La bataille de carillon en 1758

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(Le tableau nous montre Abercrombie qui ne sait pas, et surtout, ne peut pas imaginer, ce qui l’attend de l’autre côté du lac).

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ANDRÉ LEFEBVRE      Voici donc, la tenue de nos ancêtres qui se sont illustrés dans l’extraordinaire victoire « française » de la bataille de Carillon menée par Montcalm selon les données de différents rapports de l’époque.

Commençons par voir les effectifs du côté de la Nouvelle France :

Dans tous les régiments de l’armée présents à Carillon, on comptait 3,091 soldats français. Le dénombrement officiel en est très précis. Pour les Canadiens, il est beaucoup moins précis. Les combattants canadiens étaient formés de la compagnie franche de la marine = 150 hommes (à l’extrême gauche), la milice canadienne = entre 250 et 650 hommes (également à l’extrême gauche), et environ 400 « coureurs de bois » plus 300 Abénakis (à l’extrême droite près du chevalier de Lévis, Ils devaient ralentir le débarquement par leur tir précis).

Il y avait donc au moins 800 canadiens sinon, au plus, 1,200 combattants canadiens sur place (c’est dire plus du quart des effectifs). Le total des combattants n’était donc pas de 3,600 mais, au minimum 3,891 et au maximum 4,291 combattants à Carillon sous les ordres de Montcalm. C’est peut-être là, une confirmation des affirmations des « officiers colons » qui réfutaient le nombre de tués au combat après la bataille.

Remarquons tout de suite, et on le verra bien un peu plus loin, que toutes les descriptions de la bataille laissent entendre clairement que la victoire est due aux combattants qui se tenaient aux extrémités de la ligne de défense française.

L’armée anglaise forte de 16,000 soldats se dirige vers Carillon où l’attend 3,600 combattants de Nouvelle France. La bataille eut lieu le 8 juillet 1758. Ce fut paraît-il une grande victoire « française » qui, selon Montcalm, tenait du « miracle ».

Victoire miraculeuse, peut-être pour lui, parce qu’il détestait la façon « canadienne » de combattre ; mais on peut quand même découvrir la raison de ce « miracle » chez certains auteurs qui décrivent, très « parcimonieusement » cependant, le comportement des Canadiens durant la bataille.

Pour ceux qui n’ont pas lu tous les rapports qui existent de cette bataille, ils peuvent constater facilement que le seul facteur qui ait pu expliquer ce « miracle », impossible aux yeux de l’armée anglaise autant qu’à ceux de l’armée française, est le seul facteur qui leur était inconnu. C’est à dire : « la façon de combattre des Canadiens et des Amérindiens ». On ne peut rien trouver d’autre pour justifier ce « miracle ».

Bibliothèque canadienne, Journal historique prop M. Bibaud, volume 9

 » Sur le 4 heures le feu se ralentit un peu. Le général Abercrombie avait laissé une réserve de six mille hommes à la chûte : il en fit venir cinq mille, qui joints aux autres, recommencèrent le combat désespéré ; mais la défense ne fut pas moins opiniâtre que la première fois. Enfin le commandant anglais, voyant qu’il n’y avait pour lui aucune espérance de succès, et que s’opiniâtrer plus longtemps c’était s’exposer à une défaite totale, prit le parti d’ordonner la retraite. Les derniers Anglais qui tinrent ferme, furent ceux de la colonne du penchant de la côte, et ce furent les Canadiens, sortis de leur retranchements qui eurent l’honneur de les mettre en pleine retraite. Ils rentrèrent dans leur camp à 9 heures du soir, avec trente prisonniers.
La perte ds Français fut d’environ cinq cents hommes tués ou blessés et celle des Anglais de quatre à cinq mille…
« 

« MM. de Lévis et de Bourlamaque y donnèrent aussi des preuves éclatantes de zèle, de bravoure et d’habileté. Ce fut le premier qui dirigea les mouvements des Canadiens contre la colonne de gauche des Anglais.« 

Bon jusqu’ici ce sont les Canadiens qui ont gagné ce combat dirigé par Lévis. Voyons ce qu’en dit Lévis lui-même dans son journal des campagnes en Nouvelle France. On remarquera qu’il est obligé d’être assez « discret » au sujet des combattants canadiens.

« … et ordonna à la colonne qui occupait la plaine de faire une sortie par les bois pour donner de l’inquiétude à l’ennemi par ses derrières, ce qu’il fit répéter plusieurs fois pendant tout le temps que l’ennemi attaqua la droite des hauteurs.« 

Il faut savoir que cette « colonne » qui occupait la plaine était formée de Canadiens qui n’avaient pas eu le temps de construire complètement leurs défenses.

