Les assises du communisme, une voie vers le communisme…

IMAIGE-MICHELPEYRET(KARLMARX)

MICHEL PEYRET :

« Pour des assises du communisme », c’est le titre du texte ci-dessous que j’ai rédigé et publié le 18 juin 2007. Il résulte d’une première réflexion de quelques communistes. Il devait, et a été, soumis à la signature d’autres communistes.

Il proposait « une voie vers le communisme », voie qui devait être coélaborée, construite avec l’ensemble du peuple. Au nombre de ses objectifs : une appropriation sociale permettant d’avancer dans le sens du dépérissement de l’Etat vers une autoadministration de la société par elle-même, hors de toute domination, exploitation, aliénation…

En fait, une forme d’autogestion, même si le terme n’était pas encore employé.

« Pour des assises du communisme » a été un moment essentiel dans ma vie de militant communiste, une sorte de tournant vers une autre conception du communisme…

A l’automne précédent, en 2006, j’avais quitté le Parti communiste français après 53 années d’appartenance, et après y avoir occupé des responsabilités politiques et électives à différents niveaux de la société.

J’estimais que le PCF, alors dirigé par Marie-George Buffet, ne jouait plus son rôle révolutionnaire.

Nombre de ses dirigeants s’étaient prononcés pour qu’il renonce à l’objectif du communisme. Marie-George Buffet, candidate à l’élection présidentielle de 2007, allait assumer cette responsbilité, son score était sans appel : 1,8..% !

Et, dans les pays de l’Est de l’Europe, la situation pouvait sembler leur donner raison !

Dans ce contexte, il était devenu indispensable de prendre une initiative d’importance pour faire revivre l’objectif du communisme, de la révolution qui en finirait, enfin, avec le capitalisme…

Cet objectif demeure, mais il a reconquis une réalité dans nos sociétés.

Bref, l’histoire du communisme reste à écrire par les peuples et les sociétés…

En France, les institutions du capitalisme, dites « démocratiques », sont de plus en plus majoritairement boycottées.

Et une enquête SOFRES a pu révéler que 72% des salariés français considéraient le capitalisme comme négatif !

Et, à nouveau, la social-démocratie apporte la preuve qu’elle n’est pas en mesure de faire autre chose que gérer le capitalisme !

Oui, le peuple ne peut plus se permettre de déléguer ses responsabilités ! Il doit les prendre lui-même et les assumer !

Ce sont les « masses » qui font l’histoire, disait Marx.

Et il proposait trois objectifs, ou processus, pour qu’elles prennent le chemin de l’émancipation, laquelle doit être l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes :

  1. l’abolition du salariat…
  2. L’appropriation sociale (et non la nationalisation qui n’est que du capitalisme d’Etat)
  3. le dépérissement de l’Etat..

En fait des objectifs pour des Assises du communisme de notre temps.

Michel Peyret ( 27 mai 2015)

Pour des assises du communisme

Rouge Midi – Michel Peyret
lundi 18 juin 2007

La force communiste est éclatée , désorientée , sinon désillusionnée , découragée , traumatisée . D’aucuns se prononcent pour sa disparition .
Il nous faut faire revivre une perspective et l’espoir .
Il nous apparaît qu’une force politique se réclamant du communisme est plus que jamais possible et nécessaire .

Possible , parce qu’ils sont toujours plus nombreux ceux qui considèrent le capitalisme comme négatif . Les récents résultats électoraux n’effacent pas ces données primordiales confirmées par le référendum de 2005 , les mouvements sociaux , dont celui contre le FNE , différentes enquêtes d’opinion …

Nécessaire parce que , dans son évolution financière , le capitalisme est de plus en plus exploiteur , parasitaire , prédateur , de plus en plus porteur d’aliénations et de dominations. Il détourne vers les marchés financiers le principal des richesses produites par le travail de la société au détriment des investissements socialement utiles . Des masses énormes d’argent s’accumulent entre les mains d’un nombre de plus en plus réduit de personnes et fait qu’à un autre pôle se créée et grandit une pauvreté de masse et que d’immenses besoins sociaux demeurent insatisfaits .

A l’échelle de l’humanité , l’essentiel des richesses continue de se concentrer dans quelques pays , les inégalités de développement s’accroîssent .Des moyens financiers énormes sont stérilisés dans une course aux armements toujours plus sophistiqués , dans la prolifération nucléaire menée par les plus grandes puissances .

