Femmes et travail : c’est 50-50 !

Titre original :  Selon une étude récente de l’ISQ – Les femmes et le travail : c’est 50-50 (ou presque)  Portrait de la situation des Québécoises sur le marché du travail au cours des 35 dernières années.
Par Luc Cloutier-Villeneuve et Julie Rabemananjara.  8.03.2016.  Source : http://www.pressegauche.org/spip.php?article25452

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(Que la go-gauche se réjouisse – en 2015 – l’intégration de la force de travail féminine au mode d’exploitation capitaliste est équivalente à celle de la force de travail masculine. Les deux ensembles sexuels, qui composent la classe ouvrière, sont maintenant équitablement exploités et même que de nombreuses femmes, mieux scolarisées, accèdent aux postes de petits boss et même de patronnes  exploiteuses  des  femmes et des hommes prolétaires,  au nom de l’égalité dans l’aliénation de classe.  De quoi réjouir les féministes de tout poils, y compris la mère Payette,  l’ex-première Marois, Manon, Québec Solitaire et toute la go-gauche féministe. La lutte de libération des femmes a enregistré des avancées formidables au cours des trente dernières années au Québec révèle l’enquête de L’Institut de la statistique du Québec.  Le temps approche ou la femme sera davantage opprimée, exploitée, saquée, paupérisée en tant qu’esclave salariée et  comme petite bourgeoise à la solde, que l’homme lui-même. Allégresse dans les chaumières du Québec.  Mieux, ce seront des femmes capitalistes – des « matronnes » féministes – qui procéderont aux exactions de classe contre celles de leur propre sexe… ENFIN l’ÉGALITÉ DANS L’IGNOMINIE DE CLASSE.  Robert Bibeau. Directeur. LLes7duQuébec.com).

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À l’occasion de la Journée internationale de la femme (8 mars 2016), l’Institut de la statistique du Québec publie un portrait du marché du travail et de certaines conditions de travail des Québécoises sous forme de faits saillants et de figures. Au moyen de 19 indicateurs clefs, ce document brosse un portrait des 35 dernières années à partir des données de l’Enquête sur la population active. À noter qu’en raison de la disponibilité des données, certains indicateurs portent sur une période plus courte (voir l’encart méthodologique présenté à la fin du document).

Évidemment, bien des choses ont changé au cours des trois dernières décennies sur le marché du travail avec l’entrée progressive et marquée des femmes. En effet, on peut dire que celles-ci ont fait du chemin à cet égard pour atteindre une plus grande égalité avec les hommes, mais des différences subsistent. D’abord, il convient de souligner que les transformations observées sur le marché du travail se sont faites dans un contexte où les femmes ont accru grandement leur niveau de scolarité en dépassant même les hommes. Par conséquent, elles sont devenues de plus en plus actives et leur nombre d’emplois a augmenté pour se rapprocher de celui des hommes. Quant aux obligations familiales, elles n’ont pas freiné l’accès au marché du travail des mères, mais on doit dire que le fait d’avoir des enfants en bas âge les désavantage encore aujourd’hui sur ce plan par rapport aux pères.

 

Les femmes n’apparaissent pas être plus affectées que les hommes par le chômage et, à l’instar de leurs confrères, ont profité d’une baisse de leur taux au fil du temps. Par ailleurs, une caractéristique qui ressort souvent de la participation au marché du travail des femmes est que ces dernières se retrouvent davantage que les hommes dans l’emploi à temps partiel. Cela est toujours vrai, mais on doit dire que la proportion de travailleuses à temps partiel est demeurée stable depuis le milieu des années 1980. La croissance de l’emploi des femmes au cours des 35 dernières années s’est donc faite essentiellement dans l’emploi à temps plein. En outre, les femmes occupent plus souvent des emplois permanents que temporaires, ce qui leur permet de se rapprocher des hommes à ce chapitre en termes de nombre. Enfin, les travailleuses se retrouvent plus dans l’emploi atypique que les travailleurs et cela s’explique par la plus forte présence de celles-ci dans l’emploi à temps partiel.

Si, historiquement, les travailleuses étaient moins syndiquées que leurs homologues masculins, la situation, aujourd’hui, montre que ce n’est plus le cas. Par ailleurs, lorsqu’on examine le domaine d’activité, on constate que les femmes sont de plus en plus présentes dans le secteur des services à la faveur de la tertiarisation de l’économie, alors que leur taux de présence dans le secteur des biens n’a pas changé. Ainsi, les travailleuses sont devenues majoritaires dans les industries des services, tandis que dans les industries des biens, les travailleurs y sont présents encore en très grande majorité. En ce qui concerne le secteur d’appartenance, bien que l’emploi des femmes ait connu une croissance relativement importante dans le secteur public, c’est en grande partie dans le secteur privé que ces dernières ont investi le marché du travail. Par contre, les femmes sont moins présentes que les hommes dans ce dernier secteur puisqu’elles occupent plus d’emplois dans le secteur public que leurs confrères.

Enfin, au chapitre de la rémunération, les femmes de 25-54 ans ont réussi à diminuer leur retard par rapport aux hommes de façon quasi continue au cours de la période étudiée, tant pour les gains horaires que pour les gains hebdomadaires. Toutefois, les écarts plus marqués s’observent encore sur le plan de la rémunération hebdomadaire, ce qui vient illustrer les différenciations entre les sexes qui persistent en matière d’heures de travail.

 

Emploi

Un des faits les plus marquants du marché du travail des 35 dernières années est la forte progression de la participation des femmes. Ces dernières détiennent près de la moitié de l’ensemble de l’emploi en 2015 comparativement à moins de 40 % il y a 35 ans.

Durant la période, la croissance de l’emploi féminin a été de l’ordre de 86 %, soit environ trois fois et demie celle de l’emploi masculin (25 %).

 

Scolarité des personnes en emploi

Tout en augmentant leur présence sur le marché du travail, les femmes ont accru leur niveau de scolarité. Alors qu’au début des années 1990, moins de la moitié des travailleuses détenaient une scolarité supérieure, soit de niveau collégial technique ou plus, aujourd’hui, plus de 70 % d’entre elles se retrouvent dans cette situation.

Les travailleurs ont aussi vu leur taux de scolarité supérieure s’accroître de façon importante au cours de la période, mais ils demeurent moins scolarisés que les travailleuses.

 

Emploi salarié

Tant chez les hommes que chez les femmes, l’emploi salarié représente la grande majorité de l’emploi. Durant la période, les femmes ont vu leur nombre d’emplois salariés s’accroître d’environ 800 000 et celui-ci est maintenant du même ordre que le nombre observé chez les hommes.

 

Travail autonome

La croissance marquée de l’emploi des femmes s’est également traduite par une plus grande présence dans le travail autonome au fil du temps. Ces dernières en accaparent aujourd’hui environ 40 %. Toutefois, des différences au regard de la catégorie de travail autonome sont observées. Dans l’emploi autonome sans aide rémunérée, les travailleuses occupent presque un emploi sur deux comparativement à environ un sur cinq pour ce qui est de la catégorie avec aide rémunérée. La proportion de travailleuses autonomes sans aide rémunérée suit une tendance à la hausse sur l’ensemble de la période.

 

Taux d’emploi selon la situation familiale

Le taux d’emploi des femmes ayant de jeunes enfants a augmenté de manière appréciable au cours des 35 dernières années pour rejoindre le taux de celles n’ayant pas de responsabilités familiales. Par ailleurs, bien que l’écart dans le taux d’emploi entre les femmes et les hommes qui ont des enfants de moins de 6 ans subsiste, il a fortement diminué au cours de la période.

 

Taux de chômage

Au cours des 35 dernières années, une tendance à la baisse est observée dans le taux de chômage des femmes et des hommes. Ainsi, ce taux avoisinait les 10 % au début de la période pour les deux sexes comparativement à environ 8 % chez les hommes et 6 % chez les femmes en 2015. Ces dernières apparaissent, depuis un certain nombre d’années, moins touchées par le chômage.

Emploi à temps partiel

Malgré la croissance marquée et continue de l’emploi chez les femmes, leur proportion d’emplois à temps partiel demeure relativement stable depuis le milieu des années 1980 alors que près du quart d’entre elles occupent un tel emploi. Ce taux est tout de même plus élevé que celui observé chez les hommes, mais ce dernier affiche une tendance à l’accroissement, en particulier depuis les années 2000.

Les femmes continuent cependant de représenter un fort contingent du travail à temps partiel avec plus des deux tiers de l’effectif.

Raisons de l’emploi à temps partiel

Les femmes invoquent plus souvent que les hommes les obligations personnelles ou familiales comme raison pour travailler à temps partiel. En revanche, ceux-ci semblent plus susceptibles que leurs consœurs de travailler à temps partiel à cause de leurs études. Toutefois, cette raison a pris davantage d’importance chez les femmes entre 2000 et 2015 si bien que ces dernières se rapprochent de leurs confrères. Le choix personnel occupe toujours une place non négligeable parmi les motifs, tant chez les femmes que chez les hommes. Enfin, le temps partiel involontaire est moins présent chez les travailleuses et les travailleurs. En effet, c’est environ le quart dans chacun de ces groupes qui a indiqué cette raison en 2015.

 

Cumul d’emplois

Le nombre de personnes qui ont deux emplois ou plus a progressé au cours des 25 dernières années, notamment chez les femmes. En 2015, on compte environ 100 000 cumulards chez les travailleuses. Ces dernières ont ainsi dépassé les travailleurs à ce chapitre. Toutefois, la part des travailleuses et la part de travailleurs occupant plus d’un emploi demeurent faibles, en représentant près de 5 % de l’emploi total.

 

Durée de l’emploi

En raison d’une croissance relativement soutenue de leur durée d’emploi, les travailleuses à temps plein comblent graduellement leur retard par rapport à leurs vis-à-vis masculins. En 2015, on estime à environ 115 mois (près de 10 ans) la durée moyenne de l’emploi à temps plein chez les travailleuses alors que celle-ci était de l’ordre de 70 mois (environ 6 ans) 35 ans plus tôt. Par ailleurs, depuis le milieu des années 1990, la durée d’emploi moyenne des travailleurs à temps plein demeure relativement stable après avoir connu une croissance au début de cette décennie.

 

Permanence de l’emploi

Tout en augmentant leur présence sur le marché du travail, les femmes ont vu leur nombre d’emplois permanents s’accroître continuellement pour atteindre un million et demi aujourd’hui. Elles ont donc réduit considérablement leur retard face aux hommes à ce chapitre. La croissance de l’emploi permanent chez les femmes a été presque deux fois plus forte que chez les hommes de 2000 à 2015. L’emploi temporaire s’est aussi accru au cours de cette période, mais moins fortement. Le taux d’emplois temporaires se situe aux environs de 14 % à la fois chez les travailleuses salariées et chez les travailleurs salariés. De plus, on compte autant de travailleuses que de travailleurs dans le contingent d’emplois temporaires.

 

Emploi atypique

Environ 4 travailleuses sur 10 occupent un emploi atypique en 2015, c’est-à-dire un emploi qui n’est pas salarié permanent à temps plein. Cette proportion est de cet ordre depuis les 15 dernières années et est plus élevée que celle observée chez les travailleurs. De fait, près de 35 % de ces derniers occupent un tel emploi en 2015. En nombre, on estime qu’il y aurait plus de 740 000 emplois atypiques chez les travailleurs contre environ 790 000 chez les travailleuses.

 

Taux de couverture syndicale

Historiquement, le taux de couverture syndicale est plus élevé chez les travailleurs salariés que chez les travailleuses salariées. Toutefois, en 2015, les taux sont du même ordre : environ 39 % de la main-d’œuvre salariée est syndiquée dans chaque groupe. En nombre, on estime qu’il y aurait aujourd’hui un peu plus de 700 000 travailleurs syndiqués comparativement à un peu plus de 680 000 chez les travailleuses.

