Syrie: accord Russie/USA contre l’Iran?

Publié par  France-Irak Actualité.

 

Revue de presse : Pars Today. Le 27.02.2018

 

La guerre en Syrie a habitué les analystes à bien des surprises: les multiples acteurs, et surtout les rapports de force changeants, qui régissent, au gré des évolutions, cette grande guerre, donnent souvent lieu à des coups de théâtre.

 

Depuis quelque temps, des spéculations vont effectivement bon train au sujet d’un « retrait des forces iraniennes » que la Russie finirait par « exiger », ne serait-ce que pour préserver ses « relations privilégiées » avec Israël et éviter un face-à-face militaire de plus, celui entre Tel-Aviv et Téhéran.

Les commentaires se multiplient d’ailleurs sur un « possible accord Russie/USA » sur le dos de Téhéran, accord qui mettrait en cause la présence légitime de Téhéran, lui demandant de revenir sur ses accords militaires passés avec Damas et de quitter pour de bon le sol syrien après avoir largement contribué à la défaite de Daech.

Il est vrai que la Russie de Poutine, qui vit une délicate période électorale, est à prête à tout, sauf à une guerre d’usure à laquelle prendrait directement part Israël, avec toutes les complications que cela comporterait.

Sous la pression de l’axe Washington–Tel-Aviv, Poutine va-t-il renoncer à son alliance avec l’Iran ? D’aucuns n’en écartent pas la possibilité, mais soulignent dans le même temps qu’il faudrait que les Américains lâchent du lest pour que la Russie revienne sur cette juteuse et bénéfique alliance. Car tissée au fil des années de guerre, cette alliance désormais « stratégique », selon les termes mêmes du président russe, ne saurait être bisée sans que le camp d’en face consente à de grosses concessions.

Or c’est là que le bât blesse : que les Américains lâchent du lest face aux Russes, cela voudrait dire en clair qu’ils auraient reconnu « le poids et l’influence de la Russie » dans l’une des zones les plus stratégiques de la planète, une zone qui est le théâtre depuis très longtemps de leurs multiples ingérences. Les Américains iraient-ils jusqu’à faire passer leur aversion anti-iranienne avant cette sempiternelle et incessante rivalité qu’ils nourrissent à l’égard de la Russie ?

À vrai dire, les États-Unis ont déjà été contraints à faire marche arrière et ils en sont fort en colère : les deux bases aérienne et navale que Moscou s’est arrogées, respectivement à Hmeimim et à Tartous, pour des baux de 45 et de 99 ans n’ont certes pas provoqué de réaction US, il n’empêche que Washington n’a pas digéré cet « échec » et tente de se rattraper, ne serait-ce que par des tentatives « vaines » de placer sous sa domination la pétrolifère rive orientale de l’Euphrate.

En Syrie, la Russie a poussé le bouchon trop loin : elle a réussi à étendre sa « sphère d’influence géostratégique » au-delà de son pré carré traditionnel pour entrer de plain-pied en Méditerranée où l’Occident a fait pendant des décennies la pluie et le beau temps. Moscou a bousculé obstinément l’ordre géopolitique, quitte à chasser sur un terrain qui n’est pas le sien.

Mais dans l’optique américaine, le jeu n’est pas encore fait, tant s’en faut : la tournure qu’a prise la guerre en Syrie ne satisfait point les Américains, d’où leur « accès de fièvre belliciste » qui se traduit tantôt par leur soutien aux Kurdes, au prix de se mettre à dos leur « ami turc », tantôt par des raids contre les positions des militaires russes. Bref, la donne militaire et politique telle qu’elle se présente en Syrie ne facilite aucun marchandage ni accord américano-russe, qu’il soit tacite ou patent.

Après tout, la région qui sépare l’Iran de la Méditerranée obnubile de longue date les États-Unis et leurs alliés, dans la mesure où elle représente le « cœur géopolitique battant » au Moyen-Orient. C’est une zone aux richesses naturelles infinies qui se partage entre de grands pays comme l’Iran, la Turquie, l’Égypte, l’Arabie saoudite, l’Irak et la Syrie. Le sort de l’Occident s’y est en grande partie joué au XXe siècle. Il est hors que ce même Occident y renonce au XXIe siècle. Surtout quand il a en face la Russie… Difficile donc de voir les États-Unis sacrifier leurs intérêts au profit des Russes pour se débarrasser de l’Iran. Pour une fois, Israël se retrouve seul, totalement seul pour affronter l’axe de la Résistance.

 

Source : Pars Today

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

4 pensées sur “Syrie: accord Russie/USA contre l’Iran?

