LA CRISE, COMMENT ÇA NOUS TOUCHE?

Par Nuevo Curso. Traduction et commentaires:

 

This article is available on this webmagazine in English-Italian-Spanish-Portuguese:
28.06.2019-CRISIS-English-Italian-Spanish-Portuguese

 

Nous sommes déjà en crise: le PIB de l’Espagne n’a augmenté que de 0,6% au deuxième trimestre de l’année. Peu importe la baisse des taux de la Banque centrale européenne. Ce n’est pas grave jusqu’à ce qu’ils soient négatifs ces taux. Nous sommes déjà en déflation: d’une année à l’autre, les prix sont en moyenne inférieurs de 0,1%. Et cela est de mauvaise augure pour le prolétariat et cela annonce des temps encore pires.

         

          AVEC UNE VARIATION DE PRIX DE -0,1% D’UNE ANNÉE SUR L’AUTRE, C’EST OFFICIEL:
NOUS SOMMES DÉJÀ EN DÉFLATION.

 

Ne croyez pas que la déflation signifie que l’hypothèque sera moins couteuse. Pour se couvrir, les banques offrent des taux fixes, c’est-à-dire qu’elles appliquent toujours le même pourcentage. Ainsi, si les taux baissent encore, ils augmenteront leurs marges. Plus de  42,3% des prêts hypothécaires sont ainsi protégé de la déflation. Mais ce qui est plus important, dans la déflation, l’activité économique se contracte en général et moins de crédits sont accordés car le risque de chômage est plus grand chez ceux qui ont besoin de prêt. Le nombre d’hypothèques octroyées a été réduit et la valeur moyenne de celles-ci a augmentée: les banques prêtent moins aux travailleurs… et tout indique qu’elles vont le faire encore moins dans les mois à venir.

Le capital ne trouve pas d’investissements productifs et le chômage augmente

 

PRINCIPAUX AGRÉGATS ÉCONOMIQUES ESPAGNOLS. BANQUE D’ESPAGNE.

 

Le capital mondial est sérieusement « malade ». Aujourd’hui, les investissements en capitaux spéculatifs sur le marché de la dette se paient en négatif, c’est-à-dire que chaque mois qui passe les spéculateurs boursiers et les banquiers perdent de l’argent, (pertes qui s’élèvent à 13 milliards de dollars pour l’Espagne seulement. Les gauchistes réformistes devraient se réjouir – le système économique capitaliste fait payer les riches et les banquiers. Pourtant, la destruction du capitalisme ne viendra pas par cette voie. NdT) .

 

La chose la plus frappante: les investisseurs continuent à acheter des actifs car ils s’attendent à une nouvelle baisse des taux et que par conséquent la dette qu’ils achètent perdent encore plus de valeur tous les mois. Pourquoi vous attendez-vous à de nouvelles baisses de taux, même s’ils sont négatifs en Europe? Parce qu’ils voient un horizon de nouvelles baisses de la production et de l’emploi et que les gouvernements se dopent encore plus avec des taux négatifs plus élevés (que les banques centrales compensent en émettant de la monnaie de pacotille = sans valeur = qui demain sera drastiquement dévaluer.NdT). Le « levier » des taux négatifs signifie que les banques paient les capitalistes qui empruntent de l’argent. Tel est le désespoir de placer du capital en période de déflation-récession.  Si le capitale n’est plus valorisé le travail est détruit .

Lire aussi

Mais n’était-ce pas que la guerre commerciale allait faire une pause avec le G20 japonais? Aujourd’hui, la presse mondiale rapporte une nouvelle de Chine qui garantit que les États-Unis et la Chine ont signé un protocole de trêve commerciale secret qui sera rendu public ces jours-ci. Mais la trêve et la paix sont des choses très différentes. Les principaux médias américains soulignent qu’en réalité la trêve n’est qu’un ralentissement d’une guerre qui dure depuis longtemps et les Chinois soulignent que dans le débat des candidats démocrates aux primaires d’hier à la télévision américaine, la majorité des candidats démocrates ont rivalisé avec Trump dans la belligérance contre le pouvoir du capital chinois. (Une guerre commerciale plus virulente voilà ce que préparera cette trêve si elle a bien été signée NdT).


L’offensive inévitable contre nos conditions de vie

FILES D’ATTENTE À L’INEM DE MADRID

 

Avec la baisse de l’activité économique et la diminution du nombre d’États, l’horizon inévitable pour les Européens est davantage d’austérité. Cela se traduit par de pires conditions de vie et davantage de «catastrophes». Pour donner un exemple aujourd’hui: à la suite des « coupures » des dix dernières années, il y a en France 25 000 ponts en mauvais état structurel . L’État va-t-il investir pour les réparer? Combien de temps faudra-t-il pour avoir une autre catastrophe de Gênes? L’effet de la crise n’est pas meilleur pour les entreprises. Autre exemple aujourd’hui: aux États-Unis, les autorités ont constaté de graves atteintes à la sécurité dans le Boeing 737 Max, qu’utilisent en Europe les principales compagnies aériennes « low cost ». Dans ce contexte, les compagnies aériennes investiront-elles dans l’achat de nouvelles flottes d’avions?

 

Avec des prévisions de crise et davantage de crise, les investissements chuteront plus vite que les taux d’intérêt. Le système financier lui-même approfondira ses fissures… et la pression sur les gouvernements pour privatiser les retraites augmentera. Le « sac à dos autrichien » sera en Espagne le grand sujet de la législature … et immédiatement, la précarisation et le chômage vont augmenter, ainsi que le temps de travail réel. Que peuvent faire les entreprises pour maintenir leurs dividendes?


L’exemple de l’Amérique du Sud et la perspective mondiale

Ce n’est pas un phénomène européen, pas même dans les pays centraux. C’est dans le monde entier. Aujourd’hui, les bourses sud-américaines ont enregistré un record minimum en ouverture. De mauvaises données sont attendues du Brésil et de l’ Argentine, qui souffre depuis un an de la guerre commerciale, la « bonne nouvelle » est que la production continue de baisser d’un trimestre à l’autre mais … un peu moins que prévu. La réalité aux yeux des travailleurs? 70% de la population gagne moins que le coût du panier de base.

Qu’est-ce que tout cela signifie?

La crise montre clairement la contradiction de plus en plus brutale entre les besoins du capital et les besoins humains. Pour le capital, pour faire face à la crise, il faut aggraver les contrats, augmenter le temps travaillé sans payer plus, augmenter l’agressivité à l’égard des autres États pour aracher des marchés, privatiser les retraites, réduire les services de base tels que la santé, et ne pas « dépenser » pour l’entretien … Et pourtant, tous les matériaux et la base de connaissances – des machines aux robots, en passant par l’intelligence artificielle – sont là, prêts à l’emploi et prêts à être produits et à satisfaire les besoins de tous. Aujourd’hui, la logistique de tout et la production de presque tout peut être faite en très peu de travail humain et produisant tout ce qui est nécessaire, en abondance, pour tous et dans le monde entier. Ce qui échoue, c’est le capital. Aujourd’hui, c’est un rouleau compresseur en fuite au milieu de la foule. La première chose à faire est de le détruire. (Comment expliquer ce phénomène critique inscrit dans le code génétique du capitalisme? C’est que pour augmenter la production globale de biens et de services pour les humains, le capitalisme utilise un artifice – il exige que l’on valorise le capital = que le travail humain produise de la plus-value = une portion réquisitionnée et conservée par le capital pour réinvestissement et fructification = et ainsi la roue du capital continue son chemin jusqu’au jour où les capacités de production excèdent largement les capacités des marchés de consommation solvables. Voilà la source de la déflation –  récession – dépression. NdT)

 

Lire aussi

avatar

Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

Une pensée sur “LA CRISE, COMMENT ÇA NOUS TOUCHE?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *