Sidi et les femmes

UN ŒIL SUR LE MONDE MUSULMAN
Paul Laurendeau

Bon, on pourrait développer longuement —il y a d’ailleurs pleinement lieu de le faire— sur les difficultés en sexage que sont encore voués à rencontrer nos compatriotes musulmans de sexe masculin. On pourrait spéculer, analyser, subodorer. Je vais me contenter d’exemplifier.

J’ai connu Farouk oulb Sidi Farouk (nom altéré) circa 1983 lors de mes études doctorales à Paris. C’était un hassanyah mauritanien, petit fils de nomade (lui-même de seconde génération sédentarisée). Il faisait sa thèse doctorale sur une ville portuaire de Mauritanie. Géographe de profession, musulman de par son éducation. Il était, sans trop le dire à ses pairs, de fait athée par option, rationaliste et progressiste. C’était aussi une intelligence authentique. Nous étions étudiants, logés dans la même résidence. J’étais donc linguiste québécois. Il était donc géographe mauritanien. Malgré le fait que tout nous séparait, nous avons tout de suite fraternisé. Dans la France mitterrandienne, les effets répercutés de la Révolution Islamique d’Iran se faisaient solidement sentir et la problématique de la révolution post-marxiste était sur toutes les lèvres. Et celui que j’appelais tout simplement Sidi (ce qui l’amusait beaucoup car cela signifie «mon maître») manifestait sa compréhension des crises politiques du temps avec une finesse historique qui le démarquait nettement des autres étudiants musulmans et occidentaux de cette vaste résidence étudiante internationale du sud de Paris. Sa culture vernaculaire, qu’il appelait la culture des nomades, il la valorisait profondément en me disant, d’une air mi-hautain mi-amusé, «Toi, tu es un pur produit de la culture sandwich Coca-cola». Musulman donc, mais surtout, homme musulman, Sidi s’identifiait solidement à ces vieille valeurs de solidarité masculine en acier trempé d’un autre temps. Il les formulait, notamment en ce dit mauritanien qu’il me récita un jour qu’il m’accusait, sans trop se tromper d’autre part, d’être excessivement superficiel en amitié, comme tous les occidentaux foufous et mal embouchés de notre temps.

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UN AMI ET DEMI…

Voici qu’un homme riche avait un fils. Et dans la maison de l’homme riche venaient manger et s’amuser toutes sortes de gens qui se disaient les amis du fils de l’homme riche. Un jour, l’homme riche prend son fils près de lui et dit: «D’après toi, combien as-tu d’amis?». « Mais père, ta maison est toujours pleine de gens qui viennent pour moi. J’ai des vingtaines d’amis.» «Je te dis moi, mon fils ceci: je suis ton aîné en âge, et pourtant je n’ai qu’un ami et la moitié d’un ami.» Le fils ne parla pas. «Maintenant, je t’invite à voir avec moi, mon fils Ibrahim, ce qu’il en est de mes amis.» Voici qu’ils prirent un agneau qu’ils égorgèrent et placèrent sous un drap que son sang poissa. Ils mirent le tout en évidence sur le sol. «Ibrahim, voici tes ci-devant ‘amis’.» Arrivèrent les jeunes hommes que le fils connaissait. Ils venaient festoyer. «Un ennemi a tué Ibrahim…» leur dit le père de ce dernier, en leur montrant la dépouille de l’agneau recouverte du drap sanglant. À ces mots, ils prirent la fuite comme poussière au vent. Arriva un homme mûr. «Ibrahim, voici mon demi-ami.», dit le père d’Ibrahim. L’homme fut surpris et s’enquit des détails de l’affaire. «Un ennemi a tué Ibrahim…» L’homme se déclara disponible pour toute collaboration financière à quelque entreprise visant à régler cette affaire. Mais il n’abordait pas les questions de vie et de mort. Comme il se retirait, arriva un vieil homme. «Ibrahim, vois, celui-ci est mon ami», dit le père d’Ibrahim. Le vieil homme regarde le père qui redit: «Un ennemi a tué Ibrahim…». À ces mots, le vieil homme entre dans une formidable fureur. Il saisit une arme à feu qu’il déchargea sur le drap recouvrant l’agneau et cria: «Voici. C’est moi qui ai tué ton petit, ton Ibrahim. Tu n’as plus comme objet de ta vengeance future que moi, maintenant. Que ma poitrine soit souillée de son sang et qu’entre nous se règle cette affaire.» Puis il partit rechercher l’auteur du crime pour le tuer, libérant de ce fait intégralement le père d’Ibrahim de toute culpabilité dans ce conflit et dans les crises futures qu’il allait fatalement engendrer.

