Meanwhile in Mamelodi

mamelodiDANIEL DUCHARME   Un samedi de novembre de l’année 2012, j’ai accompagné mon fils aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM). Pour un travail scolaire, il a choisi un film tourné en Afrique du Sud: Meanwhile in Mamelodi. Réalisé par l’allemand Benjamin Kahlmeyer en 2011, ce film décrit la vie d’une famille ordinaire dans un township de Pretoria appelé Mamelodi (extension 11) pendant la Coupe du monde de football (soccer) de 2010. Le père de famille – Steven – fait la seule chose qui compte vraiment dans la vie: faire des affaires. Pour lui, cela consiste à tenir une sorte de dépanneur. Mais cela lui permet de nourrir sa famille : sa femme, qui souffre d’une maladie mentale indéterminée, son petit garçon et sa fille, une lycéenne du nom de Mosquito. Ce film, donc, montre la vie quotidienne de cette famille avec ses joies, ses peines et ses espoirs d’une vie meilleure.

Tout au long du film, le cinéaste adopte un point de vue objectif, c’est-à-dire qu’il laisse vivre la famille sous nos yeux. En fait, il n’intervient qu’à deux reprises, une première fois auprès de la mère, qui se trouve vraiment mal en point, et la seconde auprès de Mosquito quand il lui demande si elle a un petit ami. Sans doute le passage le plus charmant du film.

Si le cinéaste n’a pas d’hypothèse à valider, pas de thèse à défendre, il sait par contre montrer les choses telles qu’elles sont. La vie est difficile. Elle est marquée par la pauvreté et la maladie mentale de la mère. La famille vit dans une maison de double tôle et, tout le long du film, on sent qu’il fait froid. Il faut dire qu’en Afrique du Sud l’hiver est en été… La Coupe du monde s’est déroulée en juin 2010, donc au début de l’hiver austral.

Mosquito, la jeune adolescente, joue une sorte de premier rôle. À elle seule, elle représente la jeunesse sud-africaine du XXIe siècle. D’ailleurs, à la fin du film, elle dit que les choses se passent mieux qu’avant. Avant l’Apartheid, bien entendu. Elle dit qu’elle est libre, qu’elle a un avenir. Pour elle, la liberté s’apparente à une promesse d’une vie meilleure. Et elle regarde la caméra, les yeux brillants d’espoir.

Mais moi je n’ai pas cru une seule seconde au discours de Mosquito. Non, je n’ai pas cru cette jeune fille, désarmante de charme et de simplicité, qui rêve de devenir joueuse de foot et paléontologue. Et en rentrant à la maison, alors que la nuit tombait sur Montréal, je n’ai pu empêcher une certaine tristesse d’envahir peu à peu tout mon être.

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Daniel Ducharme

Né à Montréal, Daniel Ducharme est archiviste, éditeur, écrivain et webmestre du site elpediteur.com

Une pensée sur “Meanwhile in Mamelodi

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    14 septembre 2014 à 21 09 37 09379
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    Votre article est très touchant.

    Malgré la tristesse du contexte raconté, on saisit bien la force d’espoir de la jeunesse (symbolisée par Mosquito) qui en a suffisamment pour tenter sa chance … espérons que son chemin ne sera pas parsemé uniquement d’embûches.

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