Argentine: retour aux années sombres ?

Après deux mois de gouvernement de Mauricio Macri en Argentine, le ton arrogant de l’exécutif, la vague de licenciements sans précédents et les actions des groupes violents à caractère extrémiste justifient les inquiétudes qui surgissent et la question que se posent davantage de gens : sommes nous en présence dans ce pays sud-américain de l’avènement d’un régime répressif, similaire aux dictatures militaires des années 70 et 80 du siècle dernier ?

Juste après la défaite de Nicola Maduro aux législatives du Vénézuela, trois articles sur le « changement » que subit l’Argentine. De quoi faire frémir toute l’Amérique du Sud, et en premier lieu actuellement, le Brésil où l’on tente de discréditer Lula et Rousseff …

Quand les ombres du passé reviennent, poussées par le voisin du nord, déguisées en démocratie libératrice …

 


 

L’Argentine : Le retour des Gorilles ?

Peu de fois on a assisté à une telle attaque contre des mesures favorables au peuple adoptées par un gouvernement antérieur, comme le fait celui de Macri qui est arrivé au pouvoir avec son mot d’ordre “Changeons”, même si nombreux ne s’attendaient pas à ce que ce changement soit si profond et radical.

Jusqu’au présent, 108 000 postes de travail ont été supprimés. La justification avancée par le président provoquerait le rire s’il ne s’agissait pas d’une question si sérieuse. Le chef de l’Etat a prétendu que la faute de ces licenciements revenait au gouvernement de Cristina Fernández, qui a laissé un pays pauvre et avec des problèmes.

Pauvres et avec des problèmes seront ces 108 000 employés et leurs familles dont les revenus étaient assurés et qui doivent maintenant, faire face depuis les rangs des chômeurs, au renchérissement des services d’électricité et de gaz et à la hausse de l’inflation.

On enlève aux riches les impôts, on enlève le travail aux pauvres. Voilà l’équation des temps de changement en Argentine. Il serait bon que les peuples de Notre Amérique tiennent compte de cela, qui est l’essence de la dite “restauration conservatrice » que la droite promeut en fanfare.

Il y a d’autres aspects qui préoccupent aussi dans l’attitude des nouvelles autorités. La poursuite des responsables de mouvements sociaux qui sont à la tête des protestations contre les atrocités commises par ce gouvernement.

C’est le cas par exemple de la leader indienne Milagro Sala, capturée dans la province de Jujuy. Cette femme est députée au Parlement du Mercosur, accusée de prétendus délits d’instigation à commettre des actes illicites.

Avec cette arrestation, les lois argentines, la Constitution et le Code Penal ont été violés, certes, mais ce qui est plus grave encore, on assiste à une tentative de criminaliser les protestations sociales, tout comme sous les dictatures militaires en Argentine lorsqu’être leader syndical, communautaire ou étudiant était plus dangereux qu’être voleur ou assassin.

C’est dans ce contexte que le logement d’Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix a été saccagée et détruite par des groupes néo-fascistes qui agissent en toute impunité.

Ce militant et défenseur des droits de l’homme avait dénoncé le retour en force de ces bandes dans plusieurs points du pays, sans qu’aucune action énergique contre eux ait été prise jusqu’à maintenant.

Selon plusieurs entreprises de sondages, dont Poliarca et Haime & Asociados, le taux de popularité du gouvernement de Macri est tombée de 12 à 9 points depuis décembre, alors que l’opposition à son gouvernement a augmenté de 20 à 32%, ce qui vient démontrer que le changement, selon sa vision particulière, ne soulève pas un grand enthousiasme parmi les Argentins.

Note : Un gorille est une expression servant à désigner un partisan d’un régime répressif avec et beaucoup de muscles et peu de cervelle du type putschiste (Videla , Pinochet), dictatorial, réactionnaire, anticommuniste, etc. En Argentine elle sert à désigner un anti péroniste radical. Cet expression a été remise au goût du jour suite au coups d’Etat au Honduras en 2008.

Source : http://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/86692-l’argentine…

 


 

L’Argentine dans les griffes des vautours

La population argentine devra assumer une lourde dette car le gouvernement néolibéral de Mauricio Macri s’est plié devant les fonds vautours qui exigent le paiement de 100% des bons de l’État qu’ils avaient rachetés à des prix d’occasion lors de la grave crise financière de 2001, une crise qui en a fini avec le gouvernement du président Fernando de la Rúa.

Ces fonds, connus aussi sous le nom de “ fonds de capital à risque” ou “holdouts” achètent les dettes des entreprises, des sociétés ou des pays en faillite ou en cessation de paiement dans le but de se faire rembourser ensuite de façon intégrale, plus les juteux intérêts.

Sur le marché financier, tout comme dans la forêt, il y a aussi des charognards. Ils calculent tous leurs mouvements, ils agissent avec leur plus beau sang froid pour tirer le maximum de profit de leurs victimes.

Le terme “holdout”, les définit très bien. En français cette expression pourrait être traduite par “ celui qui restera en dehors” car ils ne participent à aucune négociation pour restructurer des dettes, étant donné que leur but n’est pas de faire des concessions pour récupérer le capital original, mais saigner jusqu’à la dernière goute leurs débiteurs

En littérature, un similé exacte serait le marchand de Venise, Shylock, que William Shakespeare a si bien décrit dans son drame homonyme, qui en échange de la dette impayée du commerçant Antoine, lui exige une livre de chair de son corps, coupée en plus le plus proche du cœur possible.

C’est ce que les fonds vautours s’apprêtent à faire avec l’Argentine, après que Macri leur ait fait l’offre généreuse de négocier les paiements à partir de leurs exigences. Selon des experts, cette décision va entraîner une dette supplémentaire de jusqu’à 20 milliards de dollars.

L’affaire est parfaite pour ces usuriers des finances contemporaines. Ils ont acheté ces bons à 20 ou 30% de leur valeur et ils se font rembourser la totalité, plus les intérêts.

C’est justement pour cette raison que l’ex présidente Cristina Fernández avait refusé d’accepter les exigences des fonds vautours et elle a rejeté les verdicts du juge étasunien Thomas Griesa, qui, dans un verdict extra-territorial, a violé la souveraineté du pays sud-américain en voulant l’obliger à offrir le cou aux pics des vautours.

Le consortium étasunien American Task Force, AFTA, qui englobe NML Capital et Elliot Management, les deux principaux fonds d’investissements spéculatifs qui s’apprêtent à saigner à blanc l’Argentine.

La direction de NML, rappelons-le est entre les mains de Paul Singer, l’un des principaux sponsors financiers du Parti Républicain et actionnaire de la firme Iron Mountain, à laquelle Macri a remis un prix en 2009 lorsqu’il était le chef du gouvernement à Buenos Aires. Une simple coïncidence ?

Brefs, les nouveaux marchants du capitalisme, les pirates du monde moderne s’apprêtent à couper leur livre de viande le plus près possible du cœur de l’Argentine, une autre promesse accomplie du gouvernement de changement de Mauricio Macri.
Source : http://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/85053-l’argentine…

 


 

Mauricio Macri : le cauchemar des argentins

Le 22 novembre 2015 le néo-conservateur et ultralibéral Mauricio Macri était élu à la tête de l’Argentine ( voir : l’Argentine vire à droite ). Après plusieurs années de « kirchnérisme » et de progrès social, le peuple argentin semblait avoir fait un choix, sans doute influencé par la propagande impérial. Plusieurs mois après cette élection, la réalité a très rapidement rattrapé ceux qui se faisaient des illusions sur ce que serait la présidence de Mauricio Macri.

Alors que les précédents gouvernements argentins se concentraient sur la lutte contre la pauvreté, et avaient entamé un bras de fer contre les « fonds vautours », le nouveau président se targue d’être un bon élève de Washington et de la finance mondiale. Non content d’avoir ramené l’Argentine dans les griffes du FMI, le gouvernement argentin n’en finit plus de tout mettre en oeuvre pour briser les acquis sociaux qu’a obtenu le peuple argentin. Entre les baisses d’impôts pour les multinationales agro-alimentaires, l’augmentation du prix du gaz et de l’électricité, la dévaluation du peso argentin où encore les mesures de privatisations ; rien n’échappe à la marionnette américaine.

Les mobilisations des travailleurs argentins ne cessent de se multiplier, et les indécis du peuple argentin qui avaient donné leur voix à Macri lors des élections doivent sans doute regretter leur choix à l’heure actuelle. Le gouvernement entend aussi revenir sur le droit à l’éducation pour tous, en diminuant le budget alloué au ministère de l’Education. Tous les efforts des Kirchner sont en train d’être réduits à néant, pour le plus grand bonheur de la classe dirigeante.

L’Argentine n’hésite même plus à violer des accords internationaux signés avec les pays progressistes, au dépend des populations les plus pauvres et les plus isolés du pays. Ainsi, le nouveau ministre de la santé argentin a décrété que les 380 médecins argentins, formés à Cuba, et exerçant dans les zones reculées de l’Argentine ne pourront désormais plus exercer.
Cette surprenante décision traduit en réalité ce qu’entend mettre en place le nouveau gouvernement, au niveau international.

En bon élève de l’impérialisme américain, Mauricio Macri ne semble pas supporterr les tentatives d’unité régionale autour de l’UNASUR, du MERCOSUR, de la CELAC, où encore de l’ALBA, et fera tout pour les briser.

Enfin, comme tout bon gouvernement libéral au service des multinationales, le gouvernement ne déroge pas à la règle de la criminalisation de l’action syndicale et salariale. A un point tel qu’en quelques mois, Amnesty International dénonce déjà plusieurs cas de violences policières à l’encontre de manifestants, dont des matraquages d’enfants.

Sans doute le cas argentin montrera-t-il l’exemple aux peuples latinos-américains, où tout du moins à ceux qui voudraient renoncer à leur avantages sociaux acquis grâce au courage des gouvernement progressistes de la région. A l’image de la République bolivarienne du Venezuela, où la droite est désormais majoritaire à l’Assemblée, ces exemples nous montrent que la lutte n’est jamais terminée. Les années de Mauricio Macri seront à n’en pas douter, celles du chômage, de la misère sociale et de la soumission au FMI. Ce seront aussi des années de résistance populaire et de lutte des classes qui apparaissent plus que jamais d’actualités.
Source : http://unmilitant.blogspot.fr/2016/02/mauricio-macri-le-cauchemar-des.html


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Chien Guevara

Ancien chien de berger, viré par son patron parce qu’il avait appris aux moutons à se rebeller, Chien Guevara s’est recyclé en défenseur des libertés acquises qui aboie contre celles perdues.
Voir son site : http://forget.e-monsite.com

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