L’impérialisme et la domination réelle du capital

Titre original :  Contribution:La question de l’impérialisme et la domination réelle du Capital. Par Gérard Bad. Spartacus. Paris. le 30.10.2016.  URL : http://spartacus1918.canalblog.com/archives/2016/10/30/34498151.html

 

Ce texte, n’ est qu’une contribution, c’ est à dire quelle est discutable et amendable, il devait rester dans les tiroirs d’Échanges afin de débattre de la question. Nous le mettons en ligne, afin de fêter à notre manière le centième anniversaire du livre de Lénine « L’impérialisme stade suprême du capitalisme« .

Sommaire

  • Avant propos.
  • 1-Les origines et définitions de l’impérialisme.
  • 2- Quelques mises au point sur la question de l’impérialisme.
  • a) Sur la théorie du capitalisme de monopole et du monopolisme d’état.
  • b )Marx Engels : les monopoles, trusts…
  • c) Circulation monétaire et circulation des marchandises
  • d) la bourse disparaît à jamais
  • 3-Surprofit, prix de monopole et commerce extérieur.

  • 4-Les états nationaux et la colonisation
  • a) Du droit des peuples à disposer d’eux mêmes.
  • 5- Sur les deux phases historiques du mode de production capitaliste.

  Avant propos

 

Depuis la parution du livre de Toni Negri “ L’empire ” de nouveau une polémique s’est engagée sur l’impérialisme et la notion d’Empire développé par Negri; mais surtout du fait de la mondialisation terme utilisé à satiété comme globalisation sans que personne vraiment soit capable d’en définir la portée.

Dans un premier temps, nous allons voir que l’origine du terme impérialisme était surtout lié à une politique d’annexion quelque soit le mode de production existant ( esclavagiste, féodalisme , capitaliste). Cette politique est une politique d’empire qui prend possession de territoire, de richesse, de force de travail par la force des armes et le pillage. Elle est commune à toute les périodes historiques et ne saurait être une politique particulière d’un stade donné du capitaliste et encore moins de son stade suprême , ultime, parasitaire…

Tous les “ prémices de l’impérialisme capitaliste ” de Lénine, Boukharine et Rosa Luxembourg préexistaient déjà à l’époque de Marx ( Capital financier, trusts cartels monopoles, colonisation… ) et pourtant jamais Marx n’a trouvé nécessaire d’élaborer une théorie spécifique sur la phase terminale de l’évolution du capitalisme. Marx avait dans le Manifeste communiste fort bien déterminé l’arc historique du capitaliste de sa naissance à sa disparition.

La théorie de l’impérialisme capitaliste à pris naissance au cœur de l’empire britannique, sous la forme d’une politique analysée par les économistes de l’époque.

Les théories anti-impérialistes allaient diviser le monde nom plus en classe sociale exploité à l’échelle mondiale, mais en zone, pays, nations, peuples, états , opprimés par les grandes puissances impérialistes.

Cette politique, ne pouvait être qu’une politique d’État à État et n’avait plus rien à voir avec la révolution prolétarienne mondiale comme nous aurons maintes fois l’occasion de le démontrer. De même que le petit producteur lutte contre le monopole qui tend à le faire disparaître pour devenir lui même monopole, les luttes de libération nationale lutte contre l’impérialisme pour devenir elles mêmes annexionnistes souvent avec l’aide militaire d’un impérialiste concurrent. Tous les fronts anti- monopolistes et anti- impérialistes ne font que détourner la classe ouvrière de son combat contre le capitalisme comme système qu’il soit grand ou bien petit. Toute l’histoire passée nous permet aujourd’hui de faire un bilan accusateur de toute la stratégie et la tactique petite bourgeoise du léniniste au maoïsme . Ils ont toujours privilégiés les rapports d’État à État sur la scène internationale, le prolétariat ne servant que de groupe de pression dans les jeux diplomatiques internationaux.1

Il nous faudra aussi aborder les grandes transformations économiques qui conduisirent l’Europe à deux guerres mondiales, guerres dites impérialistes qui n’ont servie qu’à masquer les véritables contradictions qui émergeaient au sein même du capitalisme mondial entre sa tendance mondialiste ( exportation des capitaux) et ses tendances nationaliste et protectionniste.

Ce qui semble important pour nous, c’est de bien montrer la difficulté pour les révolutionnaires à se situer par rapport à la révolution communiste et à l’arc historique qui va de la naissance du capitalisme à son abolition par le prolétariat. Chaque fois que le prolétariat entrait en ébullition, le tocsin indiquant la fin du capitalisme 2sonnait, nous pouvons dire qu’il existe “ un millénarisme révolutionnaire ”. Marx et Engels se sont illusionnés sur la fin proche du capitalisme, Lénine en pleine révolution déclare sans détour:

“ L’impérialisme est le prélude de la révolution sociale du prolétariat. Cela s’est confirmé, depuis 1917, à l’échelle mondiale ” (préface aux éditions française et allemande de l’Impérialisme stade suprême du capitalisme le 6 juillet 1920. )

En fait si l’Impérialisme allait être le prélude de quelque chose, il sera le prélude de la décolonisation directe, le prélude d’une autre illusion celle de l’autodétermination des peuples opprimés…. et du “nationalisme ascendant ”.

Lénine, ne se faisait aucune illusion sur le sens bourgeois de son “ droit à la libre disposition ” il disait même que la libération politique n’est aucunement une libération économique, justement parce que “ ’impérialisme ” en fait le capitalisme n’est absolument pas une simple domination politique, elle est avant tout économique .

Lénine avait absolument raison de reprocher cela à Kautsky, seulement il va faire pire que lui en pratique. En fait nous avons aujourd’hui l’Impérialisme réalisé, au sens ou le Capital financier étend ses filets sur le monde entier. De là à dire qu’il n’y a plus de frontière nationales pour le Capital, nous dirons oui sur le plan théorique “ La tendance à un marché mondial est immédiatement donnée dans le concept de Capital ” Grundrisse ES. P347 .et non sur le plan pratique. Le protectionnisme est toujours présent et chaque état et petit état ( même sans histoire réelle) défend son pré-carré.

“ Dès qu’il peut le Capital s’émancipe du cadre national et jette les béquilles sur lesquelles il s’était appuyé au départ ” analyse que fait Marx du Capital avec le chemin qui mène à la solution finale.

  “ Aussi longtemps que le capital est faible, il s’appuie simplement sur des béquilles prises dans les modes de production passés ou en voie de disparition à la suite de son développement. Sitôt qu’il se sent fort, il à ses propres lois. Enfin, lorsqu’il commence à sentir’ et à savoir qu’il devient lui- même une entrave, il cherche refuge dans des formes qui, tout en parachevant la domination du capital, brident la libre concurrence et annoncent la dissolution du mode de production fondé sur le capital. ” (Grundrisse 3. Chapitre du Capital, édt 10/18 , page 261.)

  Si nous devions caractériser la période actuelle, nous dirions pour reprendre Pierre Souyri, que nous assistons à une “ continentalisation ” de l’économie mondiale

  “ Un compartimentage continental de l’économie mondiale aurait succédé aux cloisonnements nationaux devenu trop étroits. La victoire des Alliés brisa les rêves démesurés des impérialistes de Tokyo et de Berlin. Mais la nécessité pour le système capitaliste de dépasser les cadres nationaux n’en reste pas moins impérieuse, et bien que par des voies différentes de celles qu’avaient utilisés les “ impérialismes fascistes ”, les tendances à la “ continentalisation ” n’en continuent pas moins de s’affirmer. ” (La dynamique du capitalisme au XXe siècle Pierre Souyri ed. Payot 1983)

  Ce compartimentage, étant tout relatif du fait même de l’existence de firmes transnationales et multinationales.

  1- Les origines et définitions de l’ impérialisme

Ce terme a d’abord désigné (1525) un partisan d’un empereur, spécialement en parlant des partisans de l’empereur d’Allemagne, puis (1823) ceux de Napoléon 1er par opposition au royalisme et au républicanisme. Ensuite (1878)l’ impérialisme en anglais a pris le sens de “ politique d’expansion coloniale dans le cadre de l’ Empire britannique ”, d’après le sens spécial des mots anglais imperial et empire. L’adjectif français impérialiste étant attesté dans ce sens en 1893 et le nom, pour “ partisan de l’impérialisme colonial ” en français comme en anglais, le mot désigne la politique d’un Etat qui vise à mettre d’autres Etats sous sa dépendance, notamment par la colonisation. Le mot, appliqué en anglais à la politique de Disraeli. Boukharine et Lénine vont donner un tout autre sens à l’impérialisme , ils vont en faire un super-capitalisme le terme impérialisme n’est plus un simple adjectif “ le capital impérialiste ”, il devient un nom et le capitalisme un adjectif “ l’Impérialisme capitaliste ”.

  “ Mais le capitalisme n’est devenu l’impérialisme capitaliste qu’à un degré, très élevé, de son développement, quand certaines caractéristiques fondamentales du capitalisme ont commencé à se transformer en leurs contraires, quand se sont formés et pleinement révélés les traits d’une époque de transition du capitalisme à un régime économique et social supérieur. ” (Lénine p. 104, de  “ l’impérialisme stade suprême ” ed. Pékin.)

  Pour Rosa Luxemburg, l’impérialisme est une politique inévitable issue du développement même du capital, une politique qui s’impose au monde entier du fait de la concurrence :

  “ L’Impérialisme est l’expression politique du processus de l’accumulation capitaliste se manifestant par la concurrence entre les capitalistes nationaux autour des deniers territoires non capitalistes encore libres du monde. ” (L’accumulation du capital T.II p.115 ed. Maspero

  Rosa Luxemburg, parle de l’impérialisme comme une phase. “ La phase impérialiste de l’accumulation -ou phase de la concurrence mondiale du capital- est celle de l’industrialisation et de l’émancipation capitaliste de l’arrière-pays au dépens duquel le capital réalisait jusque-là sa plus value. ” (L’accumulation du capital T.II p.91 ed. Maspero

  Ici il faut comprendre que la réalisation de la plus value provient de la fabrication de produits pas chers dans les pays industrialisés qui se vendent dans les pays sous industrialisés. C’est d’ailleurs pourquoi Rosa Luxemburg posera la question de la fin du capitalisme, quand celui-ci sera parvenu à la destruction des civilisations non capitalistes, rétrécisant ainsi sa base d’ accumulation.3

  Pour Rosa Luxemburg, l’impérialisme est ” l’expression politique de l’accumulation capitaliste ” qui correspond à l’industrialisation et par conséquent au passage de la domination réelle à la domination formelle des grandes puissances de l’époque. Pour Boukharine, c’est dans son esquisse économique “ l’économie mondiale et l’impérialisme ” qu’il expose la théorie bolchévique . Nicolas Boukharine, parle de transformation du capitalisme en capitalisme financier, la formule est pour le moins curieuse, puisqu’il ne s’agit pas d’une transformation mais d’une scission au sein même du capital. Si le capital financier devient hégémonique il doit cette hégémonie au passage de la domination formelle à la domination réelle du capital ( extraction de la plus value relative, crédit, sté anonyme, surproduction de marchandises et donc de capital.)

  “ Tout l’ensemble du système contribue à augmenter le taux de profit des monopoles. Or, cette politique du capital financier c’est l’impérialisme ” (P. 105, Boukarine).

 

  2- Quelques mises au point sur la définition de l’impérialisme par Lénine

Tout d’abord Lénine en polémique avec Kautsky, n’est pas très ferme sur la définition de l’impérialisme et du Capital financier, il dit , “  doit-on qualifier la nouvelle phase du capitalisme d’impérialisme ou de phase du capital financier ? Qu’on l’appelle comme on voudra : cela n’a pas d’importance. ” (p. 109 ed. Pékin)

  Il est bien évident que cela a de l’importance, car le terme Impérialiste entraîne la confusion dans les époques historiques, il met l’accent sur la violence et les annexions. Ceci va contraindre Lénine à bien expliquer la différence entre l’impérialisme antique 4 et le nouvel impérialisme terme plus politique duquel il devra aussi se démarquer vis à vis de Kautsky. Pourquoi donc Lénine n’appelle t’il pas son livre “ le Capital financier stade suprême du capitalisme ”. Il ne le fait pas, parce qu’il veut être en adéquation avec sa défense du “ droit des nations à disposer d’elles mêmes ” droit à l’émancipation politique, il peut critiquer Kautsky qui détache la politique de l’impérialisme de son économie (p109) il va faire mieux et en plus catastrophique pour le mouvement communiste qu’il mettra à la remorque du nationalisme anti-colonialiste pour des raisons tactiques.

  “ Essor de la fin du 19 éme siècle et crise de 1900-1903 : les cartels deviennent une des bases de la vie économique toute entière. Le capitalisme s’est transformé en impérialisme ”L’Impérialisme Stade suprême

  Il dira plus loin que la datation de la naissance de l’impérialisme n’a pas d’importance, curieux pour quelqu’un qui se veut scientifique. En fait ce qui se passe pour les pays industrialisés de l’époque ( Angleterre, France, et ensuite Allemagne ) c’est le passage à la domination réelle du capital par la suprématie de l’extorsion de la plus value relative sur l’absolue, et donc une accumulation élargie qui va assumer la suprématie du Capital financier de ces pays. Lénine, va finalement reprendre pour rédiger “ son impérialisme ” écrit à Zurich au printemps 1916 les travaux de Hobson et d’Hilferding,5 il pense curieusement avec Hilferding “ que la banque devient de plus en plus un capitaliste industriel ”

  “ Ce capital bancaire c’est-à-dire ce capital argent- qui se transforme ainsi en capital industriel, je l’appelle “ Capital financier ” Lénine sur ce point est d’accord avec Hilferding. Au point 2 des caractéristiques fondamentales de l’Impérialisme, il écrit :

  “ fusion du capital bancaire et du capital industriel, et création, sur la base de ce “ capital financier ”, d’une oligarchie financière ; ” p105

  Pour Marx, le capital financier provient non pas de la fusion, mais de la séparation entre le capital (industriel et commerçant) et le capital de prêt embryon du système “ autonome ” du crédit et de la Société anonyme. A ses origines, le Capital Financier est enfanté par le Capital industriel et commerçant. Au début, il n’assume que des opérations techniques pour le compte des capitalistes industriels et commerciaux. Mais se faisant, ces mouvements techniques se rendent “ autonomes ” et deviennent la fonction d’un capital particulier ; le Capital Financier ( Capital argent assumant au début des fonctions techniques).

  Le capital total se fractionne, dans le procès de circulation afin d’opérer des opérations pour l’ensemble du capital restant. Une fraction donc du capital total doit exister sous forme de trésor. Dés lors la gestion du capital argent devient une branche particulière au service de la classe capitaliste dans son ensemble, tout comme l’Etat.

Lénine contradictoirement avec sa définition du point 2 de l’Impérialisme, écrit plus loin dans un style saint- Simonien qui n’est pas neutre :

  “ Le propre du capitalisme est, en règle générale, de séparer la propriété du capital de son application à la production ; de séparer le capital-argent du capital industriel ou productif ; de séparer le rentier, qui ne vit que du revenu qu’il tire du capital-argent, de l’industriel, ainsi que de tous ceux qui participent directement à la gestion des capitaux. L’impérialisme, ou la domination du capital financier, est ce stade suprême du capitalisme où cette séparation atteint de vastes proportions. ” (page 68 ed. Pékin.)

  Il faut retenir de ce paragraphe l’accent mis sur le rentier par rapport à l’industriel “ La suprématie du capital financier sur toute les autres formes du capital signifie l’hégémonie du rentier et de l’oligarchie financière ; elle signifie une situation privilégiée pour un petit nombre d’Etats financièrement “ puissants ”, par rapport à tous les autres ” (p 68 ed. Pékin.)

  Cette opposition entre producteurs et oisifs, qui fut le premier frémissement de classe, à l’époque de saint Simon, est repris allègrement par Lénine, comme aujourd’hui l’organisation Attac et tous les “ tiers mondistes ”. Sous une autre forme elle mènera à la théorie du sang et de l’or du nazi Rosenberg, l’or étant l’apanage parasitaire de la ploutocratie financière juive et le sang la force pure et productrice allemande.

 2a – Sur la théorie du capitalisme de monopole et du monopolisme d’état .

Nous reproduisons ici des passages du texte de Loren Goldner LA CLASSE OUVRIERE AMERICAINE de 1981 qui avait déjà bien cerner la question de l’impérialisme.

 “ La théorie du « capitalisme de monopole » est l’expression idéologique du rôle historique joué par la couche dirigeante de la social-démocratie allemande et par ses confrères internationaux, tels les Fabiens anglais : préparer la classe ouvrière à la plus-value relative. Elle est restée cantonnée à ce rôle chez des auteurs comme Kautsky, Wilhelm Liebknecht, Bebel et Hilferding, mais plus tard, chez les héritiers de Lénine, elle deviendra l’idéologie de la couche dirigeante social-démocrate au pouvoir et servira notamment à justifier la forme stalinienne de ce pouvoir, lorsque le recul de la révolution internationale rendra nécessaire l’idée de « socialisme dans un seul pays » – recul dont le réformisme de l’aristocratie ouvrière » des métropoles impérialistes est présenté comme responsable. Et en 1975 – date du centenaire de la Critique du programme de Gotha et de sa notion d’Etat populaire » – elle sera condamnée à l’implosion idéologique dans le Cambodge de Pol Pot, les dimensions du « socialisme » se réduisant cette fois au camp de concentration.

La notion de « capitalisme de monopole » est le produit d’une idéologie populiste. Elle s’inscrit dans un courant de pensée plus vaste, largement développé dans l’Europe d’après 1890, qui, associé à l’économie » néoclassique, transforme l’analyse des rapports de production en analyse des formes du pouvoir. Dans la théorie du capitalisme de monopole, le capital cesse d’être une dynamique pour devenir un rapport hiérarchique.

L’économie néoclassique de Jevons et Menger a formalisé la problématique des classes et de leurs revenus en présupposant un équilibre entre la masse des consommateurs individuels et leurs « préférences ». Ce qui constitue le critère objectif des prix dans l’économie politique classique, à savoir la valeur au sens de Ricardo, a été a été mis au rebut au profit d’un critère purement subjectif de « choix » et de « préférences ». A la problématique de la reproduction des classes et de la force de travail, déjà idéologisée par l’économie politique, s’est substituée une série de formules où les choix des « consommateurs » sont abstraits de tout contexte de classe et de toute production. Cette formalisation de la pensée économique s’est en fait inscrit dans un mouvement plus général signalant la perte de contact avec la réalité extérieure de la part grandissante de la bourgeoisie que le mouvement vers la plus-value relative avait déjà transformée en rentiers. C’est Keynes et les keynésiens qui, à partir de ces présupposés complètement formalistes et subjectifs, ont reconstruit une « totalité », la prétendue « macro-économie ». Mais il y a un fossé entre la « macro-économie » keynésienne et la notion de « produit global » théorisée par l’économie politique classique. C’est toute la différence entre le point de vue bourgeois centré sur la consommation et la notion ricardienne de « production pour la production » (les « supply side economics » de la droite américaine d’aujourd’hui sont en partie d’inspiration « ricardienne »).

La théorie du « capitalisme de monopole », que ce soit chez Hilferding, Lénine et Boukharine ou chez Baran, Sweezy, Betelheim et leurs acolytes contemporains, ne récuse en rien cette subjectivisation de la théorie; bien au contraire, elle s’accorde avec l’économie néoclassique pour enterrer la problématique de la valeur. La problématique du capital total en rapport avec la reproduction élargie et avec le système de crédit ne les ayant jamais intéressés les théoriciens de la IIe Internationale ont adopté la théorie antimarxiste du fabien anglais Hobson. Pour expliquer les changements en cours au sein du capitalisme, et notamment l’impérialisme de l’époque 1890-1914, les tenants du « capitalisme de monopole » se sont tournés vers Hobson, qui expliquait l’exportation de capitaux de la même manière que le néoclassicisme expliquait les crises :en parlant de sous-consommation, d’insuffisance de la demande. La théorie de la sous-consommation, chez Hobson comme chez Sweezy, est le prolongement moderne du malthusianisme. C’est la version « de gauche » de l’oubli dans lequel l’économie néoclassique a plongé la valeur.

 Nous nous sommes beaucoup servis du terme « malthusianisme » sans jusque-là vraiment l’expliciter. Ce terme a un double sens. Le lecteur moderne associe généralement Malthus à sa théorie de la population, mais nous utilisons évidemment le terme dans un sens plus large. Pour nous, Malthus est avant tout le théoricien des couches et des classes improductives du capitalisme. Parce qu’il situait la source des crises dans l’insuffisance de la demande, Malthus revendiquait une consommation élargie pour les « curés » de son époque. Keynes s’est ensuite explicitement réclamé de Malthus et les néo-keynésiens qui ont théorisé le « capitalisme de monopole » ont intégré à leur façon cette vision du capitalisme. Les curés du XIXe siècle, les couches bureaucratiques « progressistes » du XXe siècle, sont la base sociale matérielle de la théorie de la consommation improductive.

