Le capitalisme d’État

Source :   https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1922/04/d11c/vil19220400-03c11.htm

 

(Nous présentons ci-dessous un extrait d’un rapport fait par V. Lénine au XIe congrès du PC (B) de Russie le 27 mars 1922. Lénine y présente sa vision du capitalisme d’État qu’il assimile à un capitalisme contrôlé par  : »L’avant-garde ouvrière » c’est-à-dire par le Parti bolchévique et lui impose ses limites. Il a fallu aux « marxistes » beaucoup de foi en Lénine et dans le Parti bolchévique soviétique pour gober ces pensées léniniennes. L’avant-garde d’une classe sociale regroupée dans un parti politique ne peut :   » limiter, (…) fixer les bornes, ce capitalisme d’État est rattaché à l’État, mais l’État, ce sont les ouvriers, c’est la partie avancée des ouvriers, c’est l’avant-garde,  c’est nous (Parti bolchévique et Lénine) « .  Cette simple phrase répudie complètement toute la théorie marxiste à propos de l’État, sa constitution et son rôle à l’intérieur d’un mode de production.  Pire cette phrase et tout le texte de Lénine sur le capitalisme d’État contredit l’ensemble de la théorie matérialiste dialectique prolétarienne sur le développement des modes de production et sur la contradiction fondamentale de classe qui génère l’évolution sociale d’un mode de production à un autre (esclavagisme-féodalisme-capitalisme-communisme). Nous  reviendrons dans la section commentaires à propos de ces notions. Pour commencer prenez connaissance de ce texte fondateur du léninisme.  Robert Bibeau. Éditeur  http://www.les7duquebec.com)

**********

La troisième leçon complémentaire, est celle qui concerne le
capitalisme d’État. Je regrette que Boukharine n’assiste pas à ce
congrès ; j’aurais voulu discuter un peu avec lui. Mais je préfère
remettre cela jusqu’au congrès prochain. Pour ce qui est du
capitalisme d’État, il me semble que notre presse en général, et en
général notre Parti commettent la faute de verser dans le libéralisme,
dans l’esprit propre à la gent intellectuelle ; nous raffinons sur la
question de savoir ce qu’on doit entendre par capitalisme d’État, et
nous consultons de vieux livres. Or, ces vieux livres parlent de tout
autre chose : ils traitent du capitalisme d’État qui existe en régime
capitaliste ; mais il n’y a pas un seul livre qui examine le capitalisme
d’État en régime communiste. Même Marx ne s’est pas avisé d’écrire
un seul mot à ce sujet, et il est mort sans avoir laissé une seule citation
précise, une seule indication irréfutable. Aussi devons-nous
aujourd’hui nous tirer d’affaire par nos propres moyens. Et si l’on
passe mentalement en revue notre presse, si l’on considère d’un coup
d’oeil d’ensemble la façon dont elle traite le problème du capitalisme
d’État – ce que j’ai essayé de faire en préparant mon rapport -, on arrive
à cette conviction que l’on tire à côté, que l’on regarde dans une tout
autre direction.

Le capitalisme d’État, dans toute la littérature économique, c’est celui
qui existe en régime capitaliste, quand le pouvoir d’État se soumet
directement telles ou telles entreprises capitalistes. Or, notre État est
prolétarien; il prend appui sur le prolétariat auquel il donne tous les
privilèges politiques ; par l’intermédiaire du prolétariat, il attire à soi
les couches profondes de la paysannerie (vous vous souvenez que nous
avons commencé ce travail en instituant des comités de paysans
pauvres). Voilà pourquoi le terme de capitalisme d’État désoriente
bien des gens. Pour éviter cela, il ne faut pas oublier cette vérité
majeure, à savoir qu’aucune théorie, aucun ouvrage ne traitent la
question du capitalisme d’État, tel qu’il existe chez nous, pour la
simple raison que les notions habituelles rattachées à ces termes, ont
trait au pouvoir de la bourgeoisie en société capitaliste. Tandis que
notre société à nous est sortie des rails capitalistes ; elle ne s’est pas
encore engagée sur une voie nouvelle, mais ce n’est plus la bourgeoisie
qui gouverne l’État, c’est le prolétariat (1922). Nous ne voulons pas
comprendre que lorsque nous disons « État», cet État, c’est nous, c’est
le prolétariat, c’est l’avant-garde de la classe ouvrière. Le capitalisme
d’Etat est un capitalisme que nous saurons limiter, dont nous saurons
fixer les bornes, ce capitalisme d’État est rattaché à l’État, mais l’État,
ce sont les ouvriers, c’est la partie avancée des ouvriers, c’est l’avant-garde,
c’est nous.

Le capitalisme d’État, c’est le capitalisme auquel nous devons assigner
certaines limites, ce que nous n’avons pas su faire jusqu’à ce jour. Voilà
le hic. Ce que sera ce capitalisme d’État ? Cela dépend de nous. Le
pouvoir politique que nous possédons est suffisant, absolument
suffisant. De même, nous disposons de ressources économiques
suffisantes; mais l’avant-garde de la classe ouvrière appelée à gérer
directement, à assigner les limites, à préciser sa position propre, à se
subordonner les autres au lieu d’être elle-même subordonnée, – cette
avant-garde manque de savoir-faire. C’est tout ce qu’il faut avoir, et
c’est ce qui nous manque.

Cette situation est sans précédent dans l’histoire: le prolétariat,
l’avant-garde révolutionnaire, possède un pouvoir politique
absolument suffisant; et, à côté de cela, le capitalisme d’État.
L’essentiel, c’est que nous comprenions que ce capitalisme est celui
que nous pouvons et devons admettre, auquel nous pouvons et devons
assigner certaines limites, car ce capitalisme est nécessaire à la grande
masse paysanne et au capital privé qui doit faire du commerce de
façon à satisfaire aux besoins des paysans. Il faut faire en sorte que le
cours régulier de l’économie capitaliste et de l’échange capitaliste soit
rendu possible, car cela est nécessaire au peuple. On ne saurait vivre
sans cela. Pour eux, pour ce camp-là, le reste n’est pas absolument
nécessaire, ils peuvent en prendre leur parti, mais vous, communistes,
vous, ouvriers, vous, partie consciente du prolétariat, qui vous êtes
chargés de gouverner l’État, saurez- vous faire en sorte que l’État, dont
vous avez assumé la charge, fonctionne comme vous l’entendez? Nous
avons vécu une année, l’État est entre nos mains ; eh bien, sur le plan
de la nouvelle politique économique (NEP), a-t-il fonctionné comme nous
l’entendions? Non. Nous ne voulons pas l’avouer : l’État n’a pas
fonctionné comme nous l’entendions. Et comment a-t-il fonctionné?
La voiture n’obéit pas : un homme est bien assis au volant, qui semble
la diriger, mais la voiture ne roule pas dans la direction voulue ; elle va
où la pousse une autre force – force illégale, force illicite, force venant
d’on ne sait où -, où la poussent les spéculateurs, ou peut-être les
capitalistes privés, ou peut-être les uns et les autres, – mais la voiture
ne roule pas tout à fait, et, bien souvent, pas du tout comme se
l’imagine celui qui est au volant. Voilà le point essentiel que nous ne
devons pas oublier en traitant du capitalisme d’État. Dans ce domaine
fondamental, nous devons apprendre par le commencement. Si nous
faisons nôtre cette vérité, si elle pénètre notre conscience, c’est alors
seulement que nous pouvons garantir le succès de notre
apprentissage.