 

Emploi dans le secteur des biens et celui des services

L’emploi des femmes a plus que doublé dans le secteur des services passant de près de 850 000 en 1980 à environ 1 800 000 en 2015. Cette hausse rend compte des changements s’étant produits sur le marché du travail chez les femmes puisque l’emploi dans le secteur des biens est resté relativement stable. Environ 9 emplois féminins sur 10 sont du domaine des services. À la faveur de la tertiarisation de l’économie, les hommes ont également connu un accroissement non négligeable de leur nombre d’emplois dans les services, mais de moindre ampleur. En parallèle, l’emploi dans les biens chez ces derniers a fluctué durant la période avec des pertes importantes toutefois au début des années 1980 et 1990, soit celles coïncidant avec les récessions.

 

Emploi dans les secteurs public et privé

De 1980 à 2015, il s’est ajouté deux fois plus d’emplois salariés féminins dans le secteur privé que dans le secteur public. Dans le premier cas, on estime la croissance à près de 520 000 comparativement à un peu plus de 260 000 dans le second. Les hommes sont toujours majoritaires dans l’emploi du secteur privé, mais ce sont les femmes qui dominent pour le secteur public.

 

Taux de rémunération horaire (en dollars courants)

Au cours de la période 2000-2015, la rémunération horaire moyenne des travailleuses salariées à temps plein âgées de 25-54 ans s’accroît de près de 60 % pour s’établir à environ 25 $ en 2015. Cela équivaut à une augmentation moyenne annuelle de l’ordre de 3 %. Même si les travailleurs salariés à temps plein du même groupe d’âge ont une augmentation moins forte durant la période, soit d’un peu plus de 40 %, ils sont toujours avantagés sur le plan de la rémunération horaire.

 

Heures de travail

En 2015, un peu plus de la moitié des travailleuses salariées à temps plein font des semaines de travail de 35 à 39 heures, une proportion plus importante que celle notée chez leurs collègues masculins. En effet, près de la moitié d’entre eux ont des semaines de travail de 40 heures. Par ailleurs, les longues heures de travail (plus de 40 heures par semaine) sont peu observées chez les travailleuses salariées mais ce type d’horaire concerne environ 1 travailleur salarié sur 10.  (À quand l’équité dans l’exploitation de longues heures de travail pour la femme, féministe, tout autant que pour l’homme, hoministe?  NDLR).

 

Regroupements professionnels

Les professions liées à l’enseignement, au droit et aux services sociaux, communautaires et gouvernementaux se sont féminisées au fil du temps.

Le taux de présence des travailleuses est de plus de 50 % dans 5 grands regroupements professionnels sur 10. C’est dans le domaine de la santé que l’on retrouve le plus de travailleuses en proportion (80 %). Les professions comprises dans l’enseignement, le droit, les services sociaux, communautaires et gouvernementaux sont celles qui se sont le plus féminisées au cours des 25 dernières années ; en 2015, les travailleuses représentent 70 % de l’effectif. Cette proportion est similaire à celle notée dans les professions des affaires, de la finance et de l’administration. À l’opposé, les travailleuses demeurent peu présentes dans les professions des métiers, du transport, de la machinerie et domaines apparentés de même que dans celles liées aux ressources naturelles, à l’agriculture et aux produits connexes. Environ le quart des emplois dans le domaine de la fabrication est le fait des travailleuses et ce taux a décliné durant la période. Un taux de présence du même ordre est observé chez les travailleuses des professions des sciences naturelles et appliquées et il semble avoir augmenté de 1990 à 2015. Les femmes sont un peu plus présentes dans les domaines de la vente et des services et des arts, de la culture, des sports et des loisirs. Enfin, environ le tiers des emplois liés à la gestion sont occupés par des femmes. Celles-ci sont toutefois sous-représentées dans ce dernier regroupement étant donné qu’elles comptent pour près de 50 % de la main-d’œuvre totale.

Pour consulter l’étude complète :
Cap sur le travail et la rémunération – 3 mars 2016
http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/travail-remuneration/bulletins/cap-remuneration-201603.pdf

 

Voir aussi :
Annuaire québécois des statistiques du travail, 2005-2015 2 mars 2016
http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/travail-remuneration/annuaire-v12.pdf

 

 

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