soulèvement des travailleurs haïtiens contre l’exploitation patronale

Par Cercle Jacques RoumainMontréal, le 30 mai 201 

Appel du Cercle Jacques Roumain à la solidarité avec le soulèvement ouvrier et populaire en cours en Haïti :

 

Le Cercle Jacques Roumain tient à exprimer sa solidarité la plus totale avec les travailleurs et le peuple d’Haïti et à inviter toutes les organisations syndicales, populaires, démocratiques du Canada à dénoncer et à se mobiliser face à la situation actuelle.  Depuis le 19 mai, les ouvriers du textile sont entrés en grève pour protester contre les salaires de misère et les conditions infrahumaines dans lesquelles ils travaillent.

 

La détérioration de la situation en Haïti :

 

Haïti a subi une longue et terrible histoire de colonialisme, d’esclavage, d’occupation et d’impérialisme.  Tout au long de son histoire, le peuple haïtien a fait preuve d’héroïsme et de solidarité avec les autres peuples au cours des nombreuses révolutions dans la région.

 

Mais les classes dominantes exercent toujours leur emprise féroce sur le peuple haïtien et ont toujours comploté avec le colonialisme puis avec l’impérialisme.  Depuis des décennies, les classes dominantes, composées de quelques familles, et les gouvernements corrompus, répressifs et fascistes qu’elles mettent en place à leur service, ont mené le pays au bord du gouffre.

 

Des salaires de misère dans un contexte de détérioration des conditions de vie dans tous les domaines :

 

En Haïti, la sous-traitance touche plusieurs secteurs de production, entre autres, les chandails Gildan, entreprise canadienne, des balles de baseball entre autres produits.

 

Les travailleurs du textile gagnent 300 gourdes par jour dans la sous-traitance, ce qui équivaut à 0,55$US de l’heure.  Soulignons que selon le taux de change actuel un dollar étatsunien équivaut à 67 gourdes.   C’est avec ces 55 cents que les travailleurs haïtiens doivent payer le transport, nourrir leurs enfants, payer l’école, le logement, car il n’y a aucun soutien gouvernemental en Haïti.

 

L’économie haïtienne, dollarisée, rend le coût de la vie écrasant pour les masses.  Ce dernier est plus élevé que dans n’importe quel autre pays.  Le gouvernement, plutôt que de chercher à améliorer les conditions de vie des gens, a récemment augmenté le prix de l’essence, fait qui accroîtra de manière considérable la misère des masses.  Les travailleurs n’en peuvent plus!

 

La multiplication actuelle des grèves et des mouvements de résistance :

 

Récemment, depuis des mois, les employés d’État, les enseignants, les employés des écoles et des institutions publiques ont commencé  à résister ouvertement et de façon unie et organisée contre les conditions de travail et de vie inacceptables pour des êtres humains.

 

Et depuis deux semaines, les travailleurs du textile exigent que leur salaire brut de 300 gourdes par jour (0,55US$ / heure) passe à 800 gourdes par jour (1,49US$ / heure).

 

Groupes de sous-traitance étrangers et familles féodales haïtiennes :

 

Plusieurs groupes d’investisseurs contrôlent la sous-traitance au pays : (1) les Coréens contrôlent 40% de la sous-traitance; les Dominicains, 20%; les Étatsuniens, entre 20 et 25%, et les familles féodales haïtiennes (Apaid, Abraham, Coles, Becker, Vilar), 15%.

 

Alors que les groupes étrangers seraient prêts à négocier des salaires et de conditions de travail plus acceptables, les familles féodales haïtiennes, elles, refusent toute baisse de leurs profits : elles veulent continuer à exploiter les travailleurs en leur suçant le sang.  Elles refusent toute discussion sur de possibles améliorations pour les travailleurs.

 

Les grèves des travailleurs et la résistance du peuple :

 

Face à l’intransigeance des patrons, les travailleurs ont d’abord débrayé puis fait une grève des bras croisés devant les machines.  Les travailleurs et le peuple tout entier commence à se mobiliser.

 

L’escalade du conflit : les patrons obtiennent du gouvernement l’intervention violente de la police contre les travailleurs :

 

Les patrons ont alors immédiatement fait appel à la police d’Haïti pour réprimer les travailleurs.  Les policiers entrent dans les usines, attaquent, blessent, arrêtent les travailleurs.  Le commissaire du gouvernement a donné l’ordre à la police d’interdire toute manifestation ouvrière, montrant clairement ainsi que l’État est une machine de répression au service des patrons.

 

APPEL À LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE :

 

Nous demandons à toutes les organisations syndicales, populaires, démocratiques et de solidarité du Canada d’appuyer activement et fermement le soulèvement des travailleurs et du peuple, haïtiens contre la situation intolérable qui règne en Haïti.  Dans les jours qui suivent, nous lancerons une campagne de solidarité avec le soulèvement.  Nous vous invitons à communiquer avec nous.  Nous vous prions de nous envoyer des messages de solidarité, que nous ferons parvenir aux organisations ouvrières et populaires en lutte en Haïti.  Progressistes du monde entier, BÂTISSONS UN FRONT UNI pour aider les masses haïtiennes à éliminer l’État féodal d’Haïti.

 

Solidairement,

 

Pour le Cercle Jacques Roumain

Robert Ismaël             (514) 894-3517            robertismael16@gmail.com

Antonio Artuso           (514) 737-7817            pueblo@sympatico.ca

 

 

Une pensée sur “soulèvement des travailleurs haïtiens contre l’exploitation patronale

  • avatar
    16 août 2017 à 15 03 23 08238
    Permalink

    En espérant que ce soulèvement « justifié » ne donnera pas envie (si cela s’envenimait avec la violence générée par les flics) à « certaines » soit disant O.N.G humanitaires de revenir, comme en 2010, évangéliser de force ces gens en échange d’une cabane offerte (et bien médiatisée) ou d’exercer leurs influences sur le pays en profitant de la pauvreté et de la détresse des haïtiens, en sachant que ces ONG là ne sont que des avant-poste « vendeurs de rêve », alors que derrière se planquent des puissances internationales.

    A ma petite échelle, J’ai transmis cette info aux syndics que je connaissais, coté France.
    Cordialement.
    David

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