J’en viens maintenant à l’arrêt de notre retraite dont j’ai eu l’occasion
de parler dans mon discours au congrès des métallurgistes. Depuis
lors, je n’ai rencontré aucune objection, ni dans la presse du Parti, ni
dans les lettres particulières des camarades, ni au sein du Comité
central. Celui-ci a approuvé mon plan. Or, ce plan consiste à souligner
avec force, dans le rapport présenté au nom du Comité central à ce
congrès, cet arrêt de notre retraite, et à demander au congrès de
donner une directive appropriée, cette fois au nom de l’ensemble du
Parti, une directive qui serait obligatoire. Nous avons reculé pendant
un an. Nous devons maintenant dire au nom du Parti : Assez ! Le but
que visait le recul est atteint. Cette période se termine ou est terminée.
Maintenant un autre objectif s’impose : regrouper les forces. Nous
voici arrivés à une nouvelle étape; en somme, nous avons opéré la
retraite à peu près en bon ordre. Il est vrai que, de différents côtés, les
voix qui voulaient faire de cette retraite une fuite panique n’ont pas
manqué. Les uns en prétendant que sur tel ou tel point nous avions
tort de reculer, comme c’est le cas, par exemple, pour certains
représentants du groupe qui portait le nom d’«opposition ouvrière».
(Je pense qu’ils portaient ce nom à tort.) Par excès de zèle, ils se sont
trompés de porte, et ils ont pu s’en convaincre aujourd’hui. Ils ne
s’apercevaient pas alors que leur activité ne visait pas à redresser notre
mouvement ; en réalité, elle n’avait qu’un sens: elle semait la panique,
empêchait la retraite de s’effectuer avec discipline.

 

La retraite est chose difficile, surtout pour des révolutionnaires qui
ont l’habitude de l’offensive, surtout quand ils ont pris l’habitude
d’avancer plusieurs années durant avec un succès prodigieux ; surtout
quand ils sont environnés de révolutionnaires d’autres pays qui ne
rêvent que de déclencher l’offensive. Voyant que nous reculions,
certains d’entre eux ont même scandaleusement fondu en larmes,
comme des enfants ; il en fut ainsi au récent Comité exécutif élargi de
l’Internationale Communiste [4]. Mus par les meilleurs sentiments et
aspirations communistes, certains camarades ont fondu en larmes
parce que, figurez-vous, les bons communistes russes opèrent un
recul. Il m’est peut-être difficile maintenant de concevoir pleinement
cette mentalité occidentale, bien que j’aie assez longtemps vécu dans
ces beaux pays démocratiques en qualité d’émigré. Mais peut-être que
de leur point de vue, la chose est très difficile à comprendre, difficile à
en pleurer. Dans tous les cas, nous n’avons pas le temps de nous
arrêter à ces sentimentalités. Il nous est apparu de toute évidence que,
précisément parce que notre offensive s’était faite avec tant de succès
pendant des années, et que nous avions remporté tant de victoires
extraordinaires (tout cela dans un pays incroyablement ruiné,
dépourvu des conditions matérielles nécessaires!) – il nous était
absolument indispensable, du moment que nos conquêtes étaient si
nombreuses, il nous était absolument indispensable de reculer pour
consolider cette offensive. Nous ne pouvions garder toutes les
positions dont nous nous étions emparés par un coup d’audace ;
d’autre part, c’est uniquement parce que nous avions réalisé tant de
conquêtes par un coup d’audace, portés par la vague d’enthousiasme
des ouvriers et des paysans, que nous avons eu assez de marge pour
reculer très loin, et que nous pouvons reculer loin encore aujourd’hui
sans perdre le moins du monde le principal, l’essentiel. La retraite
s’est effectuée, d’une façon générale, en assez bon ordre, bien que des
voix paniques, au nombre desquelles figurait l’«opposition ouvrière»
(et c’est là le plus grand tort qu’elle ait pu nous causer !) aient
provoqué chez nous des défections partielles, des violations de la
discipline et des principes d’une retraite régulière. La chose la plus
dangereuse pendant la retraite, c’est la panique. Si toute l’armée (je
parle ici au sens figuré) se replie, le moral ne saurait être celui qui
règne quand tous marchent de l’avant. Ici, vous constaterez à chaque
instant un état d’esprit plus ou moins déprimé. Nous avions même des
poètes qui ont écrit que la famine et le froid, voyez-vous, sévissent à
Moscou ; «tandis qu’autrefois c’était si propre, si beau, aujourd’hui
c’est le commerce, la spéculation». Nous possédons bon nombre de
ces oeuvres poétiques.

On conçoit que tout ceci est le résultat de la retraite. Et là gît un
immense danger : reculer après une grande et victorieuse offensive est
terriblement difficile ; les rapports, ici, sont tout autres ; là-bas, même
sans qu’on veille à la discipline, tous se ruent et volent en avant ; ici, la
discipline doit être plus consciente, et elle est cent fois plus nécessaire,
car au moment où toute l’armée se replie, elle ne se rend pas
nettement compte, elle ne voit pas où elle doit s’arrêter, elle voit
seulement la retraite, et parfois il suffit alors de quelques cris de
panique pour que tous prennent la fuite. Le danger, ici, est énorme.
Lorsque c’est une armée qui se replie ainsi, on poste des mitrailleuses,
et au moment où, de bien ordonnée qu’elle était, la retraite devient
désordonnée, on commande: «Feu!» Et l’on fait bien.
Si des gens sèment la panique, fût-ce dans les meilleures intentions du
monde, à un moment où nous effectuons une retraite
extraordinairement difficile et où le tout est de maintenir le bon ordre,
il est nécessaire, à ce moment-là, de châtier sévèrement, cruellement,
impitoyablement la moindre infraction à la discipline, cela non
seulement pour certaines affaires intérieures de notre Parti, mais, il
faut bien le savoir, encore davantage pour des gens comme messieurs
les mencheviks et tous ces messieurs de l’Internationale II 1/2.
Ces jours-ci, j’ai lu dans le vingtième numéro de l’Internationale
communiste un article du camarade Rakosi sur un nouvel opuscule
d’Otto Bauer auprès duquel nous nous sommes tous instruits
autrefois, mais qui, après la guerre, est devenu, de même que Kautsky,
un pitoyable petit bourgeois. Il écrit maintenant: «Les voici qui
reculent vers le capitalisme ; nous avons toujours dit : c’est une
révolution bourgeoise

Et les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires qui prêchent tout
cela s’étonnent lorsque nous disons que, pour ces choses-là, nous
fusillerons. Ils sont stupéfaits. Pourtant, c’est clair : quand une armée
bat en retraite, il faut une discipline cent fois plus grande que dans
l’offensive, car dans l’offensive tous se précipitent en avant. Mais si,
maintenant, tous commencent à se précipiter en arrière, ce sera la fin,
inéluctable et immédiate.

C’est à ce moment-là que le principal est de se replier en bon ordre,
d’établir exactement la limite du recul et de ne pas céder à la panique.
Quand le menchevik dit : «Vous battez en retraite à présent, et moi,
j’ai toujours été pour la retraite, je suis d’accord avec vous, je suis votre
homme, – replions-nous ensemble», nous lui répondons: « Nos
tribunaux révolutionnaires doivent fusiller ceux qui auront
publiquement fait acte de menchevisme. Autrement ce ne seraient pas
nos tribunaux à nous, mais Dieu sait quoi. »

Ils n’arrivent pas à comprendre et disent : « Quelles allures
dictatoriales ont ces gens!» Ils pensent jusqu’à présent que nous
poursuivons les mencheviks parce qu’ils se sont battus contre nous à
Genève [5]. Mais si nous avions suivi cette voie, il est probable que
nous ne serions pas restés même deux mois au pouvoir. En effet, les
exhortations qu’articulent et Otto Bauer, et les dirigeants de la IIe
Internationale et de l’Internationale II 1/2, et les mencheviks, et les
socialistes-révolutionnaires, tiennent à leur propre nature : «La
révolution est allée trop loin. Nous avons toujours dit ce que vous dites
aujourd’hui. Permettez-nous de le répéter encore une fois.» Nous
répondons : Permettez-nous, pour cela, de vous coller au mur. Ou
bien vous aurez la bonté de vous abstenir d’exprimer vos idées, ou
bien, si vous voulez exprimer vos idées politiques dans la situation
actuelle, alors que nous sommes dans des conditions beaucoup plus
difficiles que pendant l’invasion directe des gardes blancs, vous nous
excuserez, mais nous vous traiterons comme les pires et les plus
nuisibles éléments de la clique des gardes blancs.» Cela, nous ne
devons pas l’oublier.

Quand je parle de cessation de la retraite, je n’entends nullement par
là que nous ayons appris à commercer. Je suis, au contraire, de l’avis
opposé, et je serais mal compris, et la preuve serait faite que je ne sais
pas bien exposer ma pensée, si l’on gardait pareille impression de mon
discours.

Ce qu’il faut, c’est faire cesser cette nervosité, cet état d’agitation que
la NEP a provoqués chez nous, ce désir de tout remanier, de tout
adapter. Nous avons aujourd’hui un certain nombre de sociétés
mixtes. Très peu, il est vrai. Il a été constitué chez nous, avec la
participation de capitalistes étrangers, neuf sociétés sanctionnées par
le Commissariat du Commerce extérieur ; la commission de
Sokolnikov [6] en a sanctionné 6, et le « Sévéroles » en a formé deux.
Il existe donc aujourd’hui dix-sept sociétés avec un capital se chiffrant
par millions, et qui ont été sanctionnées par différents organismes.
(Certes, il y a assez de confusion dans nos organismes également, de
sorte que, là aussi, des lacunes sont possibles). Mais, de toute façon,
nous avons aujourd’hui des sociétés auxquelles participent des
capitalistes russes et étrangers. Il y en a peu. Ce début, petit mais
pratique, montre que les communistes ont été appréciés, appréciés
pour leur activité pratique, appréciés non pas par des institutions de
haut rang comme la Commission centrale de Contrôle ou le Comité
exécutif central de Russie. Certes, la Commission centrale de Contrôle
est une institution excellente, et nous allons maintenant lui donner
plus de pouvoir. Mais, tout de même, lorsque ces organismes
contrôlent les communistes… figurez-vous que, sur le marché
international, on ne reconnaît pas leur autorité. (Rires.) Par contre,
lorsque des capitalistes ordinaires, russes et étrangers, entrent dans
une société mixte avec des communistes, nous disons : «Tout de
même nous savons faire quelque chose ; tout de même, si défectueux,
si misérable qu’il soit, c’est déjà un début.» Pas bien grand, certes ;
songez qu’il y a déjà un an qu’on a déclaré s’y être appliqué avec le
maximum d’énergie (et l’on dit que nous n’en manquons pas) ; et au
bout d’une année, dix-sept sociétés seulement !

Cela montre à quel point nous sommes encore diablement gauches,
maladroits, combien il y a encore, chez nous, de cette indolence qui
nous vaudra infailliblement de recevoir encore des coups. Néanmoins,
je le répète, il y a un commencement, la reconnaissance du terrain a
été faite. Les capitalistes ne seraient pas venus à nous si les conditions
élémentaires pour leur activité avaient fait défaut. Si une partie
d’entre eux, ne fût-ce que minime, l’a fait, cela prouve que nous avons
remporté une victoire partielle.

Sans doute, au sein de ces sociétés, ils nous rouleront encore et si bien
qu’il faudra ensuite, durant des années, voir à s’y reconnaître. Mais
peu importe. Je ne dis pas que c’est la victoire. C’est une
reconnaissance montrant que nous avons déjà un champ d’action, un
terrain, et que nous pouvons déjà arrêter notre recul.

Cette reconnaissance a révélé un nombre infime de contrats avec les
capitalistes ; mais, tout de même, ces contrats ont été passés. Là-dessus
il faut s’instruire et continuer d’agir. En ce sens, il est temps de
ne plus s’énerver, crier, s’agiter. Billets et messages téléphonés
pleuvent: « Ne pourrait-on nous réorganiser, nous aussi, puisque c’est
la nouvelle politique économique chez nous ?» Tous s’agitent, c’est un
tohu-bohu. Personne ne fait rien de pratique ; tous discutent de la
façon de s’adapter à la NEP, et le résultat est nul.

Les marchands, eux, se moquent des communistes et disent
probablement: « Avant, il y avait des maîtres-exhorteurs [7], et
maintenant des maîtres-phraseurs.» Que les capitalistes nous aient
raillés d’être en retard, d’avoir manqué le train, cela ne fait pas l’ombre
d’un doute, et, en ce sens, je dis qu’il faut, au nom du congrès
également, confirmer cette directive.

La retraite est terminée. Les principales formes d’activité avec les
capitalistes sont ébauchées. Il y a des modèles, bien qu’en nombre
minime. Cessez de ratiociner, de discuter de la NEP. Laissez les poètes écrire
des vers ; ne sont-ils pas des poètes? Vous autres, économistes, ne
dissertez pas sur la NEP, mais multipliez ces sociétés, vérifiez le
nombre de communistes qui savent organiser la compétition avec les
capitalistes.

La retraite est terminée. Il s’agit maintenant de regrouper les forces.
Voilà la directive que le congrès doit donner et qui doit mettre fin au
remue-ménage, au charivari. Calmez-vous, ne raffinez pas trop, cela
vous serait porté à charge. Vous devez prouver pratiquement que vous
ne travaillez pas moins bien que les capitalistes. Ceux-ci font l’alliance
économique avec les paysans pour s’enrichir; vous devez, quant à vous,
faire l’alliance avec l’économie paysanne pour accroître le pouvoir
économique de notre État prolétarien. Vous avez l’avantage sur les
capitalistes parce que le pouvoir d’État est entre vos mains, parce que
nombre de moyens économiques sont entre vos mains. Seulement
vous ne savez pas vous en servir. Jugez les choses plus sainement,
rejetez le clinquant, quittez vos solennels attributs communistes,
apprenez simplement un simple métier, et alors nous battrons le
capitaliste privé. Nous avons le pouvoir d’État, nous avons une masse
de ressources économiques. Si nous battons le capitalisme et si nous
réalisons l’alliance avec l’économie paysanne, nous serons une force
absolument invincible. Et alors l’édification du socialisme ne sera pas
le fait de cette goutte dans l’océan qu’est le Parti communiste, mais le
fait de toute la masse travailleuse ; alors le simple paysan verra que
nous l’aidons et nous suivra d’un pas cent fois plus lent, peut-être,
mais en revanche, un million de fois plus ferme et assuré.
Voilà dans quel sens il faut parler de cessation de la retraite. Et il serait
rationnel de faire de ce mot d’ordre, sous telle ou telle forme, une
décision du congrès.

 

23 pensées sur “Le capitalisme d’État

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    26 septembre 2016 à 9 09 04 09049
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    Bonjour, camarades

    Pour en revenir aux difficultés que nous avons à parler le même langage supposé marxiste, sans guillemets, et donc sans préjuger de la bonne ou mauvaise fois des uns et des autres, voici une petite réflexion que m’inspire une relecture de Lénine:

    https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1922/04/d11c/vil19220400-03c11.htm

    Il s’agit du passage sur le concept de capitalisme d’état.

    Tel que dans la NEP, il me semblait avoir compris qu’il s’agissait des différentes formes de capitalisme légalement tolérées, et même encouragées jusqu’ à un certain point, dans le cas des sociétés mixtes, par l’état prolétarien.
    La relecture de ce texte ne me semble pas dire autre chose.

    Néanmoins une précision utile, citée ci-dessous, à attiré particulièrement mon attention, et suscite ma réflexion.
    Le mieux est de tout relire, et sinon, au moins l’extrait en PJ, mais la phrase autour de laquelle mon raisonnement s’articule est la suivante:

    Le capitalisme d’État, dans toute la littérature économique, c’est celui qui existe en régime capitaliste, quand le pouvoir d’État se soumet directement telles ou telles entreprises capitalistes.

    Ce qui me parait signifier assez clairement que ce « capitalisme d’état » est un aspect du capitalisme par lequel l’état devient directement patron d’entreprise, dans un système capitaliste déjà existant, et fonctionnant selon un modèle plus classique.
    C’est donc un aspect possible du capitalisme, une forme que prend le capitalisme parmi d’autres coexistantes, mais ce n’est pas en soi, un système capitaliste en tant qu’étape du développement capitaliste.

    Il se trouve en outre que c’est une forme qui peut également provisoirement exister, selon Lénine, sous la domination d’un état prolétarien, ce que la suite du texte confirme amplement.

    Tandis que le capitalisme monopoliste, lui, suppose l’existence du capitalisme financier.

    Et le capitalisme monopoliste d’état, lui, suppose non seulement l’existence du capitalisme financier, mais la domination des monopoles capitalistes sur l’état, et donc éventuellement sur le secteur « capitalisme d’état », s’il existe, mais les deux notions sont donc bien distinctes, et n’ont pas, ni à priori, ni nécessairement, de rapport entre elles.

    Capitalisme d’état suppose un mode de fonctionnement capitaliste, non seulement avec extraction de plus-value, mais aussi avec élargissement et accumulation de capital, au profit d’un bénéficiaire qui ne saurait être le prolétariat ou le peuple, sous aucune forme réellement signifiante, sauf à revenir à la notion d’économie mixte, sinon de socialisme, fut-il rudimentaire.

    On voit bien des traces d’un tel capitalisme, en URSS, sous la NEP, évidemment attestées par Lénine lui-même, on en voit bien, sous d’autres formes, mais en cherchant à peine, à la suite des « réformes » khrouchtchéviennes, et on sait l’importance qu’elles ont prises par la suite, mais de trace de capitalisme financier, de capitalisme monopoliste, point!
    Et à fortiori, de capitalisme monopoliste d’état!

    Il faut donc éviter ce genre d’abus de langage puéril, même s’il a eu cours dans le passé, à l’échelle internationale, pour tenter de justifier tels ou tels règlements de comptes, qui étaient plutôt des questions nationales, en réalité.

    Il en va de même pour le qualificatif d' »impérialiste », ou de « social-impérialiste », qui, en langage léniniste n’ont pas de distinction de nature. Ils ont en commun de reposer sur le capitalisme monopoliste d’état en tant que domination du capital financier sur le productif.

    Le problème de la bureaucratie est encore autre. Il y a incontestablement des formes de capitalisme bureaucratique qui ont survécu, à des degrés divers, à toutes les époques, et si on peut parler de formes de capitalisme bureaucratique d’état, il s’agit essentiellement de formes parasitaires, sauf évidemment dans le secteur « capitaliste d’état », où elle est presque à sa place légitime, en quelque sorte.
    Ailleurs, elle ne saurait pas davantage constituer, par elle même, un système économique, une étape du développement capitaliste.

    En URSS, du reste, elle a trouvé davantage son expansion dans le capitalisme maffieux, le marché noir et l’économie parallèle, que dans son parasitage de l’état, resté modeste, en comparaison de ce qui se pratiquait en Occident…

    Mais là encore, pas de capitalisme monopoliste d’état, sauf à jouer sur les mots, à la manière des intellos bourgeois !

    Concernant la mutation de la bureaucratie en capitalisme d’état, le texte de Vincent Gouysse me parait essentiellement correct, comme je l’ai déjà mentionné, sauf, toujours à mon sens, pour sa chute « sociale-impérialiste »!

    En tous cas, bon à relire pour nourrir intelligemment notre débat.

    http://www.communisme-bolchevisme.net/introduction_au_marxisme.htm#partie_4

    Luniterre

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    26 septembre 2016 à 9 09 13 09139
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    Alonson

    Quelques concepts de base.

    Pour définir quoi que ce soit on doit partir des antécédents historiques.

    Le Capitalisme d’État est apparu lors de la première et repris lors de la deuxième guerres mondiales dans les pays capitalistes- impérialistes belligérants comme une mesure d’organisation et planification de la production de guerre car l’anarchie capitaliste et sa soif des profits, sabotaient l’effort de guerre.

    L’État donc a pris en main l’organisation de l’économie capitaliste et a imposé des quotas, des prix, des normes etc. mais a laissé la propriété privé des moyens de production.

    Si lors de premiers années de la république soviétique, à une époque où Lénine avait prévu seulement le contrôle ouvrier de la production mais pas encore les nationalisations (imposées juste après par la lutte de classes) on a eu une forme de Capitalisme d’État …socialiste, car la classe ouvrière et/ou ses représentants le plus lucides étaient à la tête de l’État.

    Une fois établi le monopole du commerce extérieur et que la plupart des principales entreprises furent expropriées des mains de la bourgeoisie pour constituer les moyens de production de l’État soviétique (de la classe ouvrière représentée mal ou bien par la bureaucratie qui dirigeait et qui en profitait) on est devant un pouvoir socialiste en construction.

    Lénine a parlé aussi d’État soviétique comme un pouvoir prolétaire à fortes déformations bureaucratiques. Cette tendance va s’affirmer de plus en plus.

    La liquidation (correcte ou pas) de la paysannerie « riche » (les koulaks) va accentuer cette tendance. La forme comme elle fut faite (une catastrophe) est le résultat de l’aveuglement de Boukharine et de Staline (voir leur polémique contre Preobrajensky).

    Le mot d’ordre « Enrichissez-vous! » adressé aux paysans, Deng Siao Tsiao Ping l’a pris au trio Boukharine-Staline-Rikhov qui proclamaient en 1925 jusqu’en 1929 pour Staline, que la NEP était destinée à durer « des décennies ».

    Sans comprendre, analyser et étudier cette polémique, on ne peut rien comprendre l’économie soviétique. La racine logique, la suite des événements se trouve déjà dans le résultat politique de cette polémique. Et ce n’est pas parce que la thèse de Preobrajensky était celle du trio Trotsky-Khamenev-Zinoviev qu’on ne doit pas l’analyser. Il faut finir avec la méthode unilatérale de voir et « étudier » les choses.

    Le virage de 1929 a été imposé par la force des choses mais conditionné et aggravé par la cécité des dirigeants.

    Toute la discussion ne peut que traiter si l’URSS était un État socialiste (avec une économie forcément socialiste) déformée ou nécessaire sous les conditions du moment.

    L’absurdité selon laquelle l’économie socialiste est passé du socialisme (a-critique) au Capitalisme d’État en 1956 suite au « changement de couleur » Jrouschovien, ne tient pas l’analyse ni même la logique élémentaire. De fait, les « réformes » jrouchoviennes essaient de sortir l’économie soviétique de l’impasse de la gabegie et de l’incurie bureaucratique.

    L’absurdité qui en découle, le soi disant social-impérialisme, (la domination des trust capitalistes et l’exportation des capitaux sous un langage « marxiste ») est moins logique encore.
    V.

    Alphonso

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      28 septembre 2016 à 10 10 26 09269
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      Pour étudier le concept « d’État socialiste » je propos d’aborder le sujet VIA le concept de PRODUCTIVITÉ.

      La productivité est un concept qui synthétise le rapport entre le capital investit – engagé – et le capital généré – produit. Ainsi, souvent la productivité est le résultat de la mécanisation de la production (pas toujours mais habituellement). La mécanisation de la production signifie d’engager plus de capital constant pour relativement moins de capital variable – Prendre note que le capital constant transmets sa valeur d’échange à la nouvelle marchandise produite mais il ne crée pas de nouvelle valeur – il transmet sa valeur seulement – VIA la force de travail = soit via le capital variable engagé, (force de travail) seule capable de produire de la plus-value = I.E. de la valeur d’échange NOUVELLE qui sera confisquée par le capitaliste (privé ou public – étatique-nationalisé – ou entreprise anonyme multinational peu importe).

      C’est la raison pour laquelle nous matérialiste dialectique prolétarien disons que les nationalisations – le contrôle étatique (libéral -néolibéral ou socialiste) des moyens de production – d’échange – de communication – que Lénine et les bolcheviques appelaient le socialisme – l’État socialiste – ne constitue pas une voie vers le développement du mode de production communiste. La preuve en est que dans l’État soviétique sous Staline tous les moyens de production et d’échanges étaient sous contrôle étatique « socialiste » et pourtant voyez ou cela a conduit l’URSS Idem en Chine et dans les vingt-cinq autres états socialistes – sans aucune exception.

      MAINTENANT ÉTUDIONS LA CONCLUSION Il est écrit : « ou bien une mesure radicale révolutionnaire qui fera disparaître le pouvoir bourgeois par une révolution politique. »

      On oublie ici le plus important. Mes études depuis quelques années m’ont amené à enfin comprendre l’erreur de Lénine et des bolchéviques.

      Lénine a tenté de se disculper de cette erreur en dénonçant ce qu’il a appelé les « économistes » et toute la gauche a suivi.

      La révolution prolétarienne devra : 1) être menée par la classe prolétarienne – pas par son parti mais par la classe massivement engagée – une classe très nombreuse ou la paysannerie n’aura aucune place puisqu’elle se sera prolétarisée
      2) s’attaquer d’abord et avant tout au pouvoir économique de la bourgeoisie L’ASSISE DE SON POUVOIR TOTAL – retirer tout moyen de production, d’échange et de communication du contrôle – de la propriété – de la gestion – de la classe bourgeoise et de ses représentants PRIVÉS OU PUBLICS – ÉTATIQUES
      3) ensuite et en même temps détruire l’État bourgeois entièrement – NON pas en prendre le contrôle pour le perpétuer soi-disant sous contrôle du PARTI DU PROLÉTARIAT – Le détruire car ce pouvoir politique est l’émanation du pouvoir économique capitaliste et il ne sait faire qu’une chose – perpétuer – consolider – le pouvoir économique et politique capitaliste. Il est absolument impossible à contrario de ce que prétend Lénine de transformer l’état capitaliste en instrument du pouvoir prolétarien.

      4) L’État politique « socialiste » ne peut être qu’un État capitaliste – un État providence « socialiste » le temps que le mode de production capitaliste qui s’édifie sous cette superstructure n’impose ses lois de productivité et que l’État providence socialiste s’effondre (en 1989 en Europe d l’Est) et s’effondre aujourd’hui en Europe de l’Ouest.

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    29 septembre 2016 à 17 05 55 09559
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    S’il y a encore un débat à tenir sur le capitalisme d’état aujourd’hui, c’est sur la forme qu’il pourrait prendre concrètement.
    Autrement, c’est partir du principe que dès la prise du pouvoir par le prolétariat, toute entreprise, si petite soit-elle, sera immédiatement et quasi-instantanément collectivisée.
    Absurde.
    Reste à définir ce qui pourrait être un équilibre transitoire entre le secteur économique socialiste et le secteur privé résiduel et minoritaire.

    La différence entre la situation de la Russie de Lénine et la notre, c’est qu’à l’époque il fallait encore développer ce secteur, même s’il devait rester minoritaire.
    A notre époque, il y a seulement lieu de trouver le meilleur moyen de le résorber.

    Le texte de Lénine se comprend dans son contexte historique particulier, et non comme une généralité « étatique ».

    Le secteur « capitaliste d’état », secteur privé et mixte, est resté très minoritaire en Russie, avant de disparaitre avec la fin de la NEP.

    Et il ne s’agit évidemment pas d’en faire un « modèle », qui ne fut valable que pour un temps très court et dans les circonstances concrètes de l’époque et du lieu.

    Cela n’empêche pas d’en tirer quelques leçons utiles.

    Luniterre

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      29 septembre 2016 à 20 08 19 09199
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      @ Lunitere

      Pourquoi imaginer que toute entreprise sera irrémédiablement collectivisé est-ce une idée absurde ??? Privatiser et Retirer toute propriété à l’aristocratie et au clergé ne fut pas absurde et la Révolution française l’accomplit.

      Tu ne sembles pas parvenir à réaliser l’analyse – le constat – de l’échec de la révolution bolchévique et de toutes les autres révolutions démocratiques dites socialistes. Que les révolutionnaires en 1917 – 1949 – 1960 n’aient pas su le faire – ne bénéficiant aucunement de l’expérience – du recul historique passe encore Mais toi en 2016 – tu répètes tout ce que l’on peut lire dans la littérature de cette époque comme si tu ne parvenais pas à tirer les apprentissages de ces échecs à répétition.

      Pose toi la question ¨ Pourquoi cette trentaine d’échec Cuba étant le dernier en date, l’Albanie, la Chine etc. ???

      « Secteur privé minoritaire » et patati et patata – on est plus en 1917… justement. NON aucun secteur privé = AUCUN – PAS MINORITAIRE = INEXISTANT – DISPARU – PLUS DE SECTEUR PRIVÉ CAR Le niveau de développement des forces productives et des moyens de production est tel qu’il n’est nullement requis de compléter ce développement – il y a déjà surabondance de capital (de moyens de production)

      Pas de secteur capitaliste d’État et pas d’État central national ou ethnique après la révolution prolétarienne Le prolétariat n’aura plus de patrie La terre est son domaine

      Voila ce que nous enseigne la NEP qui était effectivement NÉCESSAIRE SOUS UNE FORME OU SOUS UNE AUTRE en 1917 et en 1949 en Chine (sous un autre nom) mais est obsolète en 2016 ou l’impérialisme termine sa course vers le précipice.

      Merci beaucoup pour ton intervention camarade

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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        30 septembre 2016 à 3 03 07 09079
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        En France, camarade, il y a plus de 2 700 000 entreprises individuelles au sens strict du terme, c-a-d sans personnel salarié. Plus un million d’autres qui ont MOINS DE 10 salariés. Plus près de 500 000 exploitations agricoles de tailles diverses, mais le plus souvent familiales ou avec très peu de personnel salarié, 1 ou 2, rarement plus, sauf saisonnièrement.

        Soit plus de 4 millions de microentreprises, dont un grand nombre dans des secteurs d’activité non essentiels, sauf l’agricole, à « collectiviser » du jour au lendemain, en plus des autres tâches, certainement plus vitales, du nouveau mode de production à mettre en place…
        Il me semble que ABSURDE reste un qualificatif mesuré!

        Maintenant, je ne connais pas la situation au Canada, et peut-être est-elle à ce point différente?

        Quoi qu’il en soit, camarade, il me semble savoir que tu as quelque peu voyagé à travers le monde, et, normalement, tu devrais être conscient des disparités…

        Luniterre

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  • Ping :Socialisme et/ou Capitalisme d’État? Le débat continue… | tribune marxiste-léniniste

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    2 octobre 2016 à 8 08 48 104810
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    Le capitalisme d ‘ État n ‘ a de sens historiquement que dans le cadre d ‘ un faible développement des forces productives. La productivité au moment de la révolution russe ou chinoise était quasi inexistante du fait de la faible mécanisation .
    Ce n ‘ est qu ‘ après le seconde guerre mondiale que poussés par la concurrence notamment entre les deux blocs, que le fordisme et le taylorisme ont modifié l ‘ organisation du travail pour le parcelliser et simplifier le travail. C’est l ‘ ère de la domination réelle du capital sur le travail et le travailleur qui a cours aujourd’hui alors qu auparavant cette domination n ‘ était que formelle puisque le travailleur possédait encore un savoir faire plus ou moins important.
    Pour en revenir au capitalisme monopoliste d ‘ État, la structure étatique perdurera tant que les travailleurs n auront pas toué la maîtrise de la production. La seule solution pour eux, après une révolution politique qui chassera la bourgeoisie de l ‘ État, sera de fonder un État socialiste car, la politique, le Parti communiste, sont EXTERIEURS aux travailleurs. Tout comme l ‘ État d ‘ ailleurs, ils coexister ont avec des structures créées par les travailleurs pour assurer le contrôle de l ‘ ensemble de la production.
    Mais ce qu il faut retenir de cette transition c ‘ est qu ‘elle se fera dans des luttes très dures pour diminuer le temps de travail contraint, répugnant.
    La libération des prolétaires viendra du TEMPS LIBRE consacré à des activités riches qui contribueront à l ‘ élévation des individus et au développement se leurs qualités.

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    2 octobre 2016 à 9 09 12 101210
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    Si je peux me permettre de m’engager bien humblement dans ce débat « marxiste » que je considère crucial pour l’avenir et le développement du mouvement prolétarien et communiste international, je pense que nous devons sérieusement considérer qu’une réelle et concrète prise du pouvoir, social économique et politique par la classe révolutionnaire prolétarienne passe bien entendu par la conquête du pouvoir politique d’abord, mais cela doit également se traduire concrètement sur le plan social et économique, faute de quoi cette « révolution prolétarienne et communiste » demeurera des mots creux.

    Le nœud gordien se situe selon moi dans l’habilité intellectuelle et matérielle au prolétariat révolutionnaire à exercer concrètement son pouvoir politique, d’où la confusion sur le concept de dictature du prolétariat…

    À cette difficulté élémentaire de base, à savoir que pour exercer quelconque pouvoir, encore faut-il en avoir les moyens, s’ajoute la nécessaire « guerre » à la contre-révolution bourgeoise dont les capitalistes ne manqueront jamais plus de pratiquer surtout après leur premier succès à faire tomber la Révolution bolchevique d’Octobre 1917.

    Juste un petit mot supplémentaire pour illustrer concrètement une des difficultés auxquels Lénine a dû faire face, il s’agit du concept léniniste de la « spécialisation du travail révolutionnaire ». Pour Lénine, les tâches révolutionnaire pour la conquête du pouvoir politique à l’intérieur du parti communiste devaient se pratiquer par des experts, des spécialistes, chacun ne pratiquant qu’une seule forme d’activité révolutionnaire, tels que l’agitation et la propagande ainsi que toutes les autres tâches connexes. Ce qui entrent en totale contradiction, quant à moi, avec le concept fondamental du communisme qui a pour objectif d’abolir précisément la division du travail, tel que l’entendait Karl Marx.

    Dans l’Idéologie allemande, Karl Marx, imaginait la société communiste dans laquelle les Hommes pouvaient s’émanciper en se libérant des chaînes de l’aliénation de la division de travail par l’abolition précisément de la division du travail.

    Karl Marx décrivait la société communiste de façon imagée comme suit: « … dans la société communiste, nous pourrons labourer les champs le matin, pêcher le poisson l’après-midi et philosopher en soirée ».

    Tout ça pour dire que nous avons beaucoup de pain sur la planche et que ce n’est pas demain la veille que nous célébrerons la conquête du pouvoir politique par le prolétariat révolutionnaire, cad l’immense majorité de la société.

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      2 octobre 2016 à 11 11 49 104910
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      Certains gauchistes portent leurs illusions politique   un cran plus haut chaque fois que le monde réel – la politique – des politiciens – les politicailleurs – leur inflige une dégelée. Ainsi  ils passent   de  OBAMA  à Chavez  (qu’en reste-t-il de cette pseudo révolution bolivarienne???) à Poutine, à Bernie Sanders, à Hollande… sans oubliez  Macron …  Mélenchon, Justin Trudeau et les autres.

      L’ensemble des illusions  de ces   RÉFORMISTES  tient dans cette phrase  que j’emprunte  « il s’agissait , au niveau idéologique, de prévenir le développement de projets politiques réellement progressistes. » 

      FAUX : IL n’y a pas,  il ne peut y avoir  – contrairement à ce que  ENGELS  a écrit  – de politiques progressistes –  de politiques de gauche  progressiste – (voyez  Chavez  et la pseudo révolution bolivarienne et la misère qui s’épand à travers le Venezuela).  C’est impossible à long terme. L’État providence (LE CAPITALISME D’ÉTAT) ne peut avoir qu’un temps et il est voué aux gémonies par le capital d’État « socialisé »  (SOCIALISÉ signifie pour les socialistes – opportunistes – réformistes – altremondialistes – communistes et gauchistes = administré par l’État socialiste des riches capitalistes).    

      Les mots  Progressiste-gauche-socialiste  cachent  le  RÉFORMISME QUE  LÉNINE APPELAIT  L’OPPORTUNISME – qu’il pratiqua  lui-même incidemment, suivant en cela Engels lui-même.

      Le mode de production capitaliste  n’amène pas l’avènement  de  son successeur (qui soit dit en passant ne se nomme pas  mode de production socialiste MAIS BIEN  Mode de production communiste)  sinon qu’en  créant des conditions si terribles pour la classe révolutionnaire qu’après  2, 3, ou  4 holocaustes guerriers mondiaux  finira par comprendre que l’ancien mode  de production  ne peut plus continuer sinon en se dirigeant  vers une 3e  ou  4e guerre mondiale  (J’ignore le nombre qui sera  requis) le PROLÉTARIAT  SE contraint  à balayer le précédent MODE DE PRODUCTION et à ériger le suivant  – non pas comme une fatalité mais comme un espoir bien né…ET ATTENTION EN NE SACHANT MÊME PAS PAR AVANCE À QUOI RESSEMBLERA CE NOUVEAU MODE DE PRODUCTION.

      Il est contenu en germe dans le précédent c’est vrai mais son épanouissement sera l’oeuvre de la classe en mouvement – improvisation – essais – erreurs – tâtonnements etc.

      Les premiers actes de ce drame titanesque se dérouleront sur le  front  économique  – puis politique – puis enfin idéologique  selon les trois instances et les trois temps de la lutte de classes.  Ils ne peuvent reposer sur une révolution politique d’abord – SI LES CONDITIONS des forces productives et des moyens de production ne sont pas à maturité ils ne provoqueront pas le mouvement politico-social requis pour la révolution prolétarienne comme la révolte égyptienne l’a démontré après octobre 1917, l’Iran, la Chine, la Commune et less autres révoltes qui furent ds révolutions bourgeoises mais pas des révolutions prolétariennes – le prolétariat n’étant pas la force hégémonique de ces révolutions.
         
      Robert Bibeau   Éditeur  http://www.les7duquebec.com

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    2 octobre 2016 à 12 12 58 105810
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    Le capital est le meilleur « allié » des prolétaires….non ce n’est pas de la provocation.
    Je m’explique. Il a créé les conditions matérielles qui n’existaient pas lors des révolutions précédentes qui n’ont connu que la pénurie du fait de la faiblesse de la productivité.
    Or aujourd’hui la puissance de cette productivité permet de libérer du temps de travail. C’est le temps libre qui est du temps consacré par les travailleurs à autre chose qu’au travail abrutissant notamment à se former sur le plan politique et scientifique.
    Il leur faudra pour cela partager entre TOUS les membres de la société ce qui reste de travail contraint pour renforcer leur capacités de gestion de la société toute entière. Ce ne sera pas d’emblée le communisme car l’individu communiste ne peut le devenir que s’il peut se passer de l’État pour gérer l’ensemble de la production de sa vie.
    Il faudra donc qu’il mène un combat de classe contre les éléments bourgeois encore aux commandes pour s’approprier toutes les conditions de la productions.
    Ensuite il détruira l’État lorsque les classes bourgeoises et prolétaires n’existeront plus.
    Voilà les principales étapes de l’avènement du communisme.
    Mais ce qu’il faut retenir c’est que ce que le capital a créé les travailleurs doivent s’en emparer. Il devront profiter de la crise sénile du système pour abattre l’État.

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    2 octobre 2016 à 16 04 09 100910
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    Comment peux tu qualifier les révolutions du xx ème siècle de révolutions bourgeoises ?
    La révolution de 1789 permit à la bourgeoisie d ‘ accéder au pouvoir.
    mais la Commune fut une authentique révolte populaire. D ‘ ailleurs elle fut citée en exemple par Marx qui voyait en elle l ‘ accomplissement de la dictature du prolétariat. …

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      2 octobre 2016 à 16 04 54 105410
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      Pour cataloguer caractériser une révolution il faut 1) identifier la classe sociale qui porte le mouvement 2) déterminer le mode de production hégémonique dans la société révolutionner. 3) déterminer les orientations du mouvement – ses objectifs profonds que la classe révolutionnaire se donne consciemment ou qui s’impose inconsciemment par la conjoncture.

      EXEMPLE la Révolution russe 1) porter par les larges masses paysannes 2) au milieu d’une société semi féodale 3) dont l’objectif inconscient était de libérer les forces productives du servage féodal pour accéder au capitalisme bourgeois l’étape suivante dans la succession des modes de production. La volonté de Lénine et des bolcheviques n’a rien à voir la-dedans – Avec la meilleure volonté du monde ils ne pouvaient sauter tout de suite au mode de production communiste. Le socialisme s’est avéré le nouveau nom pour « développement capitaliste d’État planifié »

      La Commune c’est un peu plus complexe. 1871 la France vit sous le mode de production capitaliste marchand avec des reliquats du mode de production agraire – féodal pas encore disparu – et des émergences du mode de production capitaliste industriel en atelier plus qu’en manufacture à la chaine. Le prolétariat est donc naissant mais encore très peu expérimenté et incapable d’imaginer le mode de production communiste. L’objectif du petit prolétariat parisien naissant ne pouvait être de construire un nouveau mode de production surgit du plein épanouissement capitaliste.

      Alors OUI la COMMUNE fut un soulèvement POPULAIRE comme tu l’écris mais pas une révolution prolétarienne quoi qu’en dise Marx lui-même et je sais que je commets ici un péché mortel envers le gourou lui-même mais je n’ai pas une once de dogmatisme en moi et je ne suis pas plus marxiste que Marx lui même (:-))

      Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    3 octobre 2016 à 6 06 35 103510
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    Tu te sers régulièrement des découvertes de Marx.
    Comment peux tu analyser le capitalisme sans passer par Marx ? Ou alors ce sont des assertions qui méritent d’aligner des preuves.
    La différence entre Marx et tous les autres analystes c’est que lui tient la route encore aujourd’hui malgré un certains nombres d’erreurs qui sont imputables en grande partie à l’histoire d’un capitalisme naissant qui n’avait pas encore développé tout son potentiel.

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      3 octobre 2016 à 7 07 35 103510
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      Soyons clair

      1) Je voue un immense respect à Marx et une immense confiance en son jugement. J’admire Marx surtout parce qu’il était tellement scientifique qu’il savait et qu’il disait que l’histoire forge les génies et les héros et non l’inverse.
      2) Marx disait ne pas être marxiste – comme une protestation contre ceux qui voulait faire de lui une icône, un dogme, le gourou d’une secte. Je suis totalement en accord avec lui et il m’aura fallu des décennies pour comprendre qu’il faut fuir les sectes dogmatiques comme la peste – surtout celles qui se disent de gauche et qui se sont toutes fossilisées tapi dans leur terrier à défendre la PURETÉ DE CE QU’ELLES CROIENT ÊTRE LE DOGME MARXISTE-LÉNINISTE.
      3) Un savant, un militant politique, est le produit de sa classe sociale et non l’inverse. Marx – fut le produit de la classe prolétarienne à un moment précis de son évolution de classe. Idem pour moi.
      4) Tu as raison de souligner que Marx a fait certaines erreurs – ou il n’a pas produit certaines connaissances justement pour la raison que le mode de production capitaliste et donc la classe sociale prolétarienne n’était pas suffisamment développée dans l’Angleterre des années 1860 pour que par exemple Marx écrive des choses scientifiques et précises sur LE MODE DE PRODUCTION COMMUNISTE – ou encore sur les caractéristiques de la phase impérialiste du mode de production capitaliste. Et on s’en christ – Marx nous a transmis le flambeau et au lieu de s’échiner à trouver un segment de phrase ou Marx aurait écrit une demie pensée sur le communisme – comme les lecteurs de la bible tente de trouver une phrase sur le paradis terrestre – les révolutionnaires prolétariens doivent analyser le monde présent pour le transformer.

      Merci camarade de ton immense patience

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    4 octobre 2016 à 9 09 10 101010
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    Bonjour, camarades

    Pour moi, le lien entre capitalisme d’état et socialisme n’est pas une question de pure théorie. On a d’un côté l’expérience concrète de la NEP, celle de la Chine populaire sur la période 1949-1957, de l’autre une situation concrète, en France, par exemple, avec plus de 4 millions de micro-entreprises, qui représentent probablement largement plus du triple en termes de population qui en dépend.

    Les trois époques et les trois ensembles de conditions sont radicalement différents, mais la problématique commune est de tracer une perspective concrète pour ces couches sociales, pour qu’elles ne deviennent pas les ennemis du prolétariat, mais plutôt, si possible, et pourquoi-pas, leurs alliés, tant les conditions de vie en sont proches.

    Comme je me suis permis de l’avancer, le problème n’est aujourd’hui plus de développer ces processus économique liés aux micro-entreprises, mais de les réduire. Pour autant, la révolution socialiste ne les rayera pas de la carte sociale, ni par on ne sait quel enchantement, ni par la violence, qui serait alors contre-productive, dans tous les sens du terme.

    Ce n’est pas une question de futur lointain, mais de ce que nous pouvons avoir à dire à ces couches sociales, pour avancer dans le bon sens prolétarien, et non dans celui du social-fascisme.

    Faute de réponse claire et crédible à ce genre de question, le gauchisme et le social-chauvinisme actuels contribuent à ouvrir la porte à ces idéologies nauséabondes.

    Dans votre échange actuel, je ne vois rien qui avance concrètement, sur ce problème simple, posé au départ du débat.

    Luniterre

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      4 octobre 2016 à 10 10 50 105010
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      @ Luniterre

      Merci de ton intervention – Je tente ici une réponse précise à l’une de tes interrogations (ci-haut)

      Tu écris ceci : « le problème n’est aujourd’hui plus de développer ces processus économique liés aux micro-entreprises, mais de les réduire. Pour autant, la révolution socialiste ne les rayera pas de la carte sociale, ni par on ne sait quel enchantement, ni par la violence, qui serait alors contre-productive, dans tous les sens du terme. »

      1) Sous le mode de production capitaliste – sous l’hégémonie de la dictature de la bourgeoisie – la classe prolétarienne ne dispose d’aucun pouvoir ni économique, ni politique, ni idéologique. Ceci ne signifie pas que l’idéologie prolétarienne matérialiste dialectique ne puisse se développer, mais elle le fait en sous-sol, sans obtenir la moindre diffusion – accréditation – c’est la taupe qui creuse secrètement pour surgir soudainement …. à son heure. Nous participons de ce mouvement clandestin en ce moment en écrivant ainsi…

      2) La classe prolétarienne ne peut ni entraver – ni encourager – ni réduire – ni accroitre les micro-entreprises car la classe prolétarienne ne possède aucun pouvoir – ni aucun des leviers pour impulser une politique ou une autre. La classe prolétarienne posséderait de tels pouvoirs que je ne crois pas qu’elle devrait en user pour aider de pauvres diables rejetés du processus de production – de la société capitaliste – à s’y réinsérer en devenant de petits « entrepreneurs » aspirants à devenir grand exploiteur capitaliste. Tu reprends la mythologie américaine du milliardaire parti de rien du tout et qui à force d’innovation mène sa start-up jusqu’au sommet (Bill Gates)

      3) La classe prolétarienne n’a que sa force de travail à vendre et si l’un ou l’autre d’entre eux peut devenir milliardaire – ce ne peut être l’aspiration que nous proposions à notre classe sociale

      4) La question de la révolution se pose présentement A) cette révolution que je souhaite – mais sur laquelle je n’ai AUCUN POUVOIR sera une révolution prolétarienne PAS UNE RÉVOLUTION socialiste ou communiste – B) Ce sera la révolution des prolétaires voilà pourquoi je l’appelle prolétarienne…. et non socialiste. C) la question des micro-entreprises capitalistes sera balayée par la révolution elle-même en même temps que les grandes entreprises et les moyennes et les PME et toutes les autres formes d’entreprises capitalistes c qui inclut les coopératives capitalistes. Ce qui détermine si une entreprise est capitaliste n’est pas sa taille ou son statut juridique (coopératif… privé à propriétaire unique ou avec sociétaire investisseur, etc) mais son activité à l’intérieur du processus de reproduction élargie du capital social.

      5) Ce sont les autres classes sociales qui doivent se rallier au prolétariat révolutionnaire – Ce n’est pas au prolétariat de compromettre sa mission historique de détruire toutes les racines du capital en faisant la compromission de tolérer la micro-entreprise capitaliste sous le prétexte qu’elle est micro.

      6) Rappel toi que lors des révolutions petites-bourgeoises russe – chinoise – albanaise – yougoslave – cubaine – coréenne etc. chaque fois les conditions matérielles objectives d’une révolution prolétarienne n’étant pas du tout réunies (tous ces pays avaient une classe prolétarienne anémique) la première réaction des révolutionnaires socialistes fut de faire compromis avec la paysannerie LA VÉRITABLE FORCE MENANT CES RÉVOLTES ANTI-FÉODALES et de permettre des potagers ou des terres en tenure privée … ou collective communale etc. Chaque fois c’était le prolétariat (même petit et peu expérimenté et peu développé) qui trahissait sa mission et se mettait sous la direction de la bourgeoisie et de la paysannerie (pépinière de bourgeois en devenir).

      7) Tu connais quel fut le résultat de toutes ces compromissions – TOUTES CES révolutions socialistes ont aboutit au capitalisme comme tu peux l’observer. Évidemment de toute façon une révolution prolétarienne était impossible dans ces pays si peu prolétarisés et il ne faut pas en tenir rigueur à Lénine – Staline et aux autres. Les héros ne font pas l’histoire – les peuples non plus – ce sont les classes sociales qui font l’histoire et la seule classe dont l’histoire m’intéresse c’est la classe prolétarienne révolutionnaire.

      Robert Bibeau. Éditeur http://www.les7duquebec.com

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        4 octobre 2016 à 22 10 27 102710
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        Je reprends tes propositions principales concrètes en réponse au problème:

        « C) la question des micro-entreprises capitalistes sera balayée par la révolution elle-même en même temps que les grandes entreprises et les moyennes et les PME et toutes les autres formes d’entreprises capitalistes c qui inclut les coopératives capitalistes. »
        « 5) Ce sont les autres classes sociales qui doivent se rallier au prolétariat révolutionnaire – Ce n’est pas au prolétariat de compromettre sa mission historique de détruire toutes les racines du capital en faisant la compromission de tolérer la micro-entreprise capitaliste sous le prétexte qu’elle est micro. »

        Comme on ne voit pas, dans ces propositions, ce qui pourrait « rallier » ces couches populaires au prolétariat, on est bien obliger de considérer qu’elle seront rejetées dans le camp du social-fascisme,ce qui est déjà en bonne voie en France…

        C’est, consciemment ou non, un choix politique.

        Le socialisme, comme phase de transition, n’est pas nécessairement un « compromis », au sens de galvauder les fondamentaux.

        De plus, finalement, la contre-révolution n’est pas principalement partie des campagnes, ni en URSS, ni même en Chine…

        Luniterre

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          5 octobre 2016 à 8 08 05 100510
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          @ LUNITERRE

          1) À qui – à quelle tendance politique – à quelle classe sociale as-tu emprunté cette appellation de « couches populaires » qui seraient détachées du prolétariat et que le prolétariat devrait se « rallier » ???? A quelle classe sociale appartiennent ces « couches populaires » ? Comment gagnent-elles leur vie – leurs moyens de subsistance ???

          2) Nous divergeons fondamentalement d’opinion sur la notion de « socialisme » Je vois bien qu’un texte devrait être produit pour expliquer ce qu’ont été les sociétés dites « socialistes ». Question camarade – donne moi un exemple d’une société « socialiste » existant présentement ??? Merci de ta réponse.

          Robert Bibeau Éditeur web,agazine http://www.les7duquebec.com

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            5 octobre 2016 à 18 06 08 100810
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            Il me semble que ce débat commence à tourner en rond et qu’on en revient toujours aux mêmes points.

            En France il y a de multiple catégories populaires,outre le prolétariat industriel,et y compris dans les différents secteurs concernés par l’activité des micro-entreprises.
            C’est juste un fait évident…
            Mais apparemment tu ne semble pas être capable de le voir…

            Pour le reste, je n’ai pas voyagé suffisamment, et encore moins vécu assez longtemps, dans tel ou tel pays, pour pouvoir porter un jugement « définitif », comme celui de Roland Diagne, par exemple, sur Cuba. Néanmoins, en fonction de mon bref vécu là bas en 2011, il me semble que ce pays a fait une tentative intéressante, en son temps, avec l’aide de l’URSS pourtant déjà largement dégénérée, mais encore tentée de résister à l’impérialisme US.

            Des éléments d’organisation sociale et économique datant de cette période semblaient encore fonctionnels en 2011. J’ignore ce qu’il en est aujourd’hui.

            Luniterre

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    4 octobre 2016 à 10 10 51 105110
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    Le prolétariat est la seule classe sociale qui a besoin de s ‘ approprier la théorie pour avancer vers sa libération.
    La théorie des besoins est celle qui permet à la pensée communiste de montrer la vraie parole des luttes et son objectif principal qui est la destruction de l ‘ État.
    Le besoin premier des proletaires est de ne plus subir la loi aveugle du profit mais de décider eux mêmes de ce dont ils ont besoin pour vivre.
    De ce fait ils agissent non pas suivant un programme bien défini mais au cours de leurs luttes, poussés par le besoin de comprendre les rouages du système qu ils découvrent, ils leur sera necessaire de maîtriser cette théorie.
    Jusqu’à présent les révolutions répondaient aux besoins d ‘ améliorations de leurs conditions de prolétaires mais dans le cadre d ‘ un capitalisme qui pouvait encore redistribuer les miettes de ses profits et qui étaient en plein développement.
    Aujourd’hui ce n ‘ est plus le cas. Il ne peut plus s ‘ étendre que en détruisant jusqu’à toute forme de vie sur Terre.
    Il est sénile et a les pires difficultés à se reproduire.
    Les révolutions futures trouveront donc un terrain radicalement différent ne serait ce que parce que la productivité a permis de diminuer le temps de travail de manière drastique et que malgré des guerres épouvantables tout ce processus de réduction de temps de travail se poursuivra puisque la mécanisation et l ‘ automatisation pemettent de le faire.
    Ces révolutions s ‘ appuieront donc sur cette réalité.

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      4 octobre 2016 à 22 10 02 100210
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      Difficile de faire plus abstrait, en rapport de la question posée…

      Luniterre

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