Concentration, centralisation, crédit: le capitalisme dans des limites toujours plus étroites

Par  Gerard Bad.  Paris.  Spartacus. 6.12.2016.  URL :  http://spartacus1918.canalblog.com/archives/2016/12/06/34654123.html

 

La centralisation du capital est bien différente de sa concentration. En effet le capitalisme, à peine sorti de ses langes en Europe, va aspirer à un espace vital dépassant les cadres nationaux afin d’écouler son trop-plein de marchandises et réaliser la plus-value extorquée à ses prolétaires autochtones. A ce stade, l’exportation des capitaux accompagne l’exportation des marchandises.

La révolution industrielle avait changé la donne, ce n’était plus le capital commercial qui dirigeait les affaires mais le capital industriel accapareur de travail gratuit (plus-value). En son sein va germer le crédit, simple fonction technique au début visant à aider l’accumulation de plus-value relative  ; celui-ci va s’autonomiser pour devenir la fonction d’un capital particulier, le capital financier, « une arme additionnelle et terrible de la guerre de la concurrence, [qui] se transforme enfin en un immense machinisme social destiné à centraliser les capitaux  » (K. Marx, Le Capital, Livre premier, Le développement de la production capitaliste, VIIe section : Accumulation du capital, chapitre XXV : Loi générale de l’accumulation capitaliste, II).

Le crédit, pour reprendre Marx, va agir comme escroc et prophète  : «  Le monde se passerait encore du système des voies ferrées, par exemple s’il eût dû attendre le moment où les capitaux individuels se fussent assez arrondi par l’accumulation pour être en état de se charger de cette besogne  » (K. Marx, ibid.).

En effet, contrairement à la concentration, qui s’opérait sur la base de la propriété privée où les petits capitaux finissaient toujours par se faire digérer par les plus gros, la centralisation financière se présente comme une socialisation à l’intérieur du capitalisme lui-même, elle permet d’intervenir pour accélérer la rotation du capital. De même en ce qui concerne les fusions-acquisitions (F&A), qui permettent des économies d’échelle (en fait le licenciement des doublons) et à la périphérie l’élimination des «canards boiteux», les petites entreprises pauvres en capital. Il en résulte alors une hausse de la productivité dont l’objectif est de contrecarrer la tendance à la baisse du taux de profit, compensée alors par sa masse. Telle est, brièvement résumée, la saga du capital devant nous permettre de saisir l’importance des fusions-acquisitions de 2015-2016.

C’est toujours quand les taux d’intérêts sont les plus bas que nous assistons au retour des fusions-acquisitions. Ces fusions-acquisitions témoignent de la lutte qui se mène au niveau mondial, pour rester sur le marché. Lutte pour conserver la taille critique et procéder à de nouveaux gains de productivité, afin de compenser la baisse du taux de profit par sa masse.

C’est donc une véritable guerre que se livrent les capitalistes pour savoir qui restera sur le podium des vainqueurs? Et pour rester à ce niveau toujours plus élevé il faut des sommes toujours plus considérables, d’où l’intervention du crédit et à ce niveau du capital financier.

L’année 2015 fut l’année la plus fertile en fusions-acquisitions  : 544 opérations selon Fusions & Acquisitions Magazine, pour un montant de 4700  milliards de dollars (1). La banque d’affaire Goldman Sachs (2), qualifiée de banque qui dirige le monde, en est la championne, selon le classement annuel de Thomson Reuters. La banque d’affaires a cumulé 1  759  milliards de dollars  ; rapporté aux 4  700 dans le monde, c’est 37,4  % du marché mondial que cette banque contrôle.

Ces F&A  interviennent dans un contexte de croissance en berne, les mises de fonds sont énormes pour centraliser le capital. Sur certains secteurs, il est recensé pas moins de dix transactions de plus de 50 milliards de dollars, dont sept aux Etats-Unis. A plus de 100 milliards de dollars ABInbev SABMiller dans la bière se positionnent maintenant comme oligopoles.

Au début de l’année 2016, on pouvait lire dans la presse qu’une pause des F&A serait affectée par le ralentissement chinois, la chute du prix du pétrole et la santé du secteur financier. Nous n’aurons pas les chiffres avant 2017, mais déjà nous avons quelques indications permettant de dire que les F&A se poursuivent.

A la mi février 2016, le conglomérat chinois HNA se payait le rachat, via sa filiale Tianjin Tianhai Investment, du grossiste californien de produits électroniques Ingram Micro (3). Visiblement le capital financier chinois est très actif, ses prises de participations aux Etats-Unis seraient de 23,3 milliards de dollars, plaçant la Chine populaire comme premier acquéreur aux Etats-Unis avec l’Irlande et le Canada qui totalisent 88  % des acquisitions dans ce pays.

De même la reprise du suisse Syngenta, premier producteur mondial de semences et de pesticides, par le chinois ChemChina montre les capacités financières de la Chine à pénétrer l’économie mondiale. Monsanto s’était positionné pour reprendre Syngenta, mais il a échoué étant lui même en difficulté. La ChemChina a finalement, avec l’accord nécessaire des Américains (4), fusionné avec le suisse Syngenta.

Cette fusion fait suite à une vague de fusion dans l’agrochimie

Si nous prenons la dernière et spectaculaire fusion entre Monsanto et Bayer, décriée par la presse et les écologistes, sous l’angle d’un accroissement de la pénétration des organismes génétiquement modifiés OGM, nous voyons que cette fusion correspond à un affaiblissement des résultats de Monsanto. En effet, la célèbre multinationale qui produit l’herbicide Roundup est en difficulté depuis plus d’un an (baisse du prix des matières premières, baisse des achats de semence par les agriculteurs, mauvaise presse contre le Roundup, contestation de sa suprématie en Inde et au Burkina Faso). Le groupe a fini par perdre en une année plus d’un tiers de sa valeur, le contraignant à procéder à un rapprochement avec l’allemand Bayer, numéro 2 mondial de l’agrochimie.

Ce regroupement correspond à une concurrence acharnée du secteur de l’agrochimie et d’une concentration-centralisation du capital sans précédent, faisant suite à la fusion fin 2015 (5) puis au rachat, en février 2016, du suisse Syngenta par le chinois ChemChina. Ces mouvements aboutissent à la formation d’oligopoles, selon un observateur, Stéphane Lemarié (6), économiste à l’Institut national de recherche agronomique (Inra) de Grenoble, cité par Reporterre.

«  Les deux tiers du marché mondial des semences commerciales sont aujourd’hui contrôlés par dix sociétés seulement. Et six  compagnies de pesticides dominent les trois quarts du marché, selon le groupe de recherche indépendant  » (Lorène Lavocat pour Reporterre, 15  septembre 2016  : https://reporterre.net/Monsanto-fusionne-avec-Bayer).

Un incroyable processus de concentration a eu lieu ces dernières années sur le marché commercial des semences. Des multinationales comme Monsanto, Bayer et Syngenta qui, jusqu’alors, se concentraient sur l’agrochimie, ont méthodiquement renforcé leur département semences, essentiellement par le rachat d’autres entreprises spécialisées. La constitution de ces mastodontes va mettre un peu plus les agriculteurs sous leur dépendance. En France, 900  000  agriculteurs seraient concernés.

Les canadiens Potash Corp. of Saskatchewan et Agrium ont décidé de créer ensemble le numéro un mondial des engrais. Cette fusion intervient parce que Potash a vu son action divisée par quatre depuis l’année 2008. Une conséquence de la chute des demandes d’engrais (7), principalement de la Chine et l’Inde et des pays émergents. Il est bon de rappeler que Potash avait échappé en 2010 à une tentative de rachat par le groupe minier anglo-australien BHP Billiton, rachat bloqué par le gouvernement canadien. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la Belgique a dans un premier temps refusé le CETA, pour finir par signer cet accord de libre-échange entre l’UE et le Canada en s’accordant un droit de regard sur le volet agricole, crucial pour la Wallonie.

Le cas de la France

Les opérations majeures de l’année 2015 en France  :

  • fusion entre Lafarge et Holcim (26,6 milliards d’euros)  : béton, ciment et granulats. Ce nouvel ensemble baptisé LafargeHolcim, n°1 mondial des matériaux de construction, est dorénavant présent dans 90 pays et emploie 115 000 personnes  ;
  • acquisition de la branche énergie d’Alstom par GE (10,5 milliards)  ;
  • de Portugal Telecom par Altice (7,4 milliards)  ;
  • deal GVT / Telefonica (7,2 milliards)  ;
  • rachat de Corio par Klépierre (7,2 milliards)  ;
  • cession d’actifs d’Holcim/Lafarge à CRH (6,5 milliards)  ;
  • reprise de Suddnlink par Altice (près de 6 milliards).

En achetant Général Electric (GE), Alstom met la main sur les activités de signalisation de GE et compte se développer en co-entreprises avec GE dans les énergies renouvelables, les turbines nucléaires, les réseaux électriques dans le monde.

Fin septembre, nous apprenons que Renault-Nissan vise la prise de contrôle du japonais Mitsubishi , projetant le groupe comme n°1mondial de l’automobile, dans un secteur de plus en plusdominé par les oligopoles (8).

 Pour conclure, nous venons d’apprendre que la Deutsche Bank est en situation de faillite et les banques italiennes en difficultés. Il n’en fallait pas plus pour relancer l’union bancaire mise en chantier en 2012 pour digérer les effets de la crise financière de 2008. Le Figaro a publié une tribune signée Les Arvernes, un groupe «  de hautes fonctionnaires, de professeurs, d’essayistes et d’entrepreneurs  », affirmant «  Il faut relancer l’intégratin bancaire  ». On peut y lire ceci  : «  Il faut progresser de manière décisive dans la constitution d’une vraie finance européenne intégrée. Pour avancer, il faut assainir enfin complètement les secteurs bancaires nationaux fragiles (notamment l’Italie), les recapitaliser et si le secteur privé n’est pas prêt à le faire, commencer à utiliser les instruments de résolution de l’union bancaire. Les très grandes banques européennes restent elles aussi trop grosses, trop peu capitalisées et font peser un risque systémique réel. Elles doivent elles aussi renforcer encore leurs fonds propres, comme le demande le FMI. Mario Draghi vient de déclarer que l’Europe compte trop de banques.  » (http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2016/10/13/31007-20161013ARTFIG00119-deutsche-bank-banques-italiennes-il-faut-relancer-l-integration-bancaire.php)

Mais encore  :

«  La création de l’euro devait servir à affirmer un pôle financier européen autonome face au dollar. Il n’en a rien été. Les banques européennes continentales ont rêvé de rivaliser avec les géants de Wall-Street dans la finance de marché, elles se sont perdues dans une compétition dont elles ne maîtrisent pas les armes. La crise de Lehman Brothers et celle de l’euro ont été synonymes de pertes abyssales pour l’épargnant européen, notamment en Allemagne dont les excédents courants des années 2000 ont disparu en fumée dans de mauvais investissements, au sud de l’Europe (immobilier) et aux Etats-Unis (subprimes).  »

Et de conclure  :

«  Le Brexit offre l’opportunité de remettre à l’honneur une conception plus continentale de la finance. Il appartient à la France de porter en Europe cette ambition. Elle en les moyens, grâce à son industrie bancaire qui peut jouer un rôle de leader dans la recomposition bancaire européenne.  »

Nous avons ici tous les ingrédients poussant à d’importantes concentrations-centralisations du secteur bancaire de l’Union européenne ou, il faut envisager le pire, à un éclatement de l’Union européenne.

G.Bad fin octobre 2016

Notes

1-5000 Mds de dollars selon Dealogic.

2-Goldman Sachs possède 25  % des droits de vote d’Eurotunnel, 20  % de la Banque industrielle et commerciale de Chine, et 12  % de l’assureur chinois Taikang. Elle est propriétaire du groupe ISS, leader mondial du «  facility services  » et de la compagnie allemande Xella. Le groupe a investi 500 millions de dollars dans Facebook.Le 13 août 2015, Goldman Sachs met fin à 34 ans d’investissement dans les matières premières, en vendant ses mines de charbon en Colombie, Colombia Natural Resources.