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Du pur, du solide, du costaud, du viril sans ambivalence. Cependant, d’autre part, Sidi avait un rapport complexe et difficile à ses compatriotes africains de la modernité. Il me disait une fois: «Si un jour je siège sur un comité international formé de douze personnes, onze africains et un occidental, je confie la trésorerie du comité les yeux fermés à l’occidental car si je la confie à un des africains, ce sera des embrouilles sans fins et la cagnotte va s’amenuiser et s’amenuiser sans qu’on comprenne trop pourquoi.» Cette problématique hautement paradoxale se généralisait aussi aux femmes. Cela donnait alors: «Je suis très réfractaire à l’idée d’épouser une femme mauresque. Parce que quand tu épouses une femme, tu épouses son clan. Si j’occupe des fonctions politiques, je dois rester libre des pressions de tous les groupes formels et informels.» Il fantasmait donc amplement la femme occidentale comme porteuse de liberté individuelle, liberté politique, d’abord, liberté sexuelle ensuite, la préférence envers la seconde restant amplement subordonné, comme on va le voir, aux enjeux et priorités de la première.

Un gros sac de maïs, Sidi, vraiment?
Un gros sac de maïs, Sidi, vraiment?

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Bel homme, élégant, articulé, distingué, svelte, basané, avec je ne sais quoi de sauvage dans le regard, Sidi, qui avait monté des chameaux et des chevaux maures mais n’avait jamais été à bicyclette, faisait tourner bien des têtes de filles aux résidences universitaires. Je crois qu’il aurait effectivement bien aimé se trouver une conjointe occidentale. Mais si les filles étaient attirées au départ, elles se rebutaient vite face à ses propos et ses comportements, involontairement incongrus et décalés. Je découvris éventuellement pourquoi. D’Olga, la solide maritorne russe qui étudiait en médecine, Sidi disait, en souriant férocement «Je te jure que cette Olga m’attire beaucoup. On dirait un gros sac de maïs.» Le sourire de la toute puissante Olga se crispa fortement quand le curieux compliment finit par lui venir aux oreilles. Mais Sidi n’en avait cure. Il était entier et fier. Il avait été coureur pour l’équipe olympique de Mauritanie et il s’occupait de nous coacher un peu, lors de nos joggings matinaux d’étudiants, au Parc de Montsouris. Dans notre bande de joyeux joggeurs, il y avait Bérengère, une bouillante méridionale aux cheveux de blé qui plaisait bien à Sidi. Un jour, dans la cuisine, après le jogging, elle dit, à la cantonade: «C’est très plaisant de faire du jogging avec Farouk. Ses conseils sont lumineux et il est une véritable gazelle.» Et Sidi, souriant radieusement, avait répondu: «Mais je te jure Bérengère, si je suis une gazelle, toi tu es une girafe.» Je revois encore la face de Bérengère crisper subitement. Elle s’attrapa le cou, en souriant gauchement et dit «Girafe. Euh… Long cou.» Un peu plus tard, quand je prenais le délicieux thé maure en compagnie de Sidi dans sa chambre (il préparait le thé lui-même), il me questionna, comme il le faisait souvent au sujet de ses couacs interculturels: «Bérengère ne semble pas avoir apprécié mon compliment de tout à l’heure. Tu peux me dire pourquoi?» Je me contentai de répondre: «Commence donc par m’expliquer un petit peu ce que tu croyais accomplir en la qualifiant de girafe…» Sidi se leva, tira un ouvrage de sa bibliothèque, le feuilleta, le tint ouvert et me le tendit. La page s’ouvrait sur un vaste paysage du Sahel. Il s’agissait donc d’une photo de la savane africaine au fond de laquelle quatre girafes de profil couraient à grande vitesse. Sidi dit : «La girafe. L’animal le plus majestueux, le plus fluide et le plus élégant de toute l’Afrique.» Je dus rectifier ce nouveau malentendu interculturel: «L’image visuelle que toi tu as de la girafe est certainement plus juste que celle des occidentaux mais cela ne sauve pas ton compliment à Bérengère. Nous, occidentaux, les girafes, on les voit habituellement immobiles dans un enclos au zoo et qui se penchent gauchement pour capter une merde qu’on leur tend à bouffer. On ne voit que le long cou et les lèvres énormes d’un animal captif et peu mobile.» Sidi exprima avec dépit sa tristesse d’avoir éventuellement raté l’affaire avec Bérengère pour une raison si futile et si malencontreuse. Il le fit en des termes explicites que je ne vais pas reproduire ici mais qui laissaient deviner sans ambivalence que cet homme, pourtant si raffiné et intelligent, avait, disons, une conception finalement fort utilitaire des femmes… Quand le prenait le dépit de voir les femmes occidentales s’éloigner de lui comme ça, pour toutes ces raisons qu’il décodait mal, Sidi se mettait vite à déraper sur la pente misogyne. Il racontait alors que, l’un dans l’autre, les femmes ne sont bonnes que pour se les envoyer et encore, avec la plus grande méfiance, parce qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre.

