Un «terroriste» islamiste dans l’école de la république: jour 11

UN ŒIL SUR LE MONDE MUSULMAN
Salah Lamrani

Un « terroriste » islamiste dans l’école de la République : Jour 11

Signez la pétition pour la réintégration de Salah Lamrani : http://www.tlaxcala-int.org/campagne.asp?reference=43

Adressez un courriel de protestation au Rectorat : isabelle.chazal@ac-creteil.fr

Pour vendredi 11 mars, je dois commencer par un mea culpa ou erratum, car mon jour 10 comportait une information (au conditionnel) non pas absolument fausse mais inexacte. Le « collier de sécurité » qui a été implanté aux personnels pour s’assurer qu’ils ne me parlent pas ni ne parlent de moi ne les étrangle pas en cas de violation de ce Commandement Suprême, mais leur envoie un choc électrique dans la gorge qui les prive provisoirement de la faculté de parler. Ils sont ensuite immédiatement traînés dans le bureau de M. Abdelkader SAOUDI où ils doivent faire 7 génuflexions devant la statue de platine de Mme Khadidja BOT et lui embrasser les pieds & la partie charnue (ils sont forcés à s’y reprendre jusqu’à ce que leur baiser soit jugé assez déférent et passionné), puis soumis à une séance de rééducation dans laquelle ils doivent invoquer 666 fois la malédiction de Bélial contre moi. De plus, du fait de la trop grande fréquence de ces séances et des problèmes digestifs de M. SAOUDI qui grèvent quelque peu son zèle, un nouveau rituel bi-quotidien obligatoire a été instauré. Baptisé la « minute de la haine », il est imposé à tous les adultes du collège et consiste en ceci : une photo de moi est publiquement lacérée, piétinée et brûlée par Mme BOT en transe, tandis que l’audience scande des invectives à mon encontre et rivalise de grimaces exprimant l’hostilité et le dégout les plus farouches. Il semblerait que ce sabbat se tienne dans un local situé sous le réfectoire, mais j’attends que cette information soit recoupée par une autre source fiable pour la confirmer, ce afin de préserver ma crédibilité.

 C’est parce que je n’ai appris cela que plus tard dans la journée que j’ai pu savourer, après mon arrivée autour de 11h30, un café & une viennoiserie avec un parent d’élève venu me tenir compagnie, ce rendez-vous ayant été fixé lundi (ce jour-là, comme les jeudis, je jeûne, et il avait donc fallu reporter à une autre date). Avec le beau temps, cela a permis un moment de détente très agréable qui a vocation à se reproduire, tant avec ce parent qu’avec d’autres. A toutes fins utiles, je précise que bien que je sois très sucré (ça se dit en arabe, j’essaie de l’introduire en français ; c’est une métaphore désignant la bonté et la douceur de caractère), je prends deux sucres pour une tasse de café, et que je peux apporter moi-même les viennoiseries. C’est peut-être là une piste pour que la direction puisse enfin se débarrasser de moi : un peu de strychnine dans le breuvage, et le tour serait joué !

J’ai pu une nouvelle fois, ce qui m’a fait grand plaisir – bien que je ne le manifeste pas – bénéficier des bienfaits de la présence de ma remplaçante, car à la sortie de midi, tout comme la veille avec mes 4e, mes 5e (et en particulier les 5e C) sont venus massivement me voir pour se plaindre des cours & modes de notation de Mme D. (son anonymat sera bientôt brisé si elle m’y contraint). Et exactement comme la veille, cette exclamation du cœur  pu précéder le « bonjour » même, y compris de la part d’élèves avec qui je n’avais échangé que des signes depuis ma suspension. Gloire à toi pour ton discernement, ô Rectorat : tu m’élèves et me renforces par la manœuvre même qui, croyais-tu, allait le plus efficacement contribuer à m’enterrer. Mais bien sûr, comme promis, dès le jour 12, j’escalade, stratégie & tactique obligent.

Une élève s’est même vantée, peut-être en gage de loyauté (je n’en doute pour absolument personne, même pour les élèves dont les parents me seraient hostiles : sur les quelque 150 numéros auxquels j’ai pu envoyer des messages, je n’ai reçu que 2 à 4 réponses hostiles – 2 selon moi, et jusqu’à 4 selon des plus « puristes » que moi, si cela existe à Romain Rolland), d’avoir été réprimandée par la remplaçante, et j’ai eu droit à maintes manifestations de regrets & souhaits que je revienne promptement. J’ai bien sûr répondu que je faisais & ferais tout ce que je peux pour récupérer mon poste au plus vite, et donc faire partir Mme D., ce à quoi on a pu m’objecter qu’elle n’y était pour rien, noble élan du cœur. J’ai répondu en dressant un parallèle – car mes élèves sont très intelligents – entre cette situation et celle des Irlandais fuyant la famine ou les persécutions en se réfugiant en Amérique, et occupant les Terres des Indiens qu’ils n’avaient certes pas tués ou chassés eux-mêmes, mais dont ils ne pouvaient ignorer la cause et le bon droit, se constituant donc en cibles légitimes, placées aux premières lignes de la frontière de surcroît. J’aurais pu parler des colons sionistes en Palestine de 1897 à nos jours, mais dans une perspective d’apaisement « laïque », je me suis abstenu.

Un dernier événement notable en plus de la douce routine que constitue, dans un silence sépulcral côté personnels, la présence continue d’élèves à mes côtés, me parlant plus ou moins longuement (j’ai notamment pu donner un cours d’histoire à toute une audience de 3e sur l’attitude « glorieuse » de la France à la Conférence de Munich, pieusement imitée par les personnels de l’établissement ; j’espère que mes collègues d’histoire-géo ne m’en voudront pas de marcher sur leurs plates-bandes) : pendant que je discutais avec 3 élèves de 3e, un élève de 6e est venu à moi et m’a demandé, de but en blanc, ce que contenait l’enveloppe (A4) que j’avais entre les mains. J’ai souri à cette demande parfaitement incongrue et m’apprêtais à lui demander qui l’avait envoyé, mais je me suis ravisé en me disant qu’il suffisait bien que la direction recoure à de telles manipulations & violences psychologiques contre les enfants les plus fragiles, sans que je contribue en quoi que ce soit à déstabiliser davantage ces malheureux, et j’ai donc répondu innocemment qu’il s’agissait d’un document personnel (une lettre à l’anthrax destinée à Mme BOT ? je le lui suggère pour ses rapports qui manquent parfois d’imagination ; si elle veut, je peux les relire pour corriger l’orthographe, la syntaxe et le style). Ce n’était pas la peine de publier une photo à la hache : une simple enveloppe suffit à les terroriser…

Nous arrivons donc au jour 12, et j’ai promis de passer à la vitesse supérieure. Je l’ai déjà fait ce week-end même, distribuant avec des amis (disons même des frères) des tracts par centaines dans les boîtes aux lettres autour du collège, ce que je ferai progressivement par milliers dans tout Tremblay-en-France, afin que les citoyens sachent ce qui se passe dans leur belle ville. Je voulais pouvoir rencontrer le maire avant de franchir ce cap, mais il semble ignorer des instances multiples & officielles depuis plus de 3 semaines, et je me passerai donc de cette politesse. Je ne garde du reste guère un bon souvenir des deux élus municipaux que j’ai pu voir aux Conseils d’Administration, qui semblaient bien s’entendre avec Mme BOT et n’ont pas bougé le petit doigt face à la cabale dont j’étais victime. Hisser un drapeau de la Palestine, c’est bien beau, mais ce n’est pas la première responsabilité d’une mairie, et certainement pas sur cela que sa prestation doit être évaluée. On verra bien, je jugerai sur pièces.

 

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Un oeil sur le monde musulman

Je médite l’Islam parce que ce phénomène historique, intellectuel et émotionnel durable, influençant plus d’un milliard d’humains, compte. Je le fais en athée et en philosophe matérialiste mais avec toute la déférence requise. Je ne suis pas un iconoclaste. Je ne suis pas un hagiographe non plus mais je m’intéresse à cette vision du monde pour ce qu’elle dit de l’humain et de son contexte culturel. Salut, solidarité et respect, dans la différence. - Paul Laurendeau (Ysengrimus)

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