BOKO HARAM : Une menace pour l’Afrique (1)

 

(Cette semaine nous publions un dossier étoffé de notre collaborateur algérien CHÉRIF ABDEDAÏM portant sur la secte terroriste BOKO HARAM qui sévit en Afrique avec le soutien et la complicité des puissances impérialistes étrangères qui de l’autre côté de la bouche font semblant de combattre ce groupe sponsorisé. Bonne lecture. Robert Bibeau. Producteur.  http://www.les7duquebec.com)

 

 

EDITO DE CHÉRIF ABDEDAÏM

 

Boko Haram, silence complice

Première puissance économique africaine depuis le premier trimestre 2014, premier pays producteur de pétrole en Afrique, le Nigéria qui conserve par ailleurs sa confortable position de première puissance démographique (180 millions d’habitants) du continent retient de plus en plus l’attention des médias. Seulement, dans les chaînes de télévision ou les colonnes des journaux, cette triple puissance qu’est le Nigeria est désormais réduite à un nom devenu son synonyme : Boko Haram. Présenté par les« grands »medias à la botte des lobbys comme un groupe de « fous de Dieu », Boko Haram n’aurait pas d’autres visées que de créer un Califat dans une partie du Nigéria, à défaut de soumettre tout le pays à la loi islamique, la Charia. Aucun lien avec les puissances impérialo-capitalistes engagées dans une lutte à mort pour conserver l’hégémonie mondiale face à la Chine. Et grâce à la grande communication faite autour de l’ « enlèvement » le 14 avril 2014 de plus de 200 jeunes filles (le nombre varie en fonction des sources) dans la localité de Chibok, la secte islamiste a acquis une renommée planétaire. Ses actions sont relayées autant que celles des autorités nigérianes sont censurées.

 

Mais est-ce une surprise si ces médias « oublient » systématiquement de dire à qui profitent en dernier ressort les crimes commis par la secte Boko Haram ? Pourquoi la grande presse occidentale garde-t-elle un silence complice sur les origines des fonds et des armes lourdes qui permettent aux adeptes de Boko Haram de semer la mort au Nigeria, et au Cameroun ? Pourquoi les médias qui arrosent le monde ne diffusent-ils pas ce câble de Wikileaks qui citait nommément l’ambassadeur des Etats Unis d’Amérique à Abuja, comme le coordinateur des actions de déstabilisation du Nigéria ? Face à la redéfinition des équilibres géostratégiques imposée par la pénétration de la Chine en Afrique, Boko Haram comme la Séléka en République centrafricaine est devenue une arme redoutable pour préserver la mainmise des multinationales occidentales sur les matières premières et accélérer la mise en place d’Africom, le Commandement militaire étasunien pour Afrique.

 

Chérif Abdedaïm

 

Introduction

 

La lutte contre le terrorisme relève, de la quadrature du cercle. Hier, Al-Qaïda en Afghanistan et aux Etats-Unis. Aujourd’hui, l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL ou son acronyme Daech) qui essaime au Moyen-Orient (Irak, Syrie, Yémen); au Maghreb (où il marginalise AQMI ); en Afrique (Shebab en Somalie débordant au Kenya) ; en Asie (Pakistan) et en Océanie (Australie); en Amérique (Canada, Etats-Unis) ; en Europe (Belgique, France, Danemark…). Le péril djihadiste, nouvelle cuvée, inquiète de plus en plus l’Occident par sa radicalité. Au cœur de l’Afrique, un autre mouvement est très actif au Nigéria : « Boko Haram a commencé à attaquer les écoles « au style occidental » et d’autres ont lancé des attaques similaires, en particulier contre des écoles de filles. Les valeurs que les fanatiques dénoncent comme étant « occidentales », – la liberté individuelle, la démocratie, l’égalité des sexes, le pluralisme religieux – sont ici au cœur du débat ». En 2015, le groupe prête allégeance à l’EIIL.

 

Aussi, depuis quelques années, les multiples enlèvements d’Occidentaux au Nord-Nigéria, et plus récemment au Nord Cameroun, attirent l’attention de la communauté internationale.

 

La secte Boko Haram, née au début des années 2000 dans l’État du Borno, pose aujourd’hui de graves problèmes sécuritaires et humanitaires au Nigéria et dans les pays voisins.

 

Cette menace, qui est apparue dans un premier temps comme endogène, inquiète aujourd’hui aux niveaux régional et international. Il semble en effet que ce groupe ait tissé des liens avec d’autres organisations islamistes sahéliennes, notamment AQMI, et présente une réelle menace pour la stabilité régionale.

 

C’est d’autant plus à craindre qu’un groupe islamiste dissident, Ansaru, s’est détaché en 2012 de la cellule centrale de la secte. Bien plus que Boko Haram, cette branche dissidente vise principalement les « croisés » occidentaux.

 

Tandis qu’au niveau international on s’inquiète de la régionalisation de la menace, au Nigéria, la situation humanitaire empire. Les civils sont les premières victimes des attentats islamistes et d’une violence armée qui ne fait aucune différence entre civils et membres de la secte. Les crimes commis sont graves et la population nigériane se retrouve prise en étau, n’ayant souvent plus d’autre choix que de fuir. On dénombre près de 15 000 morts, et 1,5 million de déplacés en six ans.

 

Quelle est donc cette secte Boko Haram ? Représente- telle une menace réelle à l’échelle régionale voire internationale? Fait-elle partie intégrante de ce que l’on appelle communément « l’arc islamiste sahélien » ?

 

À suivre demain ici même sur  Les7duQuebec.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *