Les porteurs d’eau du Québec!!!


ELIE L’ARTISTE :

La savate

Les premières traces écrites de savate apparaissent au début du xixe siècle (alors que l’existence de la boxe anglaise est documentée depuis le début du xviiie siècle siècle).

La savate naît donc en France, plus exactement à Paris, où pratiquent les savatiers d’abord dans les arrière-salles des cafés puis dans des salles dédiées qui accueillent des élèves.

Lorsque le maître d’armes Michel Casseux dit Pisseux ouvre sa salle en 1825, il est le premier à enseigner l’escrime traditionnelle et le nouvel art de la savate : l’escrime des pieds. Il est vraisemblable que Michel Casseux a réuni tout un ensemble de techniques disparates : style des ruffians, des bandits, luttes paysannes.

La boxe anglaise:

La boxe apparaît au xviiie siècle, les matchs étaient alors organisés par des parieurs qui prirent comme modèle le pugilat. Elle est à l’époque peu réglementée et est pratiquée à mains nues.
Le premier grand champion de boxe à mains nues fut le maître d’armes James Figg en 1719, son élève Brougthon (1704 – 1789) gagna près de 400 combats jusqu’au jour où il tua accidentellement son adversaire. Traumatisé, il codifia les règles de la boxe avec l’aide du marquis de Queensberry et rendit obligatoire le port de gants de protection et interdit les combats au finish, ce qui interdit aussi de frapper l’adversaire au sol.

Les règles du Marquis de Queensberry, rédigées en 1865 (certains disent 1857), ont mis l’accent sur l’agilité plutôt que sur la force. Ces nouvelles règles interdisaient le combat à mains nues, le corps à corps, l’étouffement, les coups lorsque l’adversaire est impuissant et le combat au finish.

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Selon Wikipedia, Jos Montferrand, de son vrai nom Joseph Favre (25 octobre 1802 – 4 octobre 1864), est un homme fort qui a vécu au xixe siècle au Québec. À cette époque, les Anglais, qui étaient les nouveaux maîtres du pays, provoquaient sans cesse les Canadiens-français et de multiples bagarres en résultaient. Jos Montferrand, un colosse, acquiert sa réputation de redresseur de torts grâce à son adresse et à ses muscles, mais aussi parce qu’il ne pouvait supporter qu’un Anglais méprisat ou insultat l’un des siens.

Jos Montferrand, né à Montréal, a grandi dans le quartier St-Laurent. Il partit pour la région de l’Outaouais, une région à l’ouest du Québec à la frontière de la province de l’Ontario, où il devint draveur vers 1827. À l’époque, le Canada accueillait un fort contingent d’immigrants en provenance d’Irlande, ceux que l’on appelait les Shiners (le mot « Shiners » est une déformation de « Chêneux » que les Canadiens-français utilisaient pour identifier les bucherons Irlandais qui coupaient des chênes près des berges le long de la Rivière des Outaouais. Ces Irlandais ne pouvaient trouver du travail auprès des compagnies forestières puisque ces dernières employaient des Canadiens-français depuis fort longtemps, avant même que les Irlandais viennent initialement pour aider à construire le Canal Rideau). Les ouvriers canadiens-français devaient manœuvrer doublement pour trouver du travail face à cette immigration travailleuse et bagarreuse.

On raconte que Jos Montferrand avait l’habitude de marquer son entrée dans une taverne en donnant un coup de talon au plafond. Nombreux furent les tenanciers de la région qui prétendirent posséder la « marque » de Jos Montferrand dans leur établissement.

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Les porteurs d’eau Québécois

 

Lors de la capitulation de 1760, certains soldats français décident de devenir « Canayens » et de s’établir au Canada. L’un de ces derniers, Joseph Montferrand se fixe à Montréal et ouvre une salle d’escrime. À cette époque les fleurets et les rapières étaient portées couramment. Un jour que Montferrand, pionnier de la famille, fête le nouvel an avec des amis à l’hôtel des Trois Rois, la discussion s’envenime et une querelle s’ensuit. Des militaires anglais veulent alors contraindre Montferrand à se tenir tranquille. Il les charge avec fureur et nettoie la place.

Son fils, qu’il appelle également Joseph, nait en 1754. À l’âge de 29 ans il s’engage avec la NWC. Cet environnement de « coureurs de bois » l’oblige à participer à plusieurs combats. Il eut la renommée de ne jamais reculer devant une provocation et de n’avoir jamais été vaincu. Il sut amasser une petite fortune qui le fit finir ses jours à l’aise. Les Canayens se montraient fier de lui comme ils avaient fait pour son père. Il meurt à Montréal au commencement du 18e siècle. Sa femme, Marie-Louise Couvrette, n’avait pas la main très légère elle non plus.

Un jour qu’un fier à bras maltraite un enfant, il a la malchance de tomber entre les mains de Marie-Louise qui lui administre une série de claques qui lui fait perdre connaissance. La gentille mégère n’était pas commode du tout lorsqu’elle était offusquée.

De ces deux personnages Montréalais naquit un enfant qu’on appela encore une fois : Joseph. Il naquit sur la rue-des-Allemands, dans une maison qui a brulé dans l’incendie de 1852. À sa première communion, le révérend père M.Sauvage  citait le jeune Montferrand comme un exemple de piété, et de modestie. C’est sa sœur qui lui enseigne le catéchisme et lui inculque les qualités qui viennent avec la religion. Il ne maltraite jamais ses camarades malgré sa force qui est évidente. Il prend plutôt l’habitude de protéger les petits contre les plus grands.

À son adolescence, sa mère a l’habitude de lui rappeler : « Tu es fort, mais n’en tire pas d’orgueil! Ton père était plus fort que toi. »

Un jour, devant chez lui, travaillant à une excavation, Un certain Michel Duranleau, accompagné de deux autres fiers-à-bras travailleurs des élections, met le pied sur la tête de Joseph, qui se trouve à niveau du sol. Montferrand est âgé de 16 ans. Malheureusement pour Duranleau, il vient d’appuyer sur un bouton qui fait surgir Joseph de son trou, pour retomber au milieu des trois hommes. Duranleau, qui n’avait pas encore rencontré « son maître », fut, ce jour-là, rossé proprement avec ses deux compagnons.

Ce qui était remarquable chez Joseph, c’était sa souplesse. Lorsqu’il se battait, ses poings et ses pieds volaient comme des mouches et piquaient comme des taons. Par contre, malgré sa force et son agilité, il fut toujours reconnu comme un « Gentlemen » parmi la population.

À cette époque, la boxe anglaise était populaire à travers le monde; mais jamais autant qu’au Canada où les gens en raffolait. Lorsque les matelots et les soldats cherchaient querelle aux habitants, c’était la fête; et ils trouvaient toujours à qui parler. On prenait grand soin de se rappeler chacune des victoires chez les Canayens. De plus, la coutume de l’époque voulait que  les élections soient une source continuelle de défis, d’escarmouches et de combats souvent sérieux. On s’amusait ferme au Québec!

La rue des Allemands est, alors, notoire pour être le quartier des « hommes forts ». On y trouve plusieurs tavernes et lorsqu’on est connu dans ces tavernes, la renommée s’étend partout au Canada. Chacune des tavernes a sa « salle de boxe » attenante où on s’entraîne avec des gants rembourrés.

Lorsqu’un vrai défi est lancé, le meilleur endroit pour combattre est habituellement sur la grève, au pied de la place Jacques Cartier. C’est là l’endroit des rencontres sérieuses; et ces « rencontres » se font à poings nus.

En 1818, le gagnant d’un combat, entre deux champions renommés est proclamé champion du Canada, sur le champ de Mars, à Montréal. Il s’adresse à la foule, disant qu’il est le meilleur « homme » du pays et qu’il défie qui voudrait prouver le contraire.

Le sang de notre Joseph, qui est présent, ne fait qu’un tour. Il n’est certainement pas question qu’un Anglais soit le meilleur « homme » du pays. Il s’élance dans le cercle de combat et, selon la coutume établie, lance le chant du coq. Il vient de relever le défi!

Les gens du quartier se mettent à applaudir et à crier. Ils connaissent bien le jeune homme qui allait se mesurer à l’Anglais.

Il ne porte qu’un seul coup de poing; mais sa technique est parfaite et l’Anglais se retrouve dans les pommes. Joseph est porté aux nues par la population et ses amis. Lui, se contente de retourner à ses priorités, c’est-à-dire : travailler pour gagner sa vie et aider à sa famille. « L’homme » du pays n’est pas un Anglais. C’est tout ce qui compte.

Son premier travail est « charretier ». Il a une grosse voiture et se spécialise à déménager des articles lourds et difficile à remuer.

En 1819, un mulâtre, professeur de boxe, possède une grande renommée jusqu’au USA. On lui parle de Montferrand de Montréal. Il propose une rencontre à la condition que Jos ne se serve pas de ses pieds (vérifiez plus haut la date de la « création » de la savate en France). Montferrand accepte et se rend à Kingston où doit se dérouler le combat.

Au tout début du combat, le mulâtre se fâche et donne un coup de tête. Montferrand le menace de ses pieds s’il ne s’en tient pas aux règles qu’il a lui-même exigé. Quelques instant plus tard, le mulâtre abaisse sa garde et lui donne un autre coup de tête. Le Canayen lève le pied et lui fracasse la mâchoire en quatre morceaux.

Vers 1823, Jos Montferrand signe un contrat de voyageur avec la NWC, sous les ordres de M. Fisher. À cause de sa renommée, un métis, nommé Armstrong, le provoque en duel au pistolet, à vingt pas. Monferrand propose de diminuer la distance mais son adversaire refuse. Montferrand lui met alors le pistolet sous le nez et tire en l’air en disant : « Pour une fois tu vas sentir la poudre de près ». Armstrong, qui travaille pour la Cie de la Baie d’Hudson, avait l’habitude de visiter les campements et défier les voyageurs en combat singulier. Il fut guérit, ce jour-là, de cette habitude très peu appréciée.

Âgé de 25 ans, Montferrand laisse la NWC et s’engage pour Joseph Moore qui exploite le bois. Il y reste deux ans comme commandant en chef. Il passe ensuite chez Bowman et McGill avec qui il fait son premier voyage en haut de l’Outaouais. C’est l’époque des « cageots » de billes de bois qui descendent le fleuve jusqu’à Montréal. Ces travailleurs du bois sont très bien payés. Plusieurs jeunes Canayens adhérent à ce travail qui nécessite beaucoup de courage, de force et de résistance. Qualités indiscutables chez la majorité des Canayens depuis déjà plusieurs générations.

Un jour que Jos transporte plusieurs milles piastres pour la paie des employés, il est attaqué par cinq voleurs, au Lac des Sables. Malgré leurs bâtons, il en assomme trois et s’empare des deux autres pour les traîner en justice. Il s’implique dans tout ce qui a trait à la discipline des hommes sous ses ordres et les défend même envers les patrons lorsque c’est nécessaire.

À cette époque, alors que les hôtels étaient pleins, un Canayen de Buckingham qui acceptait de loger les gens de temps à autre, reçu des travailleurs de la Baie d’Hudson qui avait un poste de traite au lac des Sables. C’était un groupe d’Écossais, d’Irlandais et d’Américains qui logeaient chez lui ce jour-là; et on décide d’improviser une sauterie. Les filles de la région ne demandent pas mieux et la soirée va bon train. Jusqu’à ce que le fils du propriétaire veuille se joindre à la danse.

Les « Shriners » le repoussent avec des moqueries en disant qu’un Canayen est de trop dans le groupe. L’insulte fait le tour du village comme une traînée de poudre. Montferrand en a connaissance et décide de régler l’affaire.

Entrant dans le bal sans se faire annoncer, il tend la main sur le violon et l’écrase. Ensuite il s’écrie : « Tout le monde dehors ! »

La sauterie est terminée et tous vont se coucher.

Jos a un jeune frère un peu moins fort que lui, appelé Louis. Tous les deux mesurent 6pi 3 pouces. Louis a l’habitude de bûcher cinq cordes de bois durant une journée d’hiver et de les empiler avant l’arrivée de la nuit. Ses patrons lui donnent toujours double salaire.

Louis n’est pas aussi agile que Joseph et plutôt maladroit pour se battre;. D’ailleurs il n’aime pas se battre. Mais sa force et sa bravoure est quand même incontestable. Un certain Berlinguet disait partout, depuis quelque temps, qu’il battrait les Montferrand aussitôt qu’il en aurait l’occasion.

Alors que les cageots de l’Outaouais sont arrêtés à l’Abord-à-Plouffe et que Berlinguet sait Joseph parti pour Montréal, il s’approche de Louis pour l’injurier et finit par lui donner un soufflet. Louis ne réagit pas et s’éloigne, indifférent. Mais un nommé Marsolet, de Montréal, saute dans une voiture et va conter l’affaire à Joseph. Lorsque celui-ci arrive à l’Abord-à-Plouffe, Berlinguet a disparu. Il envoie des témoins pour le rencontrer à Montréal, mais Berlinguet  refuse de s’y rendre. Jos Montferrand va donc le chercher lui-même. Berlinguet s’avoua incapable de soutenir ce qu’il annonçait partout.

Joseph s’écria, « Il n’y a donc pas un homme sur terre pour faire face aux Montferrand??? ».

Berlinguet répondit : « J’en ai bien l’impression, Vous ne craignez ni Dieu, ni diable.

« Je crains Dieu » dit Joseph; « mais amène-moi le diable habillé en homme et je lui donne une raclé à lui aussi ! ».

Les deux frères sont renommés pour leur charité et l’aide qu’ils donnent à ceux autour d’eux. Un charretier perd-il son cheval? Ils organisent une quête pour lui en acheter un autre. Les veuves et les enfants dans la misère, trouvent chez eux, des protecteurs. Ils sont estimés par tous les rangs de la société. Louis est mort du Choléra, à Montréal, en 1832, âgé de 25 ans. Il ne s’était pas marié.

En 1828, un Major de l’armée, du nom de Jones, passait pour un boxeur hors pair et moussait sa renommée en méprisant les Canayens ouvertement.  Un jour dans un buvette de la Place d’Armes, il voit entrer Jos Montferrand et se met à se moquer de lui.

Dix minutes plus tard, les deux hommes se mesurent dans la cour de l’établissement. L’agilité de Joseph lui donne le dessus; et à chaque coup que lui porte Montferrand, il demande au Major: « Vas-tu encore insulter les Canayens? » Paf!  « Vas-tu encore insulter les Canadiens » Pouf! Après plusieurs « Pif, Paf, Pouf » interrogatifs, Jones capitule et le terrain reste à Montferrand.

Toujours en 1828, cette fois-ci à l’Hôtel de Québec, les frères McDonell, commis de Bowman et McGill, donnent un bal à leurs « voyageurs ». Des officiers d’un navire anglais s’avisent à troubler la fête. Ils veulent se mesurer aux plus forts et menacent de tout briser dans l’hôtel. C’est la vogue d’agir ainsi à l’époque. Entendant le tapage, Jos Montferrand descend de sa chambre et s’interpose devant les officiers anglais. Mais ceux-ci s’ont armés de garcettes; et c’est à ce moment-là que la danse commence.

Montferrand danse avec chacun des officiers sans en oublier un seul. À la fin du « menuet », Il les laisse tous aux mains d’un médecin. Le lendemain toute la ville et surtout, les matelots en rade ainsi que ceux de la garnison viennent le féliciter avec enthousiasme. Un Capitaine de la marine anglaise, en le félicitant, lui dit : « Nous avons le champion de la marine anglaise parmi nous. Il est de votre force et serait heureux de voir ce qu’un Canayen peut faire contre lui ».

« J’accepte » dit Montferrand. Et on le comprend très bien; car comment refuser une telle invitation, de la part d’un Anglais, envers un « Canayen »?

Le rendez-vous est sur le Quai de la Reine. Deux milles spectateurs se présentent sur place et les soldats de la garnison doivent faire la chaîne pour contenir la foule de femmes, enfants et hommes qui veulent être le plus près possible des combattants. Les paris s’engagent partout. Le champion anglais est un colosse de 6pi 4 po. Son torse et ses bras sont couverts de poils; un vrai gorille et il en impose aux plus braves.

Si bien que Montferrand lui-même se croit perdu.

Mais lorsque la musique du régiment anglais se fait entendre, cela semble le fouetter. Il entre dans le cercle de combat et se met en garde.

L’Anglais porte un coup très habile qu’il croit irrésistible. À sa surprise, le coup est paré. La foule applaudit bruyamment et la confiance des parieurs tourne du côté de Montferrand. Ce n’est qu’à la douzième reprise que l’Anglais commence à montrer des signes de faiblesse.

À la seizième reprise, une feinte habile permet au marin de placer un coup au-dessus de l’oreille de Joseph. À la dix-septième reprise cependant, Montferrand pare des deux bras à la fois et décoche deux coup de poing aux côtes de son adversaire qui le mettent hors de combats.

Le capitaine vient le féliciter et lui remettre 2000 piastres qui était la part du gagnant.

« Je veux bien garder le titre de champion des cinq parties du monde, mais donnez l’argent au pauvre type que je viens de rosser. Il en aura besoin plus que moi pour se faire raccommoder la carcasse. Je ne me bats pas pour l’argent.

Un jour qu’un parti politique lui offre 1000 piastres pour travailler pour eux, il répondit : « Si c’est pour mon parti, pas besoin d’argent; si c’est contre mon parti, vous n’aurez jamais assez d’argent pour m’acheter ».

Bill Collins, un métis, a la réputation d’être l’un des meilleurs boxeurs de Montréal. Il est aussi habile des pieds que des poings. Il a l’habitude de se promener dans le faubourg St-Laurent en menaçant ses victimes qu’il désigne d’avance.

Un ami de Montferrand, Étienne Lavictoire tient auberge et décide de lui faire rencontrer Collins.

À son arrivée, Joseph voit un feu qui flambe dans  l’âtre à un bout, et la buvette à l’autre bout de la pièce. Montferrand s’approche et on sert une ronde. Collins caché derrière le comptoir se lève et brise le verre de Joseph. Montferrand saisit Collins par les flans, le sort du comptoir et le lance dans le feu de la cheminés. Heureusement que les assistants le tirent de son mauvais pas. Par contre, il semble que toutes ses fanfaronnades ont brulé avec son fond de culotte. Curieusement, tous ceux qui faisaient comme Collins, suivent aussi son exemple.

Mais on ne pouvait pas laisser la situation dans un tel dilemme; on voulait savoir : qui est donc le meilleur?

On décide d’une rencontre entre Collins et Montferrand. On est en 1830. Dès la première passe, Monferrand applique un vigoureux coup de poing sur l’oreille de Collins. Il tombe et on crut le malheureux assommé à jamais. Il pu cependant s’en remettre; quoi qu’il resta sourd de cette oreille.

C’est l’époque où Montferrand est au meilleur de sa forme. Un jour, il hale une chaloupe tirée derrière un bateau et l’embarque. Cela prit cinq hommes pour la remettre à l’eau.

La région qui s’étend de Montréal à l’Outaouais est très peu peuplée à cette époque; et n’a aucune surveillance policière. C’est donc une route où la loi du plus fort prévaut. Les chefs d’escouade de « voyageurs » doivent donc être des hommes qui ont fait leurs preuves et savent conduire d’autres hommes. C’est le domaine où excelle Jos Montferrand. Il devient rapidement le défenseur des Canayens face aux Irlandais, aux Écossais et aux Anglais. On retrouve chez les travailleurs du bois le même genre de confrontations qui existaient au meilleur temps de la traite des fourrures. Les combats entre équipes Canayennes et les autres sont nombreux. Et, à chaque fois, l’honneur est en jeu; donc une défaite doit toujours être vengée. Montferrand se charge de cette tâche la plupart du temps et parfois il monte des combines dignes d’un général d’armée.

Aux élections de 1832, à Montréal, les troupes firent parler la poudre. Ce qui n’empêcha pas les empoignades à bout de bras, évidemment. Le grand Voyer tua d’un coup de poing un tory, sur la place du marché au foin, aujourd’hui, le carré Victoria. Montferrand est près de lui. Il a l’habitude de l’appeler familièrement son papa. Une poussée formidable se dirige vers Voyer. À l’approche de cette vague humaine Montferrand lance un coup de poing qui renverse trois hommes. La bande, décontenancée, recule. On la poursuit et elle ne reparait pas de toute la journée. On était maintenant libre d’aller voter tranquillement. Ces troubles de 1832 font parti de l’histoire officielle. Trois Canayens y furent tués le 21 mai, par les balles des soldats; sans compter les blessés. M. Joseph Roy, magistrat, lança un mandat d’arrêt contre le colonel Mackintosh et le capitaine Temple. Le jury refusa de sévir et M. Roy perdit sa commission de juge de paix.

À Buckingham, vers 1842, il y eu une bénédiction d’une cloche de l’Église. Mgr Bourget officiait avec trois ou quatre prêtres de Montréal. Une centaine de Shriners voulurent empêcher la cérémonie et menaça de tuer l’Évêque. Montferrand les dispersa. Ils revinrent après la cérémonie pour brûler l’Église. Les Canayens se battirent et Montferrand dû assommer plusieurs de ces fanatiques.

Ne croyez cependant pas que Jos Monferrand était le seul qui se tenait debout devant les Anglais; il n’était que le plus fort de tous. Les autres « porteurs d’eau des Anglais » étaient :

Joseph Clermont, Louis Montferrand, Joseph Colas, Taillefer, Senécal, Brulé, Petrus Labelle, Lapane, Claude Giguère, Peter McLeod, Castérat, Rodolphe des Rivières Garçonnette Giroux, Grenache, Vital Poitevin, Letendre, Gourdeau, Cardinal, Monarque, Tourangeau, Duhême, Joseph Gobeil, Vigneau, Leduc, Ouellette, Morin, Deschamps, Masson, Rouillard, Malo, et plusieurs autres que l’on peut trouver dans les récits des anciens. Alors dites-moi? D’où est donc venue cette caractéristique des Québécois que l’on dit « porteurs d’eau »?

Raconter ces histoires est de raconter ce qui se passait réellement chez le peuple « canayen ». Vous ne trouverez probablement pas l’histoire de l’attaque des Shriners sur Mgr Bourget en 1842 ou 43; et surtout pas la participation de Montferrand pour le défendre. Mais ce n’est certainement pas parce que cela ne s’est pas produit; c’est parce que l’Église ne tient pas record des  manifestations de courage des « Canayens » lorsqu’il ne devient plus possible d’alimenter cette image de « porteur d’eau » et de « né pour un petit pain » dont elle a affublé le peuple Québécois. Lisez plutôt les histoires des comportements des Shriners  rapportées par les habitants de Bytown (Ottawa) de l’époque. Ils brûlaient des maisons, emplumaient hommes et femmes, brisaient des meubles, dispersaient les funérailles, troublaient les services divins, bâtonnaient les passant, tout cela entrait dans le comportement et le programme des Shriners. Des porteurs d’eau auraient laissé faire; les Canayen, jamais.

Un grand nombre d’exploit est attribué à Jos Montferrand « dit Favre ». Un trop grand nombre. Il est très probable que certains furent le fait de d’autres Canayens courageux de l’époque. Mais c’est lui qui avait la renommée donc on lui attribuait plusieurs de ces exploits.

En 1838-39, Montferrand est à Montréal. Plusieurs patriotes sont emprisonnés en attente de leur procès suite à la rébellion de 37. Deux fois par semaine, Montferrand et François Laviolette qui est boucher, organise des collectes de nourriture et vient les porter aux prisonnier. Même les Anglais participent aux donations par admiration de ses prouesses et de sa notoriété.

L’une de ses bataille la plus épique est celle du Pont de Hull où il est supposé avoir combattu et fait reculer 150 Shiners qui voulaient le tuer. Je n’ose pas vous faire ce réçit tellement c’est incroyable et pourtant le récit vient d’un policier de montréal, un nommé Blanchet, qui en avait été témoin. Il y a plusieurs autres aventures que je ne rapporte pas ici, la place me manque.

Il épouse, en 1862, Mlle Esther Bertrand de Beauharnois. Il eut un fils qui ne connu pas son père. Celui-ci décéda en 1864 au 212 rue Sanguinet. Sa femme le suivit de près. Son fils fut élevé par M. Jean Baptiste Lamontagne, son cousin et tuteur. Ce fils était, lui aussi, un colosse de 6 pi 3 po. Qui avait les bras de son père; mais le temps des « batailles rangées » était terminé. L’époque des supposés « porteurs d’eau » révolue; jusqu’à ce que des « historiens » québécois, reprennent cette fable et la rende officielle.

Amicalement

Elie l’Artiste

*Article déjà paru en juin 2011

 

 

 

 

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