L’errance des crabes par mauvais temps (la désertion des élections)

Par Maxime Vasseur. Le 14.05.2017. Sur   http://www.novote-notears.eklablog.com

 

Sommaire.
Prologue : le mauvais temps ne dure pas toujours…
Gauche, droite.
Le constat de l’Arnaque.
L’Etat républicain.
Déserter.
Des croyances mises dans nos pauvres têtes.
Clivage et division : les deux mamelles…
Le destin individuel majoritaire… .
Le barrage.
Croire, désirer, garder les fous.
.

Prologue : le mauvais temps ne dure pas toujours, mais il peut durer
longtemps.

J’entends ton point de vue JL sauf ce morceau-là : « pour moi, ne pas voter revient à voter Le
Pen puisque Macron est largement favori ». Après plusieurs lectures, je n’ai pas encore
compris. Il est vrai que comme le dit Sabine et le suggère Jordi, ce système nous amène à
faire et à penser des trucs bizarres, à marcher comme des crabes un peu paumés lorsque le
temps est mauvais pour eux.

La chanson du Communard Jean-Baptiste Clément dit que les mauvais jours finiront.
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Semaine_sanglante
Ce ne devrait pas être dans les semaines qui viennent. Ceci dit, même proche, l’avenir n’est
par définition pas connu. Les prévisions et les prédictions auxquelles nous nous livrons, sont
un besoin et des projections de nos subjectivités conditionnées. Il ne s’agit donc pas d’un
désir forcément spontané et encore moins d’une appréhension juste de l’avenir. Un air
même très répandu (par exemple… pessimiste) n’en dit pas davantage sur la chanson que
demain et après-demain nous donneront. Le conditionnement et l’incertitude jouent
particulièrement dans le domaine de la météo sociale.

Visiblement, nous partageons assez nombreux le même désir d’une transformation profonde
de notre Cité commune, suivant les mêmes valeurs. Nos raisonnements stratégiques peuvent
être différents. Ne nous crispons jamais là-dessus. En particulier, en rejetant les uns sur les
autres la faute du vote Le Pen.

Le pouvoir en démocratie.

Personnellement, je pense que la désertion des élections est la meilleure stratégie. Ma déjà
longue réflexion sur l’histoire et sur son volet politique m’a amené à cela. Sans oublier une
certaine passion pour l’idée démocratique et sa réalisation effective. Je parle ici d’une
démocratie « directe », puisque ce pléonasme est nécessaire.
Cette dernière n’est pas une pure abstraction. L’histoire humaine est ponctuée d’un petit
nombre d’expériences, ici et là. Et ce n’est pas rien, contrairement à ce qu’affirment nombre
d’électeurs : « la démocratie directe n’a jamais existé nulle part » et donc en concluent-ils,
« elle est impossible ». Un argument assez borné qui s’ajoute à un autre lieu commun aussi
sommaire que péremptoire. Ce lieu commun établit que la démocratie directe n’est possible
qu’avec une population très restreinte et ne l’est donc donc pas dans un pays. Un propos qui
par ailleurs dément l’affirmation précédente de l’impossibilité. Aux lieux communs et à ceux
qui les répètent, en revanche, tous les propos infondés sont possibles puisque la récitation
remplace la réflexion.

La démocratie signifie la liberté. Mais la liberté ne signifie pas à elle seule la démocratie.
Celle-ci, c’est le pouvoir exercé par le peuple.

Qu’un groupe l’en prive y compris par le biais de l’élection populaire, alors la démocratie
n’est plus, ni dans l’idée, ni dans la réalité. La liberté elle-même en est consécutivement et
nécessairement peu ou prou réduite. Y compris d’une certaine manière, la sacro-sainte
liberté d’expression, puisque nos expressions libres n’ont que peu de chance, voire aucune,
d’être entendues par un pouvoir « séparé », c’est-à-dire extérieur à nous et éloigné.
Quant à simplement diffuser nos expressions libres au delà de notre cercle relationnel, qui
s’y est essayé sait bien que ce n’est pas donné à tout le monde. Ҫa l’est en réalité à un petit
nombre pour lequel l’usage de la liberté ne dépasse que très rarement la bien pensance.
La démocratie ne peut être représentative et la représentation ne peut être nommée
« démocratie », dès lors que le pouvoir n’est plus au peuple que nous sommes, mais qu’il
est complètement dévolu aux représentants. Qu’ils soient élus, ne change rien à l’affaire.
Sacrée vieille baliverne.

Cette évidence nous a d’autant échappé que l ‘arnaque date de plus deux siècles. Celle-ci est
donc quasi inscrite dans nos gènes. D’autant plus encore, qu’elle est une domination
moderne relativement douce qui prolonge une histoire millénaire d’une domination dure et
ostentatoire. Une domination assez souvent physique et violente des Hommes par un
individu ou un groupe.

Dans le présent d’une histoire plus récente, la succession et la variété apparente des
élections rendent évidemment plus complexe encore la perception critique et ralentissent
l’abandon du mythe.

Même chose du côté de la création d’espaces de pouvoir imbriqués et hiérarchisés : « C’est
la Communauté de communes qui a pris cette mauvaise décision et ce n’est pas nous », dit
un maire. « Tout ça c’est l’Europe qui nous l’impose », nous dit un premier ministre ou un
député national. Alors que ces maires, pour la plupart, et ces premiers ministres sont
partisans à peu près sans réserve de l’UE et des regroupements de communes. Alors qu’ils
participent à leur gouvernance quand ils ne l’exercent pas en totalité.

Embrouille dans l’ arnaque.

L’école et le vaste ensemble des vecteurs de la culture dominante et d’une manière générale,
la longue succession des générations « acculturées », font que l’arnaque n’en est pas une.
Tout a contribué à penser la « démocratie représentative », non plus pour ce qu’elle est –
une croyance et une arnaque – mais à la voir comme ce qu’elle n’est pas – une évidence.
Dans cette croyance aussi absurde que résistante, la démocratie c’est alors, abandonner son
pouvoir – et l’ on peut ajouter : totalement – à un groupe et plus précisément à une partie de
l’élite. Et la citoyenneté, c’est voter cela.

Au point qu’aujourd’hui, les abstentionnistes qui ne veulent plus donner leur pouvoir ou le
donner avec un chèque en blanc, sont considérés comme mauvais citoyens et peuvent
même être soupçonnés d’être contre la démocratie.

Perspective de la désorientation.

Dès l’origine, on était susceptible de marcher sur la tête. Le temps n’arrangea pas vraiment
les choses. On pouvait en tous cas être disposés un jour à l’errance des crabes par mauvais
temps. On pourrait imaginer que marchant normalement de travers, le mauvais temps par
chance redresserait leur cheminement. Et bien, non. Si c’était le cas, on le verrait.
Au travers, s’ajoute la perte d’orientation.

Cette désorientation, c’est en particulier lorsque l’élection ne permet plus une alternative
politique réelle. Lorsque la contrepartie de l’abandon de son propre pouvoir n’est plus au
rendez-vous, ni au présent, ni à l’horizon. Une contrepartie que l’on peut résumer comme :
désir et attente de progrès, de sécurité et de ce « bonheur » promis. Une sorte de socle
collectif nécessaire aux indivividus ordinaires que nous sommes pour se construire une
bonne vie.

Que la croyance s’épuise peu à peu, quoi d’étonnant. Tout a une fin. Mais comme la plupart
des processus historiques d’ordre structurel, cela prend du temps. Le déclin de l’arnaque
peut être une bonne perspective si nous savons nous convaincre que la perfuser ne nous
préserve pas du FN. Et pas davantage non plus des dégradations écologiques et des risques
liés.

Vous y croyez vous au projet du capitalisme vert, à la récupération de la « transition »
qu’opère toute la classe politique à l’instar des milieux dirigeant les grandes entreprises et
les grands médias ? Prolonger consciemment l’arnaque, cela ne revient-il pas à prolonger le pourrissement et ses effluves ? En espérant… Quoi au fait ?

Le déclin de l’arnaque est une chance si nous sommes suffisamment nombreux à expliquer
et à montrer ce qu’est une vraie démocratie et que nous sommes capables de la créer si
nous y sommes déterminés.

Expliquer avec patience et conviction que l’idée démocratique est bonne et que la
démocratie démoralisante actuelle n’en est pas une. Que cette pseudo démocratie ne sert
donc pas l’intérêt général, nos aspirations humaines et le bien commun.
Aujourd’hui, une majorité d’individus devenant insatisfaite de la situation actuelle est
potentiellement susceptible d’entendre cela.

FN et électeurs du FN.

Parmi la masse croissante d’insatisfaits, il y a les électeurs du FN.
Comment les amener à voir que voter Le Pen, c’est aller dans le même sens dans les pires
conditions ? Que ce n’est pas voter pour le peuple, que c’est voter contre, en le segmentant
et en nous dressant les uns contre les autres. Que ce n’est pas arrêter de régresser, que c’est
au contraire la pire des régressions, parce que génératrice de malheur et de plus ou moins
de violence.

Sans imaginaire de la démocratie directe, populaire, il y a un certain bon sens à considérer
que si les pouvoirs successifs de droite et de gauche sont trop faibles, peu déterminés à
nous protéger et peu volontaristes dans leurs actes, alors il faut un pouvoir fort. Un pouvoir
fort qui affirme sa grande détermination à protéger des autres, le peuple et la nation que
nous avons constitués historiquement. Si la démocratie est faible et aboutit à dégrader nos
vies quotidiennes, alors la démocratie peut être abandonnée. Ou bien alors, on peut
déclarer sans sourciller être démocrate, non raciste et voter Le Pen.

