Faim ou fin ?

Selon le rapport de la FAO (Food and agriculture organisation) de l’an 2000, au stade atteint par ses moyens de production agricole, la terre peut nourrir 12 milliards d’êtres humains. Pourtant, chaque jour sur la planète, environ 100.000 personnes meurent de faim et 826 millions d’individus sont actuellement gravement sous-alimentés.

Selon Jean Ziegler , rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation entre 2000 et 2008, le sociologue suisse , “un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné”.

Il y a d’abord la spéculation financière sur les matières premières alimentaires. Après avoir perdu 85 000 milliards dans le krach financier de 2007-2008, les grands fonds d’investissements ont migré sur les marchés alimentaires, esentiellement le riz, le maïs et le blé, les aliments de base, qui couvrent 75% de l’alimentation mondiale. Ils font exploser les prix de ces denrées. Dans ces conditions, il est difficile pour les agences d’aide comme le PAM de subvenir aux besoins des populations victimes de sous-alimentation : leurs budgets, déjà sapés par la réduction des contributions des Etats pour cause de rigueur budgétaire, sont réduits à la portion congrue.Dans la Corne d’Afrique, où sévit une famine particulièrement grave, 12,4 millions de personnes sont menacées de disparaître. Et le PAM est obligé de refuser de fournir de l’aide faute de moyens suffisants.

Il y a ensuite les agrocarburants. Si Barack Obama veut faire un minimum de réformes sociales, il est obligé de réduire le budget du Pentagone. Et il ne peut le faire qu’en réduisant la part des énergies fossiles dans la production d’énergie — qui oblige les Etats-Unis à entretenir une armée colossale afin de sécuriser son aprovisionnement — à la faveur des biocarburants. Mais brûler des plantes nourricières, c’est un crime intolérable. Il faut interdire les agrocarburants tirés de plantes nourricières demain matin.

Troisièmement, il y a la dette extérieure, qui est un garrot pour les plus pauvres et qui fait que les Etats ne sont plus en mesure d’investir dans l’agriculture de subsistance. L’Ethiopie, par exemple — un million de kilomètres carrés, dont seuls 3,8% sont irrigués ; il n’y a ni tracteurs, ni engrais, ni semences sélectionnées — n’exporte que du café, et tous les revenus servent à financer la dette extérieure.

Ensuite, le dumping agricole : l’année dernière, les pays de l’OCDE ont versé 349 milliards de dollars à titre de subsides à la production et à l’exportation à leurs paysans. Résultat : sur n’importe quel marché africain, on peut acheter des fruits, des poulets et des légumes français, grecs, portugais, allemands etc. au tiers ou à la moitié du prix du produit africain équivalent. A quelques kilomètres de là, le paysan africain qui cultive son lopin de terre n’a pas la moindre chance de vendre ses fruits ou ses légumes à des prix compétitifs.

Les paysans africains — ou écuadoriens ou mongols — ne sont pas moins futés, compétents ou travailleurs que leurs homologues français ou italien. Mais ils manquent de moyens. Pour que la faim cesse, il faut investir dans l’agriculture de subsistance ; désendetter les pays pauvres et les mettre en condition d’acheter des semences, des tracteurs, des engrais, des animaux de traction, dans l’irrigation, dans l’ouverture des marchés locaux, etc. avec l’aide de la Banque mondiale, qui est quand-même là pour aider les pauvres, pas les multinationales à s’enrichir.

La souveraineté alimentaire des populations sur leurs territoires est la voie à suivre pour éliminer la faim et la malnutrition. La priorité de l’agriculture doit être la satisfaction des marchés locaux et nationaux. Une agriculture naturelle, économe et respectueuse des écosystèmes, doit remplacer impérativement l’agriculture productiviste chimique. La place des paysans dans la société, comme gardiens de l’équilibre de la terre, doit être revalorisée. De multiples petites structures à taille humaine produisant une alimentation diversifiée de qualité doivent être privilégiées. Cultiver soi-même son potager ou acheter des aliments locaux, biologiques et de saison sont des alternatives d’avenir.

Afin de lutter contre cette tragédie, trois solutions sont généralement avancées :Le développement durable tenir compte du fait que l’agriculture joue un rôle déterminant dans les stratégies de lutte contre la faim et la pauvreté. En effet, l’agriculture est un moyen de subsistance mais aussi elle génère des emplois et un revenu aux populations rurales.

L’aide et les organismes humanitaires connaissent très bien les causes de ce fléau et peuvent agir sur les différents points qui permettraient de l’éradiquer. La FAO, La croix rouge, planète urgence ou action contre la faim sont des exemples d’organisations impact sur la lutte contre la faim mais leurs actions dépendent des choix politiques engagés par les gouvernements et de leur implication.

Le droit à l’alimentation pour tous est un sujet de préoccupation mondiale où chacun a son rôle à jouer, des ONG aux pouvoirs politiques sans oublier chacun d’entre nous qui à sa façon, ses propres moyens, peut contribuer à cette lutte par un don, une offre de bénévolat, un effort pour préserver les potentialités de la nature. Le droit à l’alimentation est une revendication légitime pour tout être humain.

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Rom Hun

Parisien depuis le début de mes études, un accident coupa la continuité de mes activités et lors de la reprise, l’actualité des médias mainstreams m’apparu dépassée grâce à l’engagement des publications alternatives. C’est dont à chacun de mener sa pierre à l’édifice.

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