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    2 mars 2018 à 13 01 47 03473
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    Je me demande quelle importance il faut accorder a ce genre d’analyse. Il ne tient compte que de certains acteurs, même si ce sont les plus influents du point de vu des médias, ils n’en demeure pas moins que les puissances de ce monde sont toutes inter-reliés et doivent tenir compte des multiples alliances quelles entretiennent entre elles concernant leurs intérêts communs, là ou ailleurs .

    Un gros titre accrocheur en guise de contenant, une substance molle en pénètre la structure inadéquate rendant le contenant graisseux. La Russie a déjà avisé les US de se retirer , si elle demande a l’Iran d’en faire autant ce sera en contre partie. Alors les us vont se retirer où ?En Jordanie. Et l’Iran ? Au Liban ? On sera pas plus avancé et les US ont maintenant une base en Israel.

    Les coups vont partir de plus loin…c’est tout !

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    2 mars 2018 à 18 06 17 03173
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    Je ne serai pas trop surpris si les Russe agissent de la sorte même au détriment des intérêts de la Russie; ils l’ont déjà fait quand Medvedev était président et Poutine premier ministre; on se souvient que l’Iran avait acheté des systèmes de dca S-300 et avait même payé entièrement le prix et voilà que Medvedev avec l’accord de potine ,on présume, a annulé unilatéralement le contrat pour satisfaire, je crois, et les US et l’Israël. C’était à juste titre une grave connerie (une politique de Moujik, disait certains).
    Imaginez bien l’idiotie d’une pareille politique : la Russie est encerclée par des ennemis qui veulent sa mort : l’OTAN, les aniciennes républiques soviétiques devenues indépendantes (ce qu’on dit), il restait la Chine à l’Est qui n’état pas inféodée aux Occidentaux; l’Iran était le seul pays qui avait empêché que ce piège soit fermé, un seul maillon qui manquait à cette chaîne d’être serré au coup de la Russie . Les Américains faisait tout pour faire rentré l’Iran dans leur sphère d’influence comme au temps du Shah et voilà que Medvedev fait leur travail et pousse l’Iran dans les bras des US américains.
    Pendant cette période la Russie jouait à fond la Carte iranienne dans ses marchandages avec les Yankees et faisait de même avec l’Iran en brandissant l’épouvantail américain, prétendant que les Etats-Unis se préparaient à attaquer l’Iran ! je me souviens que le journal Pravda avait même publié la date et l’heure de l’attaque . Les dirigeants russes à cette époque prenaient les Iraniens pour des imbéciles, mais ils se trompaient royalement; l’Iran a démontré qu’il suivait une politique réfléchie et pleine de sagesse , connaissait bien ses ennemis , leur force et leurs faiblesses; ‘Iran n’a manifesté aucune signe de panique, ni de peur et a fait face à ce jeu russe avec patience;
    Le fondateur de la République islamique était méfiant à l’égard de toutes les superpuissances; son devise était : Ni l’Est ni l’Ouest (en 1979, l’année de la Révolution l’Union soviétique n’était pas encore démantelée par Gorbachev et Eltsine) . C’était un des rares dirigeants religieux qui affrontait sans peur la monarchie et qui malgré ses croyances religieuses et son manque de connaissances scientifiques du système capitaliste mondial , avait comme par instinct une aversion profonde à l’égard de l’Ordre établi sous tutelle américaine.
    L’indépendance acquise dans ces circonstances n’était pas une tache facile pour la simple raison que toutes les puissances dominantes voulaient que l’Iran se penche de leur coté, à dire renoncer son indépendance, mais Khomeini persista et ça continue après sa mort.
    Il y a un autre sujet qui mérite d’être abordé et il s’agit de l’influence grandissante du sionisme en Russie moderne; les juifs sionistes contrôlent beaucoup de medias en Russie et de là l’influence d’Israël parmi les politiciens russes ; il ne faut pas donc s’étonner si ces politiciens souhaitent que l’Iran reçoive ses ordres de Poutine et s’offre comme dindon à être sacrifié sur l’autel des relations russo-israélo-américaines ; mais cela ne se produira pas. L’Iran a commencé à secourir la Syrie contre les terroristes avant que la Russie s’y implique; le pays y a perdu bon nombres des ses commandants de haut rang ainsi que de simples volontaires courageux et dévoués à la cause et il n’y a aucune raison que cela change même au prix d’autres sacrifices .

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    2 mars 2018 à 21 09 50 03503
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    @ tous

    La question est bonne et pertinente « Quel crédibilité faut-il accorder à ce genre de nouvelle? »
    Un géopoliticien M. Luc Michel nous donnera ici même son avis sur ce type de « feak news » dans un article à paraître dimanche le 4 mars prochain

    robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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