Alors moi, cette fois là, j’ai quand même voulu qu’il comprenne mieux tout ça. Je suis donc allé chercher la photo de mon amoureuse du temps et quelques lettres. Et, candide, je lui ai raconté que j’étais amoureux, que nous étions séparés mais fidèles, que nous voulions fonder un foyer, tout ça. À un moment, il m’interrompit: «Mais pourquoi tu me racontes tout ça?» Imbu de ma subite mission civilisatrice, je ne me démontai pas: «Mais Sidi, pour que tu comprennes que tes choix radicalement sexistes ont des conséquences inattendues. Que de mépriser les filles comme tu le fais ne donne rien. Un jour, tu trouvera l’amour et…» Sa réplique, lapidaire, sans appel, sonne encore aujourd’hui, trente ans plus tard, comme la voix de tonnerre du fier fleuron d’une époque: «Mais je n’ai pas le temps, moi. Je dois m’occuper de la reconstruction de mon pays, de sa décolonisation, du cheminement du tiers-monde». J’avalais très lentement ma gorgée de thé mauresque. Sans y penser, Sidi m’avait, lui-même, fait comprendre que la vision du monde occidentale, surtout sa portion teinté de tendresse romantique privée et/ou de féminisme, était hautement incompatible avec sa quête à lui et ce, pour des raisons dont il serait hautement ardu de questionner la légitimité d’époque.

La vie sociale de Sidi en France évolua en dents de scie. Il fréquenta éventuellement une étudiante française, fraîchement convertie à l’Islam et fascinée, un peu abstraitement, par les intellectuels africains. L’idylle tint un temps, puis, pour des raisons mal éclaircies, l’ultime occidentale du cercle émotionnel de Sidi rentra hautainement dans ses terres en lui rendant respectueusement son vieux Coran emballé dans de la soie fine (Sidi ne touchait jamais le livre sacré de ses mains nues). Sidi lui-même soutint brillamment sa thèse de doctorat puis il rentra éventuellement en Mauritanie et, aux dernières nouvelles, il a épousé une femme mauresque qui le sert discrètement en portant respectueusement le voile…

Ah, cet infini dialogue des mondes et des âges. Nos compatriotes masculins arabes et africains sont tous, à des degrés divers, des Farouk oulb Sidi Farouk. Il faut les guider, respectueusement mais fermement, sur la voie de l’égalité inconditionnelle (et non négociable) et de la collégialité solidaire entre hommes et femmes (voie sur laquelle nous avons, de fait, nous-même encore bien du chemin à faire). Cette voie, cette route, on peut indubitablement la marcher avec ces hommes issus d’un autre cercle de mentalités et de croyances. Ils sont fins, sensibles, aussi modernes que nous, et ils ont énormément de chaleur humaine et de générosité. Mais il reste qu’elle sera longue, cette route, raboteuse et cernée de taillis ambivalents, paradoxaux, eux-mêmes truffés de tous les étranges petits piquants acerbes de ces mécompréhensions rectifiables dont sont hérissés en permanence tous nos dialogues culturels.

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Tiré de l’ouvrage de Paul Laurendeau (2015), L’islam, et nous les athées, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou PDF.

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Couple mauritanien mauresque
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Un oeil sur le monde musulman

Je médite l’Islam parce que ce phénomène historique, intellectuel et émotionnel durable, influençant plus d’un milliard d’humains, compte. Je le fais en athée et en philosophe matérialiste mais avec toute la déférence requise. Je ne suis pas un iconoclaste. Je ne suis pas un hagiographe non plus mais je m’intéresse à cette vision du monde pour ce qu’elle dit de l’humain et de son contexte culturel. Salut, solidarité et respect, dans la différence. - Paul Laurendeau (Ysengrimus)

29 pensées sur “Sidi et les femmes

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    28 novembre 2013 à 7 07 23 112311
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    Triste mais fascinant. Très intéressant aussi. Ça change de voir que ce ne sont pas que des brutes, qu’ils ont tout un monde étrange dans leurs têtes, un univers plein d’émotions. Ce cas extrême devient finalement un cas représentatif. Tout ce que marche et tout ce qui marche pas avec ces hommes s’y trouve nettement synthétisé…

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      28 novembre 2013 à 9 09 28 112811
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      Oui. Il va y avoir tout un travail d’intégration à faire. On devrait laisser leurs femmes tranquilles un petit brin et s’occuper d’eux un peu. Ce sont eux qu’il faut radicalement réformer et c’est pas en agressant constamment leurs conjointes qu’on va y arriver…

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        28 novembre 2013 à 11 11 20 112011
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        Bonjour,

        Avec tout mon respect, je crois que vous faites une erreur de perspective.

        TOUS ces hommes sans exception ont été élevés, dressés, cassés, par une femme, une mère dont le seul pouvoir était et est de déplacer son désespoir, sa rancune, son ressentiment sur ses enfants. Elles ne s’opposent même pas à la circoncision, ce traumatisme qui instaure la « paranoïdie-schyzoïdie », sauf exception.

        Réformer c’est une perte de temps et d’énergie à investir dans les filles qui accoucheront et élèveront la prochaine génération de garçons non-circoncis.

        Salutations.

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          28 novembre 2013 à 11 11 28 112811
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          Le patriarcat phallocrate comme matriarcat occulte? Je crois pas à ça…

          Vous ratiocinez votre misogynie, monsieur.

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            28 novembre 2013 à 11 11 40 114011
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            @Vanessa Jodion,
            Bonjour,
            Avez-vous déjà entendu parler du « Matriarcat psychologique des Bretons » ?

            C’est universel excepté dans les sociétés où c’est la matricité qui règne.
            Salutations,

            PS La misogynie n’existe pas, c’est la haine de la mère qui est déplacée. Voir Christiane Olivier : Les enfants de Jocaste.

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            28 novembre 2013 à 12 12 40 114011
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            Je précise:

            C’est la haine inconsciente bloquée par l’idéalisation de la personne de référence en obéissance au 4ième commandement détourné de son sens original par le clergé au service du pouvoir, même en Chine :

            ww.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/la-chine-des-han/

            « Une visée pratique dans la pensée de Confucius : former un homme capable, sur le plan politique, de servir la communauté et en même temps, sur le plan moral, de devenir un « homme de bien ». Pour Confucius, « apprendre, c’est apprendre à faire de soi un être humain ». Dans la pensée confucéenne, l’homme éduqué (ou « homme de bien ») a la responsabilité de s’engager en politique. Il doit pour cela se montrer respectueux d’une autre valeur fondamentale : la piété filiale, c’est-à-dire l’amour et le respect envers les parents, qui, dans le cadre politique, devient soumission et dévouement sans limite au prince puis à l’empereur. On comprend dès lors que les souverains de la dynastie Han aient jugé opportun de s’emparer de cette morale pour en faire leur doctrine officielle. Le texte qu’ils mirent d’ailleurs tout spécialement à l’honneur fut, sans surprise, celui du Classique de la piété filiale (Xiao jing). »

            Et mon commentaire, là:
            Le 14 novembre 2013 à 22 h 04 min,

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        28 novembre 2013 à 13 01 17 111711
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        Qui peut dire si ce n’est par leurs femmes que l’intégration de ces hommes viendra ?

        Là ou vous voyez de l’aggression moi je ne vois qu’une référence tout comme l’on se réfère au kirpan ou a d’autres signes.

        Si la beauté est dans l’oeil de celui qui regarde…peut-être en est il ainsi de l’agressivité !?

        Reste, tout de même, que votre texte est agréable a lire .

        bonne journée

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    28 novembre 2013 à 12 12 04 110411
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    Et le phallocratisme n’existe pas non plus? Vous remettez simplement vos mères à leurs places en la transposant dans vos compagnes?

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      28 novembre 2013 à 12 12 50 115011
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      Mais oui, Vanessa.

      Les hommes recherchent, sauf exception, le connu, leur mère dans les femmes et généralement marient « leur mère ».

      Pensez à Nietzsche, ce génie sensible, et sa « mère » j’allais dire marâtre. Fils de pasteur chrétien.

      Phallocratisme est un effet, regardons la cause S.V.P.

      Salutations.

      PS Vous lisez très vite !

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        28 novembre 2013 à 12 12 57 115711
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        Vous, vous CONCLUEZ un peu vite… et sur des questions complexes encore…

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          28 novembre 2013 à 13 01 03 110311
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          Vanessa,

          Vous trouvez cela complexe. Pourquoi ?

          Imaginez un peu à quel point c’est complexe pour Sidi et pour la femme de Sidi.

          Salutations.

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      28 novembre 2013 à 13 01 26 112611
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      Seriez vous ‘ phallotraumatisée’ ?

      Rare sont vos commentaires qui ne font pas références a la phallocratie…Auriez-vous été écrasé par un père trop sévère ou un mari contrôlant ?

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        28 novembre 2013 à 13 01 29 112911
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        Non, non. Juste par une civilisation machique chronique toute entière…

        • avatar
          28 novembre 2013 à 13 01 56 115611
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          Si on était encore dans les années ’60, je comprendrais, mais aujourd’hui !?

          Les rapports de forces d.une sociétée n’ont pas changés et ne sont pas prêt de changer non plus.

          Plus fort qu’un homme ces plusieurs hommes et plus fort que ce groupe est un groupe plus nombreux et plus puissant et ces comment ca de l’infiniment petit a l’infiniment grand…L’acceptation de cette réalitée, vous libêrera .

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    28 novembre 2013 à 13 01 48 114811
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    @Paul Laurendeau

    Ce fut un délice de lire votre article. C’est comme voir un film, on oublie tout et on devient si absorbé qu’on a l’impression d’être là.

    Sous l’image d’une personne existent bien des facettes; un gros oignon avec beaucoup de pelures!

    Pourrait-on dire que le plus important à changer est l’attachement à nos croyances et conditionnements qui rendent difficiles la communication? La culture est un énorme ancrage!

    Très bel article de fond agrémenté par une belle plume.

    Carolle Anne Dessureault

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      28 novembre 2013 à 14 02 00 110011
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      On pourrait en dire tout autant de votre article sur : Les cert-volants Afghan.

      Merci et bonne journée

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    28 novembre 2013 à 14 02 04 110411
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    Je comprends Oulb. Moi, c’est pareil. Je voudrais m’occuper des états d’âme des Musulmans en rut et des Musulmanes voilées… «Mais je n’ai pas le temps, moi. Je dois m’occuper de la reconstruction de mon pays, de sa décolonisation, du cheminement du tiers-monde».

    Simple irrésistible boutade… En réalité: très bon article. Sans rancune…?

    Pierre JC

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      28 novembre 2013 à 14 02 15 111511
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      Sans rancune aucune.

      « Oulb » signifie, en arabe dialectal de Mauritanie « le fils ». Son nom était donc. « Farouk le fils de Maitre Farouk ». Sidi m’avait dit qu’au moment de lui écrire, il fallait toujours ajouter « professeur en aménagement du territoire à l’université de N*** », parce que tout le monde porte le même nom dans son grand pays désertique et que la poste était lacunaire. Sur dix lettres, il en recevait deux. La correspondance a fini par graduellement se perdre dans le flux du temps.

