Dénoncez les mensonges d’État sur la faillite grecque et les dépenses publiques

  Par Marc Rousset  Économiste. Le 24.08.2018. Sur Boulevard Voltaire.

 

Les contribuables européens ont versé 289 milliards d’euros de prêts à la Grèce lors de trois plans de sauvetage, la part française s’élevant à 40 milliards d’euros. La dette publique grecque s’élève à 180 % de son PIB et le système bancaire est en faillite puisque 98 milliards d’euros, soit 44,9 % des créances bancaires, sont douteuses.

Le PIB grec a chuté de 23 % entre 2008 et 2017, tandis que le salaire minimum est passé de 794 à 684 euros, que les prix de l’immobilier ont brutalement chuté de 50 %, que les systèmes d’éducation et de santé se sont effrités, que les jeunes ne pensent qu’à quitter le pays, d’où une amélioration apparente d’un taux de chômage de seulement 20 %.

Les créanciers de la Grèce (UE, BCE et FMI) ont usé d’un subterfuge honteux pour retarder, une fois encore, la faillite inéluctable de la Grèce. Ils ont repoussé de dix ans, à 2032 au lieu de 2022, la date à partir de laquelle la Grèce devra commencer à rembourser sa dette.

Et que feront les mêmes larrons, de nouveau en 2031, les taux d’intérêt ayant monté entre-temps ? Ils repousseront encore, de nouveau, de dix ans la date de remboursement en affirmant que la Grèce n’est pas en faillite puisqu’elle n’a toujours pas de dette à rembourser ! Les informations sur la Grèce sont un mensonge d’État que l’infosphère, les blogs et les réseaux Internet doivent dénoncer avec force.

L’Italie, c’est dix fois la Grèce, une situation économique, bancaire et financière catastrophique tandis que, depuis mars 2009, le Dow Jones et l’indice NASDAQ ont progressé respectivement de 300 et de 500 %, soit à un niveau plus élevé, respectivement, de 88 % et 55 % que celui d’avant la crise des « subprimes ». Mais pas un mot dans Le Monde ou Le Figaro pour mettre en garde les lecteurs sur un krach éventuel à venir.

Nous croulons sous les mensonges d’un système décadent en faillite ! Le déficit public français est de l’ordre de 3 % alors qu’il est, en moyenne, de 0,7 % dans la zone euro. La France, avec 56,4 % des dépenses publiques par rapport à son PIB, est devenue le pays le plus dépensier du monde, alors que le joueur de flûte Macron, pendant sa campagne, s’était engagé à réduire les dépenses publiques d’au minimum 4 points de PIB, soit 100 milliards d’euros.

La situation est dramatique puisque l’application complète du rapport CAP 22 nous ferait économiser à peine 30 milliards d’euros. La France, face à un déficit public de 59,7 milliards d’euros et de 67 milliards d’euros de sa balance commerciale, a besoin de réformes structurelles pour réduire la dépense publique, retrouver la compétitivité internationale et reprendre des parts de marché qui s’écroulent. Notre niveau de dépenses publiques est de 9 % supérieur à la moyenne dans la zone euro (où il est de 47 %). Le défi des dépenses publiques à réduire est donc, en réalité, de 200 milliards d’euros.

La Cour des comptes sonne le tocsin pour les dépenses publiques, notre système fiscal est basé sur le foyer et non sur les ressources d’un individu, mais Macron, comme disait Pompidou, ne songe qu’à « emmerder » les Français avec le prélèvement inutile à la source. Le technocrate Macron n’a pas pensé à mensualiser le paiement de l’impôt, ce qui aurait été autrement plus simple et efficace.

Selon l’Agence France Trésor, chaque augmentation à venir de 1 % des taux d’intérêt augmentera nos remboursements de 2,1 milliards d’euros la première année et de 6,9 milliards d’euros au bout de trois ans.

Mentez, mentez comme un arracheur de dents jusqu’au jour où tout le monde sait que, comme dans la Pravda de l’URSS, le Système ment ! À la première perte subite de confiance, tout explose !

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

3 pensées sur “Dénoncez les mensonges d’État sur la faillite grecque et les dépenses publiques

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    27 août 2018 à 8 08 23 08238
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    @ tous

    Comme le montre cet article, la grand capital international s’oppose au petit capital national (souvent sous-traitant et fournisseur du premier) sur la question du pillage de la plus-value du prolétariat grec (comme de celui de d’autres pays incidemment).

    C’est que dans l’arnaque grec, ce sont les États et les banques centrales qui assument les risques – et fournissent les crédits – alors que ce sont les flibustiers financiers internationaux qui ramassent le pognon – les traites que paient le prisonnier grec.

    L’auteur a raison de souligner que jamais le prolétariat grec ne pourra rembourser cette dette croissante malgré les immenses sacrifices qui lui sont imposés et que l’auteur décrit très bien, mais la racaille boursière et bancaire mondial n’a jamais eu l’intention de « libérer » le peuple grec de sa dette. Pour ces requins de la finance mondiale – obtenir chaque mois leur livre de chair grec (les paiements de remboursement éternel) était et demeure le but de l’opération de « refinancement ».

    Le remboursement intégral serait pour eux immoral et semblable à une remise de peine carcérale aux galériens helléniques condamnés aux travaux forcés à perpétuité. L’opération vise à tondre le mouton pas de le sacrifier.

    Sue le modèle grec, le petit capital national – sous-traitant et subordonné européen – américain – canadien – russe – japonais ou chinois – doit se résigner, et il doit comprendre que lui aussi boira la tasse pour renflouer le paquebot mondial échouer sur les rives de la Mer Égée, de la Méditerranée et de tant d’autres mers démontées.

    La go-gauche aura beau se lamenter – rechigner – pleurnicher que ces dettes souveraines sont injustes et non méritées – rien n’y fera et tous les États larbins du monde se soumettent à la dictature du capital représenté par ses banquiers. Tremblez peuple italien, vous semblez le prochain qui sera convoqué devant le tribunal-de-banque à Francfort et à Bruxelles (l’un représentant le pouvoir divin – immanent – de l’argent et l’autre son bras séculier – juridique et militaire).

    Tous auront compris pourquoi l’industrie de l’ONG stipendiée s’agite en ce moment en Méditerranée à l’entrés des ports italiens à propos de migrants que le capital minier mondial a suscité – engendrer en Afrique sub-saharienne avec la complicité de la France-Afrique. Le prolétariat italien aura bientôt à se battre contre un vampire bien plus coriace que ce lobby d’ONG subventionnées.

    Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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