Les Talibans sont en train de faire plier les États-Unis

Par  Kharroubi HABIB.  Le 1.02.2019.  Sur Le Grand Soir.

 

Il y a déjà quelques années que les USA ont perdu leur guerre d’Afghanistan aux mains des Talibans qui contrôlent la majeure partie du pays. Pourquoi alors les américains maintiennent-ils un contingent de soldats encerclé dans Kaboul ? Nous croyons que les américains veulent recrutés les talibans comme mercenaires contractuels afin de mener des attentats contre les voies de communication – les oléoducs – et les pipelines de la « Nouvelle route de la soie » reliant la Chine à ses marchés asiatiques. L’article ci-dessous a pour rôle d’enfumer la question – d’accréditer la thèse de l’intervention américaine en Afghanistan en représailles au 11 septembre 2001 (sic) et de pister les experts occidentaux en direction du retrait honteux des troupes américaines de ce pays qu’aucune puissance n’a jamais contrôlé à moyen terme. Les négociations au Qatar sont un spectacle où les USA acceptent de s’humilier à la condition que les Talibans prennent l’engagement de ne pas laisser les « Nouvelles routes de la soie chinoises » approchées de leur pays, et qu’ils acceptent occasionnellement quelques contrats de sabotage. Parions que les deux bandes de malfrats en viendront à un accord. Robert Bibeau.  Éditeur. http://www.les7duquebec.com


 

Des négociations sont en cours au Qatar entre les États-Unis et les Talibans afghans en vue de mettre fin à 17 années de guerre en Afghanistan. Le repésentant spécial des États-Unis pour la réconciliation en Afghanistan Zalmay Khalizad qui mène la négociation pour le compte de Washington, s’est déclaré satisfait des « progrès » enregistrés qui ont trait à des enjeux cruciaux. L’enjeu crucial qui a poussé Donald Trump a ouvrir des négociations de paix avec les Talibans est à coup sûr celui d’obtenir de ces derniers des arrangements qui masqueront que les États-Unis ont subi une défaite militaire en Afghanistan et que leur retrait de ce pays qui a fait partie de ses promesses électorales et qu’il a moralement acté en accédant à la Maison Blanche n’ait pas lieu dans des conditions humiliantes pour l’Amérique. Si les Talibans donnent leur accord aux arrangements que les Étasuniens veulent leur arracher, l’on reviendrait inéluctablement à la case départ en Afghanistan, ce qui veut dire qu’ils reprendront le pouvoir à Kaboul dont ils en ont été chassés par l’intervention militaire étasunienne décrétée par Georges W. Bush en représailles des attentats du 11 septembre 2001 au motif d’en finir avec un régime en accointance avec le réseau terroriste Al Qaïda qui a organisé les attentats.

 

La perspective du retour au pouvoir à Kaboul des Talibans ne semble pas poser problème à Donald Trump et à son administration qui paraissent miser sur le pari de les convaincre de renoncer à faire de l’Afghanistan le refuge du terrorisme international et à s’intégrer dans une démarche de réconciliation avec les autres parties prenantes afghanes de l’interminable conflit que vit leur pays. Pour ramener les soldats étasuniens de l’Afghanistan ainsi qu’il l’a promis à l’Amérique, Donald Trump n’a qu’une seule solution, celle d’un accord bancal avec les Talibans qui sont prêts à lui concéder toutes les assurances que ses négociateurs ont mises sur la table au Qatar mais qu’ils sont déterminés à enterrer aussitôt que s’opérera le retrait militaire des EU.

 

Ce n’est pas le régime en place à Kaboul qui sera en mesure de les empêcher de revenir au pouvoir. En 17 années d’occupation étasunienne de l’Afghanistan, aucun des objectifs que les États-Unis ont promis de viser n’a été atteint : ni le développement de ce pays ni l’instauration d’un régime démocratique et encore moins la fin de la corruption qui a transformé le pays en une pompe à argent dont la population afghane subit les pires conséquences. Elle a au contraire accentué tous les maux dont souffrait l’Afghanistan, permettant en cela aux Talibans qu’ils ont chassés du pouvoir de conserver des complicités dans le pays puis d’être en mesure d’opérer un retour militaire en force qui contraint Washington à négocier avec eux. A leur façon, les Talibans administrent la preuve que la superpuissance étasunienne est bel et bien en déclin.

 


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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

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