 » À la gauche, une colonne se présenta pour attaquer ; mais, dans cette partie ainsi qu’à celle de la droite, notre feu fut si vif que la colonne ennemie ne put paraître à la sortie du désert que par pelotons qui s,approchèrent par différents fois jusqu’à vingt pas des retranchements, mais qui, accablés par notre feu, furent toujours dispersés ou détruits. « 

Encore une fois, si les ennemis ne pouvaient s’approcher que par pelotons à leur sortie du « désert », c’est que dans ce « désert » ils rencontraient des combattants canadiens à l’affût. Ajoutons que ceux qui « accablaient l’ennemis « par notre feu » ; ceux qui sont à droite et ceux qui sont à gauche, ce sont encore les Canadiens.

Le comte de Malartic est, lui aussi, aussi discret :

« M. le chev. de Lévis se porta à propos avec le régiment de la Reine derrière celui de Guienne, où l’ennemi en force paraissait vouloir faire des progrès ; il l’arrêta et envoya ordre aux Canadiens de sortir du bois de réserve pour inquiéter le flanc gauche de l’ennemi. Vers les 5 heures et demie. leur feu commença à se ralentir. On laissa sortir quelques soldats qui firent quelques prisonniers. À 6 heures, les ennemis firent une nouvelle tentative qui ne leur réussit pas mieux que les premières. Ils commencèrent leur retraite à 7 heures, laissant leurs meilleures troupes pour la protéger ; la fatigue et le peu de troupes que nous avions ne permirent pas à nos généraux de la troubler.« 

Quant à Desandrouins, voici ce qu’il raconte :

« Les ordres de Montcalm étaient, entre autres :

1- Les Canadiens et troupes de la Colonie seront « fort attentifs sur ce qui se passe à droite, dans la trouée qu’ils doivent garder ».


2- Les volontaires se porteront aux issues ou « sorties des retranchements, pour faire des sorties lorsqu’on leur on donnera l’ordre ».


3- Les Canadiens, campés dans la trouée ou bas fond, marcheront en avant en s’éparpillant.derrière les arbres pour soutenir cette partie ; « et s’ils sont dans la nécessité de se retirer, ils se retireront en arrière, en s’appuyant cependant un peu sur la droite du régiment de la Reine ».
« 

Et voici ce qu’il dit de la bataille du 8 juillet :

« La colonne anglaise de droite (gauche des Français), se détournant un peu de son point d’attaque, tenta plusieurs fois inutilement de pénétrer par la trouée, que gardaient les volontaires Bernard et du Prat, avec la compagnie de grenadiers qui avait été envoyée à leur secours. Mais les volontaires et les grenadiers se défendirent à merveille. »

Cette trouée était celle gardée par les Canadiens selon l’ordre de Montcalm no 1 plus haut. Comme Montcalm avait placé des Canadiens sur la gauche et sur la droite et qu’il n’avait pas tellement confiance en eux (où peut-être était-ce, plutôt, qu’il était inquiet pour lui et ses soldats du centre), il envoyait Desandrouins de part et d’autres pour les nouvelles.

« Il m’envoya plusieurs fois voir si l’on avoit « besoin de secours. Mais partout où j’arri vois, on me répondoit : — Nous n’avons pas besoin de secours icy ; mais qu’on prenne garde si l’on n’auroit pas besoin ailleurs. — Tant il est vray qu’on est plus occupé des autres endroits que du sien même ; et qu’on peut présumer que les plus braves n’eussent pas tenu leurs postes, s’ils eussent cru l’ennemy dans l’une des deux plaines, prêt à nous tourner. Mais l’ennemi n’avançait nulle part, ni à notre centre où se trouvait Montcalm, ni sur notre droite, ni sur notre gaucho, ni dans les plaines. »

Un tout petit détail passé inaperçu :

« Pendant que ceci se passait à notre droite, berry, qui était aux trois quarts composé de jeunes soldats, faiblit au centre et abandonna même le parapet : — Vite les compagnies do grenadiers !… »

D’accord pour le secours des 50 grenadiers en réserve mais, je retiens que, inquiet de ses flancs où se trouvent les Canadiens, ce sont ses soldats à lui, ceux du centre de Montcalm, qui flanchent et quittent le parapet.

Plus loin Desandrouins dit quand même :

« La gauche, de même que notre droite et notre centre , se soutint avec la dernière fermeté, malgré les attaques réitérées et successives des ennemis.« 

Et c’est à l’extrême gauche que l’on trouvait les combattants canadiens (Cie de la marine et la milice canadienne, tandis qu’à l’extrême droite se trouvaient les 400 coureurs de bois et les 300 Abénakis, près de Lévis.

Abercrombie décide alors d’y mettre le paquet avec deux autres colonnes :

« Le choc fut terrible. Elles allèrent d’abord heurter le saillant où Guyenne appuyait sa droite, et Béarn sa gauche. Devant cette furieuse attaque, le chevalier de Lévis fit aussitôt renforcer le point attaqué par le bataillon de la Reine, et ordonna aux Canadiens de sortir de leurs retranchements, et de prendre les Anglais en flanc ».

Cette description de Desandrouins devait se faire selon sa façon à LUI de combattre. C’est-à-dire de sortir de derrière les arbres et s’avancer dans la plaine. Ce n’était pas la façon de combattre des Canadiens. C’est pourquoi il poursuit et prouve qu’il ne comprend rien des combats en forêt, en disant :

« Mais les Canadiens, qui ne tenaient pas à s’exposer en plaine, mirent de la mauvaise volonté à exécuter cette sortie. En vain, des officiers de la Reine se mirent à leur tête : il n’y en eut que quelques-uns qui fusillèrent les Anglais à travers les arbres  ».

Et pourtant il ne cache pas le résultat de l’opération, même s’il ne la comprend pas, puisqu’il la qualifie d’une « espèce de défection » ; laissant entendre que cela n’en était pas une :

« Malgré cette espèce de défection, les trois bataillons, par leurs feux vifs et réguliers, n’en repoussèrent pas moins les Anglais, qui laissèrent encore quelques centaines de morts sur place ».

Ce qui n’est pas expliqué ici est que les Canadiens auxquels s’adressait Lévis étaient ceux qui avaient mission de retarder le débarquement avec leur tir. Ce sont ceux-là qui, tournant le dos au lac, canardèrent les anglais qui attaquaient le retranchement français. La puissance de feu de 400 coureurs de bois, ajoutée d’un seul coup au combat principal, fit perdre la tête aux attaquants anglais qui prirent leurs jambes à leur cou.

Lorsque les Anglais battent en retraite d’un seul coup, les soldats français ne peuvent y croire :

« Les Français n’osaient croire à leur victoire. Une si nombreuse armée reculer devant une poignée de soldats ! C’est impossible ! La retraite des Anglais est une feinte. Ils reviendront le lendemain, la nuit même, après quelques » heures de repos, rendus plus furieux par leur échec. »

Ce qu’ils ne comprennent pas c’est l’efficacité du tir des Canadiens qui ne rate jamais sa cible. Les soldats français tiraient sans viser se fiant à la volée de balles tirées l’une près de l’autre par une rangée de soldats. Ils n’avaient jamais besoin de viser. Et même si on leur disait de tirer à coup sûr, ils ne savaient pas viser au départ. Aussi sont-ils surpris de voir :

« Et pourtant, autour de ces retranchements, gisaient 4 ou 5.000 uniformes rouges. Au fracas de la fusillade, aux mille bruits de la bataille avait succédé, sur ce champ de carnage, comme un immense murmure sourd et confus, fait de cris faiblissants, de courtes vociférations, de paroles inachevées, de plaintes douloureuses, de gémissements étouffés, auxquels répondaient les appels lugubres des oiseaux de proie. Parfois, dans le crépuscule de cette magnifique nuit de juillet, des ombres se soulevaient de terre, faisaient quelques pas, puis retombaient, poussant un cri plaintif ! Oh ! c’était bien fini !  »

On se rend compte par son commentaire que Desandrouins n’est pas celui qui a eu le moins peur. Et pour éviter la trop grande reconnaissance des combattants canadiens, Desandrouins se permet d’ajouter :

« Il n’y eut pas de braves sorties, dit le capitaine Desandrouins. Le chevalier de Lévis a voulu se faire honneur d’une prétendue sortie qui n’a jamais eu lieu ; et l’ayant débité à tout le monde, a jeté en grande erreur tous ceux qui n’étoient pas précisément avec lui. »

On se rend compte, ici, que Desandrouins parle des derniers instant du combat où le chevalier de Lévis s’est écrié « En avant Canadiens ! » et que la pluie de balles précises de ces tireurs d’élite fit perdre la tête des attaquants anglais qui voyaient leurs compagnons tomber autour d’eux.

Desandrouins donne les pertes et ne semble pas y croire. Du côté français 61 (dont 10 canadiens) tués et 86 blessés. Du côté anglais de 4 à 5 milles soldats. Je pense qu’il ne semble pas y croire car il dit :

« Et cependant, il n’y eut ni assaut, ni mêlée ; et nos soldats n’étaient pas 3.600 ! Mais de notre côté les feux étaient si bien ménagés et le tir si juste que presque chaque coup portait  ».

On se rend bien compte qu’il n’a jamais vu du tir aussi « juste » de sa vie et qu’il n’a jamais combattu où il n’y avait ni assaut, ni mêlée.

Nous savons tous que la façon de combattre des Canadiens ne plaisait pas aux officiers français et ce jusqu’à Montcalm. Après la bataille de carillon, Desandrouins parle de la jalousie des Canadiens et des tracasseries suscitées à Montcalm. Dans ses propos on perçoit l’opinion des Canadiens sur la façon dont ils sont employés par les autorités françaises.