      Et sur le timbre mauritanien de ses rares lettres de réponse, il y a avait une gazelle au galop…

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    28 novembre 2013 à 15 03 48 114811
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    Mon « Oulb » était facétieux; j’ai travaillé à Nouakchott le temps de regretter les Ben et les Ibn 🙂 . Pour les civilités complexes, j’ai eu au Kivu, comme collègue, une enseignante italienne qui recevait de ses anciennes élèves des lettres adressées à « molto carina e scienziata dottore Angela * Goma, Kivu Congo-Leopoldville.

    PJCA

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      28 novembre 2013 à 17 05 27 112711
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      Ah, ah, monsieur le ratoureux. La voici donc, l’université de N***.

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    28 novembre 2013 à 16 04 44 114411
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    @Paul Laurendeau,

    Je seconde tout le positif écrit par les collègues. Vous lire est toujours un plaisir même que je perds le sens critique, de temps en temps.

    Ce qui m’a frappé c’est la leçon à Ibrahim de l’ami et de l’ami et demi. « Puis il partit rechercher l’auteur du crime pour le tuer, libérant de ce fait intégralement le père d’Ibrahim de toute culpabilité dans ce conflit et dans les crises futures qu’il allait fatalement engendrer. »

    C’est plus fort que le bon samaritain,

    Et n’est-ce pas ce que nous attendons dans notre société évoluée que la Justice prenne ce fardeau pour soi quand nous sommes « victimes » d’un crime?

    Salutations.

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    28 novembre 2013 à 17 05 29 112911
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    J’ai toujours observé que les plus belles femmes aimaient avant tout leur bouledogue ou quelque autre chien repoussant et salivant. Et c’est une fabrique de beaucoup d’espoir quant aux labyrinthes de la séduction. Car même les plus moches dont votre humble amuseur peuvent y gagner à cette roue-là. Et finalement, beaucoup d’hommes échouent parce qu’ils sont mus brutalement et comme un seul mur, par des idées trop en foules et que ça fait trop de monde pour séduire une femme proprement et nettement pour que la photo des fiançailles soit bien fixée et ferme.

    D’ailleurs, souvent il suffit de se taire et de se tenir à côté, ou tout près, et l’attraction universelle fait son oeuvre même sans qu’on y pense, mais en penchant dans le vide accueillant. Et puis, il suffit d’être gentil et de dire beaucoup de compliments et toujours renouvelés, et là c’est une question de culture puis d’art. Et seuls les plus aventureux et les plus désespérés y réussiront, parce qu’ils séduisent toujours au bord de la ravine. C’est que les femmes veulent les meilleurs, et que tous les autres sont déjà au fond de la ravine, ou accrochés à quelques herbes tranchantes semblables à leurs compliments non orfévris assez et plein de piquants d’oursins comme des fourmis dans leurs membres trop réprimés depuis longtemps.

    • avatar
      28 novembre 2013 à 19 07 33 113311
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      @DWest
      Moi, j’ai toujours observé que l’homme le meilleur passe après les enfants, le chien ou le chat.

      Jacqueline Bouvier Kennedy avec Onasis c’est assez démonstratif des plus moches, mais aussi des bénéfices secondaires.

      Vous en parlez comme d’une victoire que de devenir l’amant d’une femme. Sans cela un homme est bon pour la ravine.

      Que dit cette extraordinaire (pour moi) femme :

      http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/174827/

      « Pour illustrer ce principe abstrait, je te dirais que si tu trouves vraiment ton chemin.
      Et moi le mien…
      Nous n’avons aucune chance de nous rencontrer. Point, barre.
      L’amour est impossible pour ceux qui sont entiers
      Pour se croiser, il faut décliner, s’aliéner
      Se souiller… perdre un peu, beaucoup de son intégrité
      Deux parallèles ne se rencontrent jamais
      Ni les hommes, Dieu.
      Ni Dieu, les hommes
      Et l’amour n’y changera rien… »

      Ce qui m’amène à conclure que dans la ravine il y a les deux sexes.
      On y retrouve les « Frédéric Moreau » et les sociopathes complémentaires.

      Je connais la technique de l’apprivoisement du renard par le petit prince pour l’avoir subie et pour l’avoir pratiquée honnêtement cette dernière.

      Comme le dit la thérapeute sexuelle dans « The Sessions », nous devrions arrêter au point du désir, passé ce point c’est la galère.

      Notre besoin d’amour est sidéral, la réponse qu’humaine.

      Salutation.

