Et vive le hockey libre !

 

 

 

 

 

 

 

JEAN PIERRE BONHOMME:

 

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le monde le la rondelle québécoise et montréalaise. Un important député de notre Assemblée nationale, Pierre Curzi, nous le signalait clairement et calmement il y a déjà des années : l’équipe de hockey de Montréal – avançait-il sur cette glace mince – pose problème parce qu’elle ne reflète pas l’identité québécoise. Il y a là, selon lui, un «problème identitaire». C’était une manière polie, presque universitaire – de dire que l’équipe, nommée «canadien» ne représente pas la population où elle évolue et qui la paye.

C’est pourtant une évidence. Jusqu’à tout récemment l’équipe «canadien» (cela voulait dire jadis canadien-francais) – la seule de la ligue principale sur le territoire national – était le symbole sportif fort des Québécois.

La direction et la propriété du Club étaient anglaises, c’est vrai, mais il y avait assez de joueurs québécois pour que la population puisse avoir l’illusion de se trouver chez elle, de «s’identifier» à «son» équipe.

Maintenant les Québécois ne peuvent même plus se faire d’illusion. L’équipe «canadien» est devenue complètement «canadian». Il n’y a pratiquement plus de joueurs du pays d’ici dans cette formation; ils viennent d’un peu partout au Canada anglais et dans le reste de l’Amérique. Il n’y a qu’un pas à faire pour extrapoler; cela signifie que les propriétaires ont choisi, consciemment ou non, de faire de Montréal une ville «canadian» plutôt que québécoise. Et si on leur pose la question ils répondent que les Québécois ne sont intéressés qu’à «gagner» un point c’est tout. Comme si des joueurs québécois – qu’on trouve dispersés un peu partout en Amérique – ne pouvaient pas «gagner». C’est comme si l’équipe de foot du Mexique ne comptait pas de Mexicains et qu’on insistait pour que ceux-ci trouvent cela «normal».

Il y a un mot pour cela : c’est du colonialisme; un point c’est tout!

Il est vrai que la population de Montréal – en son centre – est portée sur l’anglais; les immigrants s’y mettent à loisir; il est aussi vrai que les familles françaises de Montréal vivent plus près de Terrebonne et de Repentigny que de la Place d’Armes, mais, tout compte fait, le Grand Montréal reste majoritairement français; pourvu que ca dure!

Et la métropole est encore québécoise.

Notre Assemblée nationale nous a donc mis la puce à l’oreille… Que faire?  Il faudrait commencer par prendre conscience du fait et s’en indigner. Les Québécois n’ont pas l’indignation facile, il est vrai… mais tout de même! il n’y a pas lieu de se féliciter de cette sorte de déconfiture.

Quand le gardien de but Carey Price se faisait copieusement huer; on a dit que cette déconvenue était due au fait que le joueur n’avait  pas bien performé. Peut-être bien. Mais n’étais-ce  pas aussi, au fond, que ce joueur, originaire de la Colombie britannique, n’étaitpas de chez nous? N’était-il pas devenu le symbole d’un ailleurs auquel il est devenu impossible de s’identifier? Moi je pense que oui.

Et que font les journalistes dits «sportifs», ceux de La Presse notamment?  Ils se portaient au secours de M. Price par des entourloupettes magiques, sans même mentionner qu’il y a un problème fondamental en l’instance; sans mentionner le débat ouvert par nos députés. Ces journalistes sont-ils si désincarnés qu’ils ne peuvent percevoir la nécessité pour un peuple de savoir se représenter, de prendre sa place dans l’univers ludique comme dans les autres?

Une équipe a Québec ? Pour ma part je désire que les Québécois ne se divisent pas les uns contre les autres. Ils sont déjà assez fragilement pourvus comme ils le sont maintenant. Un club de hockey «canadian» de Montréal contre un club de hockey plus francais à Québec ce ne serait pas bon pour notre nation; cela briserait son âme en deux!

L’équipe de hockey «canadian» devrait appartenir à une société sans but lucratif et alors elle deviendrait vraiment canadienne et québécoise.  Actuellement ce club de hockey ne me représente pas; ce n’est pas «mon» équipe.

Jean-Pierre Bonhomme

10 pensées sur “Et vive le hockey libre !

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    30 septembre 2010 à 0 12 08 09089
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    Les esties de Bronfman et Molson (lignées franc-maçonniques!) se font des milliards sur le dos des Québécois depuis des générations, en contrôlant les médias sportifs ,chevillés au sport professionnel lui-même (équipes, incluant le Canadien, etc.), et en nous vendant leur mauvaise bière fermentée en 3 jours avec des produits chimiques nocifs.