« En France, l’orgueil national fut flatté au suprême degré… Au Canada, la joie sans doute fut grande aussi. Mais, immédiatement parurent les envieux, les jaloux, les détracteurs de la gloire du général français et de ses soldats ».

J’ai plutôt l’impression que les Canadiens défendaient la gloire de leurs combattants beaucoup plus que démontrant de la jalousie de la gloire du général français et de ses soldats.

Quant au traitement des Canadiens par les soldats français, il faut se rappeler que les soldats français avaient accaparé toutes les haches disponibles pour construire leurs abattis et que les Canadiens n’en eurent que très tard à leur disposition. Ce qui les obligea à se terrer dans les buissons. La population canadienne était forcément au courant. D’ailleurs ce genre de traitement n’était pas nouveau pour tous les Canadiens.

On sait que Vaudreuil avait envoyé du renfort à Carillon qui, malheureusement arriva après la bataille. Mais on n’acceptait pas qu’ensuite, Montcalm n’ait pas poussé l’offensive avec ces forces fraîches.

« A Québec, on disait hautement « que c’étoit un grand malheur que M. de Montcahn n’ait point empêché les Anglois de prendre position au fond du lac Saint-Sacrement . . . Tout Québec (excepté quelques gens qui à peine l’osent dire ouvertement) crie contre M. de Montcahn de ce qu’avec environ 12.000 hommes, que lui a envoyés M. de Vaudreuil , il est resté dans l’inaction ; qu’il ne tenoit qu’à lui de pousser les ennemis jusqu’au lac Saint-Sacrement , et de les défaire entièrement … »

Ici Desandrouins exagère volontairement avec son 12,000 hommes envoyés par Vaudreuil ; mais, personnellement, j’ai beaucoup de difficulté à ne pas être d’accord avec mes ancêtres. « On doit battre le fer quand il est chaud ». Les Anglais en déroute ne pouvaient absolument pas récupérer assez rapidement pour continuer leur « conquête ». Il faut se rappeler que toute l’armée anglaise était à Carillon et qu’elle était battue. Ce qui ne pouvait être une victoire définitive si on relâchait la pression.

Desandrouins spécifie bien ce que disent les Canadiens :

« Ah ! il me semble, continue Desandroilins , les entendre dire : — Si nous eussions été là 3 ou 4 mille Canadiens ou Sauvages, il n’en soroit pas échappé un seul ; et nous aurions profité de leurs vivres, de leur artillerie et de leurs munitions ! … »

« A Montréal, l’opinion publique se partageait : Les uns, stratégistes de chambres, « soutenoient que les François avoient eu grand tort d’abandonner , avant la bataille , le Portage et la Chute ; qu’avec 200 Canadiens ou Sauvages on les eût défendus ; et qu’enfin on ne pouvoit plus mal faire que de confier la défense de la Colonie à des troupes de France. Les autres, et principalement les femmes, répondoient qu’on avoit livré de pauvres bataillons aux ennemis. Les esprits étoient tellement échauffés qu’on se disputoit publiquement, jusqu’au sortir de l’Eglise. . .

Mauvais propos tenus par les officiers colons, au sujet de l’affaire du 8. Ils contestent le nombre des ennemis, le nombre des morts qu’ils prétendent n’être que de 400, et l’utilité des troupes de France. — On s’en étoit bien passé jusqu’à présent , et jamais on n’avoit été vaincu !« 

On doit avouer que cette dernière remarque de la part des « officiers colons » était parfaitement exacte depuis les débuts de la colonie.

« On voudrait, dit encore Desandroûins, que ce fut eux qui eussent tout fait. . . »

C’est presque ce que nous avons vu jusqu’ici au sujet de cette bataille « miraculeuse » de Carillon.

« Le marquis de Vaudreuil lui-même, qui avait la faiblesse d’être jaloux de Montcalm, semblait le croire. »

Peut-être était-il moins jaloux qu’on ne le dit et qu’il connaissait plutôt la façon qu’il fallait se battre au Canada pour gagner la guerre ? Les Canadiens gagnaient depuis le début de la guerre de sept ans, pendant que les soldats français restaient réfugiés à Montréal et à Québec sauf pour l’attaque du fort William Henry et Carillon. Ce n’est que lorsque Montcalm eut reçu la priorité des décisions sur Vaudreuil et qu’il rappela tous ses effectifs de l’ouest pour les concentrer sur le Saint-Laurent, que la colonie se mit à perdre.

Mais comment Desandrouins s’enquit-il de combattre ces opinions canadiennes qui finirent par l’exaspérer ? Il fit comme la plupart et se mit à salir la réputation des Canadiens qu’il n’aime pas du tout :

« Il ne les aime pas et ne perd aucune occasion de leur marquer son antipathie. Il les montre aussi vantards qu’ingrats, et raille leur bravoure. Il pousse l’ironie jusqu’au sarcasme, et ne craint pas de dire d’eux : « Je les croyois fripons d’argent, mais je ne savois pas qu’ils le fussent d’exploits guerriers ! » Enfin , il va jusqu’à douter de leur courage ».

