Anaphore : On peut tout faire dire à la vérité, mais rien dire sans liberté !

Anaphore

Car je vous le dis en vérité, un corps sain commence à tomber malade quand le superflu y devient nécessaire.

Car je vous le dis en vérité, une âme souveraine commence à perdre les rênes quand le superflu y devient nécessaire.

Car je vous le dis en vérité, une cité en bonne santé commence à fermenter quand le superflu y devient nécessaire.

 

Je répète, je me répète, je vous le répète, on appelle ça une anaphore: procédé rhétorique, un peu biblique sur les bords… pour renforcer, pour faire fort, il faut accentuer… tuer les temps morts… retourner le couteau dans la plaie… réduire les marges de distraction, d’inattention en revenant inlassablement à la charge : quand le superflu devient nécessaire.

Car je vous le dis en vérité, la sagesse est nécessaire, l’ivresse est superflue. Mais c’est le contraire qui est perçu ou vécu. C’est pour cette raison qu’il faut sans cesse ramener les insensés à la raison…  pour que le superflu ne devienne jamais nécessaire… drogue dure ou drogue douce-amère.

Je m’en vais étonner plus d’un, en proposant mon nouveau refrain :

La liberté est nécessaire, la vérité est superflue… refrain révolutionnaire.

Non… pas la peine de vous arracher les cheveux… je ne fais rien d’autre que dénouer un nœud en disant, en redisant que la liberté est nécessaire, la vérité, est superflue. Parce qu’une vieille mode veut nous persuader du contraire : que la vérité est nécessaire, la liberté est superflue… et si on la suit, cette mode mal fichue, on finit par perdre de vue les deux.

La vérité n’a pas besoin de nous pour être vraie. Alors que la liberté sans nous, n’est plus libre du tout. Certains l’ont expérimenté récemment à Bruxelles. Au nom de la vérité, combien de parts de liberté avez-vous cédé ou concédé? Le quart ?, les trois quarts? Les quatre quarts? Tout le gâteau?

Je sais … je sais que la vérité sied ou plaît à votre oreille, c’est pour cette raison qu’on vous la dit… c’est pour vous posséder, prendre possession de votre oreille et vous confisquer votre marge de manœuvre.

Car je vous le dis en vérité, même si ce n’est pas toujours vrai, un jour peut-être, vous finirez par préférer la surdité, l’absurdité de cette liberté superflue à la vérité absolue.

 

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Personne

Le Journal de Personne pratique la scénarisation à fond, pour illustrer une question d'actualité. Son info est une info scénario, son drame: une dramatisation et sa réalité: une réalisation.Vous auriez mauvaise grâce d'assimiler Personne à ses personnages, et ses histoires à des dérapages. L'humour et la dérision y ont toujours fait bon ménage. Le Journal n'est l'otage d'aucun parti, prisonnier d'aucune opinion, dupe d'aucun soupçon. Ni à gauche, ni à droite, mais au cœur de l'événement, il aborde tous les sujets, pose tous les problèmes et relance tous les débats : https://www.lejournaldepersonne.com

Une pensée sur “Anaphore : On peut tout faire dire à la vérité, mais rien dire sans liberté !

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    22 mai 2014 à 14 02 56 05565
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    Je vous le dis en vérité, nous nous mentons à nous et aux autres s’en nous nous en rendre compte. Tel est là le problème fondamentale de l’homme!

    Et la femme? me diront les hommes.
    C’est à eux de se voir telle qu’elles sont, les hommes ont trop d’intérêts d’homme pour juger des attitudes des femmes.

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