Nécessaire parce que la démocratie affichée est de plus en plus surfaite . Les assemblées élues ont de moins en moins de pouvoirs réels qui se concentrent entre les mains des détenteurs des moyens de production et d’échanges , des acteurs des marchés financiers et de structures supranationales , telle l’actuelle construction européenne qui évolue vers un super-Etat
européen castrateur des souverainetés populaires et nationales , dont pourtant le temps est loin d’être révolu .

Tout nous conduit à considérer que ce système capitaliste de plus en plus inhumain a fait son temps .

Il doit laisser place à une autre société .

De long temps , notamment en France où il est né , les peuples ont baptisé cette société comme « communiste » .

Des expériences , malheureuses , tragiques , ont eu lieu en son nom . Elles sont mortes d’hypertrophies étatiques , de confiscations des souverainetés et des démocraties qu’elles prétendaient vouloir établir .

Aussi ce communisme que nous préconisons doit-il être totalement nouveau .

Si le pouvoir capitaliste réside dans l’appropriation privée , le pouvoir du peuple , de la société doit être avant tout dans l’appropriation sociale des grands moyens de productions , d’échanges , des établissements bancaires et financiers .
Une démocratie qui n’a pas sa base dans l’entreprise et sur les lieux de travail sera toujours une démocratie bancale , amputée . C’est là d’abord que la démocratie doit être participative jusqu’à la prise de décision , ce qui n’enlève en rien à sa nécessité dans la gestion de tous les territoires .

C’est là que se produisent les richesses,c’est là que peut se décider l’emploi de ces richesses .
C’est là aussi que peut être mis fin au productivisme capitaliste , grand pollueur et grand gaspilleur des ressources naturelles .
C’est là également que la société peut décider de la nature des produits qu’elle désire consommer et des intrants qui font la composition de ces produits . L’appropriation sociale est la condition de véritables politiques écologiques , environnementales et de développement durable .

C’est là enfin , et peut-être surtout , que le travail peut se débarasser de l’aliénation qui lui est attachée dans toutes les sociétés antérieures et que peut naître un travail désaliéné , une nouvelle forme de travail assurant un revenu social à tous , un travail n’ayant plus rien à voir avec le salariat et l’exploitation qu’il implique .
L’appropriation sociale permet en fait d’avancer dans le sens du dépérissement de l’Etat vers une auto-administration de la société par elle-même , hors de toute domination , exploitation , aliénation…

Cela desssine les contours d’une véritable nouvelle république au sein de laquelle le triptyque : « liberté , égalité , fraternité »pourra prendre toutes ses significations .

C’est cette voie vers le communisme que nous devons coélaborer , construire avec l’ensemble du peuple . C’est l’objectif des Assises que nous proposons .

Nous ne voulons rien imposer aux autres peuples qui doivent également être souverains pour déterminer leur avenir . Mais nous voulons avoir avec tous les peuples de notre monde des rapports de paix , d’égalité dans les échanges et les coopérations les plus élargies , les plus profitables réciproquement .

L’ONU , réformée , démocratisée , assurant l’égalité de tous les Etats , doit devenir l’organisme essentiel de cette nouvelle conception des relations entre les peuples , hors des impérialismes et des colonisations .

La force communiste doit reconstruire son union et son organisation . Elle doit être ouverte à tous ceux qui se réclament du communisme . C’est dans le respect de la diversité des approches , conçue comme possibilité d’enrichissement , et des conceptions , qu’elle doit se donner des structures qui doivent être celles du 21eme siècle , tirant les leçons de l’expérience
des partis du siècle précédent .

 

 

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Michel Peyret

Instituteur, militant communiste en Gironde où il est né, conseiller municipal de Bègles, de Mérignac et de Bordeaux, député de la Gironde en 1986 où il fait partie de la Commission de la Défense l'Assemblée nationale, il participe en 2007 à la rédaction d'un texte-manifeste « Pour les assises du communisme » inspiré des principes de Marx afin de donner le premier rôle aux travailleurs et aux peuples. Il a publié des éditoriaux consacrés aux questions internationales dans le journal ROUGE-MIDI sur Internet.

2 pensées sur “Les assises du communisme, une voie vers le communisme…

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    3 juin 2015 à 9 09 15 06156
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    Les Etats doivent disparaitre, pourquoi voulez vous réformer l’ONU ?

    L’union européenne permet d’unir le prolétariat à une échelle plus large, où est le pb ?

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    • avatar
      3 juin 2015 à 11 11 55 06556
      Permalink

      Commentaire de Libertaplusrien néo-con-servateur déguisé en communiste!

      Répondre

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