3–Ingram Micro commercialise des produits de sociétés telles qu’Apple ou Cisco. (Sai Sachin R à Bangalore; Bertrand Boucey pour le service français)

4-les Américains disposent d’une arme imparable: l’assentiment du Committee on Foreign Investments in the United States (CFIUS). Sans cette autorisation, Syngenta devrait se retirer de l’immense marché agricole américain, si rentable.

5- Le groupe DuPont pévoit un vaste plan de réduction de ses coûts, de l’ordre de 700  millions de dollars, passant notamment par la suppression de 10  % de ses effectifs.

6-Stéphane Lemarié est ingénieur agronome. Ses recherches en économie analysent les stratégies d’innovation dans le secteur de l’agrofourniture et leur impact économique.

7-le prix de la tonne de potasse passant d’environ 900 dollars à 150 dollars.

8-Voir à ce sujet le Livre «  Restructuration et lutte de classe dans l’ inductrie automobile mondiale  » d’ Echanges et mouvement, toujours disponible au prix de 6€.

5 pensées sur “Concentration, centralisation, crédit: le capitalisme dans des limites toujours plus étroites

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    9 décembre 2016 à 19 07 49 124912
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    Commentaire par Karl Martel

    Camarade,

    Tu fais des observations trés intéressantes sur la question de la centralisation-concentration du capital dans la production de masse pour compenser la baisse tendancielle du taux de profit, Loi économique sur la baisse tendancielle du taux de profit découverte et partagée par Karl Marx dans son oeuvre magistrale « Das Kapital ». Je vais d’ailleurs porter ton article sur l’une de nos pages Facebook pour information et débat, le cas échéant.

    La remarque qui me vient immédiatement à l’esprit est la suivante: si le capital financier fusionné avec le capital industriel et concentrée-centralisé pour compenser la baisse du taux de profit a besoin de socialiser la production pour effectuer la rotation nécessaire du capital afin de permette sa reproduction, cela signifierait que le système impérialiste occidentale dans lequel le grand capital international s’entend sur un certains nombre de régles communes pour permettre la circulation des capitaux et son exploitation des marchés communs, ne voit plus d’intérêt à poursuivre dans cette voix, celle de l’exploitation de plus en plus large des marchés internationaux, puisque nous assistons présentement à une résurgence des nationalismes matérialisée par des politiques protectionnistes de l’économie; cela voudrait dire également qu’une modification sensible, voire une transformation importante, dans la division internationale tant du Travail que du Capital se déroule sous nos yeux; et qu’il serait donc permit de penser que le Capital international qui est en train d’internationaliser la force du travail avec une férocité encore jamais jusqu’ici dans l’histoire est en train également de précipiter le monde dans un état de crise internationale permanente.

    En un mot, la WWII n’a duré que six (6) ans. Le Grand Capital aux mains d’une propriété privée de la richesse de plus en plus concentrée-centralisée n’est-il pas en train de nous préparer à un état de guerre permanent où nous assistons impassible, et passif devant notre petit écran de télévision, aux effets désastreux de la guerre et à sa cruauté inhumaine et déshumanisante?

    C’est donc, oui, notre pain quotidien. Au moment où nous nous parlons, les États impérialistes nous préparent les plus gros conflits armés que le monde n’a jamais connu, celui de la guerre internationale permanente.

    D’où la nécessité que nous devons sérieusement envisager la possibilité de se pencher au développement de la Guerre Populaire Prolongée (GPP), principe élaborée et développé par Mao Zedong, et qui suggére aux forces populaires de prendre les armes pour renverser les despotes de l’impérialisme avant qu’il nous tue tous et toutes.

    Combien de temps encore pourrons-nous tenir devant les atrocités qui sont commis à l’étranger en notre nom et dont nous tirons un certain nombre d’avantages par notre appartenance à une société impérialiste?

