La loi de l’offre et de la demande

Titre original :  Un système anarchique.  Publié le 2.10.2016.   Par hugambrules.  Source URL : http://les-tribulations-de-l-ecocolo-ecoconome.over-blog.com/2016/10/un-systeme-anarchique.html

 

(Nous publions cet article qui résume parfaitement une des « lois » de l’économie capitaliste,  la soi-disant « Loi » de l’offre et de la demande (sic), qui à notre humble avis n’est ni une loi, ni un principe, ni même une situation observée sur le marché. À peine peut-on parler d’une tautologie, dans le sens ou cette pseudo « Loi » dit ceci : « Si le prix d’une marchandise est de 100 dollars alors c’est qu’il est de cent dollars », et en corollaire « plus le prix d’une marchandise est petit plus cette marchandise risque d’être en demande » et sa réciproque. Prochainement, nous analyserons ce truisme préféré de  Gérald Filion. Robert Bibeau. Éditeur. http://www.les7duquebec.com)

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L’une des lois fondamentales du système capitaliste est la loi de l’offre et de la demande. Tout ce qui est rare a de la valeur et inversement. Depuis sa création, les ressources naturelles sont abondantes, et donc en aucun cas elles ont une quelconque valeur aux yeux des capitalistes.

C’est cette déconsidération là qui pousse chaque capitaliste à négliger de reconstituer les conditions de reproduction du cycle productif. Ils se bornent à faire un usage sauvage du milieu naturel, en puisant inconsidérément dans les stocks épuisables. Les dommages causés à l’environnement et les frais reportés sur l’avenir ne sont que des victimes collatérales lors de la lutte à mort avec la concurrence. Étant proprement incalculables, ils passent d’autant plus inaperçus.

Ce qui est calculable, par contre, c’est le prix qu’il aurait fallu payer pour procéder de façon prudente et écologiquement responsable, mais les entreprises qui aurait ce genre de scrupule subirait un désavantage comparatif irréversible vis-à-vis de la concurrence. C’est ainsi que la croissance de l’économie se réalise pour une large part au prix d’une dégradation infligée à la planète.

Mais le productivisme qui est aujourd’hui connoté négativement était initialement associé à un progrès considérable. Il était inimaginable en 1850 que les ressources du monde allaient être limités et qu’on allait atteindre de tel degré de productivité. Lorsque Marx parle de productivité, il ne parle pas de portable, de bagnole, de console de jeux ou d’autre choses superflues. À leur époque on manquait quasiment de tout, partout. Aussi l’objectif était aussi d’augmenter considérablement la production. Mais aujourd’hui qu’il y a profusion de marchandises (même si elles sont mal réparties) augmenter la production n’a pas la même portée qu’il y a 150 ans. C’est sûrement pour cette raison et pour l’exploitation effronté du Marxisme que la tare du productivisme lui est tombé sur la tête.

Mais c’était vite oublié que Marx était conscient bien avant l’heure des problèmes écologiques engendrées par le capitalisme. Dans le Capital d’ailleurs il a écrit la fameuse phrase :« La production capitaliste ne se développe qu’en épuisant simultanément les deux sources d’où jaillit toute richesse: la terre et le travailleur. »

Intrinsèquement le mode de production capitaliste, lui ne peut être vertueux écologiquement. En effet sous ce mode de production, si une augmentation de productivité se faisait jour, alors elle serait utilisé pour produire plus afin de vendre plus. Dans ce cadre là, le phénomène de surproduction devient inéluctable. Et cette surproduction là, amène directement au chômage et à la précarité, alors que sous le socialisme, l’augmentation de productivité est vécu comme une chance qui bénéficie à tous car elle permettrait de diminuer le temps de travail et donc d’augmenter celui des loisirs. Mais ce problème est le résultat d’un problème encore plus profond, qui consiste à comparer le système à un système à proprement dit anarchique.

En effet, « les péréquations entre les besoins et les marchandises sont strictement fortuites », et elles s’opèrent de manière anarchique, par la confrontation de l’offre et de la demande, directement sous la loi du marché. Ceci oblige toujours à ajuster après coup les quantités et les prix à la demande.

 

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Mais c’est exactement parce que cet ajustement se fait après coup que les conséquences sont dramatiques : sous-utilisation des machines, marchandises invendues, forces de travail licenciées, baisse de la consommation, baisse de l’investissement, et in fine entreprises en faillites. Ces réactions en chaîne sont bien connues et peuvent transformer une perturbation localisée en une crise généralisée puis systémique. Cette confrontation bancale que même les banquiers et les barons de l’industrie ne contrôlent pas est toujours l’occasion de grande souffrance de la part du prolétariat. Pour résoudre ceci on est en droit de se demander pourquoi chaque branche industrielle ne produit-elle pas exactement selon les besoins de la population ? Marx a répondu à ceci par la question suivante : « Comment croire que sur la base de la production capitaliste où chacun travaille pour soi et contre tous, la péréquation et la cohérence nécessaire de la production, pourraient-elles faire pour trouver un équilibre ? »

 

Ce phénomène d’anarchie de la production est la conséquence de la propriété privée des moyens de production. Les disproportions générées par le capital, aboutissent à des crises de plus en plus violentes, mais ne se réduisent pas, loin de là, à des problèmes d’équilibres quantitatifs de productions entre les diverses sphères de l’activité économique. Il révèle surtout que la crise est le moment paroxystique de ce mouvement chaotique, moment où l’anarchie est devenue un obstacle à la survie.

 

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