Situation en Algérie – L’analyse dérangeante du général Dominique Delawarde

Par Dominique Delawarde. Le 25.03.2019. Sur France-Irak Actualité.

 

Dans cet article, un fonctionnaire militaire du grand capital français se met à table et expose de manière rigoureuse les tenants et les aboutissants, bref, le dessous des cartes dans l’affaire « Bouteflika » qui se révèle être plutôt l’affaire algérienne. La question de la succession à la tête de l’État offre l’opportunité aux différentes factions du capital algérien de se bousculer pour brasser les cartes et tirer la couverture de leur côté. De l’exposé clair et précis des forces – et des intérêts – en jeux que présente le général de l’armée impérialiste française, il ressort comme nous le disions dans un article précédent que l’affaire n’est pas du tout un mouvement populaire – les manifestants étant manipulés par les prétendants à la succession, le vainqueur devant prolonger sous des formes probablement différentes le pouvoir bourgeois sur le capital national. Au final, l’Algérie demeurera sous influence russo-chinoise ou basculera dans le camp américano-OTAN pseudo démocratique ? Les paris sont ouverts. Robert Bibeau. http://www.les7duquebec.com

 


 

Le général Delawarde, ancien chef «situation-renseignement-guerre électronique» à l’état-major interarmées de planification opérationnelle, a répondu à ses amis qui lui ont demandé ce qu’il fallait penser des événements survenus en Algérie ces trois dernières semaines. Elle fera couler beaucoup d’encre.

Pour avoir beaucoup travaillé sur le dossier algérien lorsque j’étais en fonction et pour ne pas avoir cessé de le suivre depuis, je vais tenter de vous donner mon analyse de la manière la plus claire possible en répondant à trois questions: Pourquoi ? Quoi? Comment ?

 

Pourquoi ?

La réponse à cette question se trouve, de mon point de vue, dans un contexte géopolitique qui dépasse largement les frontières de l’Algérie. Pour simplifier à l’extrême, le monde est aujourd’hui coupé en deux camps qui s’opposent.

 

Il y a celui qui s’accommode parfaitement d’une organisation de la communauté internationale telle qu’elle a été conçue et construite au sortir de la 2ème guerre mondiale: FMI, OMC, Banque Mondiale, dollar, et prééminence US quasi absolue depuis 1990. Les idéologues néoconservateurs de ce camp dérivent aujourd’hui peu à peu vers un objectif de «mondialisation heureuse (pour eux) », unipolaire, sous dominance occidentale (en fait, sous dominance US-OTAN).

 

Minoritaire en nombre d’États et en population (quarante à cinquante États, un milliard d’habitants) ce camp dispose, pour quelques années encore, de la puissance économique (plus de 60% du PIB mondial) et, d’une supériorité militaire (OTAN qu’il utilise sans modération). Un quarteron d’États s’active, sur la scène internationale (ou en coulisse), pour mobiliser ce camp et faire valoir ses intérêts : Les USA, le Royaume-Uni, la France et Israël. L’influence majeure est, dans les faits, exercée par un duo: USA et Israël. Ce camp se regroupe sous la bannière de la « coalition occidentale » et s’autoproclame souvent, à lui seul: «communauté internationale».

 

De l’autre côté du grand échiquier, un autre camp s’est organisé peu à peu sous la houlette de la Russie et de la Chine. Aujourd’hui, ce camp monte rapidement en puissance avec, entre autres, des organisations internationales créées en ce début de XXIème siècle: les BRICS et l’OCS et la CEI pour ne citer qu’elles. Il souhaite remettre en cause l’ordre et les règles de la gouvernance mondiale établis au sortir de la guerre, au profit des occidentaux, pour évoluer vers un monde multipolaire. Il regroupe, autour de la Russie et de la Chine, de grands pays tels l’Inde ou le Pakistan (puissances nucléaires) et surtout de nombreux «fans». Ce camp, fans compris, est majoritaire tant en nombre d’États qu’en population (une centaine d’États et plus de quatre milliards d’habitants) mais il est encore à la traîne en terme de puissance économique (moins de 40% du PIB mondial).

 

L’Algérie est un grand pays. Avec une superficie de 2,4 millions de km2, c’est à la fois le plus grand pays d’Afrique, du monde arabe et du bassin méditerranéen. Sous la gouvernance de Bouteflika, elle a su rester un pays indépendant, contrairement à de nombreux pays arabes qui, se sont, peu ou prou, rapprochés de la coalition occidentale, en application du proverbe: « Baise la main que tu ne peux trancher». Aux yeux de la « coalition occidentale » précédemment décrite, la gouvernance Bouteflika a commis cinq « fautes impardonnables » :

 

1 – Elle entretient de trop bonnes relations avec la Russie, pays dans lequel elle forme les officiers de son armée depuis fort longtemps et auquel elle achète beaucoup de matériels militaires majeurs (dont les fameux S 400).

2 – Elle entretient de trop bonnes relations avec l’Iran, ennemi désigné des USA et d’Israël, et, par conséquent, pas vraiment ami de la France et du Royaume-Uni… France et Royaume-Uni, derrière des discours hypocrites et trompeurs, n’ont rien fait d’efficace pour remplir leurs engagements dans l’accord sur le nucléaire iranien.

3 – Contrairement à la gouvernance de plusieurs pays arabes (dont le docile Maroc, son voisin), l’Algérie de Bouteflika a refusé de rejoindre la grande coalition saoudienne, soutenue par les occidentaux, dans son intervention armée au Yémen pour mater la révolution populaire d’Ansar Allah. Cette opération militaire visait, à l’évidence, à contrer l’extension de l’influence iranienne au Moyen-Orient, et cela au profit de l’État hébreu.

4 – En outre, depuis le début du conflit syrien la gouvernance Bouteflika a entretenu de bonnes relations avec celle de Bachar el Assad en Syrie et refusé de participer à la curée et au démembrement de ce pays programmé par les occidentaux et certains de leurs alliés arabes au profit de l’État hébreu.

5 – Enfin, l’Algérie de Bouteflika reste l’un des derniers bastions arabes dans la défense de la cause palestinienne. Chacun peut comprendre que cette position indispose l’État hébreu et son puissant allié US qui peuvent y voir un obstacle sérieux au « deal du siècle ».

 

La réponse à la question : «Pourquoi les événements sont-ils aujourd’hui ce qu’ils sont en terre algérienne ?» tient, pour une large part, dans les points évoqués ci-dessus .

 

Quoi ?

Les indices ne manquent pas dans la crise algérienne qui font furieusement penser à une opération de « Regime Change » (changement de régime), dont les occidentaux sont particulièrement friands (révolutions colorées, Ukraine, Libye, Printemps arabes, Syrie, Venezuela, Brésil…..), qu’ils réussissent parfois (Maïdan, Libye, Brésil) et dont ils gardent jalousement «les secrets de fabrication». Il y a, bien-sûr, les déclarations enflammées, à l’attention du peuple algérien, de l’inénarrable BHL qui constituent, à elles toutes seules, un marqueur indiscutable qu’une opération de «Regime Change» est en cours. Il faut se souvenir de son engagement constant et toujours théâtral dans ce type d’opération : Bosnie, Kosovo, Libye, Maïdan, révolutions colorées, Syrie, et même Venezuela dernièrement… etc.

 

Ses appels à la révolution (chez les autres, pas chez nous) relèvent désormais du grand classique autant que du meilleur comique troupier. Elles pourraient même devenir contre-productives en révélant, à l’avance, le dessous des cartes aux observateurs les plus avertis. Il y a aussi la teneur des déclarations des grands leaders de la coalition occidentale sur cette affaire algérienne, qui montre clairement, jour après jour, qu’ils apprécieraient un changement de gouvernance en Algérie et l’avènement d’un nouveau pouvoir qui leur serait plus favorable. A chacun de s’y référer et d’interpréter les propos tenus.

 

Il y a, encore, la lecture des journaux du quarteron d’États dirigeant « la coalition occidentale ». L’ampleur, la teneur et le ton des réactions médiatiques sur ce qui devient, peu à peu, la «crise algérienne» et qui pourrait être baptisé dans quelques jours: «le printemps algérien», sont particulièrement révélateurs. La lecture du New York Times et du Washington Post aux USA, du journal Le Monde et des reportages de BFMTV en France, des journaux israéliens, Haaretz et Jerusalem post, est édifiante et facile à décrypter pour un bon spécialiste du renseignement. Enfin, il y a la méthode, les techniques et les moyens utilisées pour organiser un chaos de plus ou moins grande ampleur, préalable indispensable à l’avènement d’un nouveau régime. Ils constituent également de précieux indices.

 

Comment ?

Comme dans toutes les opérations de « Regime Change », il faut, pour réussir, respecter plusieurs règles de base et disposer de gros moyens financiers:

 

1 – Choisir le bon moment pour déclencher l’opération.

 

Le bon moment, c’est celui où le régime auquel on s’attaque est fragilisé (crise économique ou sociale, gouvernance usée et affaiblie, population divisée). Une échéance électorale peut constituer une excellente opportunité permettant d’éviter trop de dommages collatéraux pouvant aller jusqu’à la guerre civile… Tous les feux sont au vert pour déclencher, en mars 2019, ce type d’opération de « Regime Change » en Algérie, avec quelques espoirs de succès.

 

2 – Diaboliser le camp à abattre, puis promouvoir celui qu’on veut aider à triompher.

 

Ce sont les techniques de base utilisées avec grand succès par Cambridge Analytica dans plus de 200 campagnes électorales entre Septembre 2013 et Mars 2018. Ces techniques sont toujours utilisées aujourd’hui. Dans le cas de l’Algérie, l’incapacité physique de Bouteflika à gouverner le pays est mise en avant. On dénonce les résultats de sa gouvernance, évidemment qualifiés de désastreux (chômage, inégalité, résultats économiques). On dénonce son entourage et la corruption. On s’appuie sur une diaspora algérienne nombreuse et fortement influencée par les médias mainstream occidentaux pour chauffer à blanc l’opinion et la rue.

 

3 – Utiliser les moyens modernes de communication et d’échange entre les citoyens.

 

Facebook et Twitter, outils sous contrôle occidental, sont utilisés au maximum pour manipuler et chauffer les foules et pour organiser très rapidement de grands rassemblements protestataires. Là encore, il s’agit de méthodes expérimentées avec succès par Cambridge Analytica dans un passé récent, notamment en Amérique du Sud.

Ceux qui contrôlent ces opérations «numériques» ne résident pas toujours dans le pays objet de l’ingérence. L’opération peut être contrôlée à partir du territoire d’un pays occidental (généralement les USA). Il suffit de disposer d’un groupe d’individus de bon niveau maîtrisant parfaitement la langue du pays objet de l’ingérence. Ces individus existent évidemment en grand nombre dans la diaspora algérienne mais aussi dans la diaspora séfarade. De telles actions contrôlées à partir de l’étranger ont déjà été observées dans les cas tunisien, libyen et égyptien…

Ces opérations numériques constituent un complément utile et efficace à l’action des médias traditionnels (TV et journaux mainstream) qui agissent en meute, avec une belle unanimité, ce qui n’a rien d’étonnant lorsqu’on connaît la connivence de leurs propriétaires et les règles de «la guerre de l’information ».

 

4 – Corrompre un maximum de politiques, d’organisations d’influence, d’hommes importants dans l’appareil d’état (Armée, Justice, élus….)

 

Il s’agit d’organiser d’abord le lâchage du régime en place et dans un deuxième temps le soutien du candidat à promouvoir : encore une méthode éprouvée de « Cambridge Analytica ». Elle nécessite beaucoup d’argent, mais l’État qui imprime le papier «dollar» n’en manque pas.

L’argent et les promesses de positions avantageuses dans le nouveau régime viennent généralement à bout des plus coriaces…

Pour savoir qui aura gagné de la coalition occidentale ou du camp «BRICS-OCS», il sera très utile d’étudier le passé, les soutiens et l’entourage de l’homme qui émergera lorsque le régime en place aura passé la main … Il sera très instructif d’observer les premières mesures prises par le nouveau pouvoir. Une normalisation des relations avec le Maroc et un rapprochement avec les pays du Golfe constitueraient des indices intéressants.

Je ne pense évidemment pas qu’on aille jusqu’à une normalisation des relations avec Israël, à une visite officielle à Tel Aviv ou à l’établissement d’une ambassade d’Algérie à Jérusalem. Pour les non initiés, ces trois derniers gestes ont été observés dans le « Regime change » brésilien et indiquent de manière claire le rôle éminent joué par la diaspora pro-israélienne au Brésil dans l’affaire Bolsonaro. Ce rôle existe aussi dans l’affaire vénézuélienne, si l’on en croit les promesses enflammées de Guaïdo de transférer son ambassade à Jérusalem, s’il parvient à prendre le pouvoir. Ce genre de promesses a l’immense intérêt de désigner clairement les sponsors financiers du président élu brésilien et du « président autoproclamé » du Venezuela et d’expliquer le soutien de la « coalition occidentale » à ces individus.

 

En conclusion

Vous l’aurez compris, je ne crois pas à la spontanéité de tous les événements qui agitent aujourd’hui la rue algérienne. Aucun des deux grands camps qui s’opposent aujourd’hui dans le monde ne peut être indifférent à ce qui se passe en Algérie. L’ingérence étrangère y est donc plus que probable. Le contraire serait surprenant.

Ceux qui s’ingèrent sont ceux qui y ont un intérêt et qui en ont les moyens. Ils s’appuient très habilement sur la triple opportunité qui leur est offerte : l’usure du pouvoir en place et de son chef , l’indéniable crise économique et sociale imputée à la gouvernance Bouteflika et l’échéance électorale prévue par la Constitution. Ils s’appuient aussi sur les moyens techniques (réseaux sociaux), et les moyens financiers et humains dont ils disposent.

Bien sûr, les tenants du clan « occidental » vont hurler « au complotisme » à la lecture de cette analyse. C’est une technique désormais bien connue pour discréditer les individus dont les points de vue s’écartent des positions officielles. Mais cela n’empêchera pas ceux qui réfléchissent encore par eux mêmes de se poser les bonnes questions.

Quant à savoir comment va tourner cette affaire, je me garderai bien d’émettre le moindre pronostic. La rue algérienne n’a probablement aucune idée de la manipulation dont elle est l’objet. La gouvernance en place et ses services de renseignements disposent certainement d’informations précises qui peuvent constituer un facteur de force. Mais de là à en déduire qui va l’emporter, c’est encore impossible aujourd’hui. On ne peut dire qu’une chose: « Bonne chance l’Algérie »!

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

7 pensées sur “Situation en Algérie – L’analyse dérangeante du général Dominique Delawarde

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    25 mars 2019 à 14 02 41 03413
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    Il fallait s’y attendre ! à chaque fois qu’un peuple se soulève, il faut toujours qu’on atteigne ce point  »critique » ou ce point  »Delawarde »: décrédibiliser tout le processus, le mettre sur le dos de BHL, douter de la réalité, il n’y a jamais eu de révolte en Algérie… tout ce qu’on voit depuis des semaines n’est rien d’autre qu’un vaste complot  »sioniste » !

    En ce qui me concerne, je me méfiait comme de la peste de ce que raconte ce général bavard depuis 2013, lorsqu’il montera sur l’affaire de l’attaque chimique en Syrie contre des civils, pour défendre et innocenter Bachar el Assad, de toute utilisation d’armes chimiques contre ses opposants et contre des civils ! or que depuis le démantèlement et la destruction du plus gros du stock important d’armes chimiques sous supervision des occidentaux et conseils de Poutine et coopération d’un Bachar contraint de se livrer à l’exercice-mascarade puisqu’il en conservera et continuera d’en produire, on a pas entendu le général en péter mot !

    Tout comme ces analyses à la con sur un BHL ou la cause palestinienne devenues l’argument majeur et systématique ad nauseam depuis le déclenchement des printemps arabes, pour crier au complot ourdi par les ‘’sionistes’’ et les ‘’pro sionistes’’ ! franchement, on repassera ! qu’y a-t-il de plus réducteur et humiliant que de traiter les révolutionnaires du printemps arabe de n’être que des pantins manipulés par le sionisme mondial ! beurk ! ces milliers de jeunes qui ont crevé l’ont été pour la cause ‘’sioniste’’ selon lui et d’autres qui pullulent dans la toile ! tout comme les armées de ‘’mouches électroniques’’ mobilisées par Poutine pour faire triompher Trump aux élections n’ont jamais existé pour lui…. Mais par contre tout ce qui se passe ailleurs dans le monde est fourbi par ‘’cambridge analytica’’ ! je suis mort de rire !

    La preuve, toute la presse alliée au pouvoir en Algérie s’est fait une gloire de rapporter les propos de cette pseudo analyse qui tombe à point pour supporter le régime, le glorifier, lui trouver une légitimité renouvelée et une gloire de premier supporter de la cause palestinienne, de résistant à l’ordre hégémonique américain-saoudien-israélien, et qualifier Poutine, la chine de leaders pour un monde ‘’multipolaire’’ ! on aura tout lu et entendu !

    Il faudrait juste rappeler au général que ce sont ironiquement et hélas les États-Unis et l’Europe occidental et l’Arabie saoudite sans vouloir défendre ce camps qui ont versé le plus de fric et continuent de faire aux Palestiniens, que ce soit via l’UNRWA ou les autres programmes ou aides directes qui font que les Palestiniens ne crèvent pas de faim depuis les 40 dernières années ! et ce ne sont pas les discours du FLN ou sa charité médiatisée à fond qui envoient des palestiniens à l’école, et leur assurent le lait, le riz, la médication dans les hôpitaux palestiniens et israéliens, ou paient leur dettes ! hélas ! Et comme si avec la disparition de Bouteflika et son camps, l’aide des Algériens cessera pour de bon envers les palestiniens, le général rajoute l’insulte à la calomnie !

    Bref, c’est clair, on le savait déjà mon général, que les deux camps qui existent et hantent, colonisent et obsèdent votre esprit, s’affrontent pour leur intérêts, mais permettez-nous de douter qu’Algériens et Palestiniens se porteraient mieux si demain, le clan de Bouteflika réussit son pari d’assurer une succession qui lui assure les mêmes intérêts d’hier et d’aujourd’hui par on ne sait quel tour de passe passe devant le peuple ! c’est clair aussi, que ni vous mon général, ni vos prétendus défenseurs des ‘’causes justes’’, n’iraient jusqu’à créditer un jour les peuples arabes d’une quelconque volonté de s’affranchir de la corruption… ou les créditer d’intelligence pour se rebeller contre leurs geôliers et affameurs…ils ne sont après tout que des ‘’sauvageons’’ arabes, qui n’ont ‘’rien compris’’ et qui soient prêts à vaciller à la première montée lyrique d’un BHL, d’un Sarko, d’un Hollande, d’un Macron, ou d’un Trump ! ces imbéciles jeunes arabes, arriérés en tous points, éternels idiots patentés, troupeaux de cocus et terroristes potentiels décidément ne vont jamais comprendre ! Alors au diable ! qu’ils crèvent sous le joug du ‘’régime change’’ et la manip de ‘’cambridge analytica’’ :))))))

    Pour ma part, Il faudrait juste se demander quand est ce qu’on va enfin se débarrasser de cette veille garde de tuteurs de tous poils, intéressée, démagogue, ulcérée, hargneuse, ridicule, dépassée, fiévreuse , donneuse de leçon, et va foutre la paix à ces jeunes du moyen orient une bonne fois pour toutes ! et la laisser mener son bateau ! car si ingérence il y a c’est bien celle-là ! traiter les algériens d’imbéciles, et leur diaspora de ‘’sioniste’’ est le bouquet auquel il fallait s’attendre ! Mêlez-vous de vos oignons mon général ! profitez de votre grasse et bourgeoise retraite et foutez nous la paix !

    Et vous l’aurez sans doute compris mon général, je suis l’un deux ! imbécile, intraitable, indécrottable bledard, bougnoul sans srupules, sauvageon minable, et ‘’pro sioniste’’ de surcroît… sans le savoir !

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      25 mars 2019 à 16 04 27 03273
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      l’analyse du general n’est pas la premiere ,deux algeriens au moins ont deja fait cette analyse et les manipulateurs peuvent bien etre des nationaux.

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      27 mars 2019 à 8 08 27 03273
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      Parfois j’ai du mal à vous suivre mais je vous ai relu. Deux choses cependant :

      – BHL est à la philosophie ce que McDo est à la gastronomie.

      – Il est évident que de nombreuses influences extra et intra muros (gaz/pétrole oblige), lesquelles échappent au contrôle du peuple algérien pour le moment, sont protagonistes dans la crise algérienne.

      Difficile de trier le vrai du faux. La toute puissante propagande bat la mesure.

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        27 mars 2019 à 8 08 46 03463
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        @ nADINE

        1) Ce texte n’est pas de nous mais d’un général des services secrets français. Connaissant l’origine de l’analyse on doit la lire avec circonspection. Mais elle offre l’avantage d’expliciter ce que le grand capital français veut que l’on croit c’est un bon pas.

        2) Une situation politique quelque soit le pays s’explique toujours à partir des vecteurs suivants L’ÉCONOMIE MONDIALE – L’ÉCONOMIE LOCALE – la politique nationale – la politique mondiale. Toutes ces variables sont largement connues – affichées – accessibles. Inutiles de chercher à trouver le courriel secret entre le chef d’État major et Bouteflika à propos de sa demande de destitution.

        3) Connaissant les intérêts en jeux et les classes sociales en lutte nous possédons toutes les informations requises pour comprendre ce qui se trame derrière les rideaux transparents de la danseuse de baladie

        4) Ainsi, le chef d’État major est en service commandé en ce moment afin de permettre à un autre pion du sérail de prendre la place du morron.

        5) Quels sont les intérêts du prolétariat algérien dans ce jeun politique entre factions du capital – la petite-bourgeoisie jouant son va-t-ou pour obtenir des postes dans la prochaine administration qui représentera un autre clan mais poursuivra la même politique ???

        Robert Bibeau Éditeur

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          27 mars 2019 à 10 10 17 03173
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          « ) Ce texte n’est pas de nous mais d’un général des services secrets français.  »

          Oui bien sûr.
          Excusez-moi pour la confusion mais mon commentaire faisait suite à celui de Sam …

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    25 mars 2019 à 20 08 17 03173
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    @ TOUS
    SAM écris :  » n’y a jamais eu de révolte en Algérie… tout ce qu’on voit depuis des semaines n’est rien d’autre qu’un vaste complot »sioniste » ! »

    1) Je répondrais ceci = comme toi je conchis la théorie du complot surtout quand elle met en vedette Israël le Mossad tout puissants – l’APEC et les sionistes dont les USA seraient les alliés. LES USA sont les suzerains et les israéliens les vassaux.

    2) Pour notre part nous avons dit dans un éditorial depuis le début de cette affaire Bouteflika qu’il s’agissait non pas d’un soulèvement populaire mais d’un mouvement impulsé par certaines factions du grand capital national algérien qui souhaite tirer l’assiette au beurre vers eux et trouvent qu’ils sont mal servis L’indice que nous voyons qui étaye notre hypothèse est que les revendications présentées par les médias concernent strictement les élections ce qui constitue un leurre futile

    3) Bien entendu que le peuple algérien sait se révolter et se battre mais nous ne sommes pas dans ce cas de figure en ce moment. Rappelez-vous le Printemps arabe en Tunisie et en Égypte AVANT QU’IL NE SOIT DÉVOYER VERS DES ÉLECTIONS BIDON – la rue exigeait du pain, des emplois, des logements des salaires décents = DANS CE CAS de figure TU SAIS QUE CE N’EST NI LA CIA-MOSSAD ni aucun clan petit-bourgeois qui commande le soulèvement… tous ces comploteurs auraient trop peur que le mouvement leur échappe.

    Du Général Delawarde il nous permet d’approfondit notre compréhension et d’en débattre voilà son seul mérite

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    26 mars 2019 à 3 03 37 03373
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    @Robert Bibeau

    Si vous le dites, mon cher robert, si vous le dites… ! sauf qu’il me semble que le peuple Algérien veut commencer par les élections d’abord ! et ce n’est pas rien ! déjà, se débarrasser de Bouteflika relève de l’exploit ! et c’est ce qu’ils semblent vouloir dire unanimement… et la suite, on verra, on bricolera, on jugera, et on rêve en tous cas d’imposer notre volonté pour un candidat qui traduise nos aspirations ! Au lieu de cela, Imaginez, un président handicapé presque total et qu’on ne voit plus depuis des années, et qui posséderait des pouvoirs aussi étendus sur fond de crise perpétuelle et d’espoirs en vain…chez une jeunesse qui n’en peut tout simplement plus! C’est en effet du jamais vu ! où est la décence et le moindre respect envers ce peuple ?

    Que des tireurs de ficelles puissent utiliser les médias sociaux pour inciter le peuple à la révolte ou en tous cas au refus de Bouteflika, c’est possible ! mais est-ce vraiment crédible ? je n’en suis pas si sûr ! vous me diriez les islamistes d’Ali behadj et Abassi Madani, à la limite je dirais c’est plausible ! mais des capitalistes insatisfaits et revanchards qui arrivent à orchestrer une telle ferveur populaire, pour que ce soit plausible, ils auraient eu un candidat, ou au moins des agitateurs que tout le monde pointeraient du doigt ! Bref, je vais vous dire ! les maghrébins sont tout sauf bêtes, ils vous voient venir de loin et savent presque à l’avance ce que vous allez leur dire ! et jusqu’à date, les algériens qui savent ce qui se trame dans les cercles de pouvoirs depuis belle lurette connaissent en partie les joueurs, les favoris et les tocards. Il est possible que le peuple ne puisse pas s’exprimer encore assez librement pour désigner d’autres ennemis en particulier ! mais il faut garder à l’esprit que le peuple a peur aussi, il ne veut pas que ça déraille, et il ne veut pas faire les frais de cet épisode hautement risqué !

    Ce qui est certain c’est que la sécurité, la police et les différends rentiers du système sont sur le qui vive, comme des chiens enragés, ils doivent renifler et envoyer des éclaireurs partout pour connaître ce qui se trame chez le peuple! S’il y avait un quelconque complot qui leur échappait, je suis certains qu’ils seraient déjà en train d’extraire les aveux sous la torture ! Comme on dit au Maghreb, ils pourraient torturer une chèvre, un poulet, un innocent qui s’en allait acheter une baguette de pain, il finirait par avouer ce qu’il n’a jamais commis ! Seulement voilà, c’est pas de chance cette fois, tout ça semble si authentique, qu’ils sont dans la merde ! le seul aveux que le peuple en entier leur lance à la face sans se cacher c’est ‘’foutez le camps ! on veut plus vous voir ! oui vous ! vous tous ! vous nous avez bien entendu, dégagez, on veut des élections, et de nouveaux visages…peu importe, on fera semblant, on se trompera peut-être, mais on ne veut plus de la vieille garde ! rendez le fric que vous avez volé ! ou disparaissez on n’en veut plus, mais de grâce, foutez le camps ! et c’est ça qui est dangereux justement ! le peuple ne désigne personne pour permettre à ce gouvernement d’engager des pourparlers ! monter des magouilles et tourner la page pour plaire au peuple !

    et c’est d’ailleurs pour cela que le pouvoir à tout intérêt à jeter le discrédit sur tout ceci ! pour garder le status quo, gagner du temps, et pouvoir concocter un nouveau chapitre qui préserve les grandes lignes, ‘’les intérêts supérieurs’’, et les compromis ! c’est pas impossible qu’ils y arrivent en tous cas ! et c’est ce qui me semble qui va effectivement arriver, avec la forte probabilité que cette fois-ci, les mécontents et la ligne dure de refuzniks du peuple va enfin entamer un nouveau processus politique au pays, celui de créer de nouvelles oppositions, de véritables oppositions ! quoique, un basculement total dans le camps américain n’est pas du tout plausible, c’est pas les américains qui entretiendront l’arsenal russe pour encore des décennies, ni que les chinois leur cèderont la place pour les marchés juteux des infrastructures ! ou que les Iraniens lâchent facilement cet allié de choix dans la région… ou que les clients des hydrocarbures veuillent risquer de voir les prix augmenter ! bref, l’architecture du système pèse encore très lourd dans la balance, la manne gazière et pétrolière ne peut changer de structure et de mode de gestion du jour au lendemain, et tout ça est fort lié au moyen orient et à la russie et la chine, que le peuple lui, est encore loin de pouvoir y changer grand chose !

    Qui vivra verra !

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