    Merci camarade Bad pour tes travaux fort utile dans le développement d’une théorie politique qui permettra la libération et l’émancipation du genre humain.

    Envoyé de mon iPad

    Karl Martel

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      9 décembre 2016 à 19 07 51 125112
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      Réponse à reconstruction communiste par Gérard Bad (72 ans) Paris. Spartacus.

      Je vais ici essayé de mettre en exergue, les points qui me semblent sujet de discussion avec toi

      1° Il faut effectivement bien s’ assimiler la loi de la baisse tendancielle du taux de profit, elle est un des piliers de la théorie marxiste. Elle explique sur le fond pourquoi le capital est contraint de par sa nature à constamment révolutionner les forces productives, à constamment rechercher des hausses de productivité. C’est le marche ou crève de la concurrence, qui exige aujourd’hui des capitaux de plus en plus importants pour rester sur le marché, d’ où cette recherche partout de « liquidités » .

      2°- Le capital ne veut pas socialiser la production, il ne veut pas liquider la libre concurrence cette socialisation s’impose à lui et cela dés la naissance de la société anonyme qui va entrer en concurrence avec le capital privé. Cette socialisation se fait au sein du capital va jusqu’à procéder a des nationalisations, quand ce n’ est pas le capitalisme d’ état comme dans les pays « socialistes ».

      3°- Le Capital est dés ses début un système global basé sur le salariat, c’ est son côté mondial mais il ne faut pas oublier qu’il s’ est appuyé sur les béquilles de l’ état national de l’ époque marchande , que chaque capital national tendait à vouloir s’ approprier de nouveaux espaces pour s’approvisionner en matières premières. Bien que les organes mondialistes se développent « la communauté internationale » l’ ONU , l’OCDE ….Il n’ en reste pas moins que les états nationaux subsistent, mais tu auras remarqué que la fonction des états s’ est réduites à un rôle régalien, interventions militaires et répression des mouvements sociaux, le rôle économique des états s’ est considérablement réduit. En ce qui concerne l’ Union Européenne elle est la résultante de cette incapacité des états à relevés seuls les défis économiques, d’ ou la liquidation par la bourgeoisie française de tous les programme de nationalisations dés 1981. La bourgeoisie française avait choisie l’ UE pour survivre et sa puissante armée pour jouer un rôle moteur dans cette union.

      4°- Le repli actuel, sur le protectionnisme correspond aux difficultés économiques que rencontre le capital au niveau mondial , la mondialisation du prix des forces de travail à la baisse programmée par l’ OCDE va se poursuivre ( les dernières déclarations sur la retraite) ainsi que la précarisation engendrée par la « machinerie technologique ». Ce qui taraude la bourgeoisie mondiale c’ est l’idée qu’elle va se trouver dans l’obligation de gérer l’impensable « la liquidation du salariat », ce n’ est pas un hasard si des 1995 les leaders mondiaux réunis à San Francisco (Mikhaïl Gorbatchev, George Bush, Margaret Thatcher, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc..) sont arrivés à la conclusion que l’arrivée de la dénommée Société 20/80 est inévitable, celle dans laquelle le travail de 20% de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l’appareil économique de la planète. 80% de la population restante ainsi s’avérera superflu, ne disposera pas de travail ni d’occasions d’aucun type et nourrira une frustration croissante. D’où la proposition du célèbre Brzezinski. Ce dernier veut le tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique qui endormirait les masses et contrôlerait sa frustration et ses protestations prévisibles. C ‘ est à dire la constatation qu’il faut passer au communisme véritable.

      5°- Sur l’ état de guerre permanent,on ne le prépare pas nous y sommes depuis la fin de la deuxiéme guerre mondiale, si l’on devait totaliser le nombre de guerres depuis 1944 il y en bien eu 400 à vérifier tout de même.

