Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme?

Par  Tribune Marxiste-Léniniste.   Sur  Libérons-nous de l’esclavage salarié. Le 13.12.2017.

 

Une brève réponse, suite à la présentation, sur le blog VLR, d’un volumineux document, intéressant par le grand nombre d’informations qu’il contient, mais qui prétend proposer diverses alternatives au système monétaire actuel, sans toutefois en faire d’explications autre que purement empiriques, très compliquées malgré tout, et très peu convaincantes, en fin de compte. L’essentiel y est oublié, et pour cause…

« Notre société est fondamentalement absurde et profondément injuste à cause d’un système monétaire qui est, de fait, une énorme supercherie. » C’est ce que nous dit Marc Jutier en présentation de son fort intéressant livre sur le sujet : « La monnaie pour les nuls »…  (http://mai68.org/spip2/spip.php?article1029 )

 

Que le système monétaire actuel repose sur une escroquerie à grande échelle, on n’en doute pas, mais est-ce bien la cause fondamentale des maux que nous inflige le capitalisme ? Il réduit à très peu l’indépendance des nations et des États, nous explique-t-il, ce qui parait être une évidence à l’heure de la « mondialisation », mais est-ce là encore le bon fil de la réflexion ? Prenons le déjà par ce bout… 

Il est évident qu’un état ne peut être indépendant que s’il contrôle complètement sa propre monnaie. Même si ce n’est pas non plus le seul critère d’indépendance, tout aussi évidemment.

Le contrôle de la création monétaire implique de contrôler les banques, c’est à dire, en pratique, de les nationaliser.

Mais cela ne suffit encore pas à déterminer la nature sociale ou non de la politique suivie, des choix de gestion.

Selon une règle économique de base, l’argent en circulation est censé représenter la valeur globale des biens en capacité d’être échangés.

La valeur globale des biens n’est jamais que la valeur du travail socialement nécessaire à leur production et accumulé en eux.

C’est la loi de l’offre et de la demande, ou loi du marché, qui provoque à la fois des déséquilibre et des crises, en permettant également aux capitalistes toutes les manœuvres de spéculation, de dumping, etc…

Ce n’est que très rarement que le marché permet un équilibre réel entre offre et demande, faisant coïncider valeur réelle et prix du marché.

De plus, sous le capitalisme, cela ne correspond qu’à un équilibre entre production et demande solvable, c’est à dire de la part de ceux qui ont les moyens financiers, indépendamment de leurs besoins sociaux réel, et sans rapport avec la mesure de leurs besoins vitaux.

L’équilibre du marché répond d’abord à des besoins solvables et non à des besoins sociaux.

Il n’est qu’un équilibre illusoire, entre deux crises, et qui laisse les plus démunis sur le carreau, quoi qu’il en soit.

Un état indépendant et réellement socialiste doit donc chercher à se libérer de la loi du marché.

C’est à dire faire correspondre, de manière nécessairement planifiée, la production aux besoins sociaux et aux besoins vitaux réels de sa population.

C’est l’élaboration démocratique du plan, avec la participation de tous, qui fait la différence entre socialisme réel, démocratique prolétarien, et pouvoir bureaucratique, régénérateur de capitalisme.

Avec les moyens modernes de communication et d’échange, à l’ère de l’internet, une élaboration interactive et démocratique du plan, faisant correspondre besoins sociaux et production, c’est devenu tout à fait possible.

La méthode simple d’échange que Marx proposait par les « bons de travail » dans la Critique du Programme de Gotha est aujourd’hui devenu possible à grande échelle, si l’on considère que ce « bon de travail » était la définition même d’une monnaie socialiste alternative indépendante du système capitaliste.

Pour un état réellement socialiste et indépendant, cela implique donc également le contrôle du commerce extérieur, selon la règle qui veut que l’argent en circulation soit censé représenter la valeur globale des biens en capacité d’être échangés.

La part et la nature des imports-exports doivent donc aussi être déterminées démocratiquement lors de l’établissement du plan, avec les secteurs économiques concernés.

Elle doit nécessairement être compatible avec l’équilibre budgétaire global.

Pas de libre échangisme international débridé, pas de mondialisation imposant la dictature d’un système : le capitalisme/impérialisme.

Par la suite s’imposeront des négociations bilatérales financièrement équilibrées entre états souverains, même si de natures sociales par forcément homogènes. Retour à la Charte de la Havane (1948)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_La_Havane

Tout ça n’est pas si compliqué, en fin de compte, même si résumé au plus court, ici.

Pour mieux comprendre, voici ce que Marx proposait, dans la Critique du Programme de Gothacomme principe d’échange économique, pour la période de transition :

 

« Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste  ; une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issueLe producteur reçoit donc individuellement – les défalcations une fois faites – l’équivalent exact de ce qu’il a donné à la société. Ce qu’il lui a donné, c’est son quantum individuel de travail. Par exemple, la journée sociale de travail représente la somme des heures de travail individuel ; le temps de travail individuel de chaque producteur est la portion qu’il a fournie de la journée sociale de travail, la part qu’il y a prise. Il reçoit de la société un bon constatant qu’il a fourni tant de travail (défalcation faite du travail effectué pour les fonds collectifs) et, avec ce bon, il retire des stocks sociaux d’objets de consommation autant que coûte une quantité égale de son travail. Le même quantum de travail qu’il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle, en retour, sous une autre forme  .

 

C’est manifestement ici le même principe que celui qui règle l’échange des marchandises pour autant qu’il est échange de valeurs égales. Le fond et la forme diffèrent parce que, les conditions étant différentes, nul ne peut rien fournir d’autre que son travail et que, par ailleurs, rien ne peut entrer dans la propriété de l’individu que des objets de consommation individuelle. Mais pour ce qui est du partage de ces objets entre producteurs pris individuellement, le principe directeur est le même que pour l’échange de marchandises équivalentes  : une même quantité de travail sous une forme s’échange contre une même quantité de travail sous une autre forme.

 

Le droit égal est donc toujours ici, dans son principe… le droit bourgeois, bien que principe et pratique ne s’y prennent plus aux cheveux, tandis que l’échange d’équivalents n’existe pour les marchandises qu’en moyenne et non dans le cas individuel.

 

En dépit de ce progrès, le droit égal reste toujours grevé d’une limite bourgeoise. Le droit du producteur est proportionnel au travail qu’il a fourni  ; l’égalité consiste ici dans l’emploi du travail comme unité de mesure commune. »

Pour comprendre en quoi ce système d’échange constitue néanmoins une rupture d’avec le capitalisme, il faut que l’on se remémore quelques aspects fondamentaux de la loi de la valeur. La notion de valeur est liée à la notion de quantité moyenne (Quantum) de travail socialement nécessaire à la production d’un bien ou d’un service.

Elle est d’abord liée à la valeur d’usage, même si elle n’est pas strictement déterminée par elle, et non pas au prix de marché.

En effet, l’échange commercial ne se produit jamais que pour des biens et services ayant une utilité sociale, une valeur d’usage (hors œuvres d’art et collections).

Le cas d’un service aux personnes dépendantes est exemplaire au sens où il est le plus souvent invendable à son coût de production sur le marché libre. Il a besoin, la plupart du temps, de subventions publiques pour être effectué, alors même qu’il répond à un besoin social et qu’il a donc une valeur d’usage évidente, à la base, au moment de sa conception comme service, à priori invendable.

Dans le système capitaliste les biens et services sont évidemment d’abord conçus pour rencontrer un besoin solvable, mais ils contiennent, dès leur production, un Quantum de travail socialement nécessaire,voire même dès leur conception, celle ci incluant généralement la conception du processus de production adapté, et cela indépendamment du fait qu’ils rencontrent ou non preneur sur le marché, en fin de compte, en fonction des aléas de celui-ci.

