La gauche italienne contemporaine

Par Claudio Buttinelli

 

Le dernier né de la fournée : « Potere al Popolo »

 

Monsieur l’éditeur du webmagazine Les7duquebec.com j’ai lu avec intérêt les articles qui présentent la nouvelle gauche italienne se confrontant aux élections du 4 mars en Italie. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/elections-en-italie-la-face-gauche-et-la-face-droite-du-capital/

 

Concernant le mouvement « Potere al Popolo » (Pouvoir au Peuple) il est né il y a quelques mois de l’union du Parti « Rifondazione Comunista » et de partis centristes et d’associations sociales, ainsi que diverses gauches. Nous en avons entendu parler il y a un mois à peine suite à une importante couverture médiatique bourgeoise. Ce mouvement constitue le fruit de la énième scission gauchiste après celui de « Liberi e Uguali » (Libres et égaux), formation née quelque mois auparavant des restants du « Parti Démocrate », après « Sinistra Italiana », etc.  Ils représentent, selon eux, l’unique formation de gauche que puisse capter les électeurs déçus du PD qui s’abstiendront ou voteront pour le « Mouvement 5 étoiles ».

 

La gauche italienne mal en point

 

Qui représente la gauche italienne et ses valeurs aujourd’hui en Italie ? Le Parti Démocrate ? Ne plaisantons pas, si dans cette élection on observe une débâcle historique, passant de 40% de l’électorat lors des élections européennes de 2014, se faisant passer pour un parti revampé avec Renzi (le Trudeau italien), à 19% maximum. Le Parti Démocrate gouverne l’Italie depuis 2013, depuis ce temps il a trahi toutes les valeurs de la gauche en mettant en œuvre des politiques de droite et de centre-droite. Tant qu’a Berlusconi, le « resuscitato » italiano, il est entré dans la danse électoraliste en 1994 et encore aujourd’hui, à 82 ans, il gagnera les élections, même si pour motifs judiciaires (escroquerie et trafic d’influence, fraude fiscale, etc.) il ne pourra être intronisé premier ministre. Voici que Berlusconi apprécie Renzi son héritier, alors que Renzi se présente comme centre-gauche tout en réalisant les politiques de la droite, ainsi la débâcle électorale menace le Parti Démocrate.

 

En votant Berlusconi, et Salvini de la « Ligue du Nord » et pour les autres droites, un électeur votera pour l’original de droite plutôt que pour sa pâle copie de go-gauche. En Italie nous pensons que considérer le « Parti Démocrate » comme étant de « gauche » ferait retourner Berlinguer dans sa tombe, grand et peut-être dernier, homme de gauche de l’ancien « Parti Communiste Italien » aujourd’hui disparu.

 

Voilà une caractéristique de la gauche italienne contemporaine : se diviser puis de scinder et se rediviser. Tout cela a commencé à la naissance du Parti Communiste Italien à Livourne en 1921, qui scissionna du Parti Socialiste ? On vit au cours des décennies se former une multitude de partis se présentant comme plus à gauche que le précédent. Pensons à « Rifondazione Comunista » à « Partito dei Comunisti Italiani » qui, comme je l’écrivais, a convergé récemment vers « Potere al Popolo » (Pouvoir au Peuple) comme ceux de « Libres et Égaux » dirigé par le président du Sénat M. Matéo Grasso, ancien magistrat et par le président de la Chambre Boldrini,  où l’on retrouve les politiciens qui ont abandonné le Parti Démocrate en chute libre dans les sondages, les rats quittent le navire avant le naufrage.

 

La go-gauche opportuniste et déconfite

 

La gauche italienne est divisée sur des bases opportunistes, et elle craint de perdre des votes à propos de l’immigration, de la question de la citoyenneté italienne accordée aux étrangers qui sont en Italie depuis des années, et autres sujets imposés par les médias bourgeois, les « médias menteurs ». Nous pensons que de nombreux électeurs italiens ont « voté utile » pour bloquer la route aux différentes droites. Ils ont voté « M5S » (Mouvement cinq étoiles), un mouvement populiste, de protestation populaire, peu fiable parce incapable et raciste. Il se peut que ce parti se retrouve au lendemain du vote avec peut-être 32% des votes, sans être la première coalition, mais juste derrière le « centre-droite » de Berlusconi. Nous pensons que plusieurs électeurs de gauche s’abstiendront de voter et c’est ce que notre parti le Parti Communiste Italien Marxiste-Léniniste recommande : http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/communique-du-pciml-pour-les-elections-italiennes-du-4-mars/

 

 

 

 

 

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

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