Comprendre l’argent (2)

 

JEAN CLAUDE THERRIAULT :

Partie 2- Continuité de l’article précédent.

Nous allons continuer à nous poser des question, tant sur l’impôt sur le revenu que sur les paradis fiscaux pour à la fois trouver des sources de mensonges et aussi des sources de revenu dans le dit problème de la dette publique.

Se peut-il qu’une partie de cet impôt servent à financer, non seulement la dette publique mais aussi les dépenses militaires? Quand ce n’est pas l’argent des contribuables c’est l’argent des emprunts fait auprès du cartel bancaire que sont les banques centrales et commerciales afin d’en arriver à ces objectifs non légitime. L’occasion est trop belle pour ne pas s’en servir. Une information intéressante qu’il faut savoir, avant d’aller plus loin. Au Canada, l’impôt sur le revenu fut introduit en 1917, initialement comme taxe temporaire selon la Loi des Mesures de Guerre pour supporter les efforts de la Première Guerre mondiale. En réalité, c’était un déguisement nécessaire pour cacher à la vue du public, la dette sur les intérêts bancaires qui commencaient à s’accumuler, et qui était le résultat d’un amendement à l’Acte Bancaire en 1913 aux E.U.- qui donna aux banquiers le pouvoir de créer de l’argent au-delà de leur capital, à partir de rien.

Qu’en est-il des paradis fiscaux? Ils sont à la limite légale mais non éthique s’ils ne répondent pas à certains critères, comme par exemple, la déclaration des revenus qu’on en tire; dans ce cas, il faudrait en payer leur juste part, selon ce qu’on entend souvent. Entre autres, les banques elles-mêmes, ces créateurs d’argent, devraient montrer l’exemple, tant sur les réserves obligatoires que les réserves fractionnaires. Voici ce que démontre une étude de la Chaire d’Etude de l’UQAM pour la période de 15 ans allant de 1993 à 2007, concernant les impôts payés par les dites banques. Pour les 5 principales banques canadiennes, leur impôt fédéral et provincial réunis, au niveau statutaire devrait être de 35% mais leur taux effectif tombe à environ 18% en moyenne, soit la moitié moins de ce qu’elles devraient payer. Il a été dit que Goldman Sachs ait payé seulement 1% en impôt sur le revenu des bénéfices au cours des dernières années. Que dire de plus.

En ce qui concerne les grandes compagnies, voici des données recueillies par le Centre Canadien de politiques alternatives. Pour l’année seule de 1996, mentionnons les 3 entreprises suivantes :

Entreprises Profits avant impôts Impôts payés taux
Air Canada 153,000.000. 3,000,000 2%
Coca Cola 30,150,000. 1,943,000. 6,45
Paramount 36,946,000. 602,000. 1.65

Et nous ne parlons pas des autres entreprises. En bref l’impôt des particuliers monte et celui des entreprises descend . Cet impôt devrait être beaucoup plus élevé pour les corporations et on comprend la rage des citoyens. Si tout cet argent était récupéré on comprend que nous ne parlerions pas de dette publique. L’évitement fiscal devient une évasion fiscale quand tout cela n’est pas fait dans les règles de l’art. Si tous les bénéfices, les paradis fiscaux avient un minimum de 20% disons, nous aurions un excédent qui pourraient être bénéfices aux Etats et aux citoyens.

Les gouvernements parlent souvent de l’équilibre budgétaire et du déficit zéro; si au lieu d’en parler et de rendre les citoyens coupables en leur martelant que nous vivons au dessus de nos dépenses comme Etat, si au lieu de parler et parler, qu’il agissait et prenait le pouvoir qu’il se doit de prendre, nous ne serions pas dans la situation actuelle. C’est ce que nous devons répéter à tous les politiciens et journalistes de notre monde. Tout est seulement une question de comprendre, et pour cela il faut savoir. Il a été dit que la dette fédérale publique ( les déficits accumulés depuis des années), était composé à 93% par les intérêts composés. Pour la dette publique du Québec, une donnée récente de février 2014, qui reste à validée, et qui était de 266 milliards $ à ce moment, qu’elle est composée de 24 milliards en emprunt de capital et 242 milliards $ en intérêts composés.

COMER ( COMMITTEE ON MONETARY AND ECONOMIC REFORM)

Depuis 2011, il existe au Canada un Collectif apellé COMER ( comité pour la réforme monétaire) afin d’aider les Canadiens à comprendre ce qui se passe sur la scène financière. En effet, ce Comité a engagé une poursuite à l’endroit de la Banque du Canada afin qu’elle se conforme à la Constitution canadienne en ce qui concerne la création monétaire. Cette Constitution prévoyait et prévoit encore que seulement le gouvernement fédéral a le droit d’émettre la monnaie. Mais depuis 1974, les dirigeants politiques canadiens ont accepté que le pouvoir monétaire soit donné aux banques privées. Ce qui veut dire que le gouvernement canadien doit maintenant emprunter non plus à la Banque du Canada mais plutôt au système bancaire privé contre des intérêts élevés.Il y a donc un procès en cour contre la Banque du Canada et ce depuis 2011. Même si la Courd’Appel n’a pas condamné la B du C en janvier 2015, il reste qu’elle a obligé la Cour Fédérale a entendre la cause, qu’elle avait auparavant rejetée, ce qui permet à Me Rocco Galatti de COMER de poursuivre ses activités et cela jusqu’à la Cour Suprême du Canada si nécessaire.

Afin de mieux comprendre ce qui s’est passé avec la B du C depuis 1974, voici un extrait d’un article de M. Roméo Bouchard rapporté par Philippe Derruder en septembre 2015 lors d’un échange : «  La Banque du Canada a consenti des prêts sans intérêts aux gouvernements fédéral et provincial ainsi qu’aux administrations municipales au «  début de sa création et à mi-chemin » mais a cessé de le faire en 1974- après s’être jointe à la Banques des règlements internationaux ( BRI)- en faveur de prêts portant intérêt qui sont consentis par des banques privées étrangères. La BRI, qui est censée favoriser la coopération et agir comme une «  banque pour les banques centrales » en fait, formule et dicte les politiques aux banques centrales. La BRI n’a pas à répondre de ses actes à un gouvernement, et ses réunions annuelles sont secrètes; les politiques telles que les taux d’intérêt sont élaborées par la Banque, en consultation avec le Conseil deStabilité Financière ( CSF) ou selon les directives de celui-ci. Le CSF, établi en 2009, après le sommet du «  G-20 » à Londres, exerce également ses activités de manière opaque et sans avoir à répondre de ses actes; la Banque est la seule banque centrale des pays du G-8 qui est une banque «  publique » créée par voie législative et responsable devant le pouvoir législatif et exécutif du gouvernement, toutes les autres banques «  privées » n’étant pas directement régies par la loi ou directement responsables devant le pouvoir législatif ou exécutif de leur pays respectif; la Banque étant entièrement indépendante des intérêts privés internationaux avant de se joindre à la BRI en 1974. Or, depuis ce temps, les intérêts financiers étrangers privés en sont graduellement venus à dicter, en grande partie, les activités de la Banque et la politique monétaire et financière du Canada.

Après l’entrée du Canada dans la BRI, une entente ou une orientation a été établie au sein de l’organisation selon laquelle on ne ferait pas appel aux banques centrales membres pour la création ou le prêt d’argent sans intérêt; les gouvernements obtiendraient plutôt des prêts auprès de la BRI et par son entremise. La cession du contrôle à des intérêts privés étrangers est inconstitutionnelle, et l’entente ou la directive relative à l’interdiction de consentir des prêts sans intérêt aux gouvernements est contraire à la Loi sur les Banques. Ces actes illégaux ont entrainé des conséquences graves pour les citoyens canadiens, dont la montée en flèche d’un schisme entre riches et pauvres, l’élimination de la classe moyenne et une hausse correspondante de la criminalité liée à la pauvreté….Et ca continue, et c’est illégitime…

Compte tenu de tout ce qui précède, il est temps de comprendre que la dette publique ne sera jamais remboursée dans sa forme actuelle, i,e, soit en réduisant les services publics, soit en augmentant les impôts des particuliers, ou encore en réempruntant à nouveau avec des intérêts. Ce sont leurs dettes, pas les notres. Il faut cesser de penser que nous avons vécu au-desssus de nos moyens pour justifier cette dite dette; c’est unmensonge instrumentalisé chez les populations, dont la notre. On entend aussi ces autres mensonges : il faut moins de dépenses publiques, il faut plus de compétitivité, il faut plus d’austérité, il faut tout privatiser. Ce sont des arguments pour les ignorants, les inconscients, les menteurs. Ce n’est pas en utilisant la planche à billets et les crédits informatisés des banques commerciales que nous allons réussir. L’information dans l’espace public doit devenir clair comme de l’eau de roche; pas seulement pour les citoyens mais aussi et surtout pour tous les politiciens et les journalistes. Il faut devenir autonome dans le sens qu’il faut comprendre que c’est le peuple qui est souverain et non pas l’élite financière invisible qui nous dirigent, qui créent et dirigent l’argent. Cela n’a rien à voir avec la souveraineté d’un peuple mais à tout à voir avec sa décision de prendre son pouvoir.
Un peuple souverain à qui revient légalement la création monétaire avec son Etat qui travaille pour lui et non pas pour l’argent des banquiers. Comme je le disais les médias d’information écrit et électronique ont un rôle à jouer dans l’éducation ou tout au moins la bonne information sur ce sujet; la désinformation doit être bannie si possible. Il faut faire attention à la propagande déguisée.

DES SOLUTIONS AU PROBLÈME DE L’ENDETTEMENT PUBLIC.

Avec la volonté politique, il devient très facile de régler ce problème qui n’est pas vraiment le notre.

1- il faut nationaliser les banques centrales et les banques commerciales afin que les bénéfices reviennet plus à l’Etat et aux peuples plutôt qu’à une clique de banquiers privés.

2- que l’émission monétaire et la création reviennent à 100% à la banque centrale du pays et pas seulement à 5% ou moins.

3- Ne plus permettre que les fonctions de dépôt et d’investissement des banques soient mixtes mais plutôt séparés afin d’éviter toute cupidité et tout montage financier maléfique.

4- Exiger des taux d’impôt plus élevé pour les banques ex; 20% au lieu de 1 à 10%

5- Exiger l’annulation de la dite dette publique car elle est composé de plus de 90% d’intérêts composés dans le temps.

6-Informer les gens au niveau municipal pour avancer plus vite dans ce dossier.

7- exiger des RIP ( référendum d’initiative publique) sur tous les aspects du système financier actuel et faire les modifications nécessaires.
8- appliquer une taxe Tobin ( Robin des Bois) d’au moins .1% sur les transactions financieres et qui retourneraient en taxes additionnelles pour régler la dite dette publique.

Nous terminerons avec 3 déclarations sur le phénomène de l’argent.

1- «  Si vous désirez être les esclaves des banques et payer pour financer votre propre esclavage, alors laissez les banquiers créer l’argent » – Josiah Stamp, gouverneur de la Banque d’Angleterre en 1920

2- » Notre objectif consiste à absorber progressivement les richesses du monde. »
Cecil Rhodes, à propos du complot bancaire secret.
3- «  On peut tromper tout le monde pendant un certains temps et certains pour toujours, mais on ne peut pas tromper tout le monde éternellement. » – A. Lincoln, Président E.U.

Peut-on éteindre un feu en y mettant de l’essence?
Doit-on laisser des dettes privées devenir des dettes publiques sans réagir?
A t-on le droit de continuer à croire aux mensonges?

La crise financière ( bancaire) qui approche va nous permettre de sortir de notre sommeil mais surtout de réaliser la vérité de ce message. Les alertes sur un effondrement financier très possible sont dans l’ère du temps. Et je ne serais pas le premier à en parler. Informés vous.

JCT Mai 2016

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Jean-Claude Therriault

Recherchiste, auteur et conférencier. Incidemment, Jean-Claude Therriault est l'auteur du lire LES BANKSTERS.

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