C’est pourquoi la conception marxiste de l’économie de transition est incompatible avec la conception trotskyste, que ce soit celle du « Programme de Transition » ou celle définie également par Trotsky lui-même, en 1939, dans son exposé de base prétendant résumer les principes du « marxisme », relus à sa manière :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

On ne peut plus clairement se mettre à la remorque du marché ni carrément affirmer plus péremptoirement que le plan doit être établi en fonction du marché et non des besoins sociaux réels !!! On ne peut réviser plus grossièrement les fondamentaux les plus basiques du marxisme !!!

 

Vue sous cet angle, avec l’aide d’un exemple concret, l’impasse que représente le trotskysme est encore plus évidente que dans l’approche théorique qui s’est dégagée du débat avec le camarade Viriato :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

Néanmoins, constater que le trotskysme est disqualifié pour prétendre au renouveau d’un marxisme révolutionnaire n’est qu’une étape parmi d’autres et non pas une fin en soi. Nous avions déjà pu faire le même constat en faisant l’étude et le bilan du maoïsme, en éclaircissant les ambiguïtés apparentes de la très nébuleuse « Wertkritik », tout comme celles des théories de Boukharine et Preobrajensky, plus marquées par leur époque, mais dont il importait aussi de faire le bilan historique.

 

Ce que la confrontation du trotskysme avec les problèmes économiques de la période de transition met particulièrement en lumière, c’est l’articulation dialectique des deux lois incontournables qui gouvernent encore actuellement l’économie capitaliste, celle du marché et celle de la valeur, et comment la soumission à la loi du marché mène inévitablement à la soumission au capitalisme et à son rétablissement, au cours de la période de « transition », qui cesse ainsi d’être une voie ouverte vers le communisme.

 

Alors que le fait de s’en libérer permet de maitriser la survivance provisoirement nécessaire de la loi de la valeur, en maitrisant l’équilibre économique en valeur-travail, afin de subvenir aux besoins sociaux réels, sur la base d’un nouveau mode de répartition et d’échange, où, selon la formule de Marx :

« une même quantité de travail sous une forme s’échange contre une même quantité de travail sous une autre forme. »

Source : https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/11/monnaie-monnaie-capitalisme-ou-socialisme/

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétaire depuis 40 années.

16 pensées sur “Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme?

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    17 décembre 2017 à 3 03 36 123612
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    Il est dit dans l’ article
    « Un état indépendant et réellement socialiste doit donc chercher à se libérer de la loi du marché. »
    Pour se libérer de la loi du marché, il faut se libérer de l’ état. L’ URSS a prouvé qu’ aucun état ne saurait durablement se soustraire de la loi du marché , l’ urss fut un empire qui pensait assécher le capitalisme par une compétition au niveau de la révolution technique
    et scientifique.
    Quant aux bons du travail, ils correspondraient à une militarisation de l’ économie.

    « C’est par John Gray 1 que la théorie du temps de travail pris comme unité de mesure immédiate de la monnaie a été développée pour la première fois de façon systématique. Il fait certifier, par une banque centrale nationale agissant par l’entreprise de ses succursales, le temps de travail employé pour produire les différentes marchandises. En échange de la marchandise, le producteur reçoit un certificat officiel de sa valeur, c’est-à-dire un reçu pour autant de temps de travail que sa marchandise en contient  2 et ces billets de banque de 1 semaine de travail, 1 journée de travail, 1 heure de travail, etc., servent en même temps de bons pour l’équivalent en toutes autres marchandises emmagasinées dans les docks de la banque 3. C’est là le principe fondamental, dont tous les détails d’application sont soigneusement étudiés en s’appuyant toujours sur des institutions anglaises existantes. Avec ce système, dit Gray,

    Extrait de Karl Marx : Contribution à la critique de l’économie politique, pp. 55-58. Editions sociales 1957.

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      19 décembre 2017 à 17 05 18 121812
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      Il est écrit:
      « …si l’on considère que ce « bon de travail » était la définition même d’une monnaie socialiste alternative indépendante du système capitaliste. »

      Dans le contexte de l’article, il est suffisamment clair qu’il ne s’agit pas d’appliquer mécaniquement la formule, que ce soit celle de Gray ou de la CPG, mais de s’inspirer, par contre assez directement, des fondamentaux que Marx y explique, en rapport de la loi de la valeur, pour créer un équilibre économique global, et donc planifié, de façon démocratique et interactive, comme il est désormais assez facile de le faire, à notre époque, si la volonté politique est là…

      Évidemment, même très démocratique, une telle planification suppose une organisation centralisée…

      Cela ressemble assez à la définition d’un « état » prolétarien…

      On peut toujours inventer un autre mot… pour le folklore…

      On n’en voit pas vraiment l’intérêt… De toutes façons, il devra être reconnu comme tel par les autres, comme le fut l’URSS…

      Qui a tout de même « résisté » assez vaillamment, quelques décennies…

      Et on en parle encore… Surtout en Russie, d’ailleurs…

      Luniterre

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    17 décembre 2017 à 4 04 23 122312
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    Effectivement, l’idée que nous vivons dans un système magico-alchimiste camouflé derrière une rationalité d’apparence (le « cercle de la raison » attalien) me semble une piste à creuser !

    Bruno

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    17 décembre 2017 à 4 04 46 124612
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    Pour combattre un système robuste et bien établi il faut déjà comprendre comment il fonctionne, ce qui est très dur lorsque l’on a affaire à des banquiers dont l’un des métiers reste la dissimulation.

    Pour y arriver il faut entre autres aller faire des recherches du côté de a BRI, la plus ancienne institution financière multilatérale. La banque centrale des banques centrales, le saint des saints capitaliste dont aujourd’hui les règlements (Bâle 1, 2 et 3) s’appliquent dans plus de 85 juridictions sans passer par les assemblées « démocratiques ».

    Ezzedine

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    17 décembre 2017 à 4 04 48 124812
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    Effectivement on a là un chantier crucial a creuser. Il faudrait envisager de s y lancer collectivement. En rassemblant d abord ce qui a deja ete fait.
    A mon avis les choses sont sans doute assez simples a comprendre une fois qu on a éliminé les embuches et les broussailles faites pour qu on se perde dans les ronces.

    De la meme facon qu on peut donner un nom aux quelques profiteurs du systeme mondialisé on peut mettre en lumiere leurs mécanismes diaboliquement simples et logiques.

    Bruno

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    17 décembre 2017 à 4 04 52 125212
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    Le grain de sable qui peut enrayer le système d’exploitation esclavagiste financier est l’annulation des intérêts de la dette.

    A mon sens le combat est là, une des têtes de la Bête est la BRI. J’ai effectué peu de recherches sur le sujet mais il me semble qu’elle excercie une double main mise à la fois descendante et ascendante :

    Descendante via le mécanisme de la holding en cascade puisque placée en haut de la pyramide et ascedante au travers de la remontée de l’intérêt dans le sens endetté (esclave financier) banques commerciales – banques d’affaires – banques centrales – BRI, elle pompe le sang des individus, collectivités, entreprises et états du monde entier.

    Et si je vous parle du véritable secret bancaire qui est le mécanisme de création monétaire via octroi de crédit, alors là on est pas sortis de l’auberge. Cette ruse leur a permis de s’accaparer les richesses du monde entier.

    Le maitre est celui a le pouvoir de créer l’argent ex-nihilo (l’alchimie) et l’esclave celui est qui est contraint d’échanger sa force de travail ou ses biens pour s’en procurer.

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    17 décembre 2017 à 5 05 25 122512
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    @ tous

    On en revient toujours à l’affrontement SOCIALISME UTOPIQUE vs SOCIALISME SCIENTIFIQUE (matérialiste dialectique) à la confrontation PROUDHON – MARX,

    Ainsi quand on écrit :  » Que le système monétaire actuel repose sur une escroquerie à grande échelle, on n’en doute pas, mais est-ce bien la cause fondamentale des maux que nous inflige le capitalisme ?  » on prend partie pour PROUDHON CONTRE MARX.

    Bien évidemment que ni le mode de production capitaliste ni son système monétaire ne sont des escroquerie et à l’évidence le système monétaire capitaliste n’est la cause de l’essoufflement et de la décrépitude de ce mode de production moribond. Ce serait comme de croire que le reflet de mon image dans le miroir est responsable de mon vieillissement et des rides qui ravages mon visage.

    Le système monétaire dont se dote un mode de production social est conçu pour répondre aux nécessités de développement de ce mode de production. Il doit tout aux lois objectives qui régissent le développement de ce mode de production et s’il semble tordu et incompréhensible c’est que l’analyste – l’examinateur ou l’économiste tente de l’étudier en soit (pour lui-même dans ses moindres méandres) alors qu’il oublie à quel objectif fondamental répond tout système monétaire quelque soit le mode de production en cause.

    Sous le mode de production capitaliste hautement développé et sophistiqué le système monétaire – bancaire – fiduciaire s’est hautement complexifié et il n’est pas utile d’en connaitre tous les méandres pour savoir que tout comme le mode de production qui lui a donné naissance le système monétaire qui le fait fonctionner ne peut réchapper à l’apocalypse qui l’attend.

    La monnaie (sous ses multiples formes) est simplement le moyen par lequel sous le mode de production se réalise l’échange c’est-à-dire le cycle de reproduction élargie du capital (capital ne signifiant pas monnaie ou argent évidemment).

    Plus le cycle de reproduction se complexifie plus le système financier-monétaire-bancaire qui en est le reflet se complexifie mais ne vous laissez pas prendre par l’illusion = la finalité reste la même = assurer le cycle de circulation = reproduction = valorisation du capital.

    Si ce cycle se tarit = s’obstrue = alors les entourloupettes et les trucs des pugilistes et boursicoteurs pourront retarder l’échéance = la chute = mais jamais l’empêcher et elle sera d’autant plus catastrophique que par des trucs et des arnaques on en aura retarder l’effondrement.

    Créer de l’argent = l’un des trucs qu’on imaginé les banquiers permettant de dépenser aujourd’hui la valeur qui ne sera jamais créée demain. Inutile de s’étendre sur l’analyse de ces fourberies qui ne pourront pas empêcher le mode de production moribond de s’effondrer… après ces entourloupettes …

    Robert Bibeau Éditeur http://www.les7duquebec.com

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    19 décembre 2017 à 16 04 57 125712
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    M Bibeau conclut:
    « Créer de l’argent = l’un des trucs qu’on imaginé les banquiers permettant de dépenser aujourd’hui la valeur qui ne sera jamais créée demain. Inutile de s’étendre sur l’analyse de ces fourberies qui ne pourront pas empêcher le mode de production moribond de s’effondrer… après ces entourloupettes … »

    Selon M Bibeau ce n’est donc pas de l’ « escroquerie »… mais de la « fourberie »… Nuance importante, il est vrai… Dans l’article incriminé au départ, Marc Jutier parle de « supercherie », faisant par là allusion au défunt Bernard Maris expliquant la création monétaire ex-nihilo…

    Bernard Maris, membre du Conseil Général de la Banque de France, entre autres qualifications, ne savait sans doute pas de quoi il parlait, à en croire M Bibeau, et devait certainement être aussi un de ces « proudhoniens » indécrottables, selon son jugement…

    Peut importe…

    Après avoir « absorbé » le choc de 2008 via les QE et les DTS, le système est à la recherche d’une « inflation contrôlée » pour se relancer, mais elle reste dérisoire sinon introuvable, en dépit ou à cause de cette politique monétaire comme emplâtre…

    D’autres l’expliquent mieux que je ne saurais le faire :

    http://chevallier.biz/2017/12/agregats-monetaires-de-la-zone-euro-octobre-pour-les-nuls/

    http://chevallier.biz/2017/12/agregats-monetaires-us-lecon-de-monetarisme/

    http://chevallier.biz/2017/12/e-crise-la-fed-et-le-donald/

    http://chevallier.biz/2017/12/e-crise-la-fed-et-le-donald-festina-lente/

    https://www.contrepoints.org/2015/03/11/200744-agregats-monetaires-francais-le-piege

    https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030919684559-politique-monetaire-la-bce-hesite-sur-le-tempo-2132710.php

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/10/26/20002-20171026ARTFIG00121-la-bce-s-apprete-reduire-son-soutien-a-l-economie.php

    Encore un gang de « proudhoniens »…

    En 2008, le système a fortement toussé mais il ne s’est pas « effondré », et même loin de là, la réaction politique continuant à gagner du terrain à peu près partout et dans tous les domaines…

    La « reprise » est faible alors que la masse monétaire suspendue au dessus est énorme.

    Un nouveau « krach » est possiblement dans les tuyaux, mais rien ne permet d’affirmer que le système s’effondrera « spontanément » pour laisser la place au prolétariat…

    Sauf dans les « prophéties » de M Bibeau…

    Elles n’engagent que ceux qui se complaisent à y croire…

    Luniterre

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      20 décembre 2017 à 8 08 54 125412
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      @ Luniterre

      Merci pour ton intervention courageuse signe de désectarisation.

      Tu écris ceci : « Selon M Bibeau ce n’est donc pas de l’ « escroquerie »… mais de la « fourberie »… Nuance importante, il est vrai… Dans l’article incriminé au départ, Marc Jutier parle de « supercherie », faisant par là allusion au défunt Bernard Maris expliquant la création monétaire ex-nihilo… »

      Je croyais avoir été clair et précis.

      1) Pour nous prolétaire révolutionnaire il n’y a aucun intérêt à critiquer les malversations – escroqueries – flibusteries – supercheries – fourberies du Grand capital comme si nous étions étonné de ce comportement et surtout comme si nous demandions à l’ÉTAT BOURGEOIS OU pire à l’opinion publique de réagir et d’intervenir – de RÉFORMER LE CAPITALISME DE SES TARES ET MALS FONCTIONNEMENT

      2) Car Nous savons que ces entourloupettes – escroqueries sont INÉVITABLES – NÉCESSAIRES – INÉLUCTABLES ET NE PEUVENT EN AUCUN CAS ÊTRE RÉFORMÉES – CORRIGÉES – CHANGÉES – ENRAYÉES.
      3) Elles sont l’aveu d’impuissance du système économique capitaliste ou/et socialiste et de leur incapacité de survivre sans ces arnaques.
      4) Les valets du capitalisme – banquier et autres l’admettent et le confessent eux-mêmes signe évident de leur impuissance et manifestation de leur insignifiance comme si quelqu’un sur terre pourrait aller à l’encontre des lois imprescriptibles du capitalisme telles lois révélées par Marx.
      5) Ces escroqueries contribuent même à enfoncer encore davantage le système dans la panade et en tant que révolutionnaire nous en prenons acte et nous ne demandons aucune RÉFORME CORRECTION CESSATION = QU’ils crèvent avec leur système pourrit in corrigible

      6) Pour terminer nous ne dénoncons ces fourberies que pour bien faire comprendre aux prolétaires qu’il n’y a rien à faire avec ce système dans sa forme libérale capitaliste ou dans sa forme totalitaire socialiste et qu’il faut détruire tout cela et batir un nouveau mode de production = communiste prolétarien

      Merci beaucoup pour ton intervention camarade.Espérant que d’autres auront un jour ton courage

      robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    19 décembre 2017 à 17 05 35 123512
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    Pour ceux que le sujet intéresse, une « suite », en quelque sorte…:

    « Une monnaie réellement socialiste sera-t-elle forcément dévalorisée ? »

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/17/une-monnaie-reellement-socialiste-sera-t-elle-forcement-devalorisee/

    Avec un peu de doc en annexe:

    https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/12/annexes.pdf

    https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

    Luniterre

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    20 décembre 2017 à 5 05 27 122712
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    @ Luniterre

    Avant de se demander si « « Une monnaie réellement socialiste sera-t-elle forcément dévalorisée ? »
    il faut d’abord se demander qu’est-ce qu’une monnaie « réellement » socialiste ???

    Est-ce que ça existe une MONNAIE SOCIALISTE ? Quelles sont ses caractéristiques propres à une monnaie réellement socialiste ? Quel est le role économique d’une telle monnaie ?
    Qui en controle l’émission et comment est-elle perçue – reçue par les partenaires commerciaux de l’État socialiste ???

    Merci de vos réponses

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    20 décembre 2017 à 7 07 53 125312
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    La question a déjà été abordée une première fois sur TML à l’occasion des trois premiers volets de l’étude Contre la Wertkritik,

    (1ère partie)

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/20/contre-la-schizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-lenine-1-marx-et-ca-repart/
    .
    .
    (2ème partie)

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/08/24/contre-la-schizophrenie-neo-gauchiste-de-la-wertkritik-deuxieme-partie/ 

    (3ème partie )
     
    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/09/08/1949-1960-chine-urss-marx-au-banc-dessai-de-lhistoire-contre-la-wertkritik-3eme-partie/

    regroupés ici en un seul doc PDF :

    https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/09/marx-au-banc-dessai-de-lhistoire_vf.pdf

    La question est revenue à plusieurs reprises, depuis, dans nos colonnes, toujours en lien avec la CPG de Marx,

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

    Et le bilan de l’expérience de l’URSS tenté à l’occasion du XIXème Congrès,

    https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

    Et quelques traces subsistantes de ses travaux dans le Manuel de l’Académie des Sciences de l’URSS, éditions 1954 et 55.

    Sur TML, à la suite du débat avec le Collectif Défense, qui a donc nettement buté sur ce sujet , entre autres, il y a eu une prolongation également assez polémique, mais plus intéressante, avec le blogueur Hervé Hum, intervenant parfois également sur les « 7 du Québec », me semble-t-il,

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/18/loi-de-la-valeur-socialisme-une-autre-suite-au-debat/

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/26/debat-sur-la-loi-de-la-valeur-vers-une-premiere-synthese-utile/

    Les trois récents articles

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/11/monnaie-monnaie-capitalisme-ou-socialisme/

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/14/monnaie-monnaie-quelques-elements-nouveaux-au-debat-sur-agoravox-et-vlr-mai-68/

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/17/une-monnaie-reellement-socialiste-sera-t-elle-forcement-devalorisee/

    sont donc une prolongation de cette recherche, en réaction aux idées émises par les réformistes formellement les plus « radicaux » sur le sujet…

    Effectivement, on peut donc considérer qu’une synthèse du sujet reste à faire… Néanmoins, il apparaît déjà assez clairement qu’il s’agit de la recherche d’un équilibre économique faisant correspondre forces productives et besoins sociaux réels, définis lors d’un processus démocratique d’élaboration du plan.

    Le principe est d’établir cette correspondance par une étude statistique en valeur-travail, désormais grandement facilitée par les moyens modernes de communication et l’interactivité qui en résulte.

    Une monnaie qui reflète cet équilibre se trouve donc être évaluée autant qu’il est possible en valeur-travail, (sans que cela soit forcément une opération mécanique du type suggéré par Œil de Faucon, exemple assez logique, cependant, dans le contexte de l’époque), et c’est là le point essentiel, avec le fait qu’elle reflète donc un développement économique endogène planifié en fonction des objectifs sociaux, et non des fluctuation d’un marché, comme dans les projets réformistes et même trotskystes, comme on a pu le voir !

    Luniterre

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    20 décembre 2017 à 8 08 25 122512
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    …en fonction des objectifs sociaux, et non des fluctuations d’un marché,…

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  • Ping :« Monnaie ! Monnaie ! » : Quelques éléments nouveaux au débat sur Agoravox et VLR-Mai 68 | tribune marxiste-léniniste

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    23 décembre 2017 à 1 01 48 124812
    Permalink

    @ tous

    J’ai relu l’ensemble du texte d’analyse MONNAIE – MONNAIE CAPITALISME OU SOCIALISME ET au milieu d’une certaine confusion reflétée par les interventions j’ai songé que si l’auteur en venait à tenter une comparaison et à établir un équivalent entre une chose UNIQUE = (LA MONNAIE) dans ce qu’il présente et croit être deux modes de production DIFFÉRENTS = (CAPITALISME – SOCIALISME) c’est peut être l’aveu inconscient que MONNAIE & MONNAIE SONT ÉQUIVALENT car CAPITALISME ET SOCIALISME sont équivalent et donc deux comparables peuvent se comparer.

    Une phrase très significative – reprise par l’auteur – originant de la littérature communiste des 50 dernières années m’a mis la puce à l’oreille… phrase que voici….

    « Le contrôle de la création monétaire implique de contrôler les banques, c’est à dire, en pratique, de les nationaliser. Mais cela ne suffit encore pas à déterminer la nature sociale ou non de la politique suivie, des choix de gestion. »

    Depuis Boukharine et Staline on assimile le nouveau mode de production prolétarien à imaginer et créer à DEUX CARACTÉRISTIQUES DES RAPPORTS DE PRODUCTION SOCIAUX SOIENT: A) nationaliser = c’est-à-dire privilégier une forme de propriété (étatique = sociale disent les réformistes proudhoniens) B) POLITIQUE ÉTATIQUE SOCIALE (qui ressemble au mot SOCIALISTE tant aimé et malmené) = que les réformistes proudhoniens assimile à la planification étatique en tant que POLITIQUE SOCIALISTE DU NOUVEAU MODE DE PRODUCTION en construction.

    Tout cela n’est que sophisme. Depuis Marx nous savons que les rapports de production = monnaie, capital, politique, idéologie, diplomatie, commerce, etc. etc. reposent et émanent du mode de production du niveau de développement – de productivité – des forces productives.

    On peut comparer le comportement de la variable monnaie entre capitalisme et socialisme car cette variable monnaie est identique dans deux variantes du même mode de production capitaliste le modèle libérale (qui n’a rien de libérale nous en convenons) et le modèle totalitaire ou dirigiste.

    De fait un peu partout dans le monde capitaliste nous avons observé le passage dans un sens ou dans l’autre du modèle capitaliste libérale – démocratique – bourgeois au modèle capitaliste dirigiste – totalitaire socialiste. On en est même venue à graduer le niveau de socialisme d’un État par rapport aux autres. nous référons ici le lecteur à l’ensemble de la littérature gauchiste qui ergote sur les gouvernements de gauche en Amérique Latine, hier à propos des gouvernements de gauche – socialiste- en Europe, le Népal féodal se serait même doter récemment d’un gouvernement de gauche socialiste radicale (sic).

    robert bibeau http://www.les7duquebec.com

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  • Ping :CAPITALISME ET SOCIALISME SONT-ILS IDENTIQUES? – les 7 du quebec

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