Lobbying

ROMAIN-LOBBYING

ROM HUN :

Prenant toute son ampleur à partir de 1869, le lobby est une structure organisée pour représenter et défendre les intérêts d’un groupe donné.

Le lobbying consiste à influencer directement ou indirectement l’élaboration, l’application ou l’interprétation de mesures législatives.

L’origine du mot anglais lobby signifie littéralement « vestibule » ou « couloir » et désignait au XIXème siècle les couloirs du Parlement et de la Chambre des Communes. Le lien entre groupes d’influence et politique est donc tissé.

I Ces groupes d’intérêts interviennent aujourd’hui au sein d’organes de pouvoirs liés à différents secteurs : la presse, la recherche, les pouvoirs publics et étaient au nombre de 5 000 au Parlement Européen en 2007.

C’est au Etats-Unis qu’est né les premiers lobbyi.

Les moyens et les outils mis en place par les lobbies sont nombreux : voix des membres ou sympathisants lors des élections, actions médiatiques, dons aux campagnes électorales et apport intellectuel (via des think tanks).

Au Québec, un individu ou des groupes ont le droit de se faire entendre par les décideurs publics.

Les communications sont réglementées depuis 2002 entre individus/groupes et les pouvoirs publics. L’entrée en vigueur de la loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme émane d’une réflexion sociale et aussi d’une réflexion sérieuse sur l’utilité des communications d’influence.

Un commissaire au lobbyisme est chargé de gérer les communications d’influence lors des décisions prises dans les institutions parlementaires, gouvernementales et municipales.

L’inscription au registre des lobbyistes se trouve au cœur de ses activités de contrôle. Ainsi ; beaucoup d’efforts ont été réalisés pour convaincre qu’il en va de l’intérêt de tous d’y déclarer leurs activités de lobby.

En France, la pratique est accompagnée d’une connotation négative et son appréciation reste largement tributaire d’une conception spécifique de l’intérêt général, héritage de la tradition rousseauiste, jacobine et révolutionnaire.

Le 7 octobre 2009, le Sénat a publié de premières règles d’encadrement des lobbyistes (incluant un registre obligatoire et la publication des noms des clients des lobbyistes).

Un tout petit 2,7 sur 10. C’est la note que vient d’obtenir la France dans son premier contrôle en lobbying mené par Transparency International.

L’association, qui milite pour plus de transparence et d’intégrité dans la vie publique présente, mardi 21 octobre, un rapport inédit dressant un état des lieux complet sur le lobbying dans le pays, et le résultat n’est pas glorieux.

II Le lobbying n’est pas une activité anodine, il est donc normal qu’il soit à la fois surveillé et critiqué. Voici les principaux tenants en France d’un contrôle et les principaux reproches faits au lobbying.

 L’Alliance pour une réglementation de transparence et d’éthique en matière de lobbying (www.alter-eu.org) pense que le lobbying doit être réglementé car il présente les risques suivants :

« Plus de 15.000 lobbyistes professionnels arpentent actuellement les couloirs des institutions de l’UE, une large majorité représentant les intérêts des entreprises. En l’absence de règles de transparence et d’éthique en matière de lobbying, l’influence des lobbyistes du monde des affaires est restée largement inconnue du public. L’influence attribuée à ces lobbyistes dans le processus de décision de l’UE pose de sérieuses questions sur l’impartialité des décisions de l’UE et son caractère démocratique.

Parmi ces préoccupations :

  • Accès privilégié : les lobbyistes des entreprises se voient souvent attribuer un accès privilégié par les décideurs de l’UE.
  • -Pantouflage : les contacts personnels et les connaissances internes sont essentielles dans le jeu du lobbying. Les rapides chassés-croisés entre les institutions de l’UE et le secteur du lobbying garantissent aux entreprises une influence puissante sur les processus de décision.
  • -Pratiques douteuses et prétentions d’indépendance : les campagnes des groupes de pression des entreprises font le plus souvent en sorte de garder le silence sur leurs véritables motivations. Les lobbyistes montent des sociétés-écrans, prétendent provenir d’organisations à but non-lucratif ou encore financent de soi-disant « experts indépendants ».

En Europe, la force du lobbyisme agit auprès des institutions de l’Union européenne, où se situent les enjeux globaux (énergétiques, environnementaux). La confusion des responsabilités au niveau juridique entre les États, où se définit encore aujourd’hui la souveraineté, et l’Union européenne, peut aboutir à un risque d’affaiblissement des processus de décision et à une menace pour les souverainetés des États.

Compte tenu des procédés d’influence utilisés par les cabinets les moins scrupuleux, et des déséquilibres entre les moyens de lobbying des grandes entreprises et des associations de simples citoyens, de nombreux observateurs estiment aujourd’hui nécessaire de protéger le fonctionnement des démocraties en se dotant d’une législation encadrant l’activité des lobbyistes et imposant notamment la transparence des opérations menées auprès des instances des décideurs politiques, en particulier sur le plan financier, assortie de véritables moyens de contrôle.

 

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Rom Hun

Parisien depuis le début de mes études, un accident coupa la continuité de mes activités et lors de la reprise, l’actualité des médias mainstreams m’apparu dépassée grâce à l’engagement des publications alternatives. C’est dont à chacun de mener sa pierre à l’édifice.

4 pensées sur “Lobbying

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    13 décembre 2014 à 8 08 10 121012
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    « En France, la pratique est accompagnée d’une connotation négative et son appréciation reste largement tributaire d’une conception spécifique de l’intérêt général, héritage de la tradition rousseauiste, jacobine et révolutionnaire. »

    Effectivement. N’a-t-on pas dessoudé le gros Danton parce qu’il se comportait en lobbyiste?

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    13 décembre 2014 à 20 08 05 120512
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    2 exemples types de lobbying actuels, à notre tout petit niveaux de consommateurs : Monsanto et Redbull, qui sont parvenu à faire changer les législations, pour pouvoir inonder les pays de leurs produits nocifs.

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    14 décembre 2014 à 13 01 28 122812
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    Ce sont en effet deux exemples, le plus terrible pour moi est le lobby du tabac qui influence négativement les parlementaires! Ils ont tellement d’argent qu’ils peuvent se permettre malheureusement trop de choses!

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    14 décembre 2014 à 17 05 43 124312
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    Le lobbying du tabac est terrible en effet, et dans la même lignée, celui de l’industrie pharmaceutique n’est pas mal non plus.
    En tous cas, les lobbying qui touchent à la destruction de la planète, ou à la santé de leurs « clients » me révoltent : on se sent si impuissant face à un tragique destin qui nous devient incontournable.

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