      6°- Sur la guerre populaire prolongée de Mao, je suis bien placé pour te répondre en tant qu’ ancien maoïste de l’ après 68, nous avions mis sur pied un mouvement contre la guerre au Vietnam sous le slogan « La Chine est rouge le Vietnam le sera aussi » nous étions tous à l’époque entraînés physiquement au Vô Vietnam le Kun Fun Viet ainsi que tous les groupes ML. Lors des entraînements nous lisions les écrits militaires de Mao et d’ autres. Nous n’ en sommes plus la et même après 68 cet entraînement ne nous a servi que contre l’ extrême droite, tout au plus le mouvement ML de France pouvait glisser vers une organisation du type de Brigades Rouges avec la NRP.

      7°) De la révolution sociale, il est à mon avis inutile de vouloir définir dans le détail ce que sera le socialisme, ce sera la tâche des camarades à ce moment. Quoi qu’il en résulte la société des 20/80 celle de l’ accumulation des richesses à un pôle et la pauvreté à l’ autre est en expansion, elle a un caractère mondial et laisse supposer cette fameuse révolution mondiale « Il faut voir dans la misère son côté révolutionnaire ». De ce mouvement naîtra une nouvelle théorie de la révolution qui n’ aura plus beaucoup de ressemblance avec les tentatives du passé.

      Nous y reviendrons, bien à toi G.Bad

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        9 décembre 2016 à 19 07 52 125212
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        Camarade,

        Je suis passablement d’accord avec toi sur la plupart des sept (7) points que tu souléves. Sur ta conclusion, cad sur le point 7, qui traite de la question d’une théorie de la révolution, la GPP en est une; il en existe d’autres bien entendu dont celle de l’insurerrection.

        Il est clair que la classe organisée des capitalistes savent trés bien qu’ils doivent se préparer à la résistance populaire, de la classe ouvriére consciente et organisée en classe, qu’ils auront inévitablement à faire face un jour ou l’autre.

        Le concept de la GPP n’est pas applicable, selon moi, dans les sociétés industrialisée développée pour le moment. Il y a encore beaucoup trop d’avantage à conserver dans cette société de privilégié même pour la classe ouviére elle-même. Toutefois, il m’apparaît évident que les masses et la classe ouvriére révolutionnaire, meme celle qui est exploitée dans les sociétés industrialisées développées, ne pourra se libérer de ses chaînes sans l’usage de la violence révolutionnaire pour renverser la classe dirigeante.

        Or, comme nous sommes dans un état de guerre mondiale permanente, et que cette « sale guerre » semble persister et meme s’accentuer en raison de la baisse tendancielle du taux de profit et de la nécessité pour les capitalistes de reproduire leur capital, ne serait-ce que pour une raison de survie, la résistance populaire armée est nécessaire et inévitable d’une maniére ou une autre. D »où ma remarque au sujet de la GPP.

        En même temps, je sais que cette théorie révolutionnaire contient également beaucoup d’écueils qui va en contradiction avec la mission premiere du communiste qui consiste à conscientiser d’abord la classe ouvriére pour en faire une classe révolutionnaire capable de s’emparer du pouvoir politique.

        La résolution de cette impasse ou contradiction théorique et pratique n’est que l’une des difficultés dont les communistes sont confrontées. Nous sommes donc condamnés à travailler d’arrache-pied pour le bien commun de l’humanité toute entière, y compris pour notre salut individuel tout autant que pour le reste de la société puisque nous sommes, les communistes, partis intégrante de cette société.

        Nous devons donc demeurer liée avec la classe ouvriére en luttant avec elle, non pas en marge des luttes ouvrières. Nous pouvons ainsi beaucoup mieux enseigner le matérialisme dialectique en l’intégrant au mouvement révolutionnaire historique. C’est pourquoi nous luttons tant contre l’idéalisme « révolutionnaire » petit-bourgeois qui méne aux hérésie marxiste tel que les Brigades Rouges et consorts, même si la lutte ne se fait pas au même niveau que contre notre ennemi « éternel », la classe des capitalistes.

