenêtre et de nous permettre d’échanger sur ces questions de croyances, de non croyances, de foi et d’engagement. (D)

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    12 octobre 2012 à 10 10 08 100810
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    Bonjour M. Laurendeau, excellent article encore une fois.

    • Pour ma part j’arbore dans le sens de M. Fortin, Moi, je suis croyant. Ma foi a ceci de particulier qu’elle est en quelque sorte en rupture avec toute religiosité dont le culte est autre que celui de servir l’humanité dans ses aspirations de justice, de vérité, de solidarité, de compassion, de beauté. Dans ma foi, la volonté du Père c’est que nous nous aimions tous et toutes les uns les autres sans discrimination de couleurs, de races, de religions… Le Dieu en qui je crois ne se laisse découvrir qu’à travers les hommes et les femmes que nous côtoyons, tout particulièrement à travers les humbles de la terre.

    La plupart des religions nous disent qu’il n’y a qu’un dieu, donnez lui le nom que vous désirez n’y change rien. Mon interprétation des différentes religions est la suivante : si elle n’était en fait que des modèles de vies pour chacun de nous. Chacun d’entre nous à sa pensée unique et la multitude de religion n’est que le reflet de l’humanité dans sa pluralité. Apprenez à vous connaître à travers ses différents enseignements, épanouissez vous en eux. En franchissant ces étapes, cela vous amèneras à vous respectez vous-même, et en vous respectant il sera plus facile de respecter les autres dans leur différences car vous les comprendrez mieux en vous comprenant et en acceptant votre différence.

    Mais la nature humaine étant ce quelle est, la religion est devenu tout comme la politique et l’économie qu’un simple outil de manipulation pour des tyrans. Exploitants les faiblesses humaines à leur propre fins. Et nous sommes très loin de ce sa devrait être soit, la volonté du Père c’est que nous nous aimions tous et toutes les uns les autres sans discrimination de couleurs, de races, de religions…

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    12 octobre 2012 à 13 01 14 101410
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    @ Oscar et Carl

    Quand on s’est investi dans une croyance, toujours apprise, il n’est pas facile d’en changer, mais il y a entre gens intelligents et de bonne foi un grand désir de se mettre d’accord, surtout si un accord préalable est nécessaire pour passer à l’étape suivante qui est souvent de FAIRE quelque chose.

    On s’aperçoit donc, au moment opportun, que l’attachement, toujours émotif, est au mot – le signifiant – qui est par définition statique, alors que le signifié est en incessante redéfinition.

    Pour concilier les exigences d’une pensée évolutive avec le désir d’identité qui voudrait que nous restions attachés à une vision du monde qu’on s’est bâtie cohérente, nous avons demandé aux philosophes de structurer et de justifier une grande élasticité du lien entre les mots et les concepts…

    Nous pouvons donc désormais, avec un peu bonne volonté, l’un croire et l’autre ne pas croire en Dieu, tout en étant parfaitement du même avis. Cela vaut pour n’importe quoi et Foucault, Barthes, Derrida etc. n’ont donc pas vécu en vain… Désormais,la vérité est multiple et c’est l’erreur qui est UNE, l’erreur étant de ne pas accepter cette multiplicité.

    Pierre JC

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        12 octobre 2012 à 14 02 28 102810
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        @ Pierre
        ‘la vérité est multiple et c’est l’erreur qui est UNE’

        suivant l’idée développée par votre commentaire cette phrase prend tout son sens, autrement, sorti du contexte elle fait pâlir d’horreur et rougir de colère l’esprit d’un rigoureux physicien-mathématicien.

        bon article et bel échange,
        salutations Oscar et Pierre

        DG

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    12 octobre 2012 à 15 03 16 101610
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    @ DG

    La possibilité de susciter une telle réaction n’était pas totalement étrangère a mon choix de prendre le contre-pied de l’aphorisme classique « veritas semper una est » … 🙂 Je crois néanmoins avoir énoncé une grande vérité…

    Je suis heureux que vous soyez réapparu. Si vous êtes assidu et me faites une brève de temps en temps pour « les 7 », je vous promets quelques apories qui vous amuseront.

    PJCA

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    14 octobre 2012 à 19 07 58 105810
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    [Commentaire d’un critique anonyme – P.L.]

    Ce commentaire se rapporte à votre article intitulé : Mais pourquoi les musulmans ne veulent pas qu’on représente physiquement le saint prophète??

    Bonsoir Ysengrimus,

    A quoi sert ce nouveau texte sur la religion sinon au plaisir que vous pouvez avoir à vous relire et à vous montrer cultivé et raisonneur. En effet, il ne cherche pas à faire œuvre d’unification, il n’est pas tourné vers le bien.

    L’idolâtrie n’est pas ce que vous croyez, ce n’est pas un amour des saints et des prophètes. La plupart des idolâtres de nos jours le sont par leur amour de leur personne, de l’argent, du pouvoir et des plaisirs de ce monde. Vous êtes idolâtre de votre personne car vous vous regardez sans modestie – comme le montre votre façon de rédiger.

