SYRIE, D’UNE GUERRE À L’AUTRE l’AGRESSION NE CESSE PAS!

Par Luc Michel.  Titre original :  SYRIE D’UNE GUERRE A L’AUTRE (I): AVEC 14 BASES, L’US ARMY S’IMPLANTE DURABLEMENT EN SYRIE.    Le 13.01.2018.  Sur Luc Michel.

 

(L’étude de Luc Michel est en trois parties que nous  publions  à la suite  ci-dessous.  Nous prenons note que trois positions se confrontent. Ici, Luc Michel soutient que le gouvernement de Turquie  est favorable à un État Kurde fantoche qui s’étendrait du Nord de l’Irak jusqu’à la Méditerranée en passant par le nord de la Syrie (Rojava). De nombreux observateurs pensent au contraire que le gouvernement d’Ankara ne peut tolérer à sa frontière sud une entité Kurde – même fantoche et au service des puissances impérialistes occidentales -. On se rappellera l’EI-DAESH et Al-Qaida  qui, aussitôt constitués, ont échappé en partie au contrôle de leur maître.  Enfin,  Le ROCML lui, prétend que la création du Grand Kurdistan ne doit rien aux puissances impérialistes et que les travailleurs Kurdes démontrent ainsi leur autonomie en se dotant d’un État nationaliste-chauvin Kurde (sic) pour le bénéfice de leur bourgeoisie nationale. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/le-peuple-kurde-et-les-peuples-opprimes-du-moyen-orient-a-la-conquete-de-leurs-droits-nationaux-et-democratiques-par-leurs-propres-forces/ À chacun de nos lecteurs de confronter les arguments des uns et des autres à travers les dix textes que nous avons rassemblés sur le sujet sur notre webmagazine.  Robert Bibeau  http://www.les7duquebec.com)

 

**********

 

J’écrivais ce 6 janvier : « Oubliez tous les discours des médias de l’OTAN, mais aussi ceux des médias russes, sur la “guerre contre les terroristes”. La guerre de Syrie, guerre civile importée (après l’échec de la « révolution de couleur» made in USA du soi-disant «printemps syrien»), puis internationalisée, est une guerre géopolitique entre le Bloc USA-OTAN-Israël et ses alliés du Golfe et l’Axe Moscou-Téhéran-Damas. Washington a perdu cette guerre. Mais elle considère que c’est une première manche. Et Washington et  Tel-Aviv prépare la guerre suivante avec les kurdes comme pions et la destruction de la Syrie comme objectif premier, mais l’Iran comme cible principale ! Le «nouveau Grand jeu» au levant n’est pas prêt de se terminer»

En Syrie, les choses s’accélèrent et les masques tombent, la bataille pour Idlib ouvre le premier front de la nouvelle guerre, Axe de la résistance associé à Moscou contre Bloc américain soutenu par Ankara (qui tombe le masque) (voir la partie II de cette analyse)

Pour mener cette seconde guerre de Syrie, les USA se sont durablement implantés avec 14 bases militaires. Le tout illégalement puisque les américains, comme les turcs, se sont installés en Syrie contre la volonté de Damas et au mépris des Lois internationales. Et qu’américains et turcs sont entrés en Syrie pour y opérer un changement de régime et soutenir une rébellion armée qu’ils avaient eux-mêmes organisé!

LES CROCS DU SERPENT DANS LE SOL SYRIEN : LES 14 BASES MILITAIRES DES ÉTATS-UNIS EN SYRIE

Les États-Unis renforcent les Kurdes syriens, manipulés car contre Ankara ils n’ont aucun avenir dans le camps américain, et ne cessent d’implanter des bases militaires en Syrie, ce qui met en évidence le projet à long terme de Donald Trump pour ce pays déchiré par la guerre.

Depuis l’entrée en fonction de Donald Trump, il y a un an, les États-Unis sont accusés par les Israéliens « d’avoir laissé le Moyen-Orient sous influence de la République islamique d’Iran ». La pression, faite par Tel-Aviv sur Washington, s’est multipliée après l’échec du groupe terroriste Daech en Irak et en Syrie, d’autant plus que les victoires qu’ont accumulées les Russes et les combattants de l’Axe de la Résistance ont poussé les Américains à changer de cap.

Le dimanche 31 décembre, le secrétaire d’État américain James Mattis a mis en garde « contre toute attaque visant les bases militaires américaines en Syrie » et averti que « les assaillants seraient ciblés ». Ces déclarations de James Mattis ont réveillé en quelque sorte l’opinion publique mondiale qui a commencé à s’interroger sur une réalité : « Les États-Unis, ont-ils des bases militaires en Syrie ?»

Quelques jours avant le Nouvel An 2018, les agences de presse d’état russes ont révélé l’existence de 10 bases militaires américaines sur le sol syrien. Information partielle car, à vrai dire, les États-Unis ont, jusqu’ici, implanté 14 bases militaires en Syrie, dont 12 dans le Nord et le Nord-Est, et deux autres dans le Sud, explique SANA.

1. BASE DIRIK
La base Dirik se trouve dans l’Extrême-Est, à la frontière turco-syrienne. Là, il existe deux bases militaires où des groupes de parachutistes américains donnent des formations militaires aux Forces démocratiques syriennes (FDS). La base Dirik sert également d’aéroport pour les avions logistiques américains.

2. BASE SABAH AL-KHEIR
La base Sabah al-Kheir se situe dans le sud-ouest de la ville kurde de Hassaké et elle revêt une importance particulière d’abord pour son emplacement proche de la frontière syro-irakienne et ensuite pour sa proximité de la ville de Hassaké, une ville au peuplement kurde. Cette base accueille uniquement les hélicoptères de combat américains qui transfèrent des armes, des forces kurdes syriennes et des individus armés.

3. BASE AÏN ISSA
La base Aïn Issa se trouve entre la frontière de la Turquie et la ville syrienne de Raqqa. C’est depuis cette base que des armes et des munitions sont transférées aux forces du Parti de l’union démocratique (PYD).

4. BASE TAL AS-SAMAN
La base Tal as-Saman est la deuxième base américaine située entre la frontière turco-syrienne et Raqqa. Il s’agit de la base la plus importante en matière d’espionnage et d’écoutes en Syrie.

5. BASE AL-TABQA
La base al-Tabqa est située au sud-est de Raqqa et elle sert d’aéroport accueillant les avions US.

6. BASE AL-JALBIAT
La base al-Jalbiat, située au nord-ouest de Raqqa, est une zone militaire interdite d’accès qui abrite 40 avions militaires logistiques modernes, une piste d’aéroport, des plate-formes destinées à lancer des missiles sophistiqués lourds et plusieurs autres types d’armes sophistiquées.

7. BASE HARB ISHQ
La base Harb Ishq fait partie d’un groupe de huit bases proches de la frontière du nord, partagée par la Syrie et la Turquie. Cette base accueille des contingents de soldats américains.

8. BASE JABAL MASHTNOUR
Parmi les bases précitées, c’est la base Jabal Mashtnour qui est située dans l’extrême-nord de la Syrie. Cette base militaire dispose d’une antenne-relais radiophonique qui appartient aux forces spéciales américaines et françaises.

9. BASE SIRIN
La base Sirin se trouve dans l’est de la ville de Manbij. C’est à partir de cette base que les parachutistes américains sont envoyés accomplir diverses missions en Syrie.

10 ET 11. BASE AL-TANF 1 ET BASE AL-TANF 2
Les bases al-Tanf 1 et al-Tanf 2 sont partagées par les forces britanniques, américaines et celles de la nouvelle Armée syrienne libre (ASL).

12. BASE TAL TAMIR
La base Tal-Tamir, elle aussi, est utilisée par les forces britanniques, américaines et celles de la nouvelle Armée syrienne libre (ASL). La base Tal Tamir est dans le nord-est de la Syrie, près de la ville kurde de Hassaké. Elle abrite 200 soldats américains, 70 soldats français et une caserne de formation pour les éléments de l’ASL.

13. BASE MANBIJ
La base Manbij est de caractère très stratégique, car elle se trouve dans une région où il existe un important risque d’affrontements entre les forces kurdes et les éléments de l’ASL. Il paraît que cette base a été inaugurée dans l’objectif d’empêcher les conflits et l’infiltration des forces syriennes dans cette région.

14. BASE ALEP
La base Alep a été implantée dans une région stratégique afin de prévenir les affrontements entre l’ASL et les forces kurdes et d’empêcher l’infiltration de l’armée syrienne. Les Américains comptent surveiller cette région grâce à cette base.

COMMENT ANALYSER CETTE IMPLANTATION AMÉRICAINE EN SYRIE ?

Deux points importants restent à relever:

* premièrement, certains sites d’information indiquent que le nombre des bases militaires américaines en Syrie est plus élevé que cela;

* deuxièmement, la plupart de ces bases ont été récemment mises sur pied en peu de temps. Selon les médias turcs et russes, le nombre de ces bases ne cesse de croître.

Par ailleurs, des médias turcs ont fait part de l’existence de 13 dépôts d’armements dans les régions à peuplement kurde, dans lesquels sont amassées des armes que les Américains envoient aux forces kurdes. Ces dépôts d’armements se trouvent tous près des bases américaines.

Conclusion 

* Primo, les Américains stabilisent leurs positions en Syrie en multipliant leurs bases militaires.

* Secundo, les Américains ont un plan spécial pour les régions kurdes en Syrie en fournissant des équipements militaires légers et lourds aux éléments kurdes syriens (c’est, et nous y reviendrons, le point faible de la stratégie américaine en Syrie qui s’appuie sur deux positions antagonistes : le soutien aux kurdes et l’alliance avec Ankara).

* Tertio, ces agissements des États-Unis mettent en évidence leur décision de contrer l’axe de la Résistance en Syrie.

Toutes les mesures qu’ont entreprises les Américains pour renforcer leurs positions en Syrie s’inscrivent dans le cadre d’une série d’efforts destinés à compenser leurs échecs face à l’axe de la Résistance en Syrie et répondent aux inquiétudes israéliennes. L’arrière-plan de tout cela, c’est la confrontation Washington vs Moscou.

LAVROV: LES BASES AMERICAINES EN SYRIE SONT ILLÉGALES

Le ministre russe des Affaires étrangères a fréquemment souligné que les bases américaines en Syrie n’avaient « pas de fondement légal ». S’exprimant le 21 juillet à Moscou 2017, lors d’une conférence de presse avec son homologue de la Sierra Leone, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait précisé que l’existence de bases américaines en Syrie était « dépourvue de tout fondement légal ».

(Source : SANA – Farsi – Interfax – EODE Think-Tank).

**********

Les affrontements s’accélèrent et la Seconde guerre de Syrie  entre déjà dans sa première phase ! La bataille pour Idlib est à la fois la dernière bataille de la guerre qui se termine et simultanément le premier front de cette Seconde guerre de Syrie.

 

«La victoire de l’armée syrienne et de ses alliés à Idlib n’en est qu’à ses débuts. Depuis fin novembre 2017, les forces syriennes mènent une vaste offensive sur trois axes contre les positions terroristes depuis Alep et Hama voisins. L’assaut, lancé depuis le front Khanzar et la banlieue nord-est d’Alep, se poursuit sans relâche contre des milices dont les positions s’effondrent comme un château de cartes. Une chose est sûre : Idlib ne constitue plus une « ligne rouge » ni pour l’armée syrienne ni pour ses alliés, comme semblaient le croire certaines parties, quitte à amputer la Syrie de cette province », analysait hier ‘Farsi’. « Depuis que les forces alliées avancent à Idlib, c’est le sauve-qui-peut général au sein des groupes terroristes. Même l’apparition du « Frère » al-Abu Mohammad al-Julani -chef de Tahrir al-Cham- n’a pas aidé à leur remonter le moral, empêtrés dans leurs divergences internes».

 

I- IDLIB UNE DÉFAITE AMÉRICAINE

Pour les observateurs, la victoire à Idlib est d’autant plus retentissante que l’armée syrienne n’était pas du tout présente dans cette province depuis le début de la guerre et qu’elle n’y détenait que quelques unités qui veillent à la sécurité de deux cités chiites encerclées, Foua et Kefraya, situées sur les frontières d’Alep.

Or l’effondrement des groupes terroristes s’est produit malgré les Américains qui, tout comme à Deir ez-Zor, font tout pour retarder la victoire finale des « forces alliées » à Idlib. Washington ne peut quitter la Syrie, les mains vides, abandonnant tout à l’adversaire et déclarant forfait. L’ennui c’est qu’à Idlib, ils ne disposent d’aucun relais. Ce n’est ni comme Raqqa ni comme Deir ez-Zor où leurs agents de Daech ou des FDS (Force démocratique syrienne) agissent pour leur compte.

Ceci étant dit, il n’est pas question que les Américains lâchent prise : alors qu’on s’attendait à ce que Washington se mette à héliportés commandos et forces spéciales à Idlib pour contrer les forces alliées et les empêcher de prendre le dessus comme à Abou Kamal, les stratèges du Pentagone ont imaginé un autre plan.

 

NOUVEAU SCENARIO US : LE « PLAN B » AMERICAIN CONTRE LA VICTOIRE SYRIENNE A IDLIB

Un plan B américain s’est avéré d’autant plus nécessaire qu’Idlib est à deux pas de faire son grand retour dans le giron de l’État. Et les signes se multiplient, dit Sana. « En premier lieu parce que les habitants d’Idlib ne veulent pas de terroristes. De nombreuses manifestations ont éclaté ces derniers mois dans différentes parties de la province contre al-Nosra et en soutien à Assad. Dans le sud-est d’Idlib, les habitants ont même poussé les takfiristes armés à restituer leurs armes. Et d’ailleurs cette reddition forcée a accéléré la victoire des forces alliées»

 

L’armée syrienne a repris l’aéroport militaire d’Abu al-Duhur à Idlib ce 10 janvier.
Le site d’information d’al-A’lam al-Harbi a fait part de la libération de l’aéroport militaire d’Abu al-Duhur des mains du Front al-Nosra, située à la périphérie sud-est d’Idlib. Les troupes gouvernementales sont arrivées à récupérer les régions, situées à 2 kilomètres de l’aéroport. Abu al-Duhur, l’un des plus importants aéroports militaires du nord de la Syrie, avait été occupé par les terroristes fin 2015.

L’armée syrienne a par ailleurs pu libérer 18 villages au sud-ouest d’Alep et à l’est d’Idlib. Les forces gouvernementales ont récupéré, mercredi 10 janvier, 7 villages, situés à l’ouest du village de Khanasser, au sud-est de la province d’Alep. Selon la chaîne d’information arabophone iranienne, ‘Al-Alam’, l’armée régulière syrienne continue de progresser dans la périphérie d’Alep/Hama/Idlib. Suite à d’intenses affrontements au sud-est d’Alep, l’armée syrienne a également avancé au sud-ouest de Khanasser, ayant pu capturer Hawareen, Ramlah, Muzyalah, Rasm al-Cheikh et Tell Subhah. Les forces gouvernementales ont par ailleurs libéré Tell Abu Ruwayl et Tell Almuqbirah, dans le sud d’Alep.

Depuis trois jours, l’armée syrienne, secondée par les avions russes, a largement intensifié ses opérations dans le sud d’Idlib. Les frappes ont été si intenses que les terroristes ont eu juste le temps de prendre la fuite, eux et leurs familles vers le centre d’Idlib, abandonnant derrière eux armes, équipements et munitions. Quelque 800 km² de cette province viennent ainsi d’être libérés en l’espace de 3 jours ! Les forces de la Résistance se trouvent, quant à elles, à 4 km de l’aéroport d’Abu al-Duhur dans le sud d’Idlib et d’Alep, bénéficiant de la couverture aérienne des chasseurs russes qui frappent violemment des bases-arrières des terroristes à Idlib, mais aussi à Lattaquié.

 

INTIMIDER LES RUSSES

 

Pourquoi  ces frappes?
Samedi soir, les nosratistes, pilotés depuis leur Centre de commandement à Idlib, s’apprêtaient à lancer une attaque aux drones contre la base russe à Tartous. 13 drones auraient ainsi tenté de s’abattre sur les forces et les positions russes à Lattaquie. Une seconde attaque impliquant, là aussi, 10 autres drones qui devaient viser, un peu plus tard, Hmeimim à l’ouest de Lattaquié tandis que trois drones se dirigeaient à nouveau vers la base de Tartous.

« Un scénario apocalyptique destiné sans doute à intimider les Russes, à les pousser à renoncer à leur soutien aérien aux forces alliées à Idlib »,dit ‘Farsi’. Or, les deux tentatives ont échoué : la défense aérienne russe et syrienne ayant réussi à détruire une vingtaine de drones et à en intercepter 3.

Donc les nosratistes qui étaient héliportés ces 2 derniers mois par l’US Army ne l’étaient pas en direction des zones kurdes (en soutien aux kurdes contre Assad) mais vers Idlib. Lke scénario prévu était d’envoyer ces soldats en masse contre la résistance pendant que le soutien aérien Russe aurait été considérablement paralysé au sol à cause des 10 + 13 + 3 drones qui étaient sensés les avoir bombardés (téléguidés par un avion us du tytpe « Poséidon »). Ainsi les terroristes auraient pu reprendre le dessus.

Une enquête du ministère russe de la Défense a tiré au clair le rôle des Américains dans cette offensive inouïe. « Les terroristes auraient bénéficié du soutien technique d’un avion de type « Poseidon US » au moment de l’attaque. Quant à leur CentCom, il se trouverait à Idlib, zone de désescalade placée sous contrôle de la Turquie ».

 

II-DERRIERE LA SECONDE GUERRE DE SYRIE QUI S’ESQUISSE, IL Y A AUSSI LES INQUIETUDES ISRAELIENNES

‘The Independent’ titrait ce 10 janvier que « l’équilibre des forces au Moyen-Orient a changé au détriment d’Israël »

 

LA RUPTURE DE L’ÉQUILIBRE DES FORCES AU PROCHE-ORIENT

Le journal britannique The Independent vient d’écrire que « l’équilibre des forces au Moyen-Orient avait changé au détriment du régime israélien et au profit de l’axe Iran-Syrie-Irak-Hezbollah ».  « La guerre syrienne est presque terminée, mais le succès d’une coalition de l’Iran, de la Syrie, du Hezbollah et des forces irakiennes signifie que l’équilibre du pouvoir dans la région a changé au détriment d’Israël », vient d’écrire le journal The Independent. «Les attaques de chasseurs et les missiles sol-sol d’Israël sur des cibles syriennes à proximité de Damas témoignent de la montée de l’inquiétude chez les Israéliens quant à la victoire toute proche de l’armée syrienne et de Bachar al-Assad», poursuit le journal.

Selon l’article, «le cabinet de sécurité israélien a tenu un certain nombre de réunions ces derniers jours pour discuter de la manière de répondre aux circonstances dans lesquelles Bachar al-Assad a pris le contrôle total de la Syrie » où « l’influence de l’Iran a également été largement étendue».

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu a lui déclaré que « la politique de son régime est d’arrêter le transfert d’armes depuis la Syrie jusqu’au Liban », en qualifiant le Hezbollah et ses armes d’« indicateur de changement de la donne ».

The Independent écrit encore « qu’Israël se prépare à la guerre avec le Hezbollah en 2018 » et qu’« avec la fin de la guerre civile, le Hezbollah et les forces armées syriennes, qui ont été entraînés pendant la guerre, ne sont plus sur les terrains de bataille et ils sont prêts à envoyer des troupes pour affronter Israël », ajoute le journal. Il est utile de rappeler qu’Israël a lancé pas moins de 100 attaques sur des positions du Hezbollah et de l’armée syrienne.

Enfin, le journal écrit que « la guerre en Syrie est quasiment finie et que la coalition Iran-Irak-Hezbollah-Syrie a changé l’équilibre des pouvoirs dans la région, et ce au détriment évidemment d’Israël».

 

LA RUSSIE ET LE HEZBOLLAH FONT CAUSE COMMUNE EN SYRIE

L’ambassadeur russe en poste à Beyrouth a mis l’accent sur la coopération de Moscou avec le Hezbollah, la Syrie et l’axe de la Résistance dans la lutte contre le terrorisme. C’est la fin de la neutralité bienveillante de Moscou envers Tel-Aviv (2).

L’ambassadeur russe en poste à Beyrouth, Alexandre Zasypkine, a qualifié de très important le récent discours prononcé par le secrétaire général du Hezbollah libanais, Seyyed Hassan Nasrallah. Il a réaffirmé que l’axe de la Résistance devrait être prêt à riposter à toute éventuelle attaque.

Selon le site web libanais ‘el-Nashra’, Alexandre Zasypkine a également rendu hommage à la solidarité dont fait preuve Nasrallah envers la nation palestinienne. « Dans la conjoncture actuelle, il faudrait soutenir la cause palestinienne, ce qui rendra le terrain propice aux négociations de paix », a-t-il expliqué. Et de poursuivre : « Nous menons des coopérations avec le Hezbollah, le gouvernement syrien et l’axe de la Résistance concernant la lutte contre le terrorisme. »

Plus loin dans ses propos, il a ajouté « qu’il n’existait aucun danger direct contre le Liban pour lancer une nouvelle guerre contre ce pays ».

Il a ensuite fait allusion au dossier syrien pour dire : « Les participants aux négociations d’Astana ne partagent pas un même avis. La Turquie soutient les groupes armés opérant en Syrie, mais la Russie et l’Iran se sont entretenus en vue de développer des relations plus étroites avec l’armée syrienne. » Le diplomate russe a réaffirmé que son pays et le Hezbollah se battent contre le terrorisme en Syrie et qu’ils se trouvent dans le même camp. « Moscou et Téhéran coordonnent leur action politique en Syrie », a-t-il argué.

 

**********

 

WASHINGTON ET ANKARA MAIN DANS LA MAIN CONTRE MOSCOU EN SYRIE

 

Une enquête du ministère russe de la Défense a tiré au clair le rôle des Américains dans cette offensive inouïe qu’a été « l’attaque des drônes » contre les forces russes en Syrie. « Les terroristes auraient bénéficié du soutien technique d’un avion de type « Poseidon US » au moment de l’attaque. Quant à leur CentCom, il se trouverait à Idlib, zone de désescalade placée sous contrôle de la Turquie ».

 

« S’agit-il d’une synergie US/Turquie contre les forces alliées pour les empêcher de reprendre le contrôle d’Idlib ? », interroge ‘Farsi’. Malgré leurs intérêts divergents, Ankara et Washington semblent toutefois agir de concert à Idlib : le soutien US/turc va invariablement aux terroristes qui opèrent à Idlib y compris à ceux inclus dans les forces de ‘Bouclier de l’Euphrate’.

 

Reste à savoir comment Moscou va s’y prendre ? Deux lettres de protestation viennent d’arriver au chef de l’état-major turc et à son collègue du Renseignement. En attentant, la libération d’Idlib est l’affaire de quelques semaines voire même quelques jours. Ces événements confirment mes analyses constantes sur la « duplicité turque » (1).

 

Et pendant que la Syrie et les syriens continuent à libérer leur pays des terroristes, la diplomatie française continue à vociférer contre l’offensive syrienne à Idleb, tel que ce fût le cas lors de la reprise d’Alep l’an dernier.

 

A IDLIB « L’AXE MOSCOU-ANKARA » MIS A L’ÉPREUVE (LE MONDE)

 

« La bataille d’Idlib met l’axe Moscou-Ankara à l’épreuve » titre ‘Le Monde’ : « La Turquie proteste auprès de la Russie, ainsi que de l’Iran, contre la « violation des frontières de la zone de désescalade » dans cette région ».

 

« L’alliance entre la Russie, la Turquie et l’Iran, les trois Etats garants du processus d’Astana (Kazakhstan) engagés dans la neutralisation des zones tenues par la rébellion anti-Assad en Syrie, n’a jamais été aussi fragile. Entre Moscou et Ankara, des frictions ont surgi à propos de l’offensive menée actuellement par le régime syrien, avec l’appui de l’aviation russe, dans le sud-est de la région d’Idlib, la dernière province syrienne entièrement aux mains des insurgés. Sous le contrôle d’une multitude de groupes rebelles dominés par l’ex-Front Al-Nosra, filiale syrienne d’Al-Qaida, la région d’Idlib abrite 2,6 millions de personnes, dont plus d’un million de déplacés du conflit. Forte du soutien militaire de ses alliés russe et iranien, l’armée de Bachar Al-Assad y a récemment conquis une centaine de villages et cherche désormais à prendre le contrôle de la route qui relie Damas à Alep, ainsi que de la base d’Abou Al-Douhour, tenue par les rebelles depuis 2015. Des groupes liés à l’organisation Etat islamique (EI) ont en outre occupé une vingtaine de localités abandonnées par les rebelles », commente le quotidien parisien.

 

« Ulcérée par l’offensive du régime syrien sur Idlib », la Turquie a convoqué, mardi 9 janvier, les ambassadeurs d’Iran et de Russie au ministère des affaires étrangères, à Ankara. « Il s’agissait de leur dire l’« embarras » turc face à la « violation des frontières de la zone de désescalade d’Idlib » telle qu’elle avait été définie au printemps 2017 dans l’accord tripartite d’Astana, écrit encore ‘Le Monde’ …

 

Protestations russes adressée au chef de l’état-major turc et à son collègue du Renseignement,

Convocation des ambassadeurs d’Iran et de Russie au ministère des affaires étrangères à Ankara, le rapprochement d’Erdogan avec la Russie (2), mélangé d’opportunisme et de chantage vis-à-vis de Washington et Bruxelles (Le régime AKP néo-ottoman est plus que jamais membre de l’OTAN et négocie toujours avec l’UE, derrière les coups de poker d’Erdogan) a atteint ses limites …

 

LA RUSSIE ENJOINT A LA TURQUIE A RESPECTER LE CESSEZ-LE-FEU DANS LA RÉGION

 

Dans une lettre officielle, la Russie vient de rappeler la Turquie au « respect de la trêve dans la zone de désescalade à Idlib » en Syrie et lui a demandé « des efforts pour contraindre les opposants syriens à mettre fin aux hostilités ».

 

« Les drones d’assaut des terroristes qui avaient lancé des frappes sur les bases russes en Syrie avaient décollé d’une zone contrôlée par les opposants syriens “modérés” », a annoncé le ministère russe de la Défense dans un communiqué. Citant le ministère russe de la Défense, la chaîne de télévision ‘Russia Today’ a indiqué que « ces drones avaient décollé de la localité de Maazara au sud-ouest de la zone de désescalade d’Idlib ». « Dans la lettre adressée à la Turquie, la Russie a appelé ce pays à rester attaché à ses engagements pris dans le cadre de l’accord sur une trêve dans cette région », a ajouté Russia Today.

 

Un Boeing P-8 Poseidon de l’US Navy effectuait une mission de patrouille dans la zone entre la base aérienne russe de Hmeimim et la base navale de Tartous en Syrie lorsque des activistes ont tenté d’attaquer les installations à l’aide de 13 drones, a révélé mardi le ministère  (voir la Partie II de mon analyse)

 

Le ministère russe de la Défense a précisé que dans sa lettre au général Hulusi Akar, chef d’état-major des forces turques, et au patron du service de renseignement turc (MIT), Hakan Fidan, elle avait « mis l’accent sur la nécessité qu’Ankara respecte les engagements qu’il a pris dans le cadre de l’accord sur le cessez-le-feu en Syrie ». « Bientôt, le Congrès du dialogue national syrien aura lieu dans la ville russe de Sotchi. Pourquoi les opposants syriens interviennent-ils contre ces actions et rejettent les négociations de Genève sous la supervision des Nations unies ? » est-il dit dans ce communiqué. « Lors de frappes sur les bases russes de Hmeimim et de Tartous en Syrie, un avion d’espionnage américain les survolait », a précisé le ministère russe de la Défense quelques jours après la tentative des drones intelligents de mener des raids contre ces bases, en affirmant que « ces drones avaient été mis à la disposition des terroristes par certains pays ». « La simultanéité du survol des avions d’espionnages américains et de l’attaque terroriste menée par ces drones contre les bases russes en Syrie a éveillé la curiosité », a indiqué le ministère russe de la Défense.

 

D’autre part, Frants Klintsevich, le premier vice-président de la commission de la défense et de la sécurité du Conseil de la Fédération de Russie, a déclaré : « Nous disposons d’informations établissant l’implication des États-Unis dans les frappes menées par des drones sur les bases russes de Hmeimim et de Tartous en Syrie. »

 

QUAND LES AGENDAS RUSSE ET TURC S’OPPOSENT

 

Erdogan veut le départ d’Assad (3), alors que Moscou (et Téhéran) lui réaffirme son soutien. Depuis le début du « Grand jeu syrien » opportuniste d’Erdogan, je n’ai cessé de rappeler que c’était là la fracture profonde qui empêcherait tout rapprochement durable entre la Turquie et la Russie (4). Sans oublier des projets géopolitiques et géoidéologiques qui s’opposent (5) …

 

L’envoyé spécial du président russe et sa délégation viennent de rencontrer le président syrien à Damas et ont évoqué les développements dans le pays et la région. Alexandre Lavrentiev a rencontré ce jeudi 11 janvier le président syrien Bachar al-Assad à Damas, a-t-on appris de l’agence de presse iranienne Fars. Les derniers développements en Syrie et dans la région ont dominé les discussions entre les deux parties, a rapporté l’agence de presse officielle syrienne SANA.

 

Le président syrien a déclaré que « les importantes victoires remportées par l’armée avec l’aide de la Russie et de ses alliés dans la lutte contre le terrorisme ont contribué à dénouer les plans hégémoniques ourdis par l’Occident et ses mercenaires en vue du démembrement de la Syrie et des autres pays de la région ». « Ces victoires jouent un rôle dans le renforcement des efforts visant à créer une solution politique et pacifique qui soit susceptible de ramener la stabilité en Syrie », a-t-il déclaré.

 

NOTES

 

(1) Voir sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
SYRIE : D’UNE GUERRE A L’AUTRE. COMMENT WASHINGTON ET TEL-AVIV PREPARENT LE PROCHAIN CONFLIT …
sur http://www.lucmichel.net/2018/01/06/luc-michels-geopolitical-daily-syrie-dune-guerre-a-lautre-comment-washington-et-tel-aviv-preparent-le-prochain-conflit/

Et COMMENT WASHINGTON ET TEL-AVIV ENTENDENT PROLONGER LA GUERRE EN SYRIE ET DESTABILISER DAMAS ET TEHERAN !?
sur http://www.lucmichel.net/2018/01/04/luc-michels-geopolitical-daily-comment-washington-et-tel-aviv-entendent-prolonger-la-guerre-en-syrie-et-destabiliser-damas-et-teheran/

(2) Voire sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ GRAND JEU AU PROCHE-ORIENT: POUTINE ‘NOUVEAU TSAR’ DE L’ORIENT (III). LA FIN DE LA NEUTRALITE BIENVEILLANTE AVEC ISRAEL
sur http://www.lucmichel.net/2017/12/20/luc-michels-geopolitical-daily-grand-jeu-au-proche-orient-poutine-nouveau-tsar-de-lorient-iii-la-fin-de-la-neutralite-bienveillante-avec-israel/

(Source : presse iranienne et libanaise – Sana – The Independent –  EODE Think-Tank)

 

NOTES DE LA 3e PARTIE

 

(1) Voir sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/

DUPLICITE TURQUE EN SYRIE (II) : EN ACCORD AVEC LES USA, LA TURQUIE TENTE DE MINER LA SOUVERAINETE DE LA SYRIE

sur http://www.lucmichel.net/2017/11/14/luc-michels-geopolitical-daily-duplicite-turque-en-syrie-ii-en-accord-avec-les-usa-la-turquie-tente-de-miner-la-souverainete-de-la-syrie/

 

(2) Voir sur EODE THINK TANK/ GEOPOLITIQUE/

QUEL SOI-DISANT ‘RAPPROCHEMENT TURCO-RUSSE’ ? ERDOGAN REUSSIT SON COUP DE POKER OPPORTUNISTE !

sur http://www.lucmichel.net/2016/08/24/eode-think-tank-geopolitique-quel-soi-disant-rapprochement-turco-russe-erdogan-reussit-son-coup-de-poker-opportuniste/

 

(3) Voir sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/

QUI REFUSE LA PAIX EN SYRIE ? (I) : ERDOGAN ENTRE CONSTANCE IDEOLOGIQUE NEO-OTTOMANE ET OPPORTUNISME GEOPOLITIQUE

sur http://www.lucmichel.net/2017/12/27/luc-michels-geopolitical-daily-qui-refuse-la-paix-en-syrie-i-erdogan-entre-constance-ideologique-neo-ottomane-et-opportunisme-geopolitique/

 

(4) Voir sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/

DUPLICITE TURQUE EN SYRIE (II) : LA PRESSE D’ETAT IRANIENNE S’INTERROGE SUR LE ‘GRAND JEU SYRIEN’ D’ERDOGAN

sur http://www.lucmichel.net/2017/10/17/luc-michels-geopolitical-daily-duplicite-turque-en-syrie-ii-la-presse-detat-iranienne-sinterroge-sur-le-grand-jeu-syrien-derdogan/

 

(5) Voir sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/

LE SOI-DISANT ‘RAPPROCHEMENT RUSSO-TURC’(II) : COMMENT LES PROJETS GEOPOLITIQUES NEOEURASISTE RUSSE ET TURC (INTEGRATION DANS L’UE OU PANTOURANISME) SONT ANTAGONISTES!?

sur http://www.lucmichel.net/2017/11/08/luc-michels-geopolitical-daily-le-soi-disant-rapprochement-russo-turcii-comment-les-projets-geopolitiques-neoeurasiste-russe-et-turc-integration-dans-lue-ou/

(Sources : Sana – Presse iranienne – Fars – RT – EODE Think-Tank)

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE

* PAGE SPECIALE Luc MICHEL’s Geopolitical Daily
https://www.facebook.com/LucMICHELgeopoliticalDaily/

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE

* PAGE SPECIALE Luc MICHEL’s Geopolitical Daily
https://www.facebook.com/LucMICHELgeopoliticalDaily/
________________

* Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ) :
WEBSITE http://www.lucmichel.net/
PAGE OFFICIELLE III – GEOPOLITIQUE
https://www.facebook.com/Pcn.luc.Michel.3.Geopolitique/
TWITTER https://twitter.com/LucMichelPCN
* EODE :
EODE-TV https://vimeo.com/eodetv
WEBSITE http://www.eode.org/

avatar

Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

6 pensées sur “SYRIE, D’UNE GUERRE À L’AUTRE l’AGRESSION NE CESSE PAS!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *