L’impérialisme, stade suprême du capitalisme – 100 ans

Source : Le Grand Soir.  23.09.2016.  Par Vila   URL :  http://www.legrandsoir.info/l-imperialisme-stade-supreme-du-capitalisme.html

 

Cette année est particulière car c’est l’année du centenaire du livre de Lénine Impérialisme stade suprême du capitalisme. Malgré ce siècle qui nous sépare, son raisonnement est toujours d’une actualité brûlante et permet de nous éclairer sur les problèmes contemporains. Lénine développe avec précision la “logique” du régime capitaliste, qui parvenu à son stade impérialiste, exacerbe les contradictions de classes, la concurrence entre capitaux et du coup la rivalité entre puissances mondiales pour l’hégémonie mondiale.

 

Lénine établit que le déploiement de la libre concurrence implique un développement intense de l’industrie, entraînant la concentration de la production et la formation de grands groupes monopolistes. Ces derniers s’entendent sur les conditions de vente, ils se répartissent les débouchés, ils déterminent la quantité des produits à fabriquer. Ils fixent les prix. Ils gèrent et contrôlent l’ensemble de la vie économique, ce qui conduit à la transformation de la concurrence en monopole. Hier comme aujourd’hui, ce sont eux le vrais détenteur du pouvoir. D’ailleurs aujourd’hui, les 1% les plus fortunés concentrent 46% du patrimoine mondial.

 

Lénine montre aussi que l’interpénétration du capital bancaire et du capital industriel marque la naissance du capital financier avec son inévitable domination. En effet, le développement des monopoles ne pouvait s’effectuer sans le rôle des banques qui transforme le capital passif (l’argent) en capital actif (qui génère des profits). De par leur développement et le processus de concentration, les banques deviennent de grands monopoles. Les petites banques disparaissent ou sont absorbées par les grandes. Les entreprises sont ainsi sous le contrôle des grands groupes bancaires avec lesquels elles travaillent.

 

Le capitalisme classique se caractérise par l’exportation de marchandises, mais arrivé à son stade impérialiste, c’est l’exportation de capitaux qui prédomine. Les pays développés peuvent exporter des capitaux en grandes quantités, car ils en détiennent d’importants excédents, qu’ils ont beaucoup de peine à investir dans leur économie saturé en biens. C’est alors que l’exportation des capitaux devient ainsi un moyen d’encourager l’importation des marchandises à bas coup. Ceci permet de maintenir un taux de profit raisonnable (du moins temporairement) aux capitalistes. La Chine illustre à merveille ceci depuis 20 ans.

 

Lénine constate que le partage du monde entre les puissances exportatrices de capitaux implique un partage effectif des différentes zones du globe. En fonction de cette logique, les groupes peuvent parvenir à se mettre d’accord pour occuper le monde de façon à ce que chacun puisse en tirer le maximum. Mais comme le monde était entièrement partagé depuis le début du XXe siècle, la lutte pour les marchés et le contrôle des différentes zones du monde, a abouti au conflit de 14-18. Mais si le conflit fut désastreux pour la population, il fut au contraire une véritable bouée de sauvetage pour les capitalistes en sursis. En effet pour le grand capital, la guerre n’a que de grandes vertus. La principale est de supprimer une partie non négligeable des classes laborieuses qui pourraient être tenté par renverser le capitalisme. Il y a aussi, la perspective du champ de ruine encore fumant qui permettra aux capitaux surabondants de trouver enfin un débouché solvable lors de la reconstruction (cf les trente glorieuses, après 1945). Mais la crise économique du début du XXème siècle était telle qu’une seule guerre mondiale n’allait pas suffire. Lénine avait bien compris qu’une seconde guerre mondiale était inévitable. Il n’était plus de ce monde mais son anticipation allait se vérifier 15 ans plus tard dans la dramatique période de repartage de la deuxième guerre mondiale.

 

Aujourd’hui de nouveaux prétendants à un repartage se manifestent sur la scène mondiale ce qui laisse présager d’un triste futur. Partout les grands groupes impérialistes sont obligés de défendre leurs propres marchés, mais aussi se battre pour en gagner contre leurs concurrents et pour espérer maintenir leurs profits. Le combat est devenu permanent (Irak, Ukraine, Syrie, Libye, Afrique), ce qui ne correspond qu’aux combats annonciateurs de la prochaine guerre mondiale. De la même façon que la crise marocaine ou la guerre balkanique était annonciateur de la boucherie de 1914.

5 pensées sur “L’impérialisme, stade suprême du capitalisme – 100 ans

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    3 octobre 2016 à 8 08 35 103510
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    @ tous
    Nous allons démontrer trois erreurs de LÉNINE dans son oeuvre magistrale L’IMPÉRIALISME STADE SUPRÊME

    1) Ainsi VILA – ci-haut écrit ceci pour résumer une des thèses Léninistes : « Ils gèrent et contrôlent l’ensemble de la vie économique, ce qui conduit à la transformation de la concurrence en monopole. Hier comme aujourd’hui, ce sont eux le vrais détenteur du pouvoir. D’ailleurs aujourd’hui, les 1% les plus fortunés concentrent 46% du patrimoine mondial. »

    Ce qu’il faut comprendre c’est que sous l’impérialisme : A) Il n’y a pas transformation de la concurrence en MONOPOLE ce qui impliquerait le partage du monde entre monopoles – la fin de la concurrence et la bonne entente entre trusts capitalistes internationaux. Nous voyons partout autour de nous que la concurrence est plutôt exacerbé par le processus même de monopolisation croissante – où les belligérants – qui sont des entreprises privées qui agissent VIA leurs états respectifs. B) Les 1% de fortunés forment une classe sociale et c’est cela qui importe – qui les solidarise – le fait qu’ils détiennent 46% d’une partie du patrimoine mondial (cela dépend de ce que l’on inclut et de la façon de mesurer ce patrimoine) n’est qu’une conséquence sans grande importance en terme historique

    2) Deuxième erreur de Lénine comme le rapporte VILA. l’apologiste écrit :  » Les entreprises sont ainsi sous le contrôle des grands groupes bancaires avec lesquels elles travaillent. » C’est ne rien comprendre au fonctionnement du capitalisme dit « financier » que de scinder ainsi le capital des ENTREPRISES (sous entendu industrielles et commerciales) et les entreprises bancaires – assurances – fonds de pension…etc. LA PHASE IMPÉRIALISTE du mode de production capitaliste est caractérisée par la fusion – l’imbrication des différentes formes du capital. En effet, dans son cycle de reproduction élargie le capital épouse différente apparences tantôt – argent – il devient bientôt moyens de production – salaires – machines – robots – énergie; puis, le capital devient marchandises ou services pour se retransformer ensuite en argent. Afin de rendre plus fluide ces différentes métamorphoses du CAPITAL la classe capitaliste a spécialisé les tâches et les titres. Ainsi l’un est banquier (vous devinez de quelles tâches du cycle de reproduction élargie il se préoccupe), l’autre est un grand commerçant – Wall Mart, Costco – alors que le troisième est industriel – Rio Tinto et vous imaginez quel est son rôle dans la circulation du capital.

    Ce qu’il faut bien comprendre c’est que tous ces PDG (banquier, commercial, communication, industriel) siègent – se cooptent sur les divers conseils d’administration. Autrement dit la fusion du capital est aussi fusion des fonctions, des personnes, des intérêts. La concurrence concerne les grands groupes entre eux Exemple Bayer qui avale Monsanto qui devient un rival d’autant plus dangereux pour le cartel chimique Suisse.

    3) Vila paraphrasant LÉNINE écrit ceci :  » Mais comme le monde était entièrement partagé depuis le début du XXe siècle, la lutte pour les marchés et le contrôle des différentes zones du monde, a abouti au conflit de 14-18. » Comment les soi-disant marxistes-léninistes et les communistes présents et passés ont-ils pu laisser passer une fausseté semblable ? NON, en 1914-1918, le monde n’était absolument pas entièrement partagé entre les différents trusts et cartels industriels – commerciaux – de communication – transport – bancaires et financiers, beaucoup s’en faut. Par contre, des secteurs de ressources et de main-d’oeuvre salarié à exploiter, et des zones de marchés étaient effectivement convoités par différents conglomérats internationaux ayant leur siège social qui aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suisse, en France, en Italie en Grande-Bretagne, Belge, hollandais, et en Russie (pour quelques uns – peut-être – je n’en suis pas certain)

    Ce n’est pas l’occupation formelle avec gouverneur désigné par la puissance coloniale qui fait foi de l’exploitation et de l’appartenance à une zone d’influence mais l’emprise économique réelle sur le territoire. Exemple, le roi de Belgique était propriétaire du Congo mais ce sont des trusts internationaux apatrides qui achetait le caoutchouc pour l’usiner et en faire des pneus. Le Congo faisait partie et de leur zone d’influence et de leur patrimoine ce qui a déterminé que la Belgique s’est rangé du côté des alliés. Même chose pour la Hollande et sa colonie indonésienne.

    La suite – la semaine prochaine
    Robert Bibeau. Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    8 octobre 2016 à 14 02 35 103510
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    Afin de « démonter » l’œuvre de Lénine, Bibeau nous dit:

    « Sous l’impérialisme capitaliste, ce n’est pas le rattachement formel avec nomination d’un résident général, d’un gouverneur ou d’un vice-roi qui fait foi de l’appartenance à une zone d’influence, mais l’emprise économique réelle que détient le capital international sur le territoire et ses ressources, sur sa main-d’œuvre et sur le capital national en somme.  »

    De quoi s’agit-il ici, sinon de la domination du capital exporté par les métropoles impérialistes?

    Évidemment, le but est l’élargissement de ce capital, et il se fait notamment par l' »exportation » de marchandises partir des pays semi-colonisés, vers les pays où la revente est plus profitable, et au profit de ce capital réellement exporté !

    Mais ces marchandises sont fabriquées essentiellement pour le compte des « investisseurs » venus des métropoles impérialistes, et en tant qu' »exportations de marchandises » elle sont encore un aspect de cette domination impérialiste.

    Lénine n’a pas dit autre chose.

    Le cas de la Chine, à partir du pacte Mao-Nixon, en 1972, est l’illustration de ce cycle, exactement tel que décrit par Lénine, et précisément à propos…de la Chine!

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/

    Ce qui ne signifie pas qu’une puissance impérialiste ne puisse se former ou survivre à partir de l’exportation de marchandises originaires de sa propre métropole, mais ce n’est pas le signe d’une puissance supérieure, par rapport au processus néo-colonial d’exportation de capitaux.

    L’histoire comparée des USA et de l’Allemagne illustre assez bien cette différence.

    Sur ce thème essentiel de la « scission dans l’évolution du mode de production capitaliste  » Bibeau se contredit donc tout à fait.

    D’une manière générale, au lieu de s’attaquer au texte de Lénine lui-même, il s’attaque au résumé de Vila, qui vaut ce que valent les résumés de ce genre, avec leurs qualités et leurs défauts.

    Luniterre

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