Ecrivant cela, je ne justifie absolument pas la démagogie national-socialiste versus 21ème
siècle, j’essaie de comprendre rationnellement son succès. Je pense à quelques individus que je côtoie personnellement qui votent FN et dont les indéniables qualités humaines – générosité, simplicité, distance par rapport à l’argent, esprit de convialité – m’amènent bien sûr à avoir de l’estime pour eux et à écouter avec calme ce qu’ils disent. Non pas pour abonder dans leur sens, mais pour penser et proposer la critique
pertinente et bienveillante qu’ils méritent amplement.

S’offusquer, se lamenter, se révolter devant le discours du FN et son succès est un réflexe
parfaitement justifié, pour ne pas dire normal. Il me semble pourtant que laisser la réflexion
dans la dépendance de cet état d’esprit, ne peut aboutir qu’à imaginer des actions
d’opposition relativement stériles. N’est-ce pas ce qui se passe lorsque l’on observe la
progression électorale de l’extrême-droite ?

Se contenter de répliquer que si l’opposition était plus nombreuse, ça marcherait mieux,
cela relève d’une incapacité têtue à se poser la question de la limite qualitative de ce que l’on
fait. Il y a là en aval une autre incapacité, celle de se détacher des schémas conventionnels et
de rendre créatif son propre imaginaire.

Ainsi pour lutter contre l’arnaque démagogique et la dépasser, il m’apparait qu’il n’y a pas
d’autre voie que nourrir nos imaginaires d’une démocratie dans laquelle on ne s’en remet
plus à quelques autres, à leurs éventuels délires idéologiques, à leurs intérêts personnels
ou de classe et à la frustration du décalage entre discours et résultats concrets pour nous.
Faire barrage électoralement à l’extrême-droite, comme s’opposer à la venue de l’élu FN au
conseil d’administration de tel collège, cela ne résout en rien le problème si l’on ne s’engage
pas clairement hors élection à promouvoir une démocratie qui en soit une.
Il y a du boulot . Mais nous sommes motivés et pas si fainéants, n’est-ce pas.

De l’insécurité.

Nourrir la légitimité de ce régime-là qui repose d’abord sur l’élection, c’est sans doute
avancer vers la catastrophe politique et sociale que l’on souhaite à tous prix éviter. Car c’est
bien ce système qui génère d’abord la colère et ensuite le choix de moins en moins
protestataire proposé par les démagogies d’extrême-droite qui promettent la lune sociale
dans le ciel bleu national.

C’est cette démocratie-arnaque qui partout a installé la mondialisation économique,
financière et sa concurrence exacerbée. Cela, à l’unanimité de tous les gouvernements et
assemblées, avec leur parfaite conformité à une idéologie des plus bornée qui soit. On peut
y voir une passion religieuse intégriste et un choix de régressions successives qui
s’accompagnent inévitablement d’un sentiment général d’impuissance, d’insécurité et de
démoralisation démocratique.

Lorsque le monde du pouvoir s’évertue à gloser sur le libéralisme et la pseudo modération
de notre modèle politico-économique attaqué et menacé par des extrémistes et des
radicaux, un esprit un tant soit peu… libre et modéré n’a-t-il pas à s’interroger sur le doigt qui
montre la lune ?

Même si elle n’est pas du tout du même ordre que celle qui sévit dans bien des pays du sud,
nous découvrons une insécurité réelle.
Mais, elle est instrumentalisée et détournée par l’extrême-droite, non pas contre le système,
mais contre l’idée démocratique que l’imaginaire général ne connaît qu’au travers d’une
fausse démocratie. Le système de l’arnaque a grand intérêt à cette ignorance et à la
maintenir. Il n’y a que nous qui pouvons vraiment y remédier, qui avons intérêt à
commencer sans tarder à semer cette friche imaginaire.

Or, les partisans d’un autre monde que nous sommes, assimilent trop facilement liberté,
élections et démocratie. C’est une cause du renoncement à envisager la démocratie directe,
à en parler et à en proposer l’expérience locale comme pouvant se généraliser. La montrer
comme choix et projet réellement alternatifs centrés sur nos préoccupations concrètes.
Un projet adaptant l’économie et la finance à lui et pas comme actuellement, une politique
unique nous adaptant de force aux pseudos lois incontournables de l’économie de marché
capitaliste et à son extrémisme productiviste et financier.

Le résultat logique de l’absence d’une autre perspective démocratique et vraiment populaire
pour une partie importante de la population, est celui-ci : si la démocratie n’est que ce
régime d’ambitieux, de nouveaux aristocrates, d’ouverture dogmatique à la mondialisation
écomique et à une concurrence dommageable, alors on peut effectivement considérer que
la sortie de la démocratie est une bonne chose.

De la bourgeoisie « révolutionnaire » à l’élection.

La démocratie « représentative » inventée à la fin du 18ème siècle a accompagné le
capitalisme et l’a même porté sur les fonts baptismaux au 19ème, pour son décollage
industriel. Elle se confond avec lui. Elle est son cadre politique, celui qui permet d’imposer
ce type d’économie (« sa loi et ses prophètes ») à la société humaine . Celle qui permet la
domination non discutable de sa logique et de sa dynamique propre.
Ce sont bien nos élus-es et nos Etats qui ont ensuite peu à peu extrait le capitalisme et le
marché du débat politique. Alors que ce cadre économique-là est bien un objet « politique »,
c’est-à-dire une option possible parmi d’autres possibles, quant aux moyens que l’on met au
service de nos fins et de notre projet social et démocratique.

Au contraire, partout, cette démocratie aux mains de représentants des élites dominantes
assure et garantit cette emprise de la logique économique sur la société. Elle est le fruit
d’une révolution populaire récupérée par la bourgeoisie « révolutionnaire ». La démocratie
représentative fut inventée précisément dans ce contexte par cette nouvelle élite politique.
Elle fut et demeure une arnaque pour le peuple qui, dans une démocratie digne de ce nom,
doit pouvoir définir librement ses propres valeurs et projets et les voir se réaliser
politiquement et socialement.

Si on pense au triptyque relativement consensuel depuis deux siècles – liberté, égalité,
fraternité – on peut mesurer ce qu’il est advenu de sa réalisation sous le joug du marché
« libre », du capitalisme et de l’Etat « démocratique ».

Gauche, droite.

Gilles Deleuze disait dans les années 70 que les gens de gauche pensaient le monde et
l’humanité, puis leur pays, puis eux-mêmes et que c’était le contraire chez les gens de droite.
Même si la persistance de la validité des appellations gauche et droite demande à être
questionnée, il est juste de chercher à définir ou à redéfinir le clivage qui continue à
traverser nos sociétés.

N’en déplaise à celles et ceux qui aspirant à une société apaisée, peuplée d’êtres
spirituellement transformés, en arrivent à nier le réel, à prendre leurs vessies pour des
lanternes. N’en déplaise à l’idéologie dominante qui cherche à imposer sa vision de notre
société comme celle d’une équipe de collaborateurs aux mêmes intérêts et oeuvrant dans la
même bonne direction.

Même si un raisonnement manichéen peut toujours et à raison, être considéré comme peu
ou prou simplificateur, une autre définition pourrait être : il y a ceux qui critiquent le
système (disons marchand) et qui en désirent un autre. Et il y a ceux qui critiquent ceux qui
critiquant le système en souhaitent un autre.

La démocratie « représentative » a été nommée ainsi pour cacher sa nature réelle
d’aristocratie élective ou d’oligarchie de la ou des classes privilégiées. Pour faire écho à la
définition de Deleuze, cette « démocratie » a été construite pour perpétuer la domination des
élites idéologiquement « de droite », celles qui sont partisanes et conservatrices de l’ordre
social généré par le capitalisme et la loi de l’argent. C’est un fait avéré que recouvrent
l’étiquetage diversifié des partis de pouvoir et les discours de ceux et celles qui alternent aux
niveaux décisifs de sa gestion.

De fait à l’origine à la fin du 18ème siècle, le pouvoir politique tellement important et
convoité, est transféré de la noblesse à la bourgeoisie industrieuse et financière. Et pas au
peuple et pas à des individus susceptibles de le représenter, ne serait-ce qu’un peu.
Les élections passent et la domination reste. Entre les élections, c’est-à-dire presque tout le
temps, cette « démocratie » ressemble toujours au régime monarchique, bien davantage
qu’à la démocratie. La démocratie ne fut d’ailleurs pas le choix fait par le nouveau pouvoir
après la proclamation de la république. Des textes d’époque et des écrits d’historiens
contemporains ou non le relatent.

On rétorquera peut-être que tout ça, c’est de de la spéculation historique et de la branlette
théorique. Que dans l’isoloir, chacun choisit librement en son âme et conscience. Que le
résultat des urnes est incertain, que l’élection libre offre tous les possibles, particulièrement
aujourd’hui. Pour preuve par exemple, la grande variété des candidats au premier tour.
C’est vrai pour la variété, ne mégotons pas, même si… Sauf que le résultat, ce n’est que
celui du second tour. Et là, l’histoire qui se déroule concrètement depuis deux siècles sans
démenti, c’est bien la perpétuation par les élections du même « personnel » politique qui
sert coûte que coûte une logique productiviste et financière devenue plus cancéreuse
qu’heureuse. Un carcan politique et économique qui maintient la loi des plus forts et des
plus « allégeants » au système de la (con)quête de l’argent et du pouvoir.

Le constat de l’Arnaque.

Avec la démocratie actuelle et plus de 2 siècles d’existence, la gauche n’a gouverné que peu
d’années. Et quelle gauche ! Une gauche prête à toutes les compromissions et les trahisons.
Une gauche pratiquant une gestion zélée du capitalisme et accompagnant avec le même zèle
son développement nécessaire fait d’inégalités croissantes dans chaque pays et entre les
pays riches et les pays pauvres.
Fait d’exploitation de la planète et de pollutions, de manipulation du vivant et de réduction
de la biodiversité, de technicisation forcée et d’instrumentalisation de la science. Fait de
privatisation, de soumission de tout à la loi du profit et des dividendes.
Un développement fou « libéré » par les gouvernements successifs du fait d’un
étranglement des alternatives politiques et des contestations sociales susceptibles de
prolonger l’histoire (ouvrière) des conquêtes sociales imposées à l’Etat (bourgeois).
Je sais, les termes « bourgeois » et «ouvriers» sont aujourd’hui ringards et prêtent à sourire.
Comme sont aussi dépassées les conquêtes sociales réelles… Sourire encore ?
Ce parallèle historique que je me permets, donne aussi une bonne occasion de discuter et
de réfléchir autour d’un verre… ou plus si afffffi..finini..tés.

L’Etat républicain.

Les progrès sociaux sont nés à 100 % des luttes sociales et pas d’un Etat soi-disant
« providence » et social. Contrairement à Bourdieu par exemple, aux réformistes de gauche
et à nos livres scolaires et universitaires officiels, je pense que l’Etat n’a pas une main gauche
et une main droite. Il ne légifère des avancées sociales hors de la présence de luttes
importantes, que sous la pression du contexte social. Il n’a pas de main gauche.
Pour prévenir l’explosion, suivant leur appréhension de la situation, les dirigeants politiques
peuvent faire le choix obligé de lâcher quelque chose et de navrer un peu leurs « camarades
de classe ». Peut-être pas tant que cela car certaines mesures « progressistes » peuvent par
ailleurs être supprimées plus tard. On connaît.
Toujours saluées par ces mêmes camarades de classe, ce sont des suppressions suffisantes
tout au moins en qualité, en vue de la « nécessaire modernisation de notre système social
archaïque », pour que l’économie de marché capitaliste reprenne ses droits et son évolution
« naturelle ». Pour que les catégories privilégiées et dominantes confortent leurs positions et
leurs privilèges, un tout petit peu rognés précédemment.

Faire rétrospectivement du Front populaire un modèle d’Etat de gauche, c’est regarder
l’histoire avec un filtre ou des oeillères, en se conformant au mythe enseigné dans tous nos
livres d’histoire. Ce même gouvernement qui refusa, comme les autres Etats européens, de
fournir des armes et de l’artillerie aux anti-franquistes, révolutionnaires pour un nombre
certain d’entre eux. Des témoins et des historiens faisant de ce refus la cause majeure de la
victoire du fascisme franquiste dont l’armée était, dit-on, numériquement moins nombreuse,
même aidée par Hitler et Mussolini.

La démocratie représentative et nos Etats préfèrent toujours au risque de révolution sociale
et de démocratie horizontale, la répression et la division du peuple qui sont l’oeuvre centrale
du fascisme et de l’extrême-droite. Mais avant cette extrémité, il y a la menace,
l’épouvantail agité par nos dirigeants, nos grands profiteurs et leurs médias.
L’élection présidentielle est un sommet en matière d’agitation de l’épouvantail et de
préservation de l’ordre démocratique marchand. Ca marche toujours bien sûr, mais un peu
moins bien qu’auparavant. Et bien plus que demain.

Déserter.

Devant la percée de Mélenchon annoncée par les sondages, nous avons décidé en famille de
voter pour lui au premier tour. Personnellement, j’ai donc provisoirement ajourné ma
position de déserteur des urnes d’une démocratie-arnaque pour le peuple deleuzien de
gauche dont je fais partie.
Mais la désertion n’est pas le but, elle n’est en rien un projet. Elle est une position choisie et
réfléchie comme la plus adaptée et la plus opérante vers un projet réellement humain à
construire.

Je déserte pour m’engager très clairement, sans retenue, ni dispersion et diversion, sans
perte d’énergie, en direction d’une démocratie la plus directe -et donc populaire- possible.
Elle est la condition sine qua non d’une toute autre construction sociale.
Il y a du chemin. Ce qui n’en fait pas forcément un projet irréaliste et trop lointain pour qu’il
mérite une grande attention. Je pense même le contraire. Je pense qu’est réellement
irréaliste de considérer que la démocratie représentative peut être autre chose que ce
qu’elle est. Qu’elle nous sauvera de ce productivisme insensé et des dégradations égrenées
par la loi du marché. Cette fonction salvatrice n’est très visiblement ni en sa capacité, ni son
intention.

Que ce soit face à la dégradation lente de la situation globale ou dans l’attente d’une crise
soudaine rendant possible un effondrement, il y a à mon avis plusieurs perspectives que je
ne hiérarchise pas ici :

– le chaos total, tel que se plaît à nous le décrire dans différentes versions une
certaine science-fiction
– le pouvoir des extrêmes droites ou celui d’autres démagogues autoritaires et
affairistes à demi cinglés
– l’intervention de l’armée ou de celle des Etats-Unis par exemple, au nom de la
défense de la démocratie bien sûr. Et il apparaît qu’il n’y a pas trop de démocratie et
de colonels progressistes dans les armées de nos pays riches.
– le développement d’assemblées spontanées un peu partout qui décident de
construire un autre régime politique du 21ème siècle plus conforme à ce que doit
être une démocratie. C’est-à-dire le pouvoir exercé par le peuple. C’est-à-dire le
peuple souverain. C’est aussi ce pouvoir politique non séparé (expression pour dire
que le pouvoir n’est pas séparé de la population, que l’on est dans une démocratie
horizontale et que le pouvoir reste partagé en bas) qui veut (enfin) s’imposer au
pouvoir économique, aux méga firmes, à ses lobbies, à la finance privée et à leur
chantage. Le pouvoir et le vouloir d’un peuple -et en tous cas de tous ceux-celles qui
auront envie de s’exprimer- qui assument avec courage et détermination la liberté
d’un projet de société réellement choisi.

De toutes ces perspectives, la plus réaliste semble les deux premières si on en croit l’air
pollué du temps. Permettez-moi de ne pas être de ce réalisme-là.

Des croyances mises dans nos pauvres têtes.

A propos des quelques petites communes françaises dans lesquelles Le Pen a fait zéro voix au
1er tour. http://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/carte-ces-56-communes-oumarine-
le-pen-n-a-fait-aucune-voix_2159674.html
Si on regarde leurs caractéristiques, on voit que ce sont des très petites communes qui ont
toutes moins de 100 inscrits sur les listes électorales La plupart ont même très, très peu
d’habitants. Un certain nombre se trouve en Ariège. La majorité est dans le Quart sud-ouest.
Parmi elles, se trouvent notamment Balacet (21 habitants) en Ariège, Saint-Acheul (27
habitants) dans la Somme (ouais !) et Charmes-en-l’Angle (9 habitants) en Haute-Marne.
Quelle est alors parmi d’autres facteurs, une cause importante de ce non vote parfait pour
l’extrême-droite ?

Ma réponse est celle-ci : sachant que le nombre minimum de conseillers-es municipaux est 7
en France, cela signifie que ces communes sont très proches de l’autogestion et de la
démocratie directe.
Mon explication : lorsque des individus sont mis en situation de responsabilité citoyenne
(politique), alors la frustration inhérente à la démocratie représentative qui peut alimenter le
vote FN, s’estompe.
J’ai envie d’adjoindre à ce facteur essentiel ceci : chacun y est aussi moins seul avec ses
fantasmes, ses peurs et ses idées éventuellement à la con, que dans les communes plus
importantes.
Cela ne veut évidement pas dire que ces gens des petites communes vont alors
magiquement s’abstenir ou voter à gauche, qu’ils ne vont pas voter à cette présidentielle
pour le fils spirituel du CAC 40 tout juste sorti des affaires bancaires ou pour cet autre
candidat de droite tout nouvellement entré dans les affaires… selon le Canard Enchaîné.

Nous faire croire et dire qu’il n’y a aucun lien entre la situation politique locale et le vote aux
présidentielles, voilà encore une bêtise dont il faut se débarrasser pour mieux comprendre
les choses et ne plus marcher comme des crabes par mauvais temps.
Comme cette autre croyance qui consiste à affirmer cette non-pensée glissée dans nos têtes :
« la montée des non-votes (abstentions, blancs, non-inscrits) n’est en aucune manière une
catastrophe qui s’annonce pour l’oligarchie et l’ordre marchand (qui est bien davantage un
désordre humain, éthique, écologique et social)… puisqu’ « ils » ne les comptent pas dans
les pourcentages ».

La réalité est bien plutôt : c’est à cause de l’énorme danger que cela représente, que les
pourcentages de ces non-votes ne sont pas près d’être pris en compte par nos chers Etats
républicains ou non. Et évidemment aussi par les instituts de sondage, de concert avec les
grands médias aux mains de divers industriels et financiers.

Une diversité (sic) qui prouve d’ailleurs la richesse de la liberté d’expression et d’information
(lol) dont nous bénéficions et que nous ne pouvons que louer et défendre (mdr). La qualité
du régime politique dépendant fortement de cette diversité et de cette liberté, on peut là
aussi apprécier la hauteur démocratique du nôtre.

Vous imaginez, vous , une situation durable dans laquelle le président-roi ou la présidentereine
de France serait « triomphalement » élu-e au second tour avec le score officiel et
très publié de 38 %* et éventuellement au bout d’un an avec un indice de popularité en
chute ? Non décidément, 62 % ça sonne beaucoup mieux, restons-en là.
Allons !

* Ces 38 % en partie obtenus grâce aux votes de barrage à Le Pen (situation et calcul tirés des
résultats tout récents de cette présidentielle 2017).

Clivage et division : les deux mamelles de la démocratie représentative et de sa louve.
Salinelles, notre village gardois de 580 habitants a pour la première fois mis en tête Le Pen.
J’y vis depuis près de 20 ans et je constate combien on peut y être seul, sans réseau et sans
désir de sortir rencontrer les autres.

Combien il est difficile d’être suffisamment apprécié par une partie de ses propres voisins
pour avoir une relation normale… c’est-à-dire minimale, avec eux. La méfiance et le
pessimisme gagnent. On se livre essentiellement à la télé, aux radios et à Midi Libre pour
s’informer et former son opinion. Ceci explique largement cela et réciproquement.
Combien, désormais, on s’interdit le débat des idées dans les rares rencontres. Parce que
c’est considéré comme source de conflits et anti convivial. La convivialité des repas de
quartiers, des apéros de la mairie, des lotos, des vide-greniers et du repas du toro, c’est
bien. Mais visiblement il y manque quelque chose pour s’épanouir individuellement et
ensemble.

L’antique débat d’idées, c’est en quelque sorte comme la pollution, c’est considéré comme
sale et nocif. Et c’est d’autant plus facile de réprimer son « animalité politique » que les
élections nous renvoient à notre néant citoyen et à son impuissance, dès qu’elles sont finies.
Et c’est d’autant plus facile aussi que la politique concrète de nos élu-e-s est assez
dégoûtante et nocive. Ces caractéristiques et ces ressentis croissent d’ailleurs avec la
hauteur et l’éloignement du type de pouvoir exercé.

Certes, nous sommes un certain nombre à avoir réussi à se bricoler une citoyenneté
relativement libre avec des opinions, des actions et des luttes. Et qui discutons aussi…
essentiellement entre nous. La mode est au retour à la tribu des potes.
Nous, nous avons de la chance, nous avons croisé les bonnes personnes, parents,
enseignants, amis… Mais ce n’est pas une caractéristique de la démocratie oligarchique et
de ses élections, c’est un itinéraire chanceux de construction d’une certaine, voire d’une
assez grande liberté d’esprit. Chance qui ne touche visiblement qu’une minorité.
Le destin individuel majoritaire dans la démocratie de la société marchande.
La société actuelle (du spectacle), sa démocratie minimaliste et ses élections spectaculaires
aux résultats inchangés, ce n’est pas la généralisation de cet itinéraire de capacité et de
liberté réelle pour chacun. On doit le constater, plutôt que céder au jugement vulgaire et
assez suggéré qui envahit nos esprits. Plutôt qu’adopter une posture qui renonce à penser
la source et qui consiste à éructer sur la connerie de nos congénères ou même sur la tare
congénitale de l’humain. Une sorte de balle de plomb que l’on tire dans sa propre tête et
aussi dans la tête de ses enfants lorsque l’on est parents. «Con d’ta race, mon fils ou ma fille». Super encouragement à vivre et à aimer.

Mes ancêtres et mes parents ouvriers n’en étaient pas là. Ils utilisaient plus fréquemment le
« nous » que le « je ». Ils me l’ont transmis. C’est ce qui a permis aux ouvriers réunis de faire
trembler le capitalisme et son Etat au cours du 20ème siècle. Et à défaut d’avoir renversé ce
système, c’est ce qui est à l’origine de l’installation de progrès sociaux concrets un peu mieux
partagés. Ces conquêtes que l’on perd peu à peu depuis 30 ans, en gros depuis que « je » –
c’est-à-dire chacun- trouve cons et infréquentables les autres. Qui parle encore au mode du
« nous » ?

Le destin majoritaire, c’est la culture de la passivité, de la soumission depuis l’enfance,
depuis l’école. Puis avec le travail, les médias, la consommation qui assoient la passivité et le
fatalisme bien plus que la liberté critique. On nous fait spectateurs avant tout, de tout, de
notre propre vie concrète. Des consommateurs-cibles de ce qu’il faut faire, penser, voter.
Elire, c’est désigner ses chefs. Des chefs qui sont conformes à l’image qui nous en a été
construite : sérieux, diplômés, cravatés, beaux parleurs, pas trop radicaux… de gauche. Ceux
qui savent, au contraire du peuple qui ne sait rien. Qui ne pense pas et qui ne comprend rien
à l’intérêt général.

Petit problème : ces éminents citoyens aux compétences supérieures font la même politique
de régression et d’avenir hypothéqué. Ils construisent la même Europe encore moins
démocratique que ce qu’une démocratie « représentative » minimaliste permet dans chaque
pays. Ils co-construisent la mondialisation heureuse que l’on connait déjà pas mal et sa
future gouvernance, démocratique cela va de soi.

Elle est là, la cause fondamentale, la source première de la montée du danger de
l’extrême-droite partout ou de l’absurdité de l’élection de milliardaires-affairistes ultra
conservateurs au sommet de quelques Etats (Berlusconi, Trump..).

Le barrage.

Un ami ironisait : « la Bourse a salué la première place de Macron : + 4 points le lendemain
du premier tour. Tout est dit. J’ai envie de faire barrage à Macron ».
« J’ai pas du tout envie de rigoler » rétorque gentiment mais fermement une amie d’origine
portugaise qui a connu pendant toute sa jeunesse la réalité du pouvoir de Salazar qui s’étala
de 1933 à 1974. Un pouvoir autoritaire, liberticide, anti gauche, nationaliste, corporatiste et
donc anti peuple, dont l’idéologie de Le Pen et du FN est une héritière modernisée.
Faire barrage à Le Pen, encore et encore. En se bouchant le nez , triste de ce non choix de
participer à élire un énarque ex banquier de chez Rothschild & Cie et héros de la bourse. Et
vivre mal ensuite comme beaucoup, la continuité des régressions dans notre société, au
nom de la dette publique, de la libération du marché du travail, de la discipline européenne,
de la compétitivité internationale ou de toute autre réalité incontournable… installée
unanimement par nos Etats eux-mêmes.

Retarder l’échéance Le Pen, en espérant que quelque chose l’efface de notre horizon à 5 ans.
Pourquoi pas bien sûr. Ouf, cette fois encore c’est fait, un peu moins nettement.
On ne sait être que les crabes, un peu déments quand même, qui marchent encore plus de
travers. Par réalisme.

Je suis persuadé que si nous sommes collectivement incapables de redevenir des acteurs
centraux de notre histoire politique et sociale, il n’y aura pas d’autre horizon dans ce système
que la folie douce puis la folie Le Pen. Les élections et l’Etat, c’est ça et ça mène à ça lorsque
l’époque des contestations suffisamment massives n’est plus. Lorsque la domination est très
largement livrée à elle-même, elle va sa logique et elle abuse. Qu’elle soit politique ou
économique, c’est pareil. « Le pouvoir abuse et abusera toujours » écrivait déjà
Montesquieu peu de décennies avant la révolution.

Croire, désirer, garder les fous.

Le pouvoir concentré s’éloigne et se sépare toujours de l’intérêt commun, lorsque la
communauté n’est pas en mesure de le contraindre à cette priorité. Voyez parmi de
nombreux exemples, le « détail » du développement d’affaires de détournement de l’argent
public – on peut penser qu’elles se développent- entre autres par le biais des emplois fictifs.
En ces temps d’errance des crabes-citoyens, Fillon et Le Pen, tous deux délinquants déclarés,
font quand même ensemble 42 % des bulletins exprimés à ce premier tour des
présidentielles 2017. Et la gauche réunie fait 27% avec ses 4 candidats.
Incroyable, scandaleux ? Scandaleux, oui bien sûr. Incroyable, mais non, il faut chercher
l’explication ailleurs que dans l’idiote déclamation : « c’est 42 % d’abrutis complets, de soushumains
cyniques »… de sous-moi en quelque sorte.

Les garde-fous devant le risque de l’élection d’un personnage aux idées très dissidentes
(vraiment « de gauche »), sont suffisamment denses, éprouvées et adaptables pour que
l’éventualité soit quasi nulle. Nous ne sommes pas en Amérique latine. Nous sommes au
coeur de l’empire marchand.

Nous avons pu croire à une victoire de Mélenchon à la présidence. Il « aurait suffi » qu’il soit
présent au tour décisif face à Le Pen. Les sondages prévoyaient sa victoire contre la fille du
père, dans cette éventualité. On a raison de désirer un grand changement dans le sens du
bien commun, des valeurs d’égalité et de fraternité, d’une démocratie bien plus horizontale
et réellement participative. On a tort de croire que les élections permettent ça.
J’ai envie de m’attaquer à quelque chose qui est bien négligé dans la réflexion sur la
démocratie marchande ou comme le disent les situationnistes, sur la démocratie du
spectacle.

Que sont précisément ces garde-fous qui sont suffisamment présents pour être efficaces ?
Pourquoi a-t-on tant de mal à les voir et pourquoi nous livrons-nous avec acharnement à
une croyance (foncièrement irréaliste) plutôt que s’en libérer ?
Pourquoi nous contentons-nous d’abhorer la majorité de nos congénères humains ou même
la « nature humaine » ?

Tout ce fatras d’une vulgate très suggérée qui – érigée en pensée personnelle – nous
convainct que la démocratie au vrai sens du terme est impossible ou n’est pas pas
souhaitable.

Je pense qu’il faut rompre avec ces élections qui sont sans issue pour nos valeurs et nos
désirs. Cela pour mettre le paquet de notre énergie, de notre imagination, de nos actions et
notre recherche collective dans une grande direction : suggérer et mettre en débat sur la
place publique… sur le pavé et sur la plage, la création d’une démocratie qui en soit une.
Mettre en marche cette histoire qui touche tant notre histoire personnelle.

Le désir, la confiance et l’action, contre la croyance, la peur, la méfiance et le pessimisme sur
l’humain. Contre tout ce qui réduit le droit à un vrai choix de société, à un triste vote de
barrage.

Construire une démocratie la plus directe possible entre les élections, l’esprit libéré, plutôt
que (plus ou moins) se passionner pour la suivante, pour ces spectacles du vol de la
démocratie. Panem et circenses. Du pain, des jeux… et des élections.
Utopiste que tout cela ? Peut-être, mais c’est infiniment plus désirable et excitant que
l’utopie libérale et destructrice emmenée par la démocratie du spectacle et du capital. Peutêtre
bien plus réaliste aussi, quant au devenir de l’humanité.
Je pense aussi que c’est ça ou une Le Pen, une autre fois. Les mauvais jours continuant, le
barrage ne tiendra plus longtemps

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *