Le renard et la sentinelle

 

L’ARTISTE:

NB : La Commission Charbonneau est en mode estival. … Bon moment pour une rétrospective. Voyons ce qu’en disait l’Artiste à l’automne  2011; c’est fou ce que le temps passe, n’est-ce pas….  Votre Éditeur

 Le renard étant reçu dans le poulailler,

se crut imprégné d’un pouvoir illimité.

 Oubliant la sentinelle veillant les poulets.

Celle qui se tient toujours quelque peu en retrait,

Se manifestant lorsque seulement nécessaire.

Elle dut se décider à faire un commentaire.

« Oh là!  Le Renard!, dites ce que vous voulez,

Mais, pour les poulets, défense de les leurrer. »

Vendredi soir, 9.00hre le 21-10-2011

“…suite à ses recherches, après accumulation de la preuve au cour de son enquête, si la commissaire Charbonneau considère avoir besoin du pouvoir de la « contraignance », elle pourra nous en faire la proposition et, si c’est le cas, le gouvernement acceptera de lui donner ce pouvoir ».

À cette annonce fracassante du premier ministre, lors de l’ouverture du congrès libéral vendredi soir, les médias annoncent un dernier « revirement » de M. Charest. Selon eux,  le premier ministre a abandonné sa position têtue sur la commission d’enquête; clament-ils.

Soit qu’ils ne savent pas lire ou que leurs oreilles sont partiellement bouchées. Ils ont définitivement perdu de vue que M. Charest est un très fin renard.

Premièrement, les médias avaient déjà annoncé, quelques jours plus tôt, un premier « virage  à 180 degrés » de M. Charest.

C’était complètement faux.

On s’est rapidement rendu compte que c’était plutôt un « virage à 360 degré »; car l’annonce de cette commission d’enquête « bidon », nous ramenait exactement au même point que « sans commission d’enquête » du tout.

La population n’avait  quand même pas été dupe et surtout, le Bâtonnier du Barreau du Québec, sentinelle de la justice, ne pouvait pas accepter que le Barreau fasse figure d’imbécile devant les affirmations gouvernementales remplies « d’inexactitudes ».

Le Bâtonnier s’est alors levé et a répété publiquement, toute la journée, que la commission d’enquête du gouvernement ne pouvait pas arriver au but qu’elle s’était fixé et a laissé entendre que cette commission d’enquête n’en était pas une.

Il ne pouvait pas présenter ce dernier point clairement, mais il a quand même répété toute la journée que « la population a parfaitement raison de se demander si c’est une vraie commission d’enquête ». Ce qui exprime clairement sa réponse à la question.

Il est important de comprendre que le Bâtonnier et le Barreau ne sont pas là pour faire de la politique. Donc ne peuvent pas s’exprimer publiquement de la même façon que le ferait un individu. Par contre, ils peuvent employer des moyens intelligents et légaux pour se faire comprendre assez clairement; et c’est exactement ce qu’a fait le Bâtonnier du Barreau du Québec.

« À renard, renard et demi » est le jeu de la politique, mais son exclusivité n’est pas celle des politiciens.

Lors de son interview à l’émission 20/60 de vendredi soir, le bâtonnier du Québec s’est fait accompagné par quelqu’un qui n’a pas cette restriction de réserve et qui peut adresser la partie « politique » de la question.  Il s’est fait accompagné par une juge très compétente (et très jolie), à la retraite, qui elle, pouvait exprimer sans contrainte l’opinion « politique » du barreau.

Enfin, l’intelligence entrait en lisse!

Le résultat fut très clair et tout en louangeant l’étendu du sujet des enquêtes et surtout, la qualité et la compétence de la juge Charbonneau choisie comme commissaire, le Barreau répéta clairement son opinion sur l’inutilité de cette enquête à cause du peu de pouvoir donné à sa commissaire.

C’est suite à cette émission 20/60 que le Premier ministre annonça la décision présentée plus haut.

Je n’ai jamais connu un politicien aussi « renard » que notre premier ministre, et je n’ai donc pas cru à l’abdication de sa position. À mon sens, jamais M. Charest accepterait d’enlever « ses deux mains de sur le volant ». Cela ne lui ressemble pas du tout. Donc, je me suis poser certaines questions, et j’ai révisé la phrase que M. Charest avait dit :

« SUITE à ses recherches, APRÈS accumulation de la preuve…la commissaire POURRA FAIRE LA PROPOSITION… ».

Voilà où se trouve la fissure que je soupçonnais; car, AU DÉPART, la commissaire ne possède pas assez de pouvoir pour effectuer une recherche de PREUVES; donc, le résultat sera qu’elle ne pourra jamais faire cette proposition pour obtenir la « contraignance ».

La commissaire, AU DÉPART, se trouve dans la même position que M. Duchesneau pour obtenir de la PREUVE; et on sait que tout ce que celui-ci a pu obtenir sont des soupçons d’implication et non des preuves. C’est d’ailleurs pourquoi il conseillait une commission d’enquête avec le pouvoir de « contraignance ». Soupçons qu’il a, par la suite, présenté dans des dossiers remis à la CEPAC (17 dossiers au total).

Si M. Duchesneau n’a pu obtenir de preuves, même en promettant l’anonymat, comment la commissaire pourra-t-elle en accumuler, quand elle-même ne peut pas promette le même anonymat? Dans les faits, la commissaire a encore moins de pouvoir que n’en avait M. Duchesneau.

Supposons que la commissaire Charbonneau recueille des soupçons d’implication dans une collusion durant son enquête et qu’elle présente ces soupçons au gouvernement pour obtenir  le pouvoir de contraignance… DANS CE CAS PRÉCIS?

Le gouvernement demandera : “Où sont vos PREUVES? On ne peut vous donner ce pouvoir sans que vous nous présentiez une « accumulation de preuves ». Par contre, ce que vous pouvez faire est de remettre votre dossier à la CEPAC, qui se chargera de trouver la preuve nécessaire dont vous avez besoin. »

J’espère que vous avez remarqué que nous en sommes encore au même point qu’il y a  six mois, où c’était la « POLICE » qui, seule, était chargée des enquêtes pour trouver des COUPABLES et non pour RENDRE PUBLIC LE SYSTÈME DE COLLUSION.

De plus, nous venons de lever un autre lièvre qui est :

Les demandes de contraignance devront se faire pour chacun des dossiers; car M. Charest n’a jamais dit qu’il attribuerait ce pouvoir d’une façon générale  à la commissaire; mais bien après présentation « d’accumulation de la preuve » suite à des « recherches ». Il est donc question ici, d’individus et de cas particuliers.

À moins de reformulation de la décision du Premier ministre, la position actuelle de cette commission d’enquête est maintenant la suivante :

1)      La commissaire n’a toujours aucun pouvoir permettant d’aller chercher des « preuves ». Ce qui est l’opinion du Barreau.

2)      La « contraignance » pour un cas particulier sera permise par le gouvernement seulement suite à la présentation de « preuves » reliées à ce cas.

3)      Ce pouvoir de contraignance sera limité au seul témoin SUITE à la preuve de son implication.À noter que je viens d’entendre le ministre de la justice confirmer à la télé, la position du gouvernement décrite plus haut.

Le premier ministre aurait-il réussit son coup de Bluff pour regagner la confiance du peuple? Il semble que oui, car même l’opposition se cherche maintenant des armes pour empêcher ce regain de confiance de la population. Par contre, ils démontrent effectivement le niveau de leur propre quotient en ne discernant pas la nullité de ce revirement supplémentaire de M. Charest. En d’autres mots: L’opposition n’est pas de taille; ce qui est assez inquiétant merci.

Le premier ministre prouve sa dextérité politique; car il a fait d’une pierre deux coups:

1) Il ne change pas l’impuissance de la commission d’enquête.

2) Il évite l’épée de Damoclès suspendu sur sa tête qui était un « vote de confiance » de la part des partisans. On sait qu’il avait obtenu une note de 97% lors du dernier vote en 2008. Il lui était impossible d’obtenir l’équivalent vendredi soir suite aux évènements en cours depuis quelques mois. Éviter ce vote était d’une importance capitale pour M. Charest.

La balle est maintenant dans le camp de la sentinelle; aura-t-elle le courage de présenter clairement au public cette position  hypocrite du gouvernement?

Je l’espère; sinon ce sont les coqs, eux-mêmes, qui devront se mettre de la partie.

Je commence à penser d’élever encore quelque peu la cote du quotient intellectuel de notre Premier ministre. Il est difficile de trouver plus « fin-renard » que lui; on s’en doutait, mais c’est devenu incontestable.

Est-ce que la sentinelle sera à son niveau?

La question reste en suspend pour l’instant.

Amicalement

L’Artiste

4 pensées sur “Le renard et la sentinelle

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    23 octobre 2011 à 8 08 48 104810
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    Eh bien!

    Ceux qui, comme moi, reprenaient courage à cause des opinions du bâtonnier du Québec, viennent encore de « piquer du nez ».

    Je viens d’entendre ses félicitations envers le gouvernement qui a, selon lui, donné, à l’enquête Charbonneau, LES PLEINS POUVOIRs D’UNE COMMISSION D’ENQUÊTE NORMALE.

    Je me demande dans quel « journal rouge » il a découvert cela!!!

    Attentions mes poulets!!! la « Rumba » du renard ne fait que commencer. Il ne nous reste que M. Duchesneau lui-même comme dernier recours. Curieux qu’aucun média n’a songé à l’interviewer?

    C’est pourtant pour répondre à ses « conseils » que le gouvernement exécute ces pirouettes de 360 degrés, l’une après l’autre. Il devait donc être le premier à qui on demande ce qu’il en pense.

    Où est-il?
    Que fait-il?

    Son absence des médias s’approche d’une confirmation que tout le reste fait partie d’une « collusion » médiatique.

    C’est inconcevable à quel point une vraie commission d’enquête publique semble maintenant indispensable.

    Qui va se lever?

    L’inquiétant dans tout cela est : qui qu’il soit, quoi qu’il fasse, il aura raison.

    Nous sommes beaucoup plus en danger que je ne le croyais.

    Peut-être qu’après la prochaine tempête pourrons-nous installer une démocratie PARTICIPATIVE pour en finir avec les cons « REPRÉSENTATIFS.

    Il devient de plus en plus évident que c’est la seule solution pour assurer les décisions du peuple au gouvernement.

    Je n’en reviens pas; la sentinelle caresse la nuque du renard!!!

    André Lefebvre

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    23 octobre 2011 à 15 03 32 103210
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    Au dernières nouvelles, les médias ont coupé la première partie de la phrase du premier minisatre pour ne laisser q

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      23 octobre 2011 à 15 03 37 103710
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      …pour ne laisser que:

      « …si la commissaire Charbonneau considère avoir besoin du pouvoir de la « contraignance », elle pourra nous en faire la proposition et, si c’est le cas, le gouvernement acceptera de lui donner ce pouvoir « .

      Je me demande toujours pourquoi on ne lui a pas donner ces pouvoirs au départ en lui laissant le choix de s’en prévaloir si elle en voyait la nécessité.

      La seule réponse est que le gouvernement veut que la « contraignance » se fasse au cas par cas. Il ne peut y avoir aucune autre raison, quoi qu’en disent certains « spécialistes.

      Autre petit détail:
      Tout ce qui touchera le financement des partis politiques devront se faire à huis clos.

      Par mal pour la « transparence »; on doit l’admettre.

      Amicalement

      André Lefebvre

      Amicalement

      André Lefebvre

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        24 octobre 2011 à 23 11 38 103810
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        Nous verrons mercredi ce qui en adviendra.

        Heureusement la juge Charbonneau n’a pas encore fait les manchettes.

        Ne serait-il pas merveilleux qu’elle dise publiquement:

        « J’ai accepté ce poste à la commission d’enquête et comme personne,QUI QUE CE SOIT, n’est au-dessus de la Loi, cette commission d’enquête se déroulera selon la loi sur les commissions d’enquête, sans ajout et sans retraits.

        Sachez que la justice n’est pas dépendante de l’administration sociale!!! »

        Comme je serais heureux d’entendre cela.

        Amicalement

        André Lefebvre

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