    Je constate que Dieu vous reste inaccessible. Ce qui est bien normal car Dieu est inaccessible à l’intelligence orgueilleuse, quelle qu’elle puisse être – y compris la vôtre donc. Il est d’ailleurs étonnant que votre intelligence n’arrive pas à comprendre ce principe de base, cette réflexion élémentaire.

    Cette lumière pourrait pourtant vous être donnée si vous la demandiez humblement dans la prière mais cela est contre vos principes.

    Ne pouvant atteindre l’essentiel, la vie, le bonheur, la compréhension et la lumière, … vous vous rabattez sur les rites et les religions que vous cherchez à opposer.

    Or, Dieu ne regarde que la droiture et la pureté des cœurs et vous le savez bien.

    Les rites pratiqués par chacun n’ont pas d’importance (même si je considère que son message le plus subtil est celui des évangiles et des messages révélés aux saints chrétiens postérieurs). Mais les messages ne sont pas essentiels car Dieu enseigne directement toute personne qui l’aime. Par conséquent les cœurs purs n’ont pas besoin de textes, il suffit de voir les petits enfants.

    Pourquoi ne parlez-vous pas du soufisme, soit la partie mystique ou spirituelle de l’Islam. Si vous avez lu des écrits du Soufisme vous avez certainement pu constater que ces personnes rapportaient la même expérience mystique que les saints chrétiens. Il est étonnant que vous n’abordiez pas ce constat d’unité et de vérité.

    Pourtant Dieu a bien précisé qu’il fallait l’adorer en esprit et en vérité (et non en restant au niveau de la lettre des textes). Or, vous vous restez définitivement bloqué au niveau de la lettre. Il est vrai que la lettre est le seul niveau que votre cartésianisme appréhende et cela constitue son horizon. Et dans ce si petit horizon vous tournez en rond – et cela vous fâche – comme en atteste votre vocabulaire.

    Et cela est bien normal.

    Espérons que vous ayez la force un jour de vous mettre à genoux et de lancer un cri du cœur à Dieu dans la prière et dans la sincérité en lui disant « aide-moi ». Il n’attend que cela.

    Votre ami en Christ

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      14 octobre 2012 à 20 08 38 103810
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      Dear friend in Christ,

      http://www.centpapiers.com/la-societe-secrete-et-le-solitaire-par-carl-gustav-jung/108977

      « (ces identités collectives sont) tout autant des auberges pour des pauvres et des faibles, un havre protecteur pour ceux qui ont fait naufrage, le sein d’une famille pour des orphelins, un but glorieux et ardemment escompté pour ceux qui ont erré et qui sont déçus, et une terre promise pour les pèlerins harassés, et un troupeau et une clôture sûre pour brebis égarées et une mère qui signifie nourriture et croissance. »

      Amen

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    18 octobre 2012 à 4 04 51 105110
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    Salut tout le monde,
    Monsieur Laurendeau ! Vous avez bien compris le cœur même l’islam. Voilà ce n’est pas si difficile. Je rappelle que l’article s’intitule « Mais pourquoi les musulmans ne veulent pas qu’on représente physiquement le saint prophète? ». L’article est une vraie réponse au « Pourquoi ? » indépendamment de sa valeur de vérité. Peut-être, outre à quelques musulmans qui ont conscience de ce-là, c’est le premier non-musulman que j’ai vu comprendre bien ces concepts si simples. Après on peut ne pas être d’accord. Mais l’honnêteté de dire les choses comme elles sont, est très importante. Que souvent, les interprétations faites à ce sujet sont compliquées et mensongères.
    L’affaire des saints soufis, excusez-moi, c’est un autre discours. Mais j’aimerais bien donner quelques points. Est-ce que c’est l’invention de la caméra qui marque la fin des miracles? Les soufis, qui sont une minorité, sont souvent accusés de magie par les autres musulmans. Les miracles et la prophétie sont finis avec Mahomet. Quel que soit le contexte, l’islam à travers sont message nous invite à raisonner dans les deux sens. On peut partir de l’islam pour arriver à la raison et partir de la raison pour arriver à l’islam. L’unique point, à ce sujet, qui fait débattre tout le monde, c’est l’existence de Dieu. Les autres mythes sont automatiquement exclus par la raison et par la religion. La contradiction des soufis réside dans le fait de reconnaitre A UNE CREATURE DES POUVOIRS QUE SEUL LE CREATEUR POSSEDE. Implorer un saint, dire qu’il peut changer le destin ou connait le futur, est parfaitement contradictoire avec le fait que seul Dieu sait tout, peut décider pour notre futur sans miracles et digne d’être implorer.

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    29 octobre 2012 à 19 07 05 100510
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    L’auteur de ces lignes nous montre une fois de plus que la haine athée n’est tournée, en définitive, que contre le christianisme.

    Il suffira, pour s’en convaincre, de se rapporter aux descriptions du christianisme comme d’un truc moyenâgeux et fumeux par opposition à l’éloge de pseudo-cohérence du mahométisme et de son prétendu saint-prophète.

    Pour rétablir quelques points sur le monothéisme:
    N’oublions pas, d’abord, que dans l’Islam, dieu, c’est le chiffre un. Une idole, un concept mathématique qui n’a, en effet, rien à voir avec le Dieu vivant et Amour(1Jean 4. 8), donc, relation éternelle, ou trinité, du christianisme.

    Que le dieu de l’islam ne puisse pas être représenté de façon picturale n’est qu’une manière de dissimuler l’imposture, car allah n’est que la représentation (idéelle) que l’homme se fait de la divinité: un dieu-concept-mathématique capable de tenir tout entier dans une cervelle, par opposition au Dieu vivant dont le Mystère (le Dieu un et trine) dépasse toute possibilité de réduction à une (fausse) représentation, de l’ordre des idées ou des arts plastiques.

    Enfin, après avoir superficiellement évoqué les problèmes que posent la rencontre du divin et de l’humain (et comment résoudre ce problème en effet, après avoir renié l’Emmanuel?), vous voilà qui affirmez que les prophètes ne doivent pas être divinisés, ce qui dans le langage de l’islam, correspondrait sans doute à une association.
    Pas de bol, pourtant, car dans la shahada, c’est bien le nom de l’homme Mahomet qui est associé à celui de dieu, comme quoi le christianisme, qui ne connaît Dieu (le Père) que par Dieu (le Fils) reste quand même plus cohérent et moins suspect d’idolâtrie.

    Bien cordialement, un esprit critique.

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      27 mai 2013 à 5 05 26 05265
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      la Chahada pour un musulman definie exactement la position du prophete etant Un humain comme tout le monde et celui qui a recu la revelation du Dieu unique a tout le monde!!!

      Pour ne laisser aucune porte ouverte au doute.

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    24 décembre 2012 à 9 09 54 125412
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    « L’auteur de ces lignes nous montre une fois de plus que la haine athée n’est tournée, en définitive, que contre le christianisme. »

    L’auteur de ce commentaire nous montre, en définitive, qu’il n’a tout simplement pas lu mon texte…

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    24 avril 2014 à 7 07 56 04564
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    Le marxiste léniniste est une « religion » qui a comme « dieu » la volonté de domination. Donnez le pouvoir aux marxistes-léninistes et ils ne feront pas mieux que les musulmans et les chrétiens. L’explication est simple l’homme est fou de volonté de tout contrôler mais peine à prendre conscience de lui-même et de sa véritable place dans l’Univers et sur la Terre.

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    24 avril 2014 à 11 11 19 04194
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    Mon impression personnelle sur l’origine de cet interdit de représentation du prophète de l’Islam, c’est que cela vient d’une peur que les premiers musulmans avaient que les femmes juives tentent de porter atteinte à leur chef par envoûtement sur dagyde (alias « poupée vaudou »), ou autre représentation visuelle. Il y avait une pratique à l’époque qui consistait à fabriquer une représentation en argile de la personne visée, de lui passer une cordelette au cou et de tirer dessus pour en faire tomber la tête, de manière à ce que la personne visée se fasse décapiter, ou devienne folle, ou tout autre façon de « perdre la tête ». C’était le genre de pratique auxquelles s’adonnaient les femmes juives de Médine à l’époque où Mohammed est entré en conflit avec les tribus juive de l’endroit. Alors on a interdit toute représentation pour être sûr d’empêcher cette pratique, on a prononcé des paroles de bénédiction à chaque fois qu’on prononçait le nom du prophète pour que cela fasse une protection magique (« que la paix soit sur lui »), le tout s’est figé en tradition où on a oublié l’origine exacte de la chose et aujourd’hui c’est devenu loi immuable. Je ne suis pas islamologue mais je partage mon hypothèse (pas un modèle, pas une théorie, une hypothèse)

    Il est à noter que cet interdit de représentation ne s’est pas fait partout dans le monde musulman. J’ai chez moi une magnifique tapisserie iranienne où en son centre Mohammed est bien représenté, avec la barbe, le turban, le visage, les mains. Il a un livre entre les mains, est assis sur une peau de lion et autour il y a la représentation de cette bataille où les musulmans avaient creusé des fosses anti-cavalerie autour de Médine, sur le conseil d’un Perse.

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      24 avril 2014 à 13 01 11 04114
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      interessant-petit-chat-Rottenecards_39192048_sy55qqxjbz

      Je note ce détail intéressant et vous en remercie. Il a la qualité historique indéniable de faire sentir que l’effort monothéiste n’est pas achevé, d’un bloc, mais qu’il s’arc-boute sur une irrationalité antérieure qui habite partiellement même les innovateurs, qui restent inévitablement des penseurs de leur temps. À rapprocher des éléments pré-islamiques maintenus/concédés par le Saint Prophète (pèlerinage à la Mecque, pierre noire, références au culte lunaire).

      Vraie ou non, il reste cependant que cette cause originale que vous envisagez est perdue. La raison contemporaine de l’interdit de représentation est aujourd’hui exclusivement doctrinale…

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