CRIMES MEDIATIQUES ou les conséquences meurtrières de la désinformation

GUILLAUME DE ROUVILLE :
(Article paru pour la première fois dans l’Idiot du Village en juin 2012)

Depuis la chute du mur de Berlin, l’emprise des médias atlantistes sur les opinions publiques occidentales, au lieu de décliner en raison de la disparition de la menace communiste, s’est développée au point de supprimer quasiment toutes les voix dissidentes des canaux d’information non marginaux ou alternatifs. En France, pays un peu plus rétif que ses voisins à la mainmise atlantiste, ce travaille de nettoyage médiatique a été achevé par Nicolas Sarkozy avec l’aide de personnalités néoconservatrices comme Christine Ockrent ou Philippe Val (legs sur lequel le nouveau Président très atlantiste ne reviendra évidemment pas).Il en résulte un unanimisme de l’information dont on pourrait s’accommoder en invoquant l’imperfection des Homo Sapiens s’il n’avait pour objectif principal de cacher des crimes de masses dont les élites dirigeantes des démocraties occidentales se rendent coupables avec une impunité déconcertante.Les crimes médiatiques sont une composante à part entière des crimes politiques plus généraux qui ensanglantent la scène internationale où nos dirigeants déchaînent leur volonté de puissance. Sans une complicité active des médias atlantistes avec les élites occidentales les guerres en Irak et en Afghanistan, le dépeçage de la Libye et la descente aux enfers de la Syrie, n’auraient pas pu être réalisés aussi facilement.Ainsi, il y a eu crime médiatique quand l’Otan a décidé d’attaquer l’Afghanistan dans la foulée des attentats du 11-Septembre parce que les médias ont refusé sciemment d’interroger les motivations de l’administration Bush dans cette guerre et de questionner la responsabilité directe des néoconservateurs dans ces attentats.Il y a eu crime médiatique quand les États-Unis et leurs alliés ont envahi l’Irak en 2003 parce que les médias ont relayé volontairement de fausses informations sur la présence d’armes de destruction massive.

Il y a eu crime médiatique quand les médias ont inventé la fable du bombardement de Benghazi par Kadhafi pour envahir la Libye, quand ils ont laissé, sans broncher, les dirigeants occidentaux, avec la caution morale de quelques intellectuels atlantistes (dont J.B. Botul), donner le pouvoir à des milices wahhabites proches d’Al-Qaeda et créer une guerre civile afin d’accomplir des objectifs géostratégiques dont les peuples d’Occident et d’Orient ne verront jamais les bénéfices (moraux ou matériels).

Il y a crime médiatique quand les médias attribuent de manière opportune la paternité des massacres en Syrie (Houla) au clan au pouvoir pour faire tomber un régime qui ne répond plus à leurs objectifs dans la région ; il y a crime médiatique quand l’Occident peut, sans que les médias ne s’en émeuvent, armer des groupes terroristes, organiser des massacres de civils et apporter la guerre civile et religieuse dans un pays en paix.

Il y a eu crime médiatique quand les médias ont choisi de taire le soutien des États-Unis à un coup d’État au Honduras en 2009 et que ce silence couvre les cris des torturés et des suppliciés.

Il y a un crime médiatique quand les médias passent sous silence les implications pour les libertés fondamentales de la loi NDAA votée par l’administration Obama en décembre 2011 qui autorise les détentions arbitraires (des citoyens américains ou étrangers) comme au temps de l’absolutisme royal en France.

Il y a crime médiatique quand aucun grand média ne cherche à expliquer les raisons et les dessous de la guerre contre le terrorisme ni l’alliance des Occidentaux avec les défenseurs du terrorisme islamique (Arabie Saoudite et Qatar).

Il y a eu crime médiatique dans tous ces exemples parce que les médias mainstream ont délibérément choisi de se faire les porte-parole d’une élite à la quelle ils appartiennent ou à laquelle ils s’identifient, élite qui commet, de manière répétée, des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité contraires aux valeurs des Lumières.

« Cachez-nous nos crimes que nous saurions voir ! »

L’incompétence n’est pas une excuse suffisante pour écarter la responsabilité directe des médias dans les crimes que nous avons mentionnés (d’autant que les médias alternatifs ont offert ou offrent des analyses précises et pertinentes sur l’ensemble de ces événements). L’incompétence ne peut pas être, en effet, à ce point partagée, voire unanime, tandis que la soumission volontaire à la parole officielle peut l’être en raison du commun dénominateur qui caractérise l’ensemble des médias qui comptent pour forger l’opinion des bourgeois cultivés : l’idéologie atlantiste. En effet, sans une idéologie commune et puissante capable de souder ensemble les intelligences humaines les plus diverses, autant d’erreurs et d’approximations dans l’information ne pourraient pas être commises de manière répétée et à propos de la plupart des événements cruciaux.

Nul besoin ici de mentionner tous les crimes médiatiques commis par les médias atlantistes tant la liste est longue et presque sans fin. Nous voulions juste rappeler l’évidence suivante au moment où le traitement médiatique du drame syrien semble atteindre en Occident un degré d’abjection rarement égalé : la désinformation tue des innocents.

Aux citoyens de rendre leurs journalistes comptables de celle-ci lorsque cette désinformation est manifestement volontaire, à défaut d’en accepter la part d’ombre pour soi-même et de démobiliser sa conscience face à la brutalité du monde. Aux citoyens de s’organiser pour faire tomber les tyrannies médiatiques qui dominent les opinions publiques occidentales. Pour que cessent les crimes des mass media.

Guillaume de Rouville

 

 

2 pensées sur “CRIMES MEDIATIQUES ou les conséquences meurtrières de la désinformation

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    29 septembre 2013 à 13 01 22 09229
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    P-ê que le citoyen, M. est trop ocupé a survivre. Constamment aux prises avec ses problêmes et a la recherche d’exutoires.

    Tiraillé entre les responsabilitées, la consommation et la société de loisirs, il n’a plus le temps de s’occuper des autres car il a a peine le temps de s’ocuper de lui-même et des siens .

    Alors lorqu’il prend un peu de temps pour lire ce genre d’article, fort intèressant et réaliste comme beaucoup d’autres articles ici et ailleur, il ne peu que faire face a son impuissance, sa culpabilité de ne pas en faire plus, et aller consommer pour apaiser cette incomfort qu’il n’as pas appris a gèrer…car il n’en as pas le temps ni l’habitude !

    Il se noie alors dans ce cercle vicieux, ce continuum d’incomfort et d’apaisement successif a la limite de la névrose de laquelle il cherche a sortir en recherchant la valorisation extérieur et la confirmation, par l’autre, s’exposant ainsi a la dépendance sous toutes ces formes .

    Ce ne sont là que les grandes lignes, lancées un peu pêle-mêle car les ramifications, selon les individus, sont beaucoup plus complexes et subtiles a un point tel que peu de gens ont le temps de s’y arrêter.

    Ce qui nous ramène au point de départ et la boucle es bouclé .

    Personne ne peut arrêter cette machine a broyer les coeurs qui fonctionne depuis des millénaires.

    C’est quand même bien d’essayer.

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    29 septembre 2013 à 18 06 33 09339
    Permalink

    Il y a crime médiatique en cachant la genèse de ce qui précède, genèse qui suit::

    https://www.facebook.com/gaiagernaire?sk=notes#!/note.php?note_id=279773792067882

    « Démystifier l’abus pour créer des institutions plus humaines et vraies »

    « Il ressort ce qui précède que ce ne sont pas les règles morales inculquées à l’enfant qui le rendent empathique à l’endroit d’autrui, la « morale et le sens du devoir » n’étant que des « prothèses auxquelles il faut recourir lorsqu’il manque un élément capital » et n’étant pas « les sources d’énergie, ni le terrain propice aux sentiments humains », tout comme les « armes intellectuelles ». Ce qu’il faut en vue de créer des sociétés instituées plus humaines, c’est en définitive, si l’on se fie à Miller, éviter la « répression des sentiments »[138]. Cela car seul un être « capable de vivre ses propres sentiments » peut non seulement comprendre ceux des autres, mais également « percer à jour la fonction de pouvoir d’une formation conceptuelle creuse, car il ne se laisse pas intimider par l’incompréhensibilité »[139].

    « Si cette répression n’a pu être évitée dès l’enfance, Miller considère que « nous ne disposons à la longue que d’un seul moyen pour combattre les maladies psychiques : découvrir et accepter émotionnellement la vérité de cette histoire qu’a été notre enfance »[140].

    « Autrement, l’auteure constate que l’homme trouvera d’autres moyens possiblement plus à craindre, de vivre ses émotions, et notamment en se raccrochant avidement à une idéologie politique[141] :

    « [l]’être qui a appris dès sa plus tendre enfance comme une nécessité vitale l’application de lois non écrites, et le renoncement à ses propres sentiments, sera d’autant plus prompt à obéir plus tard aux lois écrites, et ne trouvera pas en lui de quoi se protéger contre elles. Mais comme un être humain ne peut pas vivre totalement dénué de tout sentiment, il se rallie à des groupes par lesquels les sentiments qui lui ont été interdits jusqu’alors sont admis, voire encouragés, et peuvent donc enfin être vécus au sein d’un collectif. Toute idéologie offre cette possibilité de décharge collective des affects accumulés couplée avec l’attachement à des objets primaires idéalisés, qui est transféré à de nouveaux personnages de chef ou au groupe tout entier comme substitut de la bonne symbiose avec la mère que le sujet rejette. »

    « La vérité est essentielle dans la démystification des violences enfouies profondément dans les souvenirs. En effet, la libération de l’individu passe par la réalisation de ce qu’il a subi, soit la tromperie et l’absence de liberté de vivre ses sentiments. Cela pourra engendrer de la colère, puis un processus de deuil envers cette enfance libre perdue, essentiel lorsqu’il s’agit de rompre le « cercle vicieux de la répétition »[142]. Comme Merleau-Ponty, Castoriadis, Condorcet, Revault d’Allonnes et Arendt qui prônent tous à leur façon la remise en question du non-dit, de l’institution sacralisée, Miller se tourne vers la mise en cause des tabous, tels que le quatrième commandement (et ses suites), qui prohibe la critique des parents, et qui se transmet de génération en génération, freinant l’avancement vers une plus grande humanité de la société[143].

    « L’imagination et le discernement »

    « En résumé, la faculté de juger et la créativité, chez Alice Miller, sont hautement tributaires de l’authenticité avec lesquelles l’enfant qui deviendra adulte, aura vécu son Soi, sa sensibilité particulière[144]. À défaut, l’adulte pourra toujours les retrouver à condition qu’il trouve une oreille attentive qui se fait l’avocat de l’enfant blessé en lui, avec qui parcourir en sens inverse, le chemin tracé par la répression de ses sentiments jusque dans son inconscient. Des solutions simples, mais complexes à mettre en œuvre dans un monde où l’homme préfère souvent le confort de ce qui lui est connu à l’imprévisibilité de ce qu’il ne connaît pas au plus profond de lui. »

    Il est essentiel de procréer des enfants désirés, voulus pour eux-mêmes. Il est essentiel d’arrêter de fabriquer des bazous, des tacots.

    Affectivement.

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