Un «terroriste» islamiste dans l’école de la république: jour 10

UN OEIL SUR LE MONDE MUSULMAN
Salah Lamrani

Signez la pétition pour la réintégration de Salah Lamrani : http://www.tlaxcala-int.org/campagne.asp?reference=43
 
Jeudi 10 mars, je me suis réveillé aussi tôt que d’habitude, pour mes diverses activités qui concourent toutes de la manière la plus ciblée et, l’avenir le montrera, la plus infaillible, à obtenir justice de la manière la plus éclatante qui soit. Entretien physique et moral (je n’ose dire spirituel de peur de choquer les âmes personnes sensibles), écriture, publications, contacts, rendez-vous, etc. D’aucuns pourraient croire que le fait que je n’aie pu arriver à mon poste qu’à 15h25 traduit une lassitude de ma part, annonçant la fin prochaine de ma résistance, faute de ressources, mais ils se tromperaient fort. Comme je l’ai dit, je planifie une lutte très longue – même si, de mille façons, elle peut finir très vite – et j’agis donc en conséquence, et si mon poste par excellence est ma faction devant l’école, il peut arriver qu’il soit plus efficace de me trouver ponctuellement ailleurs.
J’ai donc pris ma chaise & mon poste pendant la sortie d’élèves, notamment mes 5e A, qui ne m’ont guère salué et auxquels, comme à mon habitude, j’ai fait mine de ne prêter aucune attention. Ce serait inconséquent de ma part que d’ajouter la moindre pression à celle que ces enfants de 12 ans subissent déjà, étant menacés des pires désagréments s’ils osent me parler, et étant surveillés en permanence par le fidèle Léandre, qui sera le seul personnel de service sur lequel j’aurai des choses (bien peu reluisantes) à dire, sa caméra, et la CPE dont le bureau surplombe mon poste. J’ai appris qu’en plus de convoquer, tout récemment encore, les élèves qui avaient signé la pétition en ligne pour ma réintégration, on avait même menacé les enfants de répercussions sur leur scolarité, qu’il s’agisse de leurs notes ou de l’opportunité de réinscription dans cet établissement, pour tous ceux qui n’en auraient pas été dégoûtés – on reste du moins attaché aux camarades.
Même la courageuse élève de 4e qui a écrit une si belle lettre publiée en annexe de mon Jour 5 a été convoquée, avec une amie, pour une (mal)saine remontrance, violence psychologique inqualifiable et illégale, passible de poursuites pénales, et donc prison, dommages & intérêts. Qu’on imagine la scène, deux enfants de 12-13 ans face à la folle (la principale Khadidja BOT, qui salit un si beau prénom), à l’ectoplasme (le principal Abdelkader SAOUDI, qui n’est heureusement pas algérien, j’en aurais encore plus honte malgré moi), et même à une peste de la FCPE aux cheveux rouges dont je finirai bien par trouver le patronyme complet et le faire connaître au public et à la postérité. Maints adultes en pisseraient dans leur froc, alors que dire d’enfants ? A qui on assène des insanités, comme quoi la direction n’y est pour rien dans ma suspension, et il ne faut pas me parler, blablabla, le tout saupoudré d’une haleine & de postillons au vitriol. Quelle infamie. Et les parents tolèrent tout ça. C’est assez affligeant. Que quelqu’un fasse une telle chose à ne serait-ce qu’un ami de la famille, et par Dieu il finira en prison et/ou avec quelques dents en moins – le SAOUDI seulement, car je crois qu’il appartient tout de même au genre masculin, il faudrait le faire expertiser ; on ne porte pas la main sur une femme, mais il y a d’autres moyens de neutraliser les sorcières.
Mme D., ma remplaçante, qui est non pas une « briseuse de grève » mais, qu’elle le veuille ou non, une agente de mon élimination, a bien reçu mon invitation à venir me parler instamment, comme j’ai pu en avoir la confirmation, mais elle n’y a pas répondu. Qu’elle sache donc qu’à partir de lundi, je serai obligé, pour protéger mon poste & ma carrière, de la considérer comme du fair game, comme le reste des collaborationnistes – voire même plus – et que son identité sera révélée sur mes articles, et que je la traiterai comme je traite les autres vendus. Je sais bien qu’elle arrive tout juste et n’était pas mêlée à ce qui s’est passé, mais maintenant qu’elle a pu en prendre connaissance, elle se rendrait complice en poursuivant son exercice et sera donc considérée à l’avenant. Qu’elle prenne un arrêt, qu’elle démissionne, peu importe, mais il faut qu’elle libère ma place car elle s’y est installée sans la permission de son propriétaire légitime et même légal. Sinon, je ferai ce que je peux & dois pour réaffirmer mes droits. 
