Des enfants du primaire nous enseignent; mais on n’apprend rien!!!

 


LARTISTE :

Une réussite: le même enseignant pendant quatre ans

Nicole Nadeau
L’auteure est pédopsychiatre et mère d’un écolier âgé de 8 ans. Elle habite à Montréal

L’école Marc-Favreau, comme certaines autres écoles de la CSDM, a choisi depuis quelques années d’organiser l’enseignement en classes de looping: un même enseignant poursuit avec son groupe d’élèves pendant deux années, soit la durée d’un cycle du primaire.

À cette école, une enseignante a souhaité mener l’expérience encore plus loin,en poursuivant avec son groupe d’élèves pendant deux cycles, de la 1re à la 4e année du primaire. Je suis témoin privilégiée de cette expérience puisque mon fils aîné est actuellement en 3e année, dans la classe de Sonia depuis sa 1re année.

Ayant trop souvent lu ou entendu des témoignages contraires relatant les méfaits de la discontinuité et des changements d’enseignants au cours d’une même année au début du primaire, j’ai senti le besoin d’apporter une note plus positive au tableau.

Lors d’un petit déjeuner de Noël auquel les parents étaient conviés, j’ai eu l’occasion d’observer la classe de Sonia: 24 élèves âgés de 8 ou 9 ans, d’origines ethniques et de langues maternelles variées. J’ai été frappée par l’harmonie des relations entre les enfants et la discipline naturelle qui régnait dans la classe, malgré l’effervescence de ce 23 décembre. Les enfants semblaient épanouis etheureux d’être là. Le temps venu, ils se sont rapidement mis au travail, prêts à entreprendre leur dernière journée d’école avant le congé de Noël.       

Lorsque j’ai interrogé Sonia sur les retombées de l’expérience du looping prolongé, elle m’a dit à quel point la connaissance plus intime de chacun de ses élèves lui permettait d’aller plus loin dans son projet pédagogique et de mieux soutenir ceux qui en ont le plus besoin. Au fil des années, il s’est créé au sein de la classe une solidarité qui fait que les élèves plus forts ont aidé et encouragé les élèves plus faibles, se montrant fiers de leurs succès. Car dans la classe de Sonia, la réussite du groupe a autant de prix que la réussite individuelle: d’un point de vue social, il s’agit d’une conception très évoluée de la réussite, d’autant plus intéressante qu’elle touche des enfants, naturellement réceptifs à ce type de valeur.           

Les retombées positives de cette expérience sont aussi du côté des parents. À la faveur du temps, une vraie relation s’est développée avec l’enseignante de notre enfant: nous avons le sentiment de savoir où en est notre fils dans sa progression académique, nous pouvons mieux l’accompagner. Et ceci, tout en respectant le territoire de l’enseignante et l’autonomie de notre enfant. Nous savons que Sonia est là, qu’elle veille au grain et saura nous informer en cas de besoin. Ce sentiment de confiance est partagé par bien des parents des élèves de Sonia avec qui j’ai eu l’occasion de discuter.    

      Ceci prouve que l’enseignement n’est pas le fait de « planificateurs » d’horaires ou de « théoriciens » de système (J’allais dire « théorisateurs, mais je me suis retenu ;-)   )mais bien un travail d’apprentissage entre un adulte et un enfant.

      Arrêtez de rêver en couleur sur vos chaises de l’Assemblée Nationale et fournissez simplement un « système intelligent » avec les outils nécessaires aux enseignants pour qu’ils fassent leur travail avec « leurs » élèves.

      Votre système oblige le professeur à être lié à sa matière au lieu dedévelopper des liens avec ses élèves.

Les enseignants sont confrontés à une tâche toujours plus exigeante et complexe, alors que les classes sont hétérogènes, qu’il faut intégrer les élèves en difficulté, satisfaire aux attentes parfois élevées des parents, en plus de s’adapter aux multiples réformes de l’enseignement. Cela ressemble à une mission impossible, et il n’est pas étonnant que plusieurs enseignants soient à bout de souffle, qu’ils aient parfois envie de capituler.

Au cours des premières années du primaire, la relation entre l’enfant et son professeur occupe une position centrale dans le processus d’apprentissage. Dans ce contexte l’expérience de la classe de Sonia apparaît porteuse, riche de multiples retombées tant du côté de l’enseignante, des élèves que de leurs parents: une enseignante et sa classe partagent le bonheur d’apprendre ensemble pendant quelques années.  La formule est d’une simplicité désarmante, elle ne requiert aucun budget supplémentaire, ni réforme, ni annonce ministérielle. Simplement de la bonne volonté du côté de la direction de l’école qui a fait confiance à son enseignante en soutenant son projet.

      Je ne peux m’empêcher de vous faire remarquer que cette « grande découverte » est tout simplement le résultat d’être revenu à ce qui existait partout dans les écoles, il y a 40 ans.

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Publié le 12 mars 2011 à 06h00

Le dogme de l’inclusion

François Cardinal
La Presse

Le problème relève du tabou et pourtant, il est majeur. Le Québec a poussél’intégration des élèves en difficulté trop loin ces dernières années, une situation qui dessert aujourd’hui tout le monde… incluant les élèves en difficulté.

      Mentionner qu’un élève « en difficulté » sera intégré aux autres est une forme de « ségrégation » avec les « autres » élèves. Le système de l’article précédant élimine ces « élèves en difficultés » car l’entraide entre élèves s’installe dans la classe. Évidemment si les élèves changent de classes rien ne va plus.

Cette intégration à tout prix épuise les professeurs, qui n’ont pas été formés pour répondre à ces enfants aux besoins particuliers. Elle ralentit les élèves «ordinaires», qui ont droit à moins d’attention. Elle nuit aux élèves en difficulté, qui peinent à suivre sans aide spécialisée. (Pas besoin d’aide spécialisée; l’aide des amis de la classe est plus que suffisante si on installe un « esprit de classe »). Et elle décourage les parents de ces derniers, pour qui la quête de ressources professionnelles est un chemin de croix.

Voilà pourquoi les enseignants, main dans la main avec les pédiatres, ont décidé de lancer une coalition contre l’inclusion sauvage, jeudi, qu’ils ont préféré baptiser, pour des raisons évidentes, «Coalition pour une intégration réussie».

      Et votent pour une « vrai ségrégation officielle » envers les élèves en difficultés.

      C’est là le « génie » des spécialisations qui ne voit que les problèmes et ne connaissent pas « les lois normales versus l’entraide et l’amitié en apprentissage ». C’est exactement la forme de pensée « Ritalin » parce qu’un enfant est un enfant et qu’on voudrait qu’il soit « adulte » à trois ans.

Leur message: l’école se dirige droit dans le mur.

      Les profs d’il y a 20 ans disaient la même chose.

Il y a maintenant 40 ans que l’on a décidé d’ouvrir les portes des classes régulières aux élèves handicapés, ayant des difficultés d’adaptation, des troubles du comportement ou de simples difficultés à suivre. Leur nombre ne cesse d’augmenter depuis, représentant aujourd’hui un peu plus d’un élève sur cinq.

      Vous allez me dire qu’il y a 20% des enfants au Québec qui sont handicappés intellectuellement. Vous divaguez complètement.

Louable. Mais au nom d’une sacro-sainte «école inclusive», cette intégration s’est mutée en dogme au tournant des années 2000… sans, bien sûr, que les nécessaires ressources spécialisées ne suivent.

     Les « spécialistes » ne sont pas la réponse; seul l’environnement peut régler le problème. Relire l’article précédant.

Résultat: des profs qui doivent jongler seuls avec quatre ou cinq de ces élèves en même temps, appliquer autant de «plans individuels d’intervention», atteindre les objectifs pédagogiques de chacun d’entre eux et compléter autant d’évaluations différentes.

      Parce que ces élèves ne font pas partie d’un groupe d’élèves que nous appelions autrefois : « une classe » ayant un titulaire.

Ah oui! Ils doivent aussi jeter un œil de temps en temps sur les 25 autres élèves…

      … et ne peuvent pas imaginer que les bons élèves pourraient les aiderpuisqu’ils ne croient qu’en les « spécialistes » qui sont absents.

La ministre de l’Éducation reconnaît le problème, elle souhaite désormais privilégier une inclusion partielle, qui permet à ces élèves de fréquenter la classe régulière tout en profitant de retraits ponctuels.

      Et elle obtiendra les votes de ces enseignants. Quelle amélioration!!!

Intéressant. D’autant que Line Beauchamp en a fait sa priorité… tout en précisant qu’elle n’ajouterait pas un sou dans le réseau.

      Preuve que la priorité n’est ni les élèves ni l’apprentissage mais bien…les votes.

Or sans injection de fonds, sans embauche de spécialistes, «l’école inclusive» n’est qu’un voeu pieux, une tentative d’intégrer une minorité aux dépens de la majorité. Et qu’elle soit à temps plein ou partiel n’y change rien.

     Ni l’argent, ni les « spécialistes » n’y changeront rien. Cette « Foi » en la puissance de l’argent pour améliorer l’intellect humain est la plus grande imbécilité qui ait été inculquée à tous depuis 40 ans.

     La puissance de l’argent n’a jamais réglé aucuns problèmes comportementaux quels qu’ils soient. Vous pouvez donner 1 million à chacun des professeurs, et l’enseignement, au lieu de s’améliorer, va régresser.

Le nombre de professionnels a peut-être augmenté depuis 2002, mais le rythme n’a pas suivi celui de l’intégration. À preuve, 85% des enseignants du primaire affirmaient l’an dernier qu’ils n’étaient «pas en mesure d’obtenir des services adaptés lorsqu’ils en font la demande».

      S’ils ont besoin de services adaptés c’est qu’ils ne sont pas de vrais enseignants ou qu’ils ne peuvent pas développer aucun lien avec leurs élèves.

     Évidemment, ils auront l’impression de développer des liens avec ceux qui sont « réceptifs » à leur enseignement; mais c’est l’équivalent de dire : « Je n’ai pas de difficultés avec les côtes lorsqu’elles ne montent pas ».

Le gouvernement ne veut pas toucher au budget de l’éducation?? Soit. Mais qu’il puise l’argent ailleurs dans ce cas, qu’il mette une croix sur ses tableaux blancs, ses portables et ses uniformes sportifs. Car qu’on le veuille ou non, l’augmentation des ressources spécialisées est inévitable pour faire de l’école inclusive une réussite… pour tous les élèves.

      Revenez aux classes avec titulaires qui suivent les élèves pendant plusieurs années et vous pourrez mettre des « tableaux blancs » autant que vous voudrez. L’important est que les élèves vont réussir.

      On ne peut pas faire pratiquer la « vieillesse » par des jeunes pour s’assurer qu’ils soient aptes à vivre leur âge d’or.

      C’est la même chose pour les étudiants. On ne peut pas leur faire « pratiquer » un comportement qu’ils devront avoir sur le marché du travail, en évitant ou en éliminant les nécessités de base de l’apprentissage d’un lien avec un adulte et de liens avec des amis.

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Amicalement

                                                                          Elie l’Artiste

Une pensée sur “Des enfants du primaire nous enseignent; mais on n’apprend rien!!!

  • avatar
    10 novembre 2013 à 9 09 27 112711
    Permalink

    Elie l’Artiste,

    Mais mon cher, tout ceci n’est qu’une expérience de laboratoire. Ils suivent une cohorte d’enfants vaccinés. Ce sont de très grands « scientifiques » qui créent le mal et blâment les victimes :

    http://www.nature.com/tp/journal/v3/n1/pdf/tp2012144a.pdf

    Les « chiens médicaux » ont saboté les cerveaux de ces enfants par la vaccination. Pas seulement le contenu du vaccin mais l’agression que constitue la vaccination.

    Quand cesserez vous d’idéaliser ces « sorciers » qui parasitent de la société.

    Pourquoi n’y a-t-il pas sur le site des 7 du Québec une critique systématique de la « mafia pharmaceutique et médicale » ?

    Comme vous dites, amicalement.

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