L’eau, quelle est sa place dans le monde et ses enjeux

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ROM HUN :

Il y a 4,5 milliards d’années, la Terre s’est formée par accrétion de poussières silicatées recouvertes d’une fine pellicule d’eau. Ce n’était alors qu’une planète hostile et déserte, qui possédait une énergie considérable accumulée lors de l’accrétion, ainsi que de nombreux éléments à l’état gazeux.

Au fil du temps, la Terre est devenue celle que nous appelons aujourd’hui la planète bleue, car elle possède de l’eau en très grande quantité à l’état liquide. De nos jours, environ 70 % de la surface de la Terre est recouverte d’eau. L’eau salée et l’eau potable sont inégalement réparties sur la planète et les barrages et pompages d’eau faits pour les besoins humains peuvent localement entrer en conflit avec les besoins agricoles et ceux des écosystèmes.

En 2006, sur 6,4 milliards d’êtres humains, plus d’un milliard n’a pas du tout accès à l’eau potable et plus de 2,5 milliards ne disposent pas de système d’assainissement d’eau. Aujourd’hui, dans le monde, 2 milliards d’êtres humains dépendent de l’accès à un puits. Il faudrait mobiliser 30 milliards de dollars par an pour répondre au défi de l’eau potable pour tous, quand l’aide internationale est à peine de 3 milliards.

Selon l’ONG Transparency International, la corruption grève les contrats de l’eau dans de nombreux pays entraînant des gaspillages et des coûts excessifs pour les plus pauvres. Selon l’ONU, à cause de la surexploitation des nappes et de l’augmentation des besoins, en 2025, 25 pays africains seront en état de pénurie d’eau.

La consommation d’eau est très inégale selon les niveaux de développement des pays :

• 9 985 m3⋅/hab./an aux États-Unis.

• 3 000 m3⋅/hab./an dans les pays européens.

• 200 m3⋅/hab./an dans des pays en développement comme l’Angola ou l’Éthiopie.

• 20 litres par jour par habitant au Mali ou à Haïti soit 7,3 m3⋅/hab./an.

Au plan mondial, la question de l’approvisionnement en eau devient chaque jour plus préoccupant. Le constat unanimement partagé est simple : déjà précaire dans certaines régions du globe, la situation ne pourra qu’empirer dans les années à venir. Le formidable essor démographique que va en effet connaître notre planète dans les vingt-cinq prochaines années va nécessairement s’accompagner d’une explosion de la consommation en eau et d’une dégradation de sa qualité. Cela risque de mettre gravement en péril le ravitaillement en eau douce d’une grande partie de l’humanité et par voie de conséquence d’aggraver les conflits entre pays voisins ayant des ressources communes.

Face à ce risque vital de pénurie d’eau, les rencontres internationales se multiplient pour tenter de développer au niveau mondial une vision partagée de la gestion des ressources en eau et d’obtenir les engagements politiques nécessaires à la résolution de ce problème à l’échelle planétaire. Mais une stratégie d’action globale semble difficile à définir. Outre que toutes les populations n’ont pas un égal accès à l’eau douce, plusieurs facteurs tendent à réduire les disponibilités en eau : la mauvaise gestion, le gaspillage, et la pollution des réserves.

D’un pays à l’autre, les situations peuvent donc être très dissemblables. Ainsi, par exemple, entre la bande de Gaza, en Palestine, très pauvre en eau douce (59 mètres cubes par habitant et par an), et l’Islande, où la ressource est pléthorique (630 000 mètres cubes par habitant et par an), le rapport est de un à dix mille. De plus, tandis que l’Asie, qui concentre près de 60 % de la population mondiale, ne dispose que de 30 % des ressources mondiales disponibles en eau douce, l’Amazonie, qui ne compte que 0,3 % de la population du globe, possède 15 % de ces ressources. Le manque d’eau est structurel dans le vaste triangle qui s’étend de la Tunisie au Soudan et au Pakistan, c’est–à-dire dans plus de 20 pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient : chaque habitant y dispose en moyenne de moins de 1 000 mètres cubes d’eau douce par an, une situation dite de « pénurie chronique ».

Il n’est pas rare également que des déséquilibres apparaissent au sein d’un même pays. Ils peuvent même concerner parfois des régions peu sèches du monde. La Californie par exemple ne dispose plus d’assez d’eau douce pour couvrir ses besoins. En Espagne, la région de Barcelone est proche du déséquilibre et devra résoudre son problème d’approvisionnement en eau d’ici à 10 ans. En terme de prévision, il semble désormais acquis que le réchauffement climatique en cours va encore accentuer ces inégalités. C’est du moins ce que prédisent tous les experts. Enfin, le problème de l’eau dans le monde n’est pas uniquement quantitatif, il est aussi qualitatif. Car plus la consommation d’eau augmente, plus les rejets d’eaux usées et d’effluents sont importants, qui polluent et dégradent les écosystèmes aquatiques de façon impressionnante parfois. Cette pollution pose un grave problème, car elle pourrait rendre les réserves progressivement inexploitables.

Aujourd’hui, la principale inquiétude porte sur les pays en développement. Dans ces pays, les réseaux de production et de distribution de l’eau répondent rarement aux normes de potabilité, quand ils existent. Selon le Conseil mondial de l’eau, une organisation non gouvernementale soutenue par l’Unesco et la Banque mondiale, qui organisait ce forum, si rien n’est fait, la démographie de ces pays et surtout des pays du Sud va entraîner de très graves problèmes d’approvisionnement en eau potable.

Si tout le monde s’accorde à juger qu’un changement de politique global est impératif, les solutions proposées ne font pas l’unanimité, comme cela est très largement apparu lors du deuxième Forum mondial de l’eau, en mars 2000 à La Haye, où deux conceptions se sont affrontées. D’énormes investissements seront donc nécessaires pour moderniser l’existant et créer de nouveaux équipements (usines de production, réseaux de distribution, stations d’assainissement), mais aussi pour développer de nouveaux systèmes d’irrigation.

Ces investissements ont été évalués par le Conseil mondial de l’eau à 180 milliards de dollars par an pour les 25 prochaines années, contre 75 milliards de dollars actuellement investis chaque année.


Face aux difficultés que connaissent déjà les pays en développement, le Conseil de l’eau recommande fortement de faire appel aux investisseurs privés, lesquels ne gèrent aujourd’hui que 5 % des ressources mondiales. Pour les membres de ce Conseil, l’eau est un bien comme un autre, une denrée qui doit être gérée de façon efficace. Ils préconisent donc de confier son exploitation aux compagnies privées, et de lui attribuer un prix, évalué sur la base de son coût total (production, distribution, assainissement) et dans le cadre de la libre concurrence et du libre commerce à l’échelle internationale, un prix qui serait directement répercuté sur les consommateurs.

Le défi majeur du XXIe siècle en matière d’eau sera donc vraiment d’assurer la rentabilité de la gestion de l’eau, tout en garantissant aux plus pauvres le droit d’accéder à cette ressource vitale.

Sources : wikipedia, cnrs,

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Rom Hun

Parisien depuis le début de mes études, un accident coupa la continuité de mes activités et lors de la reprise, l'actualité des médias mainstreams m'apparu dépassée grâce à l'engagement des publications alternatives. C'est dont à chacun de mener sa pierre à l'édifice.

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