    Et les Québécois sont assez caves pour mordre à l’appât. Tant pis pour eux. Les faibles disparaissent, les forts survivront.

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    5 octobre 2010 à 20 08 46 104610
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    M.Druide , je ne mords pas à l’appât mais je me pose des Questions vu que je ne suis pas assez informé ; est-ce que la Bleu est embouteillée par Molson ? === Est-ce qu’elle est fermentée elle aussi en 3 jours avec des produits chimiques ? Si oui , dégueulasse. === Druide , attention au mot « CAVE » qui veut dire : personne qui n’est pas du milieu. Il y a certainement 1 ou 2 milieu dont vous ne faites pas parti.
    J.M.D.S.

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    5 octobre 2010 à 21 09 04 100410
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    Veillez me pardonner je n’avais pas lis attentivement , ça fait que j’ai fait une faute Majeure. J’aurais du écrire milieu : « Milieu » , car si tu fais parti de ce Milieu , t’es pas un niais , ni un dupe.
    Jean-Marie De Serre.

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    11 août 2013 à 9 09 25 08258
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    Il y a d’autres occupations tellement plus intelligentes que de regarder le hockey et de se remplir la tête des insignifiances des commentateurs de hockey et c’est aussi valable pour les médias de masse(télévision, journaux…etc) en général. Si vous n’avez pas encore compris c’est que vous êtes drôlement bien conditionné à agir contre vos propres intérêts.

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    11 août 2013 à 10 10 47 08478
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    Il est exact que les Québécois s’identifient au club de Hockey Canadien (mais plusieurs un laissé tombé).

    Il est exact que les (ou le) propriétaire des années antérieures n’ont pas insisté sur l’identité québécoise des joueurs.

    Mais je ne crois pas que ce fut sous l’influence d’une volonté de « coloniser ». Ce fut plutôt sous l’influence de la « mondialisation ». Les joueurs viennent de partout dans le monde et non de partout au Canada.

    Il est faux d’attribuer aux « Molson » cette volonté de « coloniser ». Cette famille d’origine anglaise est l’une des seules qui s’est vraiment identifiée « Canadienne » au début de son installation au Canada. Très rapidement, elle a cessé d’être « British » et n’a pas démontré de volonté de « coloniser ». Elle ne le pouvait pas parce que la majorité de ses buveurs de bière étaient Canadien-Français

    De plus, actuellement, Jeff Molson a affirmé publiquement qu’il voulait que le club retrouve sont identité « Québécoise » et semble prendre les dispositions nécessaires. Nous verrons bien dans quelques années. Pour l’instant les tentatives de « colonisation » des Québécois vient plutôt du Fédéral et d’une partie du Provincial incluant certains péquistes. Cette « colonisation » n’est pas une volonté d’effacer les Québécois du pays; c’est une volonté de « contrôle » des finances et de la quantité de Québécois qui deviennent influent dans ce domaine.

    Ce n’est pas une question de fierté ou d’honneur. C’est une…

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      11 août 2013 à 10 10 51 08518
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      C’est une question d’argent et de profits au niveau de la ligue. Et Jeff Molson semble fier d’être Québécois. Le club à encore une chance.

      Amicalement

      André Lefebvre

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    11 août 2013 à 10 10 48 08488
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    « Laissé tomber ». pardonnez-moi.

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    11 août 2013 à 12 12 36 08368
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    Ça se passait durant le règne du « Sénateur » Serge Savard.

    Au printemps 1980, un jeune homme de 20 ans déambulait dans les gradins du Forum avec une pancarte « OUI ».

    Il a disparu durant 3 semaines. Retrouvé par sa mère, emprisonné à Parthenais.

    Battu au Forum par la « sécurité », puis au poste de police du quartier, humilié, gardé nu en cellule, sans droit de visite, ni appel téléphonique à l’avocat.

    Le 28 mars 1983, il s’est suicidé.

    Affectivement.

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    12 août 2013 à 0 12 50 08508
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    C’est la solidarité Québécoises qu’on est parvenu a brisé en évitant que le peuple s’identifie a des joueurs francophone. Les joueurs eux-même gagne leurs vies en Anglais, ont souvent peu d’éducation et sont anti séparatisme.

    Ce n’est pas ce que les colonisateurs disent qui fait la différence…c’est plutôt ce qu’ils font avec l’argent qu’ils amassent a la pelle !!!

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      12 août 2013 à 8 08 43 08438
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      Seul « ont souvent peu d’éducation » est à revoir dans votre argumentaire.

      Amicalement

      André Lefebvre

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