La pensée malthusienne n’est une théorie de la population qu’en superficie. En réalité, c’est avant tout de théorie de la fixité des ressources qu’il s’agit. Pour Malthus, en effet, il y a fixité tout autant dans la force de travail que dans la nature. Comparer la progression arithmétique de la production agricole à la croissance géométrique de la population, c’est extrapoler en faisant abstraction de toute innovation technologique – c’est ainsi qu’il prévoyait l’ensevelissement de Londres sous le crottin de cheval vers 1890. Ce qui, une fois encore, montre bien que la question de la production reste étrangère à la pensée de Malthus (pour ces mêmes raisons, le Club de Rome et le mouvement écologiste d’aujourd’hui sont les héritiers directs de Malthus). Mais prendre en compte la dimension de la production n’est pas en soi une garantie contre cette idéologie; Ricardo, en effet, se révèle malthusien quand il prévoit la destruction finale du capitalisme par une augmentation en flèche de la rente foncière tirée des gisements de ressources rares. Ce n’est qu’en prenant en compte la reproduction, et donc le rôle de « production pour la production » de la force de travail innovatrice, que l’on évite le piège idéologique consistant, à l’instar de Malthus comme de Ricardo, à postuler l’existence de « ressources naturelles fixes ». Marx se sépare précisément de Ricardo en ceci qu’il établit une différence entre travail et force de travail : les innovations créatrices de la force de travail permettent de dépasser les limites imposées à l’exploitation des ressources, en faisant par exemple passer le pétrole fossile du statut de curiosité à celui de source d’énergie vitale pour toute une phase du développement capitaliste. “ (Loren Goldner) LA CLASSE OUVRIERE AMERICAINE

 “ Au lieu de définir la période 1890-1973 comme celle de l’accumulation de la plus-value relative, les « marxistes » ont repris l’analyse léniniste de la  » décadence impérialiste », dont la révolution russe semblait, en tant que révolution prolétarienne, confirmer la validité : ne prouvait-elle pas en soi que 1914-18 représentait pour le capitalisme un tournant historique et que « la révolution se cache derrière toute grève »? C’était bien un tournant, en effet, mais pas celui théorisé par Lénine et, après lui, par les trotskistes. Il suffit de lire les discours de 1921 où Lénine parle de la « lutte pour le capitalisme d’État », justifiée par l’extrême arriération du capitalisme russe (qu’il qualifie de « capitalisme de petite production »). On est déjà loin de la « révolution permanente » de Trotski. L’idée léniniste de « double révolution » – la classe ouvrière accomplissant les tâches de la révolution bourgeoise – mérite d’être réexaminée, car dans le contexte mondial de l’accumulation de la plus-value relative, c’est précisément ce qui s’est passé. Pendant toute la période 1890-1973, personne ou presque chez les marxistes n’a su prendre la mesure de la fausseté des thèses de Lénine sur l’impérialisme. Il est vrai qu’en 1913, Luxemburg avait déjà bien plus clairement dessiné la trajectoire du capitalisme pour le XXe siècle (cf. L’Accumulation du capital, chapitres 29-32) : elle avait bien vu d’une part que l’impérialisme était l’extension nécessaire de la valorisation d’un capital en partie fictif, d’autre part que la production d’armements et les impôts nécessaires à son financement pouvaient servir de source d’accumulation en réduisant le salaire global au-dessous du minimum. Ceux qui, comme son disciple Sternberg et d’autres encore, ont repris son analyse ont compris clairement que la thèse de l' »aristocratie ouvrière » selon laquelle la classe ouvrière en Occident recevait un salaire supérieur (et non pas inférieur, comme c’était le plus souvent le cas) à celui nécessaire à sa reproduction était une idéologie moralisante en rupture totale avec le marxisme. ”  (Loren Goldner) LA CLASSE OUVRIERE AMERICAINE.

 “  Ce nouveau système mondial – que nous étudierons plus loin – n’avait rien à voir avec l’impérialisme, déjà mal interprété par Lénine pour la période 1890-1914. (II ne s’agit pas, précisons-le, de mettre en discussion le fait que le tiers monde était une source importante de produits bruts : ce sont bien ces secteurs qui ont attiré les investissements des pays capitalistes avancés.)

Le boom de l’après-guerre a pris fin aux Etats-Unis en 1965, tandis que les récessions européennes de 1965-67 annonçaient sa fin imminente en Europe. C’est à ce moment-là que l’investissement a commencé à affluer vers le tiers monde pour l’accumulation de la plus-value relative. A partir de là, la théorie de l’impérialisme de Lénine, qui était déjà complètement démentie par la nature spécifique de l’accumulation de 1945 à 1965, a pu être démentie dans le tiers monde même. Une fois le Brésil, la Corée du Sud où le Mexique engagés sans doute possible sur la voie d’une industrialisation indépendante – indépendance qui a modifié leurs rapports avec « les pays en voie de désindustrialisation » – la théorie du « capitalisme de monopole » et l’analyse de l’impérialisme qui en découle ne pouvaient plus tenir. Cette industrialisation du tiers monde, nous le verrons plus loin, est une rationalisation à l’échelle globale qui, tout comme une rationalisation d’usine, vise à réduire le salaire global. Si l’on considère que les deux puissances impérialistes majeures du XXe siècle, l’Angleterre et les États-Unis, sont, parmi toutes les puissances capitalistes importantes, celles dont le capital fixe est le plus délabré, il devient clair que  » l’exportation du capital  » implique par nature une désindustrialisation de la métropole impérialiste qui, loin de « profiter » à l’aristocratie ouvrière » du pays en question, sape la base matérielle de son autoreproduction.

Dans le monde des « nouveaux pays industrialisés », dans un monde où l’OPEP transfère des sommes considérables de rente foncière vers certains pays du tiers monde, où le « nouvel ordre économique international » est la couverture idéologique de la désindustrialisation des pays capitalistes de l’OCDE, la théorie de l’impérialisme de Lénine ne fait plus référence. ”  (Loren Goldner) LA CLASSE OUVRIERE AMERICAINE

 Lénine et ses disciples anciens et nouveaux ont, par une analyse concrète de l’évolution de l’économie mondiale, considérés que le développement monopoliste, voir le capitalisme d’état était “ l’anti-chambre du socialisme ”1 et que par conséquent “ l’impérialisme capitaliste ” n’en avait plus pour longtemps. Il suffisait que la révolution mondiale après l’échec de la révolution allemande passe par Pékin et Calcutta et sape les bases arrière de l’impérialisme. Se faisant, Lénine venait de poser les jalons du socialisme en un seul pays.

A partir de ce moment l’internationale “ communiste ” de Lénine, Staline, Mao allait privilégié les rapports d’état à état à la révolution mondiale. (les accords de Rapallo, la Chine soutien au Kuomintang , le Pakistan et Nixon à Pékin au moment des bombardements de B52 sur le Vietnam , le massacre indonésien de 500 000 communistes. ..) ”

  • 2b- Marx et Engels : les monopoles, trusts….

 La question qu’il faut se poser, c’est pourquoi ni Marx, ni Engels qui connaissaient le développement des trusts, cartels, monopoles n’ont pas développé une théorie spécifique de la phase finale du capitalisme.

Partant de l’étude de la loi de la valeur ils vont mettre en avant le passage de la domination formelle ( plus value absolue) période ou le capital, prend encore sa source, au sein de l’ancien mode de production qu’il détruit et absorbe ; à la domination réelle. La grande révolution industrielle annonce ce passage à une accumulation rapide, crédit , exportation des capitaux et marchandises colonisation/capitalisation du monde, société anonyme et SARL et expropriation du capital privé, 2 et la “ fabrication de salariés dans les colonies ” .

 Marx explique“ que, dans chaque pays, les grands industriels d’une certaine branche se réunissent pour former des cartels en vue de régulariser la production ” ( Le Capital T III ed. Moscou ,p.462) il précise même qu’il y eu des cartels internationaux ( anglo-Allemand de la production métallurgique). Par exemple l’United Alkali Trust, qui avait réuni toute la production britannique d’ammoniaque entre les mains d’un seule firme “ la concurrence a donc été remplacée en Angleterre par le monopole, ce qui prépare de la façon la plus réjouissante le chemin à l’expropriation future par toute la société, la nation -F.E) ”. “ Mais à l’intérieur du système capitaliste lui -même, ( précise Marx) cette expropriation se présente sous la forme contradictoire en tant qu’appropriation par quelques-uns de la propriété sociale, et le crédit donne toujours davantage à ces quelques uns le caractère de purs chevaliers d’industrie ” (Le Capital T III ed. Moscou ,p 464)

 “ Dans les trusts, la libre concurrence se convertit en monopole, la production sans plan de la société capitaliste capitule devant la production planifiée de la société socialiste qui s’approche. Tout d’abord, certes, pour le plus grand bien des capitalistes. Mais, ici, l’exploitation devient si palpable qu’il faut qu’elle s’effondre. Pas un peuple ne supporterait une production dirigée par des trusts, une exploitation à ce point cynique de l’ensemble par une petite bande d’encaisseurs de coupons ” (Engels socialisme utopique socialisme scientifique p 109 Ed. Sociale)

 Si Marx et Engels n’ont pas développé, une nouvelle théorie du capitalisme opposant l’impérialisme au droit des nations, si bien utilisé par Wilson. Ils vont , surtout Engels laissé supposer que le monopole est le stade suprême du capitalisme de libre concurrence et que le socialisme frappe à la porte.

Aujourd’hui nous sommes bien placés, pour dire que le capitalisme n’a pas laissé la libre concurrence et la bourse se faire dominée par le socialisme d’Etat.

 Tout comme l’avait anticipé Mattick le keynésianisme à une fin. Nous n’avons aucun mérite à constater cela, car nous sommes dans la position qu’indiquait Marx “ c’est l’anatomie de l’homme qui permet de comprendre l’anatomie du singe ”. La question qui se pose, c’est toujours la même la difficulté que nous avons à nous situer dans l’arc historique qui va de l’émergence du capitalisme à sa disparition.

 Le retournement monétariste des années 80, dés lors qu’il procède à une attaque sans pareil des droits sociaux à l’échelle de la planète, ruine l’idéal démocratique et tout le saint trusquin des droits de l’homme et de la démocratie. L’idéologie des lumières n’a plus de batterie. 

  • 2c-Circulation monétaire et circulation des marchandises

Si Marx constate que “ sur le marché intérieur, la concurrence cède le pas aux cartels et aux monopoles,… ” (page 515) il ne cherche pas comme le fera Lénine à en faire un stade particulier “ impérialiste ” du capitalisme. Lénine fait une différence entre, la libre concurrence et le monopole, pour affirmer que :

 “ la libre concurrence, c’est l’exportation des marchandises, le monopole c’est l’exportation des capitaux, ” cette oppositions n’a pas de sens , puisque nous savons que les capitaux ne sont que le reflet de la circulation des marchandises, et Nicolas Boukharine en est parfaitement conscient “ De la même façon que se forme dans la sphère de la circulation marchande, le marché mondial des marchandises ; se forme le marché mondial du capital-argent, qui trouve son expression dans l’égalisation internationale , du taux d’intérêt et du taux d’escompte. ” page 16 L’éco mondiale et l’impérialisme. Sur ce point Boukharine comprenait mieux Marx que Lénine.

 “ La circulation monétaire, pour ce qui est de son volume, de ses formes et de ses mouvements n’est que le simple résultat de la circulation des marchandises ” (K. Marx le Capital T 1 Chap III édt Moscou.)

 Lénine de même que R.Luxemburg ( pour des raisons différentes), pense que le capitalisme est au bout du rouleau, et cela va avoir pour conséquence une vision linéaire de l’évolution du capitalisme alors que celle-ci est pragmatique et chaotique: Libre concurrence, trusts, trusts internationaux, cartels, monopoles, et ensuite capitalisme monopoliste d’Etat, puis communisme. Engels a aussi cette vision, mais avec des réserves.3 ”

 2e-La bourse disparaît à jamais .

 Pour Lénine donc la Bourse : « En d’autres termes, l’ancien capitalisme, le capitalisme de la libre concurrence, avec ce régulateur absolument indispensable qu’était pour lui la Bourse, disparaît à jamais. Un nouveau capitalisme lui succède, qui comporte des éléments manifestes de transition, une sorte de mélange entre libre concurrence et monopole.  » (L’IMPERIALISME STADE SUPREME DU CAPITALISME p 43)

 Lénine pense, que les banques ont définitivement remplacées la Bourse, (aujourd’hui elles se sentent menacées par elle). Mais on remarque qu’il reste tout de même prudent, il parle de transition, de mélange entre libre concurrence et monopole. Ceci va le conduire à reprendre à son compte une ineptie de Dûhring , combattue par Engels, le monopole exige un surprofit (Boukharine , Lénine) , un profit maximum (Staline).

 3-Surprofit, prix de monopole et commerce extérieur

 Boukharine dans son Livre l’économie mondiale et l’impérialisme p.77/78 cite K. Marx, pour nous dire ,“ Marx a fort bien élucidé la nature économique de ce surprofit ”.Que dit Marx :

 “ Le commerce international, rapporte un profit dont le taux est plus élevé parce qu’il offre des marchandises à des pays moins avancés au point de vue des procédés de fabrication et qu’il peut, tout en leur cédant à un prix inférieur au leur, les vendre au-dessus de leur valeur. Le travail des pays avancés compte dans ce cas comme travail d’un poids spécifique plus élevé et est porté en compte comme travail de qualité supérieure, bien qu’il ne soit pas payé comme tel ; d’où nécessairement une hausse du taux du profit. Ce qui n’empêche pas que le produit soit fourni au pays dans lequel on l’exporte à un prix moins élevé que celui auquel ce dernier pourrait le produire, la quantité de travail qui y est incorporé par le pays exportateur étant beaucoup moindre que celle que le pays moins avancé devrait y consacrer. ” (K.Marx : Le Capital,t.IV, p.258-255, trad. Julian Borchardt et hippolyte Vanderrydt.)

 Ce que vient de mettre en exergue K. Marx, c’est que la pénétration du Capital le plus modernisé, du fait qu’il réduit le temps de travail nécessaire à la production de marchandise, peut pendant un certain temps obtenir une plus value extra. Comme le capital passé à la domination réelle ( plus value relative ) à l’avantage sur les structures encore précapitaliste, ce Capital va détruire toute communauté productive qui lui résiste aussi bien sur les marché extérieurs qu’intérieur.

De la à tirer des conclusions sur la division du monde en riche et pauvre en nord et sud, N. Boukharine en fut l’initiateur. Il va mettre volontairement en exergue la “ formation du surprofit dans l’échange entre pays à structures économiques différentes. ” p.76 afin de parvenir à la formation d’un front anti-impérialiste devant couper les arrière économiques des grandes puissances “ leurs surprofits ” par des guerres de libération nationales. Seulement le surprofit provient de l’exploitation productiviste de la classe ouvrière des grands pays industrialisés. La conquête coloniale se limitant à l’approvisionnement de matières premières.

Dans la citation ci-dessus, vous remarquerez, que pour Marx, le surprofit ne provient pas du pillage… mais du fait du “  degrés d’exploitation du pays industrialisé compte comme travail de qualité supérieure, bien qu’il ne soit pas payé comme tel ; d’où nécessairement une hausse du taux du profit. ” il y a ici une négation de la théorie de l’aristocratie ouvrière. 4

 La il s’agit de l’échange de marchandise d’un pays industrialisé vers un pays à composition organique du capital plus faible ( en généralisant le tiers monde). Quand est il de l’exploitation du travail ?

La théorie de l’impérialisme, laisse supposer que d’important surprofits ou profits maximum sont extraits des pays du tiers monde ou de la périphérie. La encore toute appréciation non dialectique qui ne se réfère pas à la loi de la valeur conduit à des analyses unilatérales sur la question.

 “  L’analyse de “ l’impérialisme ” sert fréquemment à obscurcir le problème ( celui de la hausse des salaires après la seconde guerre mondiale) Rappelons qu’avant 1914 déjà on investissait moins dans les pays arriérés qu’en Europe occidentale, aux U.S.A., en Amérique Latine. Il s’agissait alors surtout de matières premières. Après 1929, on réorienta les investissements vers les métropoles, mettant un terme à l’exportation de capital jusque vers 1950. C’est en se développant eux mêmes que les pays avancés ont surmonté la crise et relativement “ intégré ” les ouvriers. On ne peut nier les avantages retirés des pays dominés par la population des pays avancés, ouvriers inclus. Mais ce fait n’annule pas la réalité des flux de capitaux, qui vont de préférence vers les pays développés. L’exploitation impérialiste n’est pas le facteur essentiel du dynamisme capitaliste. La racine en est interne à la zone des pays dominants. ” (Les géants des sectes p 42 Le Manach)

 Le texte ci-dessus, se rend compte que la théorie de l’Impérialisme obscurci la question du progrès du pouvoir d’achat des salariés des pays industrialisés durant la période des trente glorieuses. Ce faisant “ la théorie de l’impérialisme et de l’aristocratie ouvrière ” masque le rapport social suivant : le taux d’exploitation du fait du taylorisme et du fordisme permet de dégager un surtravail . Les marchandises exportées contiennent de moins en moins de travail nécessaire et pénètrent en force les pays à faible composition organique. C’est l’une des principales caractéristiques de la domination réelle du capital..

 “ une soudaine augmentation générales des forces productives dévalorise relativement toutes les valeurs existantes, qui ont été produites à un stade inférieur des forces productives du travail, et détruit du capital ainsi que la force de travail existante. La crise provoque en outre une diminution réelle de la production et du travail vivant, et ce, afin de rétablir le rapport approprié entre le travail nécessaire et le surtravail, base de toute la production capitaliste en fin de compte. ” ( Grundrisse 2 Chap. du Capital p. 265 ed. 10 18 )

 Il en résulte, un mouvement de révolution permanente des forces productives au niveau international, qui peut mettre à genoux un pays entier ( le cas de la Corée du Sud) .

 En fait tout le développement économique de Boukharine, va complètement occulter la loi de la valeur qui détermine les prix et profit. Pour placer les contradiction au niveau de l’échange et de son prix de monopole qu’Engels avait réfuté dans son Anti-Durïng.

 “ La valeur pratiquement en valeur d’une chose se compose donc, selon M. Dûhring, de deux parties : d’abord du travail qu’elle contient et ensuite, du tribut supplémentaire extorqué “ l’épée à la main ” . En d’autres termes, la valeur qui a un cours aujourd’hui est un prix de monopole. Or si, d’après cette théorie de la valeur, toutes les marchandises ont un tel prix de monopole, deux cas seulement sont possibles. Ou bien, chacun reperd comme acheteur ce qu’il a gagné comme vendeur ; les prix ont certes changé nominalement, mais en réalité – dans leur rapport réciproque,- ils sont restés égaux ; tout reste en l’état, et la fameuse valeur de répartition n’est qu’une illusion.- Ou bien les prétendus tributs supplémentaires représentent une somme réelle de valeur, à savoir celle qui est produite par la classe laborieuse productrice de valeur, mais appropriée par la classe des monopolistes ; et alors cette somme de valeur se compose simplement de travail non payé ; dans ce cas, malgré l’homme l’épée à la main ( l’impérialisme NDLR), malgré les prétendus tributs supplémentaires et la prétendue valeur de répartition,, nous voici revenus… à la théorie marxiste de la plus value. ” L’Anti-Dûhring, Théorie de la valeur , page 217, E.S. “ En monopolisant le commerce des Indes orientales, les Hollandais ont ruiné leur monopole et leur commerce ” p 218 ed. Sociale

Ensuite avec sa théorie du monopolisme et celle des profits élevés ( Staline dira après Boukharine5, profit maximum), il va justifier sa théorie de l’aristocratie ouvrière, et tous les fronts anti-monopolistes, pour terminer sur une simplification très à la mode aujourd’hui , celle entre Etats rentier et Etats débiteurs la guerre économique entre le Nord et le Sud. Il faut le dire et le redire, le seul monopole qui nous intéresse c’est celui du capital sur le travail , le monopole de l’exploitation, plus féroce certes dans les pays du tiers monde6 si l’on fait exception de l’immigration clandestine et autres sans logis et travail au nord. Boukharine pour son compte ira jusqu’à faire une extrapolation en opposant au niveau international , la ville et la campagne.

 “ La distinction entre la “ ville ” et la “ campagne’ et le mouvement alternatif qui s’effectuait autrefois dans le cadre d’un seul pays, se reproduisent maintenant sur un plan considérablement élargi ” (l’économie mondiale et l’impérialisme édt . anthropos page . 11)

 Pour Boukharine, les pays industriels représentent la ville et les régions agricoles la campagne, cette simplification sera reprise en grand par le “ marxiste paysan ” Mao Tsé Toung.

 

4- Les États nationaux et la colonisation

 

Sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et l’autodétermination.

Déjà au moment où Lénine posait sa revendication bourgeoise démocratique du “ droit des peuples à disposer d’eux- mêmes ” , le cycle des révolutions bourgeoises était clos et la 1ére guerre mondiale entre grandes puissances en était la preuve. Il ne pouvait plus y avoir que des partages et repartages du monde. La question de la Pologne de l’époque 1848/1900 allait faire dire à Mehring :

 “ Le temps est passé où la révolution bourgeoise pouvait créer une Pologne libre; à l’heure actuelle, la renaissance de la Pologne n’est possible que par la révolution sociale, lorsque le prolétariat contemporain aura brisé ses chaînes . ” (T.6,des oeuvres de Lénine, p. 481 ed. Moscou). Lénine va approuver ce texte avec certaines réserves révélatrices pour le futur.

 Si la question nationale était morte dans les faits, ni la classe capitaliste, ni le prolétariat n’y ayant intérêt, la question nationale et le nationalisme se transformèrent en idéologie pour séduire la petite bourgeoisie et la paysannerie et surtout comme moyen réactionnaire pour écraser les révoltes de la misère. La grande vague des luttes de libération nationale n’a été qu’un étouffoir et une pure illusion pour les soit disant -peuples à libérer.7 L’accumulation capitaliste de par sa nature est contrainte à l ‘expansion, au marche ou crève son terrain d’ action est le monde. Dés lors la question nationale n’ est plus qu’ une idéologie qui n’ a pas plus de valeur que les religions et les communautarismes. Il ne fait cependant pas négliger l’ influence que cette idéologie peut avoir en période de crise, retour au protectionnisme campagnes sécuritaires des états, préparatifs anti-insurrectionnel, dictature ouverte.

Rosa Luxemburg à l’époque était parfaitement consciente, de l’évolution du capitalisme mondial et du stade auquel l’accumulation donne définitivement l’avantage aux grandes puissances. Pour elle “ l’impérialisme ” contrairement à Lénine met fin au cycle du “ capitalisme ascendant ” et ouvre la voie à la révolution mondiale.8

 “ La politique impérialisme n’est pas l’œuvre d’un Etat quelconque ou de quelques Etats ; elle est le produit du développement universel du capital, à degré déterminé de maturité ; un phénomène international dans son essence, un tout indivisible, qui n’est reconnaissable que sous tous ses rapports changeants et auquel pas un Etat n’a la faculté de se soustraire ” ((La crise de la démocratie socialiste p 123 Sté d’édition Nouveau Prométhée Paris 1934).

Toni Negri n’a rien inventé, l’Empire n’est rien d’autre que le développement universel du capital.

 Le “ droit à la libre disposition ” aura pour conséquence d’affaiblir la révolution mondiale , le 1er congrès de l’Internationale est conscient du danger que signalait Rosa Luxembourg et que la pratique révolutionnaire prouvera :

 “ L’explosion actuelle de nationalisme, généralisée au monde entier, renferme un fouillis hétéroclite d’intérêts et de tendances spécifiques. Mais un axe passe à travers tous ces intérêts spécifiques et les orientes, un intérêt général créé par les particularités de la situation historique: l’offensive contre la menace d’une révolution mondiale du prolétariat. ” (Fragment sur la guerre, la question nationale et la révolution, Rosa Luxemburg)

 “ Les vainqueurs ont arraché à la Russie sans défense, des contributions et des annexions, ils ont utilisé le droit de libre disposition des peuples comme prétexte d’une politique d’annexions, en créant des Etats vassaux, dont les gouvernements réactionnaires favorisèrent la politique de rapine et réprimèrent le mouvement révolutionnaire des masses laborieuses ” Thèses sur la situation internationale et la politique de l’entente 1ére Internationale Communiste page 22 édition MASPERO

  Au lieu de resserrer davantage les liens du prolétariat mondial, de comprendre que la révolution amorçait une période de reflux, les bolcheviks élargiront le front uni mondial. L’ impérialisme, deviendra un super-capitalisme, que les prolétaires peuples et nation opprimés doivent combattre. Le monde n’était déjà plus divisé en classes, mais en termes hors classes “ les grandes puissances ”  d’une part et  “ les opprimés de l’autre ”, les riches et les pauvres ( le nord et le sud aujourd’hui) dont le représentant le plus idyllique fut le guévarisme avec ses “ allumons un deux trois Vietnam ”. Plus les contradictions du capitalisme s’accentuaient, plus nous avions de nouveaux fronts, les non -alignés, puis la version chinoise du front uni mondial contre les deux superpuissances (USA/URSS) et depuis un certain temps une espèce de front contre les USA.

 Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est justement un éclatement des états sous la pression du Capital qui se Continentalise. Celui-ci va chercher dans l’histoire les moyens de diviser et remembrer le monde en fonction de ses impératifs économiques et politiques.

  Aujourd’hui le Kosovo, demain le Québec, la Belgique entre Wallons et Flamands , l’Inde et le problème du Cachemire, L’Indonésie et le Timor ,en Amérique du Nord, entre la Colombie britannique, l’Alberta et L’état de Washington., le Turkestan oriental fait déjà appel à l’OTAN pour se scinder de la Chine (depuis la découverte de gisements de pétrole). Ces regroupements (Europe des 25) et ces éclatements prouvent justement que la question nationale n’a plus de sens, même pour la bourgeoisie, seuls des arriérés peuvent encore soutenir le “ droit à l’autodétermination ”.

 Lénine sépare les nations et le capitalisme.

  Cette séparation n’ est pas neutre, elle présage de la politique d’ état à état qui sera instaurée en Russie sur la base du socialisme en un seul pays.

 “ De libérateur des nations, le capitalisme impérialiste est devenu oppresseur des nations ” (le socialisme et la guerre Tome 21 ,p 312) D’un côté existent les nations, de l’autre le capitalisme.

 Au 19 éme siècle , le capitalisme ne libérait pas les nations en général, il libérait la bourgeoisie. La nation est une catégorie politique transitoire du capitalisme. En 1914/18 et après, les luttes de libérations nationales ont toujours le même objectif, le repartage du monde en faveur du capital le plus puissant. Lénine rattache la démocratie bourgeoise ( liberté des nations) à la révolution socialiste par le moyen de la lutte contre les grandes puissances.

  A la thèse de Parabellum (Radek) : “ Toutes les questions nationales se posent dans le cadre de l’impérialisme ”, Lénine répond : “ L’oppression nationale s’élargit et s’aggrave sur une nouvelle base historique ” ( Le prolétariat et le droit des nations, Tome 21, p 423).

  Alors que Parabellum comme Kievski, partent du fait que nous sommes à l’époque de la révolution sociale et que les prétendus “ intérêts nationaux ” unissent les prolétaires à leur bourgeoisie, les isolent des ouvriers des autres pays et divisent le prolétariat mondial, Lénine prend l’impérialisme comme “ base historique ” mais le fait principal qu’il met en avant est l’oppression des nations en général., alors que pour nous “ l’impérialisme au sens ou il est l’achèvement de la domination réelle” globalise le monde et met à l’ordre du jour la révolution sociale mondiale.

  5-Sur les deux phases historiques du mode de production capitaliste

  Comme, les lecteurs de ce texte ont pu le constater, nous considérons que l’émergence de la domination réelle du capital à été complètement émasculée par la théorie social démocrate de l’impérialisme. La théorie de l’impérialisme visait principalement l’émancipation bourgeoise “ des peuples coloniaux ” sur la base d’une crise finale des pays du centre. Le passage à la domination réelle du capital, n’est aucunement sa fin, mais l’explosion de sa pleine jeunesse, qui révolutionne sans cesse les forces productives et qui suffisamment fort commence à se libérer du cadre national dans une confrontation concurrentielle qui aboutira aux deux conflits mondiaux et bien d’autres ensuite. En ce qui nous concerne, il nous faudra entreprendre une critique sous multiples aspects de la théorie de l’impérialisme et de “ l’empire ” sur la base du passage de la domination formelle à la réelle.

