La grande confusion de Pauline Marois

Quelle pénible semaine pour ceux qui, comme moi, croient encore de tout coeur, à l’indépendance du Québec. En 1963, quand je militais dans un mouvement subversif, notre slogan était « l’indépendance ou la mort ». Pour moi, il est encore le reflet de ce qui attend le Québec si ses élites, tant nationalistes que souverainistes, continuent à se comporter comme si la lutte pour la libération de notre pays était un jeu où l’on pouvait adopter la stratégie des petits pas.
La cheffe du PQ, qui PERSISTE à refuser aux membres de la base la tenue d’un congrès souverain, a été bien décrite par le chef intérimaire de l’ADQ, Sylvie Roy, député de Lotbinière, qui a accusé la tante Pauline de copier la position autonomiste de son parti. Selon elle, Mme Marois fait des acrobaties et parle des deux côtés de la bouche quand elle dit aux militants vouloir faire la souveraineté tout en laissant entendre à la population qu’elle ne veut pas la faire. Confusion, quand tu nous tiens !
Au-delà de tous ces débats au cours desquels Jean Charest en a profité pour démontrer une fois de plus que son attachement à Ottawa prime sur les intérêts fondamentaux du Québec, quand Alain Dubuc, le lèche-cul des Desmarais annonçait la mort de la souveraineté, il y a une chose qui m’a beaucoup encouragé. Et c’est le sondage Angus Reid publié dans La Presse du mardi 9 juin.
Ce sondage nous révèle des choses essentielles qui devraient faire réfléchir les professionnels de la politique qui sont très déconnectés des desiderata et des perceptions de la population.
Ainsi, à la question: « Etes-vous d’accord pour dire que le Québec est une société distincte du reste du Canada ? 74% des répondants ont dit OUI, tandis que 7% n’étaient pas certains… Et quand on demande aux gens si le Québec a besoin de plus d’autonomie (30%) ou devrait se séparer (28%), on constate que 58% de la population est insatisfaite du statut actuel du Québec dans la fédération canadian.
Pauline Marois, qui a beau nier vouloir provoquer des crises, perd chaque jour plus de crédibilité. En jouant sur deux tableaux, on finit par être démasqué. Elle est loin d’avoir la franchise d’un Jacques Parizeau qui prône ouvertement l’affrontement direct avec nos maîtres d’Ottawa.
La liberté, ça ne se quémande pas, ce n’est pas négociable à la pièce, ça se prend, un point c’est tout. Au lieu de mettre en application les décisions prises lors du dernier congrès sur l’élaboration du projet de pays, nos salariés et professionnels de la souveraineté continuent à jouer le petit jeu d’hypocrisie parlementaire comme si nous étions dans des structures normales t qu’il n’y avait pas urgence alors que Montréal s’anglicise rapidement.
Qu’ont-ils fait depuis ces années que nous leur envoyons des cotisations pour mettre sur pied
un organisme chargé de faire le procès des exactions du Canada à notre égard. Qu’ont-ils fait au niveau international pour contester les résultats du référendum volé de 1995 ? Qu’ils ne se demandent pas pourquoi la population ne se mobilise pas alors qu’eux-mêmes semblent paralysés par la peur et par les compromis odieux.
Quand j’apprends que Mme Pauline a courtisé à plusieurs reprises le très fédéraliste Clément Gignac ( un grand ami de son mari) afin qu’il soit candidat du PQ MÊME S’IL REJETTE l’OPTION SOUVERAINISTE, je me dis qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de l’Ile Bizard où le couple de milllionnaires Marois-Blanchet tient ses réunions « d’affaires ».
Je n’entrerai pas dans de plus amples détails, car d’autres l’ont fait quotidiennement à travers tous les grand médias.
Mais il est un point que tout le monde persiste à ignorer dans tous ces grenouillages de basse-cour: Pourquoi donc le PQ s’accroche-t-il à la formule référendaire telle que préconisée par l’agent double et ex-ministre influent de René Lévesque, Claude Morin ?
Ça fait plus de trente ans qu’on retarde les choses avec cette lecture déformée de la réalité québécoise. Combien de Claude Morin la GRC, le SCRS, la CIA et les services de renseignements militaires ont-ils infiltré aux plus hauts niveaux d’un parti qu’on a réussi à détourner de la volonté de ses membres indépendantistes ?
Pourquoi ne parle-t-on jamais ( comme si c’était l’hérésie suprême) d’une élection décisionnelle à double majorité ( nombre de députés et nombre de votes) qui aurait le pouvoir de proclamer que le pays du Québec est désormais adulte et libre de tout lien avec le reste du Canada ?
Il me semble que poser la question, c’est y répondre. Nous avons été piégés pas à peu près. Comme des cons.

PIERRE SCHNEIDER

15 pensées sur “La grande confusion de Pauline Marois

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    12 juin 2009 à 8 08 50 06506
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    Vous avez raison, c’est tout un niaisage. J’ai toujours voulu l’indépendance du Québec mais là ça ne fait même plus parti de mes considérations quand je vais voter…ça devient trop gnan gnan….

    Pauline Marois n’a pas du tout la trempe pour porter ce projet. Il est vrai qu’au PQ on est méchant avec le chef, mais on confie à cette personne un mandat beaucoup plus important que les chefs des autres partis. Une fois sur deux je suis découragée des sorties publiques de Pauline.

    Il faut quelqu’un de convaincu et convainquant qui arrête de niaisoter….en attendant, je considère que ce projet perd en crédibilité…

    Personnellement, j’aimerais que le PQ dise qu’il va procéder à un référendum quand il va être élu à l’intérieur d’un mandat de 4 ans. De cette façon, si les gens votent pour eux sur cette base, leurs conditions gagnantes seront en place. Et pourquoi pas comme vous le dites, une élection et on règle ça….

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    12 juin 2009 à 8 08 53 06536
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    Je suis bien d’accord avec vous.

    Comment pouvons-nous penser sans rire que le PQ, un parti corporatiste et les syndicats, ces protecteurs de privilèges qui le soutiennent nous mèneront à l’Indépendance, la vraie ?

    Je pense même que Lévesque, malgré toutes ces déclarations, n’a jamais voulu la séparation. Son combat de coq niais avec Pierre Bourgault nous l’a prouvé mais nous refusions de le voir.

    L’Indépendance, c’est un mirage, un slogan auquel nous avons emboîté le pas comme des moutons pendant qu’ils nous trahissaient.

    Aucun parti ne veut l’Indépendance et je pense même s’il y en avait un + la volonté populaire, que jamais le Canada ou les USA ne laisserait une telle chose arriver.

    Elle n’arrivera pas, puisque la majorité canadienne-française et maintenant minoritaire et que les quelques indépendentristes qui restent bouillonnent dans leur propre sauce.

    Vive le Québec libre mais, meilleure chance dans une autre vie !

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    12 juin 2009 à 9 09 35 06356
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    Martin

    Lisée confirme qu’on devrait arrêter de marcher autant sur des oeufs au sujet de cette option comme le fait Marois et le PQ, ils manquent complètement d’audace à mon point de vue.

    On ne peut pas vendre ce projet avec prudence, il faut le vendre avec grande convictions et assurance…c’est la seule chance d’y parvenir à mon avis, et je crois que le contexte actuel serait favorable à une position forte du PQ en ce sens.

    C’est bien trop mollasson…et plate…

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    12 juin 2009 à 11 11 01 06016
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    Le problème c’est que plus on a confiance en soi, moins on ressent le besoin de s’affirmer.

    Les chiffres du Reid (lus ici et que je n’ai pas vérifiés) parlent de 30% de Québécois qui voudraient plus d’autonomie et de seulement 28% qui seraient prêts à aller « jusqu’au bout », c’est-à-dire faire l’indépendance. J’en profite encore pour rappeler qu’on parle de tous les Québécois, toutes origines et langues confondues, et que les chiffres chez les descendants de canadiens-français seraient fort intéressants, probablement plus élevés pour la souveraineté, et possiblement plus élevés aussi en faveur d’une plus grande autonomie. En d’autres termes, je suis convaincu que c’est qu’une minorité même décroissante de Canadiens-français du Québec qui se satisfont de la place actuelle du Québec au sein du Canada, qui ne voudraient rien y changer. Mais faut bien admettre qu’une forte proportion de Québécois d’ascendance canadienne-française demeure quand même attachée au pays que leurs aïeux ont défriché, et je parle du Canada!

    Ceci dit, on est loin des élections. Je crois que l’idée de Marois est d’abord, pour le moment, d’anéantir l’ADQ, de tenter de lui reprendre les quelques forces vives qui lui restent, plutôt que de les laisser bouder dans leur salon. Menfin, j’espère que c’est ça sa stratégie! Ça ne me surprendait pas que son discours change d’ici un an ou même deux.

    Quoiqu’il en soit, moi ça fait un certain temps que je me dis que, idéalement, ça prendrait un troisième parti, autonomiste, qui lui affiche son attachement au Canada en même temps qu’un réel désir de changer le contrat qui lie le Québec et le Canada, mais qui, lui aussi, est prêt à faire la souveraineté si nécessaire. Parce que ça prend un rapport de force, point. On aurait un parti de centre-droite autonomiste vendant une récupération des pouvoirs du fédéral pour mieux les décentraliser vers les régions et un parti social-démocrate de babyboomers qui ne changeront pas d’idée sur l’État providenceet la social-démocratie jusqu’à leur mort et qui sont près à faire l’indépendance pour l’indépendance. Le problème, c’est qu’il faudrait un alliance stratégique entre ces deux partis et que, genre, le PQ laisse le terrain à cet ADQ-renouvelé dans certains comtés. Les deux pousseraient en commun l’idée d’un référendum demandant à peu près la même chose que les précédents, c’est-à-dire une offre d’un nouveau contrat au Canada à défaut de quoi c’est la sécession du Québec. La différence serait dans la finalité de la menace de sécession et dans la vision d’avenir advenant qu’on doive faire l’indépendance quand même. Actuellement, on voudrait qu’on soit tous dans le même moule et ça ne marche pas. Non seulement ça, ça divise les forces nationalistes, pour ne pas dire les voix des Québécois francophones.

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    12 juin 2009 à 11 11 16 06166
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    @ MBL: C’est cette alliance des nationalistes de gauche et de droite qui a propulsé le PQ au pouvoir.

    Quand l’idée de l’indépendance devient moins importante que le clivage gauche-droite, il y a des défections au PQ qui cesse d’être une option de gouvernance crédible.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/11/131-la-bombe-a-fragmentation/

    En créant deux partis independantistes, vous ratissez plus large, mais le problème est dans la stratégie à mettre en place pour tirer parti de cet élargissement de la base.

    Ça me semble une idée à suivre – ou plutôt à précéder – mais qui ne change pas l’opportunité du référendum « souveraineté » que je suggère.

    PJCA

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    12 juin 2009 à 11 11 55 06556
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    Vous avez parfaitement RAISON.
    Les MAGOUILLES du PQ ont MÉLANGÉES le peuple du Québec.
    Pendant ce temps-là, les fédéralistes se sont tous retrouvés au parti libéral ou presque.

    La question aurait due être:
    -Je veux l’indépendance du Québec:_______
    -Je ne veut pas l’indépendance du Québec:___

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    12 juin 2009 à 12 12 05 06056
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    En créant deux partis independantistes, vous ratissez plus large, mais le problème est dans la stratégie à mettre en place pour tirer parti de cet élargissement de la base.

    Je parle d’un parti vraiment autonomiste (mais qui n’a pas peur de la souveraineté) et d’un parti vraiment indépendantiste.

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    13 juin 2009 à 0 12 30 06306
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    @Pierrjcallard,

    Voici une des solutions envisageables pour unir deux partis ou plus dans l’objectif de réaliser l’indépendance: l’élection décisionnelle. Monsieur Schneider y fait référence dans son billet.

    En vertu d’une telle élection un parti (ou une coalition de partis) propose de réaliser l’indépendance s’il obtient une majorité de voix (50% + 1). Bien entendu, il faut un programme électoral clairement indépendantiste.

    J’ai présenté les avantages de ce mode d’accès à l’indépendance sur le blogue personnel de monsieur Schneider. Je cite:

    «1) orientation du projet vers l’indépendance plutôt que vers la gouvernance d’une province,

    2) mobilisation des militants comme jamais,

    3) débat ouvert sur le projet de pays ce qui faciliterait la diffusion de l’idée dans la population,

    4) majorité consolidée, car l’atteinte de 50 % + 1 dans le cadre d’une élection ne peut être évaluée selon les principes de la Loi sur la clarté (C-20) qui exige une majorité qualifiée.»

    Pour plus de détails voir « Projet de pacte » disponible en formats HTML et PDF à cette adresse : http://www.riqblogue.org/

    Au plaisir !

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    13 juin 2009 à 9 09 53 06536
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    Salut! Je voulais juste souligner le fait que Jacques Parizeau était un traître qui travaillait à la solde des illuminati.

    D’après moi, aucun politicien n’est libre; ils font tous partie de l’élite, ont tous été choisis et propulsés aux bons endroits par les illuminati, et ils ont majoritairement tous fais leurs études dans les mêmes Universités (entre autres, Harvard, qui est LA plus corrompue).

    Bonne journée quand même, il y a tant de beauté et d’amour à vivre!

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    13 juin 2009 à 9 09 58 06586
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    Je voulais ajouter:

    Il est fort dommage de constater l’état actuel du Québec, car même si nous étions un pays souverain, dans les faits, le Québec ne serait qu’une entreprise privée, une compagnie entre les mains de quelques dirigeants et quelques multi-nationnales comme Québécor et Power Corp.

    Faire partie du Canada ou être un État-Compagnie… bref, aucune alternative RÉELLE, comme partout dans la société…

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    14 juin 2009 à 11 11 07 06076
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    Nous sommes toutes, tous animés par la volonté de changement, d’accomplissement. On sait que quelque chose ne tourne pas rond, on sent qu’il y a quelque chose à faire…mais quoi?

    Nous sommes habités par un doute…est-il possible de changer le cours des choses? Qui apportera le changement nécessaire? Est-il trop tard? Est-ce souhaitable?

    Celles et ceux qui se posent des questions sont à la recherche de solutions. Ces gens-là ont tout-à-fait raison, car il existe toujours une solution à un problème…s’agit de la trouver et ensuite de l’appliquer!

    Je crois que l’humanité connaît à peu près toutes les solutions, d’une certaine manière. Alors, pourquoi tarder à les mettre en oeuvre?…Celles et ceux qui souffrent et qui meurent ont un besoin urgent de ce changement, tandis que celles et ceux qui ont le ventre trop plein n’en voient pas la nécessité ni l’extrême urgence.

    Ensemble, nous sommes capables de révolutionner totalement notre planète, d’en faire un véritable jardin. Mais…nous ne savons pas par où commencer. Si nous commencions par nous-mêmes, chez nous, à la maison et ensuite dans notre village, ville, région, État, monde-planète?

    Qu’est-ce que je peux décider aujourd’hui pour contribuer à mon mieux-être ainsi qu’à celui de la collectivité?

    Personnellement, je suis résolument du côté de celles et ceux qui se consacrent à améliorer tout ce qui peut l’être en commençant par soi-même et ensuite au niveau de l’agir, de l’action. Quand je suis dans l’action, je me pose un peu moins de questions et je trouve plus facilement les solutions, même si elles ne sont qu’imparfaites et temporaires elles peuvent avoir un effet positif durable.

    Je veux que les choses changent, je veux qu’elles changent sans tarder et je sais ce que j’ai à faire si je veux que cela se réalise car toutes les solutions sont là, elles existent et ne demandent qu’à être appliquées. Plus de temps à perdre, attelons-nous à la tâche, serrons-nous les coudes et avançons ensemble dans la direction que nous savons être la meilleure pour chacun de nous et pour l’ensemble de l’humanité.

    Tout ce qui fait obstacle au changement indispensable et urgent doit être écarté, nous devons tourner nos efforts dans le sens de la solidarité, la justice et la paix. Tournons-nous résolument vers le soleil, ouvrons nos ailes, prenons notre essor vers un monde meilleur…à GO…changeons le monde! Nous sommes capables.

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    14 juin 2009 à 16 04 31 06316
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    « Quand j’apprends que Mme Pauline a courtisé à plusieurs reprises le très fédéraliste Clément Gignac ( un grand ami de son mari) afin qu’il soit candidat du PQ MÊME S’IL REJETTE l’OPTION SOUVERAINISTE, je me dis qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de l’Ile Bizard où le couple de milllionnaires Marois-Blanchet tient ses réunions “d’affaires”.(MS)

    Peut-être faut-il se rappeler, de nouveau, les alliances de Pauline Marois. Ce qui pourrait expliquer aujourd’hui son étapisme et le choix d’autonomie provinciale. Dans le respect de l’union anglo-canadian, bien sûr.
    Essayez-les, pour voir…

    Stéphane Dion félicite Pauline Marois
    Tristan Péloquin
    La Presse – Le jeudi 06 mars 2008
    Un virage majeur
    Alain Dubuc
    Le vendredi 07 mars 2008

    Pas étonnant qu’alors Parizeau, Landry et Cloutier se sentent rejetés de ce nouveau PQ.
    ch

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