J’espère que tout le monde se rend bien compte qu’une fois qu’un nom est publié en ligne, dans des articles multiples, republiés et traduits de surcroît, il est absolument indélébile (même la NSA n’y parviendrait pas), ce qui signifie que tant qu’il y aura de l’Internet, quiconque fera une recherche de ce nom tombera directement sur ces articles, et prendra connaissance du rôle glorieux qui a pu être joué par les uns et les autres. Je pense du reste que si plus de gens faisaient ce que je fais, le harcèlement moral au travail diminuerait considérablement : ce n’est que la peur, la lâcheté et la loi du silence qui permettent sa perpétuation. Et si quelqu’un estime que je le calomnie ou le diffame, c’est-à-dire que j’attente à son honneur de manière mensongère (la loi tolère l’exception de vérité), j’ai toujours affirmé qu’il fallait se défendre face à toute injustice, pour le principe même, même contre moi (je le disais et le répétais souvent à mes élèves), et nous sommes dans un Etat de droit, donc qu’il n’hésite pas à saisir la justice : elle condamnera infailliblement les abus. Mais bien sûr, il faut savoir qu’en cas de procédure injustifiée, on sera soi-même condamné…
Je dois tout de même reconnaître un avantage à la présence de Mme D. Mes 4e, qui, comme nombre de mes élèves, se font très discrets autour de moi depuis la rentrée (grâce aux menaces de représailles mises à exécution contre nombre de camarades), sont venus massivement me voir en sortant de cours, avec une exclamation spontanée, du fond du cœur, se plaignant de l’inconsistance de leur cours de Français – avant même de me dire bonjour. Il y avait même des élèves qui ne m’avaient jamais dit un mot depuis ma suspension. Donc grâce à la prestation de Mme D., due au sens de la justice et du discernement du Rectorat qui croyait enterrer l’affaire en me remplaçant, mes élèves ont pu prendre conscience davantage de ce dont ma suspension les privait, et je ne peux que m’en féliciter. Comme on dit en arabe, yanqalibu al si7r 3alal sa7ir, le sortilège se retourne contre le sorcier (qui l’a lancé). La partie adverse ne fait que s’enfoncer, et ce n’est que par charité humaine, chrétienne, islamique, you name it (les concepts diffèrent mais recouvrent une même réalité universelle) que je lui donne parfois un petit coup de main, mais cela ne m’empêche pas de profiter du spectacle – ni les élèves, ni les parents & le public via mes chroniques. 
Aucun salut enseignant ni même adulte à recenser ce jour du côté des personnels (certains étaient très expansifs dans leur échanges en sortant du collège, sûrement pour couvrir, par leur clameur faussement joviale, le grondement sourd de leurs intestins les rappelant à leur condition très méprisable), à qui on aurait, une information à confirmer, implanté des colliers qui les étrangleront s’ils me parlent et exploseront s’ils s’approchent à moins de 5 mètres de moi. Ah la la, c’est vraiment pitoyable. Je parle surtout des personnels de service et surveillants, car les enseignants sont irrécupérables. Donc chers personnels de service, vous croyez que ne pas me parler va sauver votre poste l’année prochaine, si vous n’êtes pas titulaires ? D’une part, un poste est-il plus précieux que la dignité, l’humanité élémentaires ? D’autre part, avec l’humiliation quotidienne et même internationale que subit la direction, croyez-vous qu’elle ne se vengera pas de toute façon sur tous ceux qui ont assisté à sa déconfiture et tous ceux sur qui est à sa merci, et que qu’elle soit là ou pas encore bien longtemps, elle fera contre chacun tout ce qu’elle peut faire ? C’est le propre des ordures de faire passer leur rage sur quiconque est en leur pouvoir, et je suis sûr que leurs propres enfants doivent vivre la misère. Comme disait Churchill au sujet du parjure français à Munich, entre la (gué)guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la (gué)guerre. Il faut quand même prendre la juste mesure de ces dictateurs au petit pied. Ils se prennent pour la Gestapo, et ont effectivement convaincu les personnels qu’ils en avaient la carrure et le pouvoir, mais ce ne sont que des petites frappes, la « Gestapette ».
 
A chaque jour suffit sa peine. Le soutien des élèves, leur présence quotidienne et marques de déférence les plus touchantes, et les abysses dans lesquels s’enfoncent mes adversaires et leurs adjuvants actifs ou passifs, compensent très largement ce que j’ai perdu pour l’instant (j’avais 4 classes, et j’ai pour ainsi dire tout le collège maintenant, etc., etc.), et ma réintégration ne sera pas plus glorieuse que les jours que je vis. La seule différence sera que ce jour-là, la victoire apparaîtra même aux pourris et aux bigleux, mais pour quiconque a des yeux et un cœur ouverts, elle est éclatante à chaque instant. Et elle sera l’œuvre de tous ceux qui y auront contribué, à la hauteur de leur contribution – un élan du cœur, un sourire, une larme (j’en ai vu), un bonjour, une pâtisserie, un café, une compagnie dans le froid & sous la pluie, une signature, une parole de vérité publique ou privée, un témoignage, une lettre au Rectorat, etc. Mes ennemis même n’ont à me craindre que durant la confrontation, car je n’ai pas le triomphe insolent, et comme Langelot après avoir vaincu M. Huc, « aux âmes généreuses, la victoire a toujours un goût amer » (sauf auprès de la justice où TOUS les coupables paieront). Ce n’est pas tant pour moi que pour tous les autres que je m’en fais, car ils devront vivre ensuite avec leurs actions et leurs inactions, étalées sur la scène publique de surcroît, indélébiles, en me cotoyant quotidiennement. Réveillez-vous ! Avant qu’il ne soit trop tard.
Je maintiens la même pression encore aujourd’hui. Mais sachez bien qu’ensuite, je passe à la vitesse supérieure. Et grâce à la solidarité et à la sagacité de mes élèves (je ne peux pas moi-même penser à tout), dès lundi, mon seul « handicap », le manque de sommeil, sera définitivement réglé. Si vous ne voulez pas « honorablement » arrêter les frais, attachez vos ceintures, parce que ça va tanguer, je vous l’assure, et pas pour moi – ni pour les élèves qui vont bien s’amuser et passer l’année la plus mémorable et la plus enrichissante de leur vie ; mon « bif » ne saurait être qu’avec les adultes.
avatar

Un oeil sur le monde musulman

Je médite l’Islam parce que ce phénomène historique, intellectuel et émotionnel durable, influençant plus d’un milliard d’humains, compte. Je le fais en athée et en philosophe matérialiste mais avec toute la déférence requise. Je ne suis pas un iconoclaste. Je ne suis pas un hagiographe non plus mais je m’intéresse à cette vision du monde pour ce qu’elle dit de l’humain et de son contexte culturel. Salut, solidarité et respect, dans la différence. - Paul Laurendeau (Ysengrimus)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *