LA NOUVELLE DOCTRINE NUCLEAIRE DES USA CIBLE DIRECTEMENT MOSCOU ET PÉKIN

Par Luc Michel.  Le 3.01.2018.  Sur  EODE-Geopolitical Daily.

 

Les États-Unis veulent développer des armes nucléaires tactiques « en
réponse à Moscou », selon le Pentagone. Le Département américain à la
Défense vient de publier, ce vendredi 2 février, un document baptisé
«Posture nucléaire » (US Nuclear Posture Review) sur la situation
atomique américaine qui détermine la nouvelle Doctrine nucléaire des
États-Unis de Trump.

Dans sa nouvelle Doctrine nucléaire, Washington a annoncé son
intention de se doter de nouvelles armes nucléaires sous prétexte de
contrer une escalade nucléaire que risquait de provoquer la stratégie
militaire russe. La nouvelle Doctrine américaine prévoit
l’augmentation des dépenses militaires pour la modernisation de
l’arsenal et le développement des éléments de la «triade nucléaire»
américaine (missiles balistiques, sous-marins stratégiques et
bombardiers). La nouvelle Doctrine nucléaire de Trump n’exclut pas le
recours à l’arme atomique dans le cas d’une attaque non nucléaire
contre les Etats-Unis …

 

QUE DIT LA NOUVELLE DOCTRINE NUCLÉAIRE DES USA ?

 

L’administration américaine «n’exclut pas l’utilisation d’armes
atomiques dans le cas d’une attaque non nucléaire contre les
Etats-Unis», a indiqué vendredi le vice-ministre américain à la
Défense, Patrick Shanahan, commentant la nouvelle Doctrine nucléaire
américaine, dont «le but final est d’établir un équilibre des forces
avec les Russes», comme le prétendent les Américains. «La doctrine
nucléaire dispose que les États-Unis peuvent envisager l’utilisation
d’armes nucléaires dans des circonstances d’urgence pour protéger
leurs intérêts vitaux, ainsi que des alliés et des partenaires», a
déclaré Shanahan.

Selon le site web américain, ‘Defense News’, le gouvernement américain
s’est dit, dans ce document, «prêt à changer et moderniser son
arsenal nucléaire pour s’adapter à leurs adversaires potentiels».

La version 2018 de la doctrine nucléaire US cible également la Chine,
la Corée du Nord et l’Iran, mais s’attarde plus largement sur la
Russie et au défi de « l’équilibre des forces ». Le document nucléaire
de Trump veut assurer que ce changement de cap est le résultat des «évaluations réalistes de l’actuelle situation sécuritaire dans le monde».

«La Russie possède des avantages sérieux sur les États-Unis et leurs
alliés en matière de fabrication des armes nucléaires», selon la
Doctrine nucléaire américaine dont la partie non classifiée a été
publiée en janvier par le journal ‘Huffington Post’. Selon la nouvelle
politique, les États-Unis peuvent donc «répondre avec les armes
nucléaires aux attaques stratégiques à grande échelle telles les
cyberattaques contre leurs centres de commandement nucléaire ou leurs
infrastructures urbaines comme le réseau électrique ou le système du
contrôle de trafic aérien».

Des voix se sont déjà élevées contre cette nouvelle approche, qui
augmente le risque de conflit nucléaire. Dans un communiqué, le
président américain Donald Trump a salué ce document, qui «dissuade
encore davantage les attaques stratégiques contre les États-Unis,
leurs alliés et leurs partenaires».

Réagissant à cette information, l’ambassadeur russe aux États-Unis,
Anatoli Antonov, a commenté la nouvelle doctrine nucléaire américaine
en ces termes : «Les États-Unis se servent de la Russie comme d’un «épouvantail» afin de justifier l’augmentation des dépenses militaires et l’accroissement du potentiel nucléaire américain».


NOUVELLE DOCTRINE NUCLEAIRE AMERICAINE :
LA RUSSIE ET LA CHINE VOIENT ROUGE

 

La publication de ce document sur la nouvelle «Doctrine nucléaire»
des Etats-Unis, ce vendredi 2 février 2018, a provoqué de vives
réactions en Russie et en Chine. Alors que l’administration Trump
souhaite doter le pays de «nouvelles armes nucléaires à faible rayon
d’action» (clairement destinée à des frappes tactiques), Moscou
dénonce le caractère «belliqueux» et «anti-russe» de ces annonces,
et Pékin appelle Washington à sortir de sa «mentalité de guerre
froide».

«Dès la première lecture, le caractère belliqueux et anti-russe de ce
document saute aux yeux», pouvait-on lire dans un communiqué de la
Diplomatie russe samedi, après la publication la veille de ce nouveau
texte de référence aux Etats-Unis, qui prévoit un «renforcement du
dispositif américain face aux menaces». Les Etats-Unis veulent
notamment se doter de «nouvelles armes nucléaires à faible rayon
d’action pour renforcer leur dissuasion», mettant en avant le «réarmement de la Russie»
dans ce domaine précis «qu’il convient de contrer» selon Washington, mais aussi «le risque chinois et
l’émergence de nouveaux acteurs comme la Corée du Nord».

« Les mécanismes de contrôle des armements sont mis en cause », selon
Moscou. Dénonçant les « clichés », Moscou rejette ses « accusations
farfelues », notamment celles, « infondées », d’ingérences et de
violations des accords sur le contrôle des armements. Et de dénoncer,
de la part des Etats-Unis, «une tentative injuste de rejeter sur les
autres leur propre responsabilité». Aux yeux de la diplomatie russe,
«la détérioration de la situation en matière de sécurité
internationale et régionale et pour le déséquilibrage des mécanismes
de contrôle des armements» n’est en effet pas de son fait, mais «le
résultat d’une série d’actes irresponsables des Etats-Unis eux-mêmes».

Le point de départ de cette nouvelle Doctrine, c’est «le constat
d’une dégradation brutale de l’environnement stratégique depuis 2014». Les Etats-Unis
« ne peuvent plus continuer à réduire le rôle de l’arme nucléaire dans leur stratégie,
en raison de la réémergence de tensions des grandes puissances, en particulier la Russie et la
Chine, en raison de l’émergence d’adversaires nucléaires régionaux,
par exemple la Corée du Nord». En ce changement réside l’explication
de la nouvelle Doctrine, qui est très différente dans l’esprit de
celle qui avait été mise en avant par Obama en 2010.

Le ministère russe des Affaires étrangères se dit «profondément déçu» de cette évolution et promet une réaction :

« Nous devrons bien entendu prendre en compte les approches qui sont désormais en
circulation à Washington et prendre les mesures nécessaires pour
assurer notre sécurité.» Même son de cloche du côté de Pékin …

Dans la nouvelle Doctrine américaine, la Chine et la Russie se voient
placées au centre des préoccupations de la défense des Etats-Unis. «Nous espérons que Washington reste conscient du niveau de danger élevé que représentent ces directives d’un point de vue de planification
militaire pratique», répond encore la diplomatie russe.

 

.

DES OPTIONS DE FRAPPES LIMITÉES ENVISAGÉES

 

« On avait déjà, dans l’arsenal stratégique américain, de manière
générale, une assez grande flexibilité dans les options de frappes
limitées. Mais l’administration a considéré que cette flexibilité
n’était pas suffisante. Elle s’appuyait beaucoup sur les bombardiers
stratégiques ou sur l’aviation de manière générale, ce qui posait des
problèmes en termes de réactivité, de réponse rapide, en termes de
discrétion et en termes de vulnérabilité aussi, d’où l’accent qui a
été mis dans la posture actuelle sur les capacités portées par les
sous-marins », analyse Corentin Brustlein de l’Ifri (sur RFI).

 

Moscou met en garde face à la doctrine américaine.

 

La Russie accuse avec raison l’OTAN et les États-Unis de l’entraîner
vers une course «frénétique» aux armements (qui était inscrite dans le
programme de Trump en 2016 et que les naïfs partisans de la «géopolitique de l’émotion »
n’ont pas vu venir) (1) (2) et de rompre l’«équilibre militaire» en vigueur en Europe depuis la chute de
l’URSS.

Réagissant à la publication de la nouvelle doctrine nucléaire des
États-Unis, un haut membre de la Commission russe de défense et de
sécurité du Conseil de la Fédération a déclaré que «ce document
autorisait un autre génocide des civils tout comme ce qui s’était
passé à Hiroshima et Nagasaki». Le sénateur russe Frants Klintsevitch
a souligné que « le monde entier se souvenait de la catastrophe
d’Hiroshima et de Nagasaki et que la nouvelle posture nucléaire
américaine renforçait sérieusement la part de confrontation dans la
politique étrangère de Washington ».

« La nouvelle posture nucléaire des États-Unis n’exclut pas la
récidive d’Hiroshima et de Nagasaki c’est cela qui préoccupe le plus
, a déclaré Frants Klintsevitch, vice-président de la Commission
russe de défense et de sécurité du Conseil de la Fédération (chambre
haute du Parlement russe), cité par la presse russe. Il a rappelé que
la nouvelle Doctrine nucléaire américaine «se basait sur la
confrontation avec la Russie». « Ce n’est pas la première fois dans
l’histoire que les États-Unis jouent une carte extrêmement dangereuse
et dépourvue de toute perspective réelle, visant à démolir l’équilibre
stratégique des forces du monde en sa faveur », a encore déclaré
Frants Klintsevitch. Le sénateur russe ajoute que dans le cadre de
cette doctrine, « les États-Unis essayent de modifier l’équilibre
stratégique mondial en leur faveur », « tout en accordant une
attention toute particulière à la mise à jour par la Russie de ses
armements nucléaires ». Sous prétexte de la crise dans la péninsule
coréenne, rappelle-t-il, Washington a suspendu ses négociations avec
la Russie sur les dangers nucléaires.

Fin 2016, le président Poutine a ordonné un renforcement de la force
de frappe nucléaire russe et une modernisation des armements,
justifiés précisément par le renforcement de la présence militaire de
l’Otan à ses frontières. Mais les dépenses militaires de Moscou, bien
que conséquentes, sont encore très loin de celles des Etats-Unis.

Des experts estiment que « la nouvelle doctrine nucléaire US permet
aux Américains d’avoir l’initiative dans leur confrontation avec la
Russie ».

Le ministère russe a dénoncé dans son communiqué que le texte de la
nouvelle doctrine nucléaire américaine prétendait que la Russie
refusait de respecter l’Initiative nucléaire présidentielle
(Presidential Nuclear Initiatives (PNIs), signée en 1991 entre la
Russie de Gorbatchev et les États-Unis de Bush, alors que la Russie a
détruit, conformément à cette initiative, une grande partie de ses
armements nucléaires. Le reste des armes sont stockées dans des dépôts
à l’intérieur de la Russie, selon le communiqué de la diplomatie
russe. Le communiqué avertit, alors, les États-Unis en soulignant que
la Russie pourrait recourir à des « mesures nécessaires » pour assurer
sa sécurité.

 

LA CHINE APPELLE LES USA À RENONCER À LA MENTALITÉ DE GUERRE FROIDE

 

La Chine, elle aussi visée, a réagi à la nouvelle doctrine nucléaire
américaine, appelant les États-Unis à renoncer à leur « mentalité de
Guerre froide ». Le ministère chinois de la Défense a publié un
communiqué, ce dimanche 4 février, dans lequel il a souligné que la
paix et le développement sont des dynamiques mondiales irréversibles,
recommandant à Washington de prendre l’initiative de suivre cette
tendance au lieu d’aller à son encontre.

La Chine accuse les États-Unis de « spéculations insolentes » sur ses
objectifs, déclarant qu’elle avait toujours fait preuve de retenue
face au développement des armements nucléaires et qu’elle maintenait
son arsenal à son plus bas niveau. «Nous espérons voir les États-Unis
renoncer à leur mentalité de Guerre froide, prendre au sérieux leurs
responsabilités sur la question du désarmement et corriger leur
perception des intentions stratégiques de la Chine », a affirmé le
ministère chinois de la Défense, cité par l’AFP.

 

« LA DOCTRINE NUCLEAIRE US DÉTRUIT L’HUMANITÉ »

 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a
déclaré, de son côté, que le document rapprochait l’humanité d’une
extermination. « La nouvelle doctrine nucléaire américaine viole le
Traité de non-prolifération des armes nucléaires et mène l’Humanité
vers les abysses du néant », selon le chef de la diplomatie iranienne
Mohammad Javad Zarif.

 

RETOUR A LA CRISE DES « EUROMISSILES » DES ANNÉES ’80 :
LES USA ET L’OTAN NE PROTEGENT PAS L’EUROPE, ELLE EN FONT UNE CIBLE NUCLEAIRE !

 

Retour aux Années ’80 pour l’Allemagne (2) !
L’Allemagne a réagi au dernier rapport du Pentagone sur la politique
nucléaire américaine intitulé « US Nuclear Posture Review ». La
volonté des États-Unis de se doter de nouvelles armes nucléaires à
faible rayon d’action risque de déclencher « une nouvelle spirale de
la course aux armements », selon le chef de la diplomatie allemande.
La décision du gouvernement américain concernant de nouvelles armes
nucléaires tactiques démontre qu’une nouvelle spirale de la course aux
armements nucléaires est déjà en cours. Comme à l’époque de la guerre
froide, nous, les Européens, sommes particulièrement vulnérables.
C’est pourquoi c’est à nous qu’il revient de lancer de nouvelles
initiatives relatives au contrôle des armements et au désarmement », a
déclaré le chef de la diplomatie allemande cité par la presse russe.

Selon lui, le développement de nouvelles armes « envoie de faux
signaux », et « les accords actuellement en vigueur concernant le
contrôle des armements doivent être préservés ».

 

NOTES 

(1) Cfr. Luc MICHEL, EODE THINK TANK/ LA PRESIDENCE TRUMP : VERS UN
NOUVEAU STADE DE L’IMPERIALISME AMERICAIN …
sur http://www.lucmichel.net/2016/12/04/eode-think-tank-la-presidence-trump-vers-un-nouveau-stade-de-limperialisme-americain/
Et :
Luc MICHEL, EODE THINK TANK/ LES MEDIAS OCCIDENTAUX ET ‘STRATFOR’
CONFIRMENT MES ANALYSES. TRUMP CE SERA LE MILITARISME ET LA GUERRE !
sur http://www.lucmichel.net/2017/01/28/eode-think-tank-luc-michel-les-medias-occidentaux-et-stratfor-confirment-mes-analyses-trump-ce-sera-le-militarisme-et-la-guerre/

(2) Voir sur Voir sur PCN-TV/
GEOPOLITIQUE/ LUC MICHEL:
ACTUALITE DE LA NOUVELLE GUERRE FROIDE !
TRUMP OU PAS TRUMP, LA ‘GUERRE FROIDE 2.0’ CONTINUE DE PLUS BELLE …
sur https://vimeo.com/205791102
Et :
Sur PCN-TV/ LUC MICHEL:
TRUMP RELANCE LE MILITARISME US (SUR AFRIQUE MEDIA)
sur https://vimeo.com/195383189