Quand on sait que le « fripon d’argent » de l’époque était un français qui s’appelait « Bigot » on est assez bien éclairé sur l’honnêteté intellectuelle de Desandrouins.

Il veut tellement salir nos combattants qu’après avoir dit plus haut que les Canadiens ne firent jamais de sortie contre les Anglais, il se trahit lui-même en disant :

« Ils firent une sortie à la fin de l’action : mais « quelle sortie ! Encore ne sortit-il que les plus braves qui se sont contentés de fusiller de loin sur les Anglois, d’arbres en arbres. »

Il ajoute, complètement exaspéré :

« Ignorent-ils donc, s’écrit-il, qu’aucun d’eux, quel qu’il puisse être, n’ose se présenter en face d’un fusil , s’il n’est caché par un arbre triple de sa grosseur ?« 

Alors là, il a raison. Les Canadiens ne sont pas des imbéciles.On se rend compte, ici, que le courage aux yeux d’un officier français de l’époque est de faire en sorte de recevoir une balle ennemie dans le front.Heureusement que l’armée française actuelle a compris la notion des Canadiens d’antan.

Montcalm complètement écoeuré de l’opinion des Canadiens :

« … il avait , après sa victoire de Carillon , demandé son rappel en France. »

C’est à se demander si les Canadiens n’avaient pas raison à ses yeux.

Desandrouins parle ainsi de Vaudreuil :

« Comme tous les esprits bornés, de son cabinet il veut conduire la guerre, drosser des plans do campagne et diriger les opérations. Sa toquade, qu’on me permette cette expression, sa toquade, après Carillon, était de pousser en avant. Il gourmandait l’inactivité de Montcalm ; il l’accusait d’avoir peur ! Il aurait fallu couper les communications de l’ennemi ; intercepter ses convois ; occuper le lac Saint-Sacrement ; envoyer de gros détachements vers Lydius : à quoi le marquis de Montcalm répondait qu’il ne pouvait « intercepter des convois qui n’existaient pas » ; et que ce serait folie d’abandonner la position de Carillon pour aller, sans soutien, se planter sur les ruines du fort William-Henry. »

Ces convois « qui n’existaient pas », les Canadiens les interceptaient depuis le début de la colonie. Encore une fois, je donne raison à Vaudreuil. Il faut également prendre conscience que malgré l’opinion de Montcalm de ne pas abandonner Carillon, c’est exactement ce qu’il fait rapidement en rappelant tous les combattants à Québec où il voulait attendre les Anglais.

Desandrouins se plaint des Canadiens et des « sauvages » à un tel point qu’on se demande pourquoi il ajoute …

« Cependant, malgré ces griefs, on continua à se servir des Sauvages tant qu’on les eut sous la main , et des Canadiens ; des Canadiens surtout qui, après tout, étaient Français d’origine et se battaient autant pour leur indépendance que pour la mère-patrie ; ou continua, disons-nous, à se servir des Sauvages et des Canadiens ; tout comme Montcalm, malgré les tracasseries et les injustices dont il fut l’objet, continua à servir la France, au Canada.  »

La réponse est assez simple; c’est que Canadiens et Amérindiens sont de la « chair à canon ».

Sans le vouloir Desandrouins compare le soldat français discipliné au combattant canadien libre où on perçoit facilement son admiration pour ce dernier :

« Mais il n’y avait que les Français qui sussent être ainsi à la fois ouvriers et soldats. Les Canadiens , ni surtout les Sauvages , ne se seraient jamais pliés à ce rude service. A eux il fallait la vie dans les grands bois, la vie d’aventures, la guerre de surprises et d’embuscades , où l’ouïe et les yeux jouent un si grand rôle ; où on tend des pièges et on chasse à l’homme comme à la bête fauve ; où le succès appartient au plus patient, au plus rusé , au plus adroit, au plus leste à courir, au plus habile à se dissimuler, au plus intrépide à se montrer et à braver le péril, suivant les occasions. « 

Bon ! Il ne devait pas être présent lors de la prise du fort William Henry où ce sont principalement les Canadiens qui creusèrent les tranchées. Mais il continue sa critique en disant :

« Cependant on leur adjoignait presque toujours, outre des officiers français pour les commander, quelques piquets des deux compagnies de volontaires qui formaient pour ainsi dire le noyau de ces reconnaissances. Elles étaient parfois poussées très loin, non seulement sur les rives du Saint-Sacrement, mais jusqu’aux ruines du fort William-Henry, et même jusqu’autour du fort Lydius. Si on y perdait quelques hommes, on y faisait toujours quelques chevelures, et on en ramenait parfois un ou deux prisonniers que l’on faisait causer, et qui ne disaient rien de vrai. »

En fait les officiers français ne commandaient pas et surtout ne participaient que rarement à ces reconnaissances. Seul Langis, lorsqu’il commandait, parvenait à recruter certains volontaires parmi les soldats français. C’était les chefs des « piquets volontaires » qui dirigeaient les reconnaissances en question et qui commandaient. Et ces « volontaires » étaient toujours des canadiens.

