Et si l’on apprivoisait le capitalisme?

Ou comment demander à un tigre de devenir végétarien

De nombreuses personnes d’horizons différents nous proposent  des articles  pertinents pour analyser et essayer de trouver des solutions aux divers problèmes que traversent nos sociétés, notamment pour tenter de résoudre  la problématique de la dette, en France comme ailleurs.  Malheureusement,  beaucoup (la majorité, ne posent le problème et sa solution qu’en termes d’économie de marché et de politique partisane. Alors que ce n’est pas en appliquant quelques  recettes que l’on sortira de cette impasse. Le problème restera, pour la bonne raison que sa cause fondamentale réside dans la nature même du système économique dans lequel nous sommes embringués. La solution ne peut en aucun cas se satisfaire de petits ajustements ici ou là !

Pour dire les choses directement et sans fioriture inutile, ce n’est pas en appliquant l’idéologie du capitalisme prédateur, ce qui est le vrai nom de ‘l’économie de marché », selon Galbraith, que l’on résoudra le problème.

Prenons une métaphore : supposons un renard qui vient manger la volaille des fermiers locaux de façon récurrente. Ces derniers vont le trouver et lui dire : voila M. le renard, nous ne souhaitons pas que nos volailles disparaissent à cause de votre voracité, alors nous vous proposons de ne manger qu’un pourcentage limité de façon à ce que nous puissions toujours disposer d’une quantité suffisante. Les négociations prennent du temps et pour finir un accord est trouvé. Tout le monde est content. Sauf que notre renard, fidèle à sa nature, va continuer à manger de façon très conséquente ces volailles fort appétissantes et tant pis pour l’accord avec les fermiers qui n’engagent qu’eux-mêmes. Quant à nos fermiers, n’osant pas contrarier le renard, ils sont forcés de laisser faire, et de plus en plus d’entre eux se retrouvent ruinés, car le renard, qui n’est pas le seul parmi ses congénères, aura dévoré toutes leurs volailles.

La solution n’est pas de passer un accord avec le ou les renards, mais tout simplement de les chasser de façon à ce qu’ils ne viennent plus jamais dévorer les volailles.

Dans l’économie, c’est pareil. Ce n’est pas en passant un « accord » avec les marchés, entendez par ce terme, les spéculateurs, qui « dévorent » l’économie réelle par leur spéculation effrénée, que l’on sauvera l’économie des pays endettés. Ca ne marchera jamais et d’ailleurs, ça n’a jamais marché. Ce qu’il faut c’est sortir radicalement du capitalisme prédateur et instaurer, élaborer, un autre système économique où ces spéculateurs n’auront aucune place. Ce qui implique d’interdire toute activité spéculative et de mettre hors d’état de nuire toute cette clique d’individus crapuleux et sans scrupules.

Quant à la fameuse « croissance » qui serait la solution si elle pouvait être relancée ; encore une autre absurdité et non des moindres. Il y a de quoi rester stupéfait que de voir des gens pourtant intelligents continuer à promouvoir un système aussi manifestement absurde ! Comment peut-on une seconde prôner une croissance exponentielle dans un monde aux ressources limitées ? Un enfant de dix ans est capable de comprendre cela.

Comme je l’ai déjà maintes fois formulé, la question n’est jamais posée par ces tenants de la croissance à tous prix : de quoi vivront les générations futures lorsque toutes les ressources de la planète seront épuisées, la terre polluée et saccagée par les multinationales prédatrices ?

Si l’on me rétorque qu’un faible taux de croissance permettra à la fois une certaine prospérité, (pour qui ?), tout en limitant l’impact sur les ressources de la planète, je répondrais que ce n’est que de l’enfumage. En réalité, un taux de croissance régulier de 3% annuel, cela équivaut à 34,4 % sur dix ans, et 80,6% sur vingt ans, car 3% annuel signifie, 3% de plus par rapport à l’année précédente. Sinon, c’est 3% la première année et 0% les autres années. C’est le principe des pourcentages successifs. Et ceci, les tenants de la croissance à tout prix, se gardent bien de le dire. On ne sait jamais, les gens pourraient bien réfléchir et se poser des questions relatives à l’avenir de leurs enfants.

Quant à la problématique politique partisane, donc de partis, il n’est pas besoin d’une analyse très fine pour voir combien la solution ne peut venir de politiciens professionnels aussi corrompus qu’incompétents, complètement asservis au système. Que peut-on attendre de cette classe d’individus qui est incapable d’imaginer autre chose que le modèle actuel ? Rien de bon, parce qu’ils y trouvent leur intérêt. Donc, au final, c’est tout un projet de société qui est à élaborer, et il y a urgence. Car avec leur avidité sans limite, ces gens pourraient bien entrainer l’humanité dans une catastrophe sans retour !

D’après D. POSITAIRE

« Un homme est riche en proportion des choses dont il sait se passer »…Henry THOREAU

Une pensée sur “Et si l’on apprivoisait le capitalisme?

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    14 décembre 2013 à 4 04 22 122212
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    Votre raisonnement est consistant et penser développement humanitaire à travers un système qui déshumanise est totalement impensable.

    Il y a en Amérique latine des alternatives à ce capitalisme qui émergent tout particulièrement en Équateur, en Bolivie et au Venezuela. Pour reprendre votre image, dans ces pays, les renards ont un territoire clôturé qui les empêche d’aller là où ils veulent et d’y faire ce qui les intéresse le plus dans la bergerie ou le poulailler, manger des brebis.

    Grâce à des hommes et des femmes politiques ayant à coeur le bien commun de leurs peuples et grâce à une conscience développée de ces mêmes peuples, l’État prend les mesures nécessaires pour donner priorité en tout au bien commun. Les intérêts et les initiatives des divers groupes financiers et économiques doivent se subordonner aux intérêts du bien commun.

    Dans les trois pays plus haut mentionnés, il y a eu récupération par l’État des richesses naturelles et de nombreux services essentiels au bon fonctionnement de la société. Une lutte sans merci contre la corruption, la spéculation financière, l’évasion fiscale, etc. est à l’oeuvre.

    Les renards n’aiment vraiment pas ça. Ils trouvent ça injuste qu’on les empêche de manger des brebis et des volailles. Pour eux, c’est la dictature et l’oncle des renards, l’oncle SAM, est bien d’accord avec eux. Il leur conseille de se déguiser en brebis et pour se faire il leur donne beaucoup de peaux de brebis déjà abattues. Il dispose d’un réseau de médias qui permet de vendre les vertus de ces nouveaux arrivés, fraîchement vêtus en brebis aux meilleures intentions, et de faire passer les autres brebis pour de fausses brebis aux ambitions les plus inhumaines.

    Merci pour votre texte qui caricature à peine ce qui se passe dans nos sociétés.

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