Obama et Rohani se sont parlé L’appel téléphonique historique est sans précédent depuis la révolution islamique de 1979

 

Photo : John Minchillo Associated PressM. Rohani, qui a pris ses fonctions le mois dernier après avoir bénéficié du soutien des réformateurs, a multiplié depuis les ouvertures envers l’Occident, à rebours des diatribes enflammées de son prédécesseur ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

 

UN OEIL SUR … LES USA

Agence France-Presse | États-Unis

Washington — Les présidents Barack Obama et Hassan Rohani se sont parlé au téléphone vendredi, un contact sans précédent à ce niveau entre les États-Unis et l’Iran depuis la révolution islamique de 1979.

« À l’instant, je viens de parler avec le président iranien Rohani », a déclaré le président Obama lors d’une intervention à la Maison-Blanche peu après 15 h 30 (19 h 30 GMT).

Il s’agissait d’une annonce aussi inattendue que spectaculaire alors que les États-Unis et l’Iran ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980, dans la foulée de la révolution islamique l’année précédente.

M. Rohani, qui a pris ses fonctions le mois dernier après avoir bénéficié du soutien des réformateurs, a multiplié depuis les ouvertures envers l’Occident, à rebours des diatribes enflammées de son prédécesseur ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad. Ses déclarations « constructives » ont été relevées par Washington.

« Nous avons discuté de nos tentatives en cours de parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien », a ajouté le dirigeant américain.

Le gouvernement iranien a ensuite confirmé cet appel, annoncé également sur son compte Twitter par le président iranien quasiment au moment où son homologue américain prenait la parole.

Les deux présidents « ont insisté sur la volonté politique de résoudre rapidement la question nucléaire et de préparer la voie pour résoudre d’autres questions ainsi que de coopérer sur les affaires régionales », a annoncé le site Internet de la présidence à Téhéran.

Selon le site, les deux présidents se sont aussi mis d’accord pour confier à leurs chefs de la diplomatie – le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et le secrétaire d’État américain John Kerry – la mission de préparer « dès que possible » les conditions pour une « coopération nécessaire ».

Première discussion directe entre des dirigeants américain et iranien depuis plus de 30 ans, l’entretien téléphonique a eu lieu alors que M. Rohani « était en route pour l’aéroport en quittant New York ». Il achevait cinq jours de visite à l’occasion de l’assemblée générale des Nations unies.

Profonde méfiance

Selon un haut responsable américain s’exprimant sous couvert de l’anonymat, c’est M. Rohani qui a demandé à parler à M. Obama avant de quitter les États-Unis. De même source, tous deux ont discuté via des interprètes mais se sont souhaité au revoir en farsi pour M. Obama et en anglais pour M. Rohani.

« Nous sommes conscients de toutes les difficultés qui nous attendent », a ajouté M. Obama, trois jours après avoir prononcé à l’ONU un discours dans lequel il s’était dit disposé à donner une chance à la diplomatie pour tenter de résoudre le dossier nucléaire, contentieux majeur entre Téhéran et l’Occident.

« Le simple fait que [cet appel] était le premier contact entre des présidents américain et iranien depuis 1979 illustre la profonde méfiance régnant entre nos deux pays », a remarqué M. Obama. Mais cette conversation, trois jours après un rendez-vous manqué entre les deux présidents à New York en marge de l’assemblée générale des Nations unies, « montre aussi une possibilité de surmonter cette histoire difficile », a estimé le président.

« Je pense qu’il y a une base pour une solution » avec Téhéran, a-t-il assuré.

Les États-Unis et leurs alliés soupçonnent la république islamique de vouloir se doter d’une bombe nucléaire sous couvert d’un programme civil, ce que l’Iran dément.

Jeudi à New York, MM. Kerry et Zarif avaient discuté du nucléaire lors d’une rencontre historique.

Celle-ci s’était déroulée à l’issue d’une réunion déjà sans précédent entre M. Zarif et ses homologues des grandes puissances – dont M. Kerry – durant lesquels tous s’étaient accordés pour de nouvelles négociations sur le nucléaire iranien à Genève les 15 et 16 octobre prochain.

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