(3) La première Guerre froide, celle de 1943-91 a connu deux grandes
crises liées aux missiles :
– La crise de Cuba, au début des Années 60, où l’installation de
missiles nucléaires dans le Cuba anti-américain de Castro et du Che,
avait conduit les deux blocs au bord de la guerre nucléaire ;
– La crise des « euromissiles » au début des Années 80, où
l’installation des SS20 soviétiques et des Pershing américain en
Europe, jointe à la doctrine des « frappes nucléaires tactiques » lors
des batailles terrestres, avait été une immense crise au sein de
l’OTAN. En Allemagne, mais aussi en Belgique ou en Grande-Bretagne,
des foules immenses anti-américaines contestaient l’OTAN au nom du «
National-neutralisme » anti-américain (j’ai été un des protagonistes
de ces manifestations entre 1981 et 1983, notre PCN y est né et est
l’enfant du « National-neutralisme ») …

(Sources : Office Of The US Secretary Of Defense – Huffington Post –
Defense News – AFP – EODE Think-Tank)

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE

* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie –
Néoeurasisme – Néopanafricanisme (Vu de Moscou et Malabo) :
PAGE SPECIALE Luc MICHEL’s Geopolitical Daily
https://www.facebook.com/LucMICHELgeopoliticalDaily/

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétaire depuis 40 années.

Une pensée sur “LA NOUVELLE DOCTRINE NUCLEAIRE DES USA CIBLE DIRECTEMENT MOSCOU ET PÉKIN

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    8 février 2018 à 12 12 49 02492
    Permalink

    LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
    Luc MICHEL pour EODE/
    Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
    2018 02 06/

    Les ambitions nucléaires, exposées dans la « Nouvelle doctrine
    nucléaire de Trump » (1) (improprement traduite en français par «
    posture ») des États-Unis font que la Russie, la Chine et l’Iran se
    rapprochent de plus en plus.

    De nombreux pays ont fermement critiqué la nouvelle « doctrine
    nucléaire» du Pentagone qui expose les ambitions nucléaires sous la
    présidence Trump et détaille ce qu’il perçoit comme les menaces
    nucléaires dans les décennies à venir (2). Bien qu’il se focalise
    essentiellement sur la Russie, le rapport évoque aussi un manque de
    transparence dans l’arsenal nucléaire chinois. Parmi les autres
    menaces potentielles, sont également cités la Corée du Nord et l’Iran.

    DES PROJETS AMERICAINS QUI N’ONT FAIT QUE SE RAPPROCHER L’IRAN, LA
    RUSSIE ET LA CHINE

    Un projet qui n’a fait que se rapprocher l’Iran, la Russie et la
    Chine, qui ont toujours été des partenaires anciens et importants sur
    la scène internationale pour défendre des intérêts communs (3). Ces
    pays se sont fermement opposés au rapport du Pentagone, d’autant plus
    que son objectif va à l’encontre du Traité sur la non-prolifération
    des armes nucléaires. Si les États-Unis, la première et la plus grande
    économie du monde, se retirent du Traité, le terrain sera propice au
    retrait d’autres pays.

    Le journal anglais ‘The Observer’’ a rapporté dans une récente édition
    que « les États-Unis étaient en passe de bouleverser la structure du
    droit international, laissant libre cours aux velléités de n’importe
    quel pays voulant développer son arsenal nucléaire pour diverses
    raisons ». De fait, « l’administration Trump ne se conforme à aucun
    cadre international : les traités internationaux, et les enjeux
    environnementaux et sécuritaires du monde la laissent de marbre ».

    D’autre part, le site Russia Today a rapporté que « Moscou répondrait
    à l’hostilité des États-Unis et ferait tout pour préserver sa sécurité
    ». Évoquant la campagne anti-russe, il précise : « Trump a déclenché
    une guerre psychologique contre la Russie dont les conséquences se
    retourneront contre lui. »

    L’union de l’axe Russie-Iran-Chine va inciter davantage de pays
    occidentaux à s’opposer au piétinement de l’accord sur le nucléaire
    iranien par les États-Unis.

    LA GUERRE COMMERCIALE DE TRUMP CONTRE PEKIN

    Outre l’accord sur le nucléaire iranien, la Russie et la Chine sont
    déjà dans le collimateur américain. Dès le début de l’année 2017,
    Trump a entamé une « guerre commerciale » avec la Chine et foulé au
    pied un grand nombre des accords internationaux.
    En substituant le dollar américain dans leurs échanges commerciaux,
    Russie, Chine et Iran mettraient la pression sur l’économie des
    États-Unis. Cette initiative ferait chuter la valeur du dollar sur le
    marché mondial et engendrerait de nombreuses crises financières.

    La Chine est devenue la deuxième puissance militaire mondiale et
    s’active à combler le fossé qui la sépare encore des États-Unis.
    Parallèlement à son essor économique, la Chine a développé une armée
    moderne qui pourrait devenir la première force mondiale à l’horizon
    2050. Mais le développement des armes nucléaires ne figure pas dans ce
    plan. L’Iran a également parlé à plusieurs reprises du renforcement de
    sa puissance de défense.

    Attendons donc de voir quelle sera la réponse de la Russie de Vladimir
    Poutine à la menace nucléaire des États-Unis.

    LA COOPERATION RUSSIE-IRAN IMPASSIBLE AUX SANCTIONS AMERICAINES

    Dans une interview avec l’agence de presse russe ‘Interfax’, Levan
    Dzhagaryan, l’ambassadeur russe à Téhéran a déclaré « que les
    nouvelles sanctions américaines n’affecteront en rien la coopération
    irano-russe dans le domaine militaire ». « Moscou veut développer sa
    coopération avec Téhéran dans la lutte contre le terrorisme. L’Iran
    est notre partenaire stratégique », a affirmé Levan Dzhagaryan (4).

    TEHERAN ET MOSCOU, UNE POLITIQUE REGIONALE CONVERGENTE

    Les présidents iranien et russe ont souligné que « seul le peuple
    syrien avait le droit de décider de son avenir ».

    Lors d’un entretien téléphonique, ce mardi 6 février, le président de
    la République islamique d’Iran, Hassan Rohani, a déclaré que « Téhéran
    s’opposait à la présence de forces étrangères sur le territoire syrien
    sans autorisation du gouvernement et du peuple syriens ». « L’escalade
    de tensions dans le nord de la Syrie ne va dans l’intérêt de personne.
    Nous espérons que tous les pays respecteront l’intégrité territoriale
    et la souveraineté de la Syrie », a-t-il ajouté.

    M. Rohani a salué l’organisation d’une réunion entre les présidents
    iranien, russe et turc dans le cadre d’une coopération étroite
    destinée à restaurer la paix et la stabilité et à combattre le
    terrorisme dans la région. « Les relations entre Téhéran et Moscou
    sont en pleine croissance. Nous espérons que les accords bilatéraux
    seront mis en application dans les plus brefs délais. L’application la
    plus rapide des accords que nous avons signés et l’essor des
    coopérations interbancaires entre Téhéran et Moscou donneront un coup
    de pouce à leurs relations bilatérales. »

    De son côté, le président russe Vladimir Poutine a souligné que «
    Moscou était résolu à approfondir ses relations avec Téhéran sur tous
    les plans ». « Les grandes compagnies russes essaient de concrétiser
    les accords signés jusqu’ici entre l’Iran et la Russie. Le processus
    de concrétisation des accords suit un rythme accéléré et cette
    coopération bilatérale sera certainement renforcée par la future
    réunion de la commission économique mixte », a déclaré Vladimir
    Poutine.

    Le président russe a ensuite qualifié de « très important » l’accord
    nucléaire conclu en juillet 2015 entre l’Iran et les 5+1. « La Russie
    croit que toute tentative d’affaiblir l’accord nucléaire met en danger
    la stabilité de la région. Nous avons fait part de notre position à
    nos alliés. » Le 12 janvier, le président américain Donald Trump a
    prolongé, sous conditions, la suspension des sanctions anti-iraniennes
    décidée suite à la signature de l’accord nucléaire avec l’Iran, en
    juillet 2015. D’ici la prochaine échéance de suspension des sanctions,
    dans 95 jours pour les principales d’entre elles, « Trump entend
    travailler avec les partenaires européens sur un accord de suivi »
    visant à durcir les conditions du texte de 2015.

    Le président russe a, de même, annoncé la finalisation des
    négociations portant sur la signature d’un accord temporaire
    permettant la création d’une zone de libre-échange entre l’Iran et
    l’Union économique de l’Eurasie. « Dès que cet accord sera conclu
    entre l’Iran et l’Eurasie, leur coopération économique entrera dans
    une nouvelle phase », a-t-il indiqué.

    Vladimir Poutine a estimé que le succès de la réunion de Sotchi était
    dû aux efforts de l’Iran, de la Russie et de la Turquie. « Les
    tentatives de certains pays extra-régionaux, qui cherchent à armer les
    terroristes et à démembrer la Syrie, nous préoccupent vivement. Nous
    sommes d’avis que le déploiement de tout contingent militaire sur le
    territoire d’un pays devrait être autorisé par le gouvernement du pays
    ou le Conseil de sécurité des Nations unies, sinon cela constitue une
    ingérence flagrante dans les affaires d’un pays indépendant ».

    Concernant la situation au Yémen, M. Poutine l’a jugée « tragique » et
    « préoccupante », appelant « tous les pays à donner un coup de pouce
    au processus de règlement pacifique de la crise au Yémen ».

    NOTES :

    (1) Cfr. sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
    LA NOUVELLE DOCTRINE NUCLEAIRE DES USA QUI CIBLE DIRECTEMENT MOSCOU ET PEKIN
    sur http://www.lucmichel.net/2018/02/03/luc-michels-geopolitical-daily-la-nouvelle-doctrine-nucleaire-des-usa-qui-cible-directement-moscou-et-pekin/

    (2) Cfr. en anglais sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
    THE NEW NUCLEAR DOCTRINE OF THE USA (II):
    WHAT DOES THE ‘US NUCLEAR POSTURE REVIEW’ REALLY SAY?
    sur http://www.lucmichel.net/2018/02/05/luc-michels-geopolitical-daily-the-new-nuclear-doctrine-of-the-usa-ii-what-does-the-us-nuclear-posture-review-really-say/

    (3) Voir PCN-TV YouTube :
    LUC MICHEL/ L’AXE MOSCOU-PÉKIN-TÉHÉRAN SE RENFORCE
    sur https://www.youtube.com/watch?v=-atVO-L1CXE
    Et :
    Sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
    DE L’AXE MOSCOU-TEHERAN A UN AXE EURASIATIQUE MOSCOU-PEKIN-TEHERAN :
    COMMENT LA CHINE S’EST AUSSI RAPPROCHEE DE L’IRAN
    sur http://www.lucmichel.net/2017/11/04/luc-michels-geopolitical-daily-de-laxe-moscou-teheran-a-un-axe-eurasiatique-moscou-pekin-teheran-comment-la-chine-sest-aussi-rapprochee-de-liran/

    (4) L’AXE MOSCOU-TEHERAN : UNE REALITE PUISSANTE A LA FOIS POUR
    L’EURASIE ET LE PROCHE-ORIENT
    sur http://www.lucmichel.net/2017/11/02/luc-michels-geopolitical-daily-laxe-moscou-teheran-une-realite-puissante-a-la-fois-pour-leurasie-et-le-proche-orient/

    (Sources : Russia Today – Fars – Interfax – The Observer – PCN-TV –
    EODE Think-Tank)

    LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE

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