Il semble que Desandrouins pense que seuls les soldats français avaient une valeur certaine ; mais, curieusement, les indiens ne sont pas heureux, eux non plus, du comportement des soldats français :

« Ils se plaignent que leur Père les a maltraités ; qu’enflé de sa victoire, il a cru pouvoir se passer d’eux. Certes, il ne devoit rester, à ces hommes, si vains et si glorieux naturellement, que le regret de ne s’être pas trouvés à la bataille du 8. Point du tout. Ils volent notre vin, nos prévisions, et se fâchent si on les en empêche ; vont faire une course dans les bois, et veulent partir sous prétexta de reproches  ».

Évidemment, Dessandrouins a sous la main les « responsables » de ces problèmes que les soldats français ont avec les « sauvages » :

« Du reste, l’opinion générale était que les Interprètes, gagnés par les Anglais, engageaient eux-mêmes les Sauvages à nous abandonner. Non seulement ils ne faisaient rien pour réprimer leur indiscipline, mais ils les excitaient sous mains. « 

Desandrouins , ici, va jusqu’à accuser les Canadiens de trahison. C’est assez surprenant lorsqu’on pense au fait prouvé que la majorité des Français, depuis le début de la colonisation, voulait se débarrasser du Canada.

« On a tout lieu de croire, ajoute Desandroûins, que tous ces désordres pourroient être arrêtés par les Interprètes et par les officiers attachés aux Sauvages… »

« D’ailleurs, « on ne sauroit douter que les Interprètes n’entrent pour beaucoup en tout cela… »

Évidemment, les interprètes et les officiers attachés aux sauvages sont tous Canadiens.

Voyons si nos Canadiennes n’avaient pas un peu raison au sujet de la façon dont on se servait des combattants canadiens. Qui de mieux que Montcalm pour nous le démontrer.

Dans sa « relation de la défense des retranchements sur la hauteur de Carillon » que Montcalm a écrit lui-même semble-t-il, on lit, lorsqu’il retraite du camp de la chute, lieu de l’escarmouche avec les Anglais en date du 6 juillet :

 » M. le Marquis de Montcalm avec un air tranquille et assuré donna ordre au major général de tout disposer pour faire sa retraite en présence de l’armée anglaise : quand cet ordre fut exécuté, on coupa le pont et on fit défiler par bataillon suivant leur rang. Le bataillon de la Reine fermait la marche et derrière lui étaient les Canadiens ou troupes de la colonie, les brigades de Raymond, de St-Ours, de Lanaudière et de Gaspé ; ces quatre brigades formaient l’arrière-garde de la retraite avec des découvertes (éclaireurs) sur les ailes. M. le marquis de Montcalm fut toujours avec elles jusqu’au moment où on arriva sur les hauteurs de Carillon où il fit camper son armée aux environs où il voulait faire ses retranchements, et ordonna aux Canadiens de prendre le bas du terrain pour leur campement. Toute l’armée resta sous les armes et coucha au bivouac.« 

Ce que je remarque ici est que, lors du déplacement de l’armée, les Canadiens sont placés « en tampon » entre les soldats français et l’armée anglaise. J’ajouterai que les soldats français se réfugient sur les hauteurs de carillon pendant que les Canadiens sont ordonnés de camper sur le bas du terrain. Évidemment c’est là où les Anglais doivent se présenter en premier pour attaquer. Remarquez que le danger est imminent puisque toute l’armée coucha sous les armes.

Plus loin il nous raconte que les soldats français se démènent pour faire leur retranchement et leur abattis. Il ajoute :

« …retrancher le 7, à midi, n’ayant pu avoir de haches plus tôt : leur retranchement prenait au bas de la petite montagne où était le régiment de la Reine, un peu en arrière en le faisant continuer à la rivière de Saint Frédéric. « 

Non seulement ils n’ont des haches que lorsque les soldats français ont terminé leur retranchement, mais les Canadiens sont installés au bas de la montagne où l’attaque se fera.
Heureusement que :

 » Dans la nuit du 7 au 8 arriva heureusement M. le chevalier de Lévis avec huit piquets d’élite des troupes de terre qui avaient été destinées à une autre expédition par M. le marquis de Vaudreuil, qui changea d’avis à la nouvelle de la marche de cette formidable armée.« 

C’était Lévis avec ses Canadiens qui venait d’arriver en renfort vers le matin. C’est Pouchaud qui était arrivé avec des soldats français durant la nuit.

Il donne aussi la disposition de ses forces :

 » M. de Lévis était à la droite, M. de Bourlamaque à la gauche, M. le marquis de Montcalm s’était placé au centre : ce général avait en réserve les huit compagnies de grenadiers et des piquets pour le porter au besoin pendant le combat.« 

Ajoutons un détail trouvé dans le volume 1 du « Le Canada-français » :

« Deux compagnies de volontaires gardaient la berge de la rivière. Du côté de la plaine, à droite, furent placées les troupes de la colonie.« 

Ces deux compagnies de volontaires étaient des Canadiens dont Langis et Langlade qui avaient pour mission de retarder le débarquement en canardant les Anglais dans leur bateaux.

Rappelez-vous plus haut que le centre où était Montcalm, a fléchit à un certain moment selon Desandrouins.

Montcalm enchaîne en disant :

 » La colonne du penchant de la côte, où était le régiment de Montagnards écossais qui venait presque en front des canadiens, à leur première ou seconde décharge se replia entièrement sur la Reine, en montant la montagne pour forcer ces retranchements : cette colonne essuya le feu du régiment de la Reine en tête et celui des Canadiens en écharpe. Jamais combat ne fut si opiniâtre et ne dura si longtemps : c’était un feu des plus vifs et continué de la droite à la gauche.« 

Montcalm parle ici du comportement des Canadiens qui, selon Desandrouins sont des pleutres et des lâches.

Continuons l’histoire de ces lâches à Carillon, selon Montcalm :

« …pendant le combat M. de Lévis qui était à portée des canadiens en fit venir à différentes fois des retranchements pour fortifier les endroits qui lui paraissaient affaiblis ; après quoi il envoya le sieur d’Hert, capitaine aide-major de la reine pour engager les Canadiens à faire des sorties sur cette colonne au penchant de la côte, laquelle combattait toujours avec acharnement. Les 4 brigades canadiennes commandées par les sieurs de Raymond, St-Ours, Lanaudière et Gaspé, alternativement, firent des sorties sur cette colonne en la prenant par derrière et lui tuèrent beaucoup de monde.« 

Tiens tiens !!! Cette épisode est celle où Desandrouins dit que les Canadiens ont refusé de faire la sortie commandée et dont seulement quelques uns se sont contenté de tirer quelques coups de feu cachés derrières des arbres. Montcalm dit « alternativement » parce que lorsqu’une brigade a tiré son coup de feu, l’autre la remplace pour permettre de recharger.

Mais ce n’est pas tout :

 » Le chevalier de Lévis sur les 8 heures du soir, voyant une grande fusillade de la part de l’ennemi du côté de la montagne, fit crier à tous les Canadiens de sortir de leurs retranchements pour aller faire reculer ceux qui faisaient encore ferme dans cette partie.« 

Donc il s’avère exact que Lévis, voyant le danger s’est écrié « En avant Canadiens ! »

Après ce mouvement contre-offensif des Canadiens les Anglais :

 » Ils prirent la fuite après quelques décharges ; les Canadiens rentrèrent à 9 heures du soir dans leurs retranchements ; depuis une heure après midi jusqu’à ce moment, ils prirent 30 Anglais prisonniers dans les différentes sorties.« 

Les Canadiens avaient poursuivit la contre-offensive jusqu’à 9 heures du soir. Le texte de Montcalm conclut :

 » Voilà le précis véritable de ce qui s’est passé à cette grande et mémorable journée. Les Anglais ayant abandonné le combat, retournèrent à leurs berges avec précipitation laissant bien des effets. »

J’ai relus deux fois ce compte rendu de Montcalm car après la première fois, j’avais l’impression que c’était les Canadiens qui avaient combattu avec le plus d’intensité et le plus de risques. Ma deuxième lecture n’a pas pu changer mon opinion.

Je reviens avec le texte du « Le Canada-français » volume 1 :

 » À un certain moment nos troupes entendent une vive fusillade, en arrière de leurs positions, vers le sud-est. Qu’y a-T-il ? Les ennemis auraient-ils tourné le retranchement ? Non, non, Montcalm a tout prévu. Abercromby a bien tenté cette manœuvre en envoyant des barques chargées de soldats sur la rivière à la chute, espérant faire débarquer ceux-ci sans coup férir Mais les volontaires de Bernard et Duprat sont à leur poste et les reçoivent à coup de fusil. Le canon du fort se met de la partie ; deux barques sont coulées à fond, le reste prend la fuite.« 

Je répète que les « volontaires » étaient Canadiens.

Et voici, finalement, une version du clou de la bataille que je vous laisse savourer :

 » Soudain une puissante rumeur éclate vers notre droite. Deux colonnes ennemies se sont réunies pour tenter contre ce point un effort désespéré. C’est l’élite de l’armée anglaise qui se rue sur nos retranchements, défendus par la Reine, Béarn et Guyenne. Le formidable 42e est là. Les montagnards d’Écosse, reconnaissable à leurs jambes nues et à leur costume bizarre, combattent avec une impassible bravoure et une froide ténacité. Rien ne les arrête ; ils vont, ils franchissent l’abatis, ils avancent toujours, semant leur route de cadavres et de sang ; ils sont au pied des retranchements. Toute l,armée sent que l’heure décisive est arrivée. « À droite, à droite, tirez à droite » crient nos soldats. Lévis voit le danger sans trembler : l’auréole de sainte Foye semble planer déjà sur son front intrépide. Montcalm, tête nue, les yeux plein d’éclairs, accourt avec ses grenadiers. Les baïonnettes étincellent. Un rempart de flamme, de fer et d’acier, enveloppe le retranchement. Les montagnards géants tombent par centaines ; mais les blessés crient à leurs compagnons de marcher en avant et de faire triompher le drapeau. Leur major, Dincan Campbell, s’afaisse frappé à mort. Le capitaine John Campbell, suivi de quelques braves, parvient à escalader le ârapet et tombe au milieu de notre armée où tous ces preux sont passés au fil de la baïonnette. La victoire définitive est encore incertaine.

Tout à coup, à l’extrême droite, un cri se fait entendre : « En avant Canadiens ! » Lévis a ordonné une sortie aux compagnies coloniales, et nos pères vaillants, commandés par MM. de raymond, de St-Ours, de Lanaudière, de Gaspé, sortant du retranchement, fondent sur le flanc de l’ennemi comme une avalanche. En même temps le feu du front redouble. Lévis reçoit deux balles dans son chapeau. Montcalm semble invulnérable et combat comme le dernier de ses soldats dont il enflamme le courage jusqu’à l’héroisme. Enfin, assaillis de face et de côté, décimés et sanglants, les preux écossais reculent ; les deux colonnes anglaises se reforment un peu plus loin, font une tentative au centre contre Royal-Roussillon, et un dernier effort à gauche. Mais ils sont repoussés partout. Deux de leurs régiments se fusillent même dans la fumée, ce qui achève de jeter la confusion au milieu d’eux. À sept heures, toute l’armée d’Abercromby est en pleine retraite vers la Chute. Près de deux mille anglo-américains gisent aux pieds de ces retranchements pourtant si fragiles. Sur la droite, le sol est jonché des cadavres du régiment écossais.« 

Ce dernier texte sur la victoire de carillon retrouvé dans « Le Canada-français » volume 1, fut écrit par sir Joseph Amable Thomas Chapais. Auteur de plusieurs ouvrages, il a écrit les biographies du Marquis de Montcalm et de l’intendant Talon Université Laval 1898.

Un autre Canadien, que Desandrouins aurait qualifié tout aussi pleutre et lâche que les autres, de qui j’aurais pu parler fut Michel de Langlade.

Ce Langlade qui participe à la victoire du Fort William Henry (également appelé Fort George) où son parti de guerre amérindien assurera le siège du fort et la destruction de navires britanniques sur le lac. Il participe à la victoire de la Bataile de fort Carillon(1758) et à la bataille de Beauport (1759) où ses Indiens battent James Wolfe (le font presque prisonnier) et laissent 400 Britanniques morts sur le champ. Langlade se retrouve sur les Plaines d’Abraham avec Montcalm contre Wolfe en 1759 et encore avec Lévis contre Murray en 1760.

Comme on peut le voir, nos ancêtres ne se cachaient pas derrière les soldats français pour combattre. C’est indiscutable.

J’espère avoir quelque peu redoré le blason de notre nation dont la vraie histoire fut poussée sous le tapis pour mousser celle de ceux qui venaient faire des stages et des profits dans notre pays.

Quant aux qualités de chef de guerre de Montcalm, si je m’en tiens strictement aux faits, il a gagné une bataille « miraculeuse » en juillet 1758 avec 3,600 combattants contre 16,000 Anglais et, un an plus tard, en septembre 1759, il perdait le Canada aux mains de Wolf avec 1,900 combattants contre 2,100 Anglais dans une escarmouche .

La seule différence me semble bien être que Lévis était absent des Plaines avec ses Canadiens.

L’année suivante Lévis remportait une victoire à Québec avec ses « hommes ».

André Lefebvre

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Andre lefebvre

Mon premier livre "L'histoire de ma nation" est publier chez: http://fondationlitterairefleurdelyslibrairie.wordpress.com/ André Lefebvre

2 pensées sur “La bataille de carillon en 1758

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    24 octobre 2017 à 12 12 05 100510
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    J’ai beaucoup appris à la lecture de votre texte.

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    10 novembre 2018 à 20 08 20 112011
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    À cette époque, «  votre » Pays n’était pas « votre » pays, mais tout simplement la Nouvelle France; c’est à dire la France. Les protagonistes de cette époque n’avaient, de fait, absolument pas une perception aussi clivante que la vôtre de leur appartenance, de leurs attaches
    On croirait lire un lieutenant anglais, de l’époque de surcroît
    Dommage pour un travail aussi conséquent.

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