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    28 novembre 2013 à 17 05 29 112911
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    @ JFB

    Le problème que nous créent ces cultures étrangères est justement de personnaliser – et donc humaniser – les relations dans notre société qui a fait une vertu de l’individualisme et un dogme de la compétition…. tout en feignant de valoriser la solidarité et la collaboration.

    Le monde syndical est caricatural de cette dissociation entre le discours et l’action. Je ne vois pas comment la société québécoise pourra garder une cohésion après le choc de la Commission Charbonneau et l’immigration sera instrumentée, dans un sens ou l’autre.

    Un renouveau moral apparait comme le seul espoir. Je m’attends a ce que Oscar nous parle de Evangelii Gaudium

    PJCA

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      28 novembre 2013 à 19 07 01 110111
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      @PJCA Honorable Sage,

      Nous en avons déjà discuté. Je vous ai soumis des textes qui énoncent clairement le problème et sa solution.

      Vous avez estimé que jamais ceux qui détiennent le pouvoir n’accepteront de le perdre ou à tout le moins de le contrôler.

      Si je n’ai pas réussi à vous accrochez vous, je vais devoir essayer d’accrocher une ou des femmes non féministes de droite, pour utiliser la définition de Paul Laurendeau.

      En bout de ligne. c’est la lignée mitochondriale matriarcale qui se perpétue. J’anticipe même la disparition du chromosome « Y ».

      Salutations distinguées.

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    28 novembre 2013 à 20 08 46 114611
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    @ JFB
     » En bout de ligne. c’est la lignée mitochondriale matriarcale qui se perpétue. J’anticipe même la disparition du chromosome « Y ». »

    La recherche va dans ce sens, en effet, et si les Juifs et quelques autres cultures font passer le vraie descendance par la mère ce n’est pas une absurdité, juste un choix qui peut être sage. Mais pourquoi s’en offusquer ? On pourrait défendre la thèse que l’Esprit se manifeste dans l’Instant présent qu’incarne le mâle, dans son impertinente et fragile unicité… tandis que le processus de perpétuation dans le temps de l’enveloppe matérielle – de espèce comme de la vie elle-même – n’est qu’une fonction ancillaire et sans véritable importance cosmique…

    Ne me faites surtout pas dire que je propose cette thèse ! Je souligne seulement que, quand on va VRAIMENT au fond des choses sans préjugés, il y a une infinité de possibilités dont aucune n’est vraiment à exclure. C’est ce qui rend l’existence intéressante.

    PJCA

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      28 novembre 2013 à 22 10 49 114911
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      @PJCA Honorable Grand Sage,

      Je ne vous le fais pas dire, vous l’écrivez. C’est presque cela mais c’est moins compliqué. Vous ne la proposez pas mais vous la sentez dans vous mêmes. Vous êtes trop proche pour que ce ne soit pas vrai.

      Ce qui différencie l’Humain c’est le « Mind Element » le fait d’avoir été consciemment voulu, désiré par les deux parents.

      Aucun animal ne peut transmettre cela. La presque totalité des hommes et des femmes sont dépourvus de cet élément même si le cerveau contient tous les neurones nécessaires avant la naissance dont il se débarrasse après, les fonctions n’étant pas sollicitées.

      Les enfants voulus et désirés, pour eux-même, par les deux parents avant, pendant et après la naissance sont très très rares.

      Voilà.

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    29 novembre 2013 à 6 06 15 111511
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    Franchement, je ne voudrais pas m’encombrer d’un ami si envahissant qui tirerait sur un cadavre de la famille, pour ensuite étendre la vendetta dans les campagnes et pour finalement me faire perdre l’ami qu’il est en transposant cette vendetta entre lui et moi.

    Je préfère le demi-ami car il ne s’en mêle qu’un peu et juste assez pour me laisser le soin et le plaisir de la vengeance. La vie est courte, et les amusements rares.

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      29 novembre 2013 à 6 06 34 113411
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      Excellente observation. Je seconde. Et je seconde le choix en amitié aussi.

      La dimension masculine du drame interculturel décrit ici est tout juste là. Pour l’occidental, le demi-ami de ce dit est le vrai ami. Pour l’africain, c’est le contraire de l’occidental et la lettre du dit. Soyez informés avant d’aller construire des amitiés viriles sur la base d’un tel écart dans les implicites…

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