        La bourgeoise doit disparaitre et étre éradiquée, physiquement, matériellement; alors que les idées dérivés de la bourgeoisie doivent étre vaincu théoriquement pour faire place à la nouvelle société sans classes par tous et pour tous, non pas pour quelques–uns seulement. Voilà la différence fondamentale et la distinction essentielle dont les communistes sont condamnés à effectuer dans la théorie de la révolution pour matérialiser un jour la société communiste et qu’ils ont historiquement lamentablement échoués à produire.

        En un mot, les communistes eux-mêmes apprennent au jour le jour de leurs échecs et des conditions matérielles d’existence auxquels ils sont soumis par la société. Nous évoluons avec la société non pas dans un monde théorique et imaginaire, même si usons d’´une arme théorique, le matérialisme dialectique et historique pour accomplir notre tâche révolutionnaire.

        Salutations révolutionnaires

        Michel Labelle pour Reconstruction communiste Québec

        http://reconstructioncommuniste.wordpress.com

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          10 décembre 2016 à 11 11 05 120512
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          @ Michel

          1) La question de la GPP ne concerne pas la question que tu poses plus bas à savoir « il m’apparaît évident que les masses et la classe ouvrière révolutionnaire, meme celle qui est exploitée dans les sociétés industrialisées développées, ne pourra se libérer de ses chaînes sans l’usage de la violence révolutionnaire pour renverser la classe dirigeante. » OUI certainement que la violence sera probablement nécessaire mais la GPP est une stratégie de lutte de classe bien plus qu’une question de violence.

          2) Tu ecris ceci :  » La bourgeoise doit disparaitre et être éradiquée, physiquement, matériellement; alors que les idées dérivés de la bourgeoisie doivent être vaincu théoriquement…  » Ce N’est pas ainsi que les choses se passeront – Le fait que les assises économiques de la bourgeoisie disparaitront sous la création du mode de production communiste – la bourgeoisie disparaitra – car sans assises économique une classe disparaît (C’est d’ailleurs la raison qui mènera à la révolution prolétarienne – la classe prolétarienne se voyant disparaître sous les crises répétées du mode de production capitaliste)

          3) La classe bourgeoise – capitaliste disparaissant l’idéologie bourgeoise n’ayant plus d’assises sociales disparaitra également

          4) Tu vois tout commence dans l’instance économique puis l’instance politique de classe puis l’instance idéologique le dernier élément – Ce qu’aucune « Révolution socialiste » na jamais pu réaliser car les forces productives n’étaient pas suffisamment développé.

          Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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        10 décembre 2016 à 11 11 35 123512
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        @ Gerard POURSUIVONS nos commentaires

        1) La soi-disant « socialisation » de la production – échange – sous le capitalisme – en phase impérialiste – n’entraine pas du tout la diminution de la concurrence AU CONTRAIRE – La oligopoles de plus en plus puissants se déchirent avec d’autant plus de virulence que leurs moyens sont énormes 150 Super entreprises contrôlent 60% du PIB mondial

        2) Camarade il n’y a aucun REPLI PROTECTIONNISTE sauf cher la go-gauche patriotique-nationaliste-chauvine qui sévit plus particulièrement en Europe et ne France TU écris : » Le repli actuel, sur le protectionnisme correspond aux difficultés économiques que rencontre le capital au niveau mondial  » Pour le grand capital – ceux qui décident – pas de repli protectionniste.

        3) On me dira que Donald TRUMP veut le protectionnisme = FAUX c’est la salade qu’il devait vendre aux bobos et aux prolétaires américains dont il convoitait les votes. TRUMP est plus internationaliste que toute la gauche française réunie. Il veut simplement RENéGOCIER LES ENTENTES ESPéRANT ARRACHER D’AUTRES CONCESSIONS à ses concurrents-partenaires… ce qu’ils espèrent eux aussi

        4) Relis ce que j’ai écris à propos de la société 2080 qui sera le Waterloo du capitalisme… Le jour ou un mode de production ne parvient plus à assurer la reproduction élargie de la société – de l’humanité – il est condamné. Ne compte pas sur le prolétariat pour se faire harakiri pour le bénéfice de la bourgeoisie Il n’y a que les BOBO écolos pour croire cela.

        Robert Bibeau. http://www.les7duquebec.com

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