  Il ne suffira pas de dire “ L’impérialisme c’est finalement la phase de domination réelle ” pour se tirer d’affaire et ainsi s’éviter, une rupture indispensable avec les courants anti-impérialiste. Comme ce travail de vérification de la théorie est particulièrement important, surtout si l’on part des faits et non de présupposition théorique, il nécessitera un travail collectif, dont il est possible de jeter les bases.

  Conclusions

  Par ce texte, nous avons essayé de montrer, que la théorie de l’Impérialisme est non seulement étrangère à la théorie marxiste, mais représente une variante du nationalisme international. La tendance à la mondialisation, n’est que le développement normal du capitalisme qui dès qu’il se sent fort se débarrasse de la tutelle de l’Etat, à la question “ La transition de la domination formelle à la domination réelle du capital a-t-elle coupé le lien historique entre l’état-nation et le capitalisme ? ( MacIntosh), nous répondons que la nature même du capital le porte a s’émanciper de l’état national, à rejeter ses béquilles pour trouver un marché plus grand pour l’écoulement de ses marchandises, c’est en quelque sorte l’ABC de la théorie marxiste. ABC que nous vivons aujourd’hui avec l’état supranational européen. Cependant comme le capitalisme se débat entre la libre concurrence et l’économie dirigée, il reste d’une grande instabilité quant a son organisation économique. Il peut comme en Grande Bretagne sous Mme Tatcher passer au libéralisme pur et dur et se retourner ensuite vers l’état quand il se sent trop faible. Adam, dans son texte “ Le capitalisme comme système mondial ” prétend :

 “ qu’il n’existe pas et qu’il n’a jamais existé d’ ”économie nationale ” dire qu’avec la “ mondialisation ” il n’existe plus d’économie nationale, nous pouvons en discuter. Dire qu’elle n’a jamais existé, c’est une pure chimère. D’ailleurs Adam, nous explique dans son texte que les “ États utilisent leur force coercitive pour s’ingérer dans le fonctionnement du marché mondial en vue de favoriser la recherche de profits par les entreprises qui se trouvent au sein de leurs frontières ” il y a chez Adam une légère contradiction dans son raisonnement.

  Par ce texte nous, avons essayé d’attirer l’attention de tous sur la difficulté des révolutionnaires à se situer sur l’arc historique de l’évolution du capitalisme. La période dite impérialiste comme stade suprême du capitalisme et de sa crise finale, s’est révélée malgré deux guerres mondiales et bien d’autres que le dur enfantement d’un mode de production à un autre : La domination réelle du capital.

 Il en résulte donc, que les théories de l’effondrement… et les décadentistes ont pris le passage à la domination réelle pour la réelle fin du capitalisme. Par ce texte, il nous fallait remettre en place, les notions de surprofits et profit – extra telle que la théorie marxiste les conçoit, pour les opposer aux théories anti-impérialiste sur les profits monopolistes, et la constitution d’une aristocratie ouvrière. Par ce texte, nous réaffirmons notre opposition à toute forme de soutien au nationalisme et aux droits démocratiques bourgeois à l’autodétermination.

Pour : Échanges.   Par Gérard Bad

  NOTES 1

 1 Ceci était déjà évident à l’époque de Lénine avec l’Ukraine et la Rada

2 Voir le livre de Claude Bitot “ le communisme n’a pas encore commencé ” qui à le grand mérite de mettre en exergue cette faiblesse du mouvement révolutionnaire qui a chaque coup de boutoir du prolétariat pense en avoir terminé du capitalisme.

 3Cette thèse est critiqué par une grande partie des « gauches communistes »

 4 La politique coloniale et l’impérialisme existaient déjà avant la phase contemporaine du capitalisme, et même avant le capitalisme. Rome, fondée sur l’esclavage, faisait une politique coloniale et pratiquait l’impérialisme.. Mais les raisonnements “ d’ordre général ” sur l’impérialisme, qui négligent ou relèguent à l’arrière plan la différence essentielle des formations économiques et sociales, dégénèrent infailliblement en banalités creuses ou en rodomontades, comme la comparaison entre “ la Grande Rome et la Grande-Bretagne ”. L’impérialisme p.96

5 Il est curieux qu’il ne se soit pas inspiré de esquisse économique de Boukharine “ l’économie mondiale et l’impérialisme ” Lénine n’avait pas seulement lu, mais préfacé le livre de Boukharine, écrit en 1915. “ La valeur scientifique de l’ouvrage de Boukharine, dit Lénine , est particulière en ceci qu’il examine les faits essentiels de l’économie mondiale concernant l’impérialisme vu comme un ensemble, comme un stade déterminé du capitalisme le plus hautement évolué ”

Notes 2

 1 Il ira même jusqu’à considérer que le capitalisme d’état sous le communisme est une question toute à fait nouvelle.

2La loi française de 1925 a précisé le fonctionnement des “ sociétés à responsabilité limitée ” (SARL) (9 p 22)

3 “ dans chaque pays, les grands industriels d’une certaine branche se réunissent pour former des cartels en vue de régulariser la production ” “ il y a même eu par moments des cartels internationaux ” “  la concurrence a donc “ dans chaque pays, les grands industriels d’une certaine branche se réunissent pour former des cartels en vue de

régulariser la production ” “ il y a même eu par moments des cartels internationaux ” “  la concurrence a donc été remplacée en Angleterre par le monopole, ce qui prépare de la façon la plus réjouissante le chemin à l’expropriation future par toute la société, la nation. F.E ” Capital T 3 p 462

4 “ C’est en moyenne le travail bien payé qui produit les marchandises bon marché et le travail mal payé qui produit les marchandises chères ” (Salaire prix et profit K. Marx, ed. Pékin, p. 26)

5 Cette notion apparaît à la page 67 du livre de Boukharine, “ l’économie mondiale et l’impérialisme édt . anthropos, Paris. Elle était pourtant amplement réfutée par Engels dans l’anti-Durïng.

6 “ C’est après la seconde guerre mondiale que sont apparus les termes de Tiers Monde et de développement. Tiers Monde pour désigner les trois continents par rapport à la vieille Europe et à l’Amérique du Nord d’un côté et à l’U.R.S.S. de l’autre; développement étant une traduction nouvelle du progrés. ” (l’économie Monde par I.Wallerstein 10/18 p.97).

7 Sur la notion de peuple :

8 Rosa avait effectivement raison à l’époque sur tous les autres, en ce qu’elle comprenait que le processus rapide d’accumulation capitaliste et concurrentiel mènerait à la guerre, parce que justement comme elle le dit “ Pas un État n’a la faculté de se soustraire ”. Rosa contrairement à Lénine comprenait que le monde était clos, qu’il n’y avait plus de place pour de nouveau concurrents sur la scène internationale et qu’il était illusoire de penser que les pays arriérés puissent obtenir une indépendance réelle. Le Wislsonnisne procédait de la même tactique que Lénine ou vice versa pour affaiblir ses ennemis et espérer prendre la place des capitalistes dominants de l’époque. Les Etats-Unis et l’URSS réussiront finalement à dominer le monde par la politique des blocs.

 

2 pensées sur “L’impérialisme et la domination réelle du capital

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