Le mythe de la caverne

Recherche menée par Robert Gil

Le mythe de la caverne est une parabole symbolique qui illustre la situation des hommes par rapport à la vérité, à la perception du monde qui les entourent.

Imaginons des prisonniers, enfermés dans une demeure souterraine, enchainés, le visage tourné vers la paroi opposée à l’entrée, et dans l’impossibilité de voir autre chose que cette paroi. Elle est éclairée par les reflets d’un feu qui brûle au dehors, à proximité d’une route.

Sur cette route passent différents véhicules, ainsi que des personnes portant sur leurs épaules toutes sortes d’objets, échelles, outils, …etc.

Des véhicules et des objets, les captifs ne voient que l’ombre projetée par le feu sur le fond de la caverne, comme dans un théâtre d’ombres chinoises. De même, ils n’entendent que les échos des paroles et des bruits qui leur parviennent de l’extérieur. Habitués depuis leur naissance à contempler ces images, et à écouter les sons déformés dont ils ignorent l’origine, ils vivent dans un monde virtuel qu’ils prennent pour la réalité.

Lorsque l’un d’entre eux est délivré de ses chaînes et entraîné vers la lumière, il en est aveuglé et ne distingue rien de ce qui l’entoure. La lumière du soleil lui fait mal. Instinctivement il cherche à protéger ses yeux de cette lumière aveuglante. Peu à peu, cependant, il s’habitue à la lumière, et il commence à voir le monde tel qu’il est. Il devient capable d’affronter la réalité, et comprend les mécanismes du monde qui l’entoure.

C’est alors qu’il réalise que sa vie antérieure n’était qu’un rêve sombre, et il se met à plaindre ses anciens compagnons de captivité. Mais s’il les rejoint pour leur dire la vérité, pour leur montrer l’illusion dans laquelle ils vivent et leur décrire le monde réel, qui l’écoutera, qui le croira ? Ils le traiteront de fou ! Et personne ne voudra remettre en cause sa propre existence, toute sa vie, et tout à ce quoi il avait cru ! C’est trop compliqué !

On comprend facilement la signification de cette parabole. La caverne est le monde dans lequel nous évoluons. Et malgré les difficultés de notre existence, il est très difficile de changer notre perception de la société, de remettre en cause ce que l’on nous apprend depuis notre naissance. Il est parfois plus facile de rester dans l’ignorance.

Nous sommes enchaînés dans cette caverne, esclaves de notre histoire, de notre éducation et de tous les aprioris qui en découlent. La lumière est au dehors, mais il faut du courage pour l’affronter, accepter les contradictions et ne pas avoir peur d’affronter la vérité. Au final rester dans la caverne, dans un monde illusoire, est plus facile, et plus rassurant. Essayer de comprendre le monde tel qu’il est peut être traumatisant.

Celui qui veut décrire le monde tel qu’il est, aura du mal à le faire accepter par ceux qui pensent que la réalité qu’on leur propose est la seule possible. C’est pourquoi il est rarement écouté. Il essaiera d’expliquer, que la vision du monde est une illusion, véhiculée par les médias au service de ceux qui sont à l’extérieur de cette caverne, et qu’il faut avoir le courage de sortir de la caverne pour se mettre en quête de la vérité. Compliqué, difficile, mais ne pas essayer est une faute ! Les gouvernants comptent sur les œillères qu’ils nous font porter pour pouvoir nous manipuler. Tant que nous restons dans les limites de notre caverne, ils peuvent jouir des privilèges qu’ils se sont accordés.

LE MYTHE DE LA CAVERNE.
Platon (V° siècle avant J.C)

12 pensées sur “Le mythe de la caverne

  • avatar
    17 janvier 2014 à 11 11 22 01221
    Permalink

    La majorité des fois que j’ai discuté avec quelqu’un qui était resté dans la caverne, premièrement il n’a rien compris car je tente de lui expliquer en quelques minutes ce qui m’a pris des années à assimiler et sa première question…… maintenant que tu sais tout ça qu’est-ce que tu vas faire?????????
    Je crois qu’il est totalement inutile de discuter dans la caverne, je dois plutôt mettre toute mon énergie pour le faire sortir de la caverne afin que je puisse l’accompagner dans ses découvertes.
    Ce n’est qu’une opinion

    • avatar
      17 janvier 2014 à 19 07 17 01171
      Permalink

      @Poivre de Cayenne

      Rien ne remplace l’expérience. Voir de ses yeux par soi-même. Les explications rationnelles seules ne suffisent pas, elles ouvrent la porte, mais c’est l’autre qui doit lui-même vérifier, s’informer, réfléchir. Cela demande du temps.

      CAD

      • avatar
        17 janvier 2014 à 20 08 33 01331
        Permalink

        mais c’est l’autre qui doit lui-même vérifier, s’informer, réfléchir
        Rien de plus vrai et nous devons avoir la patience de le laisser aller à son rythme et surtout avoir la sagesse pour accepter que ses conclusions soient différentes des nôtres
        Bonne fin de semaine

  • avatar
    17 janvier 2014 à 11 11 40 01401
    Permalink

    Il manque un niveau d’observation ici, si je me rappelle bien la version de Platon.

    C’est celui de ceux qui sont cachés dans un fossé, de l’autre côté du chemin et qui assistent à tous les autres niveaux d’un seul coup d’oeil. Ceux-là se rendent compte de l’inutilité d’essayer d’expliquer la « vraie » réalité à quel que soit le niveau de perception auquel ils s’adresseraient.

    Finalement, ils s’aperçoivent qu’il vaut mieux voir le côté amusant de la vie; mais je ne suis pas certain de ce que j’avance. Je vais aller vérifier. C’est ce que cet article m’apportera de mieux aujourd’hui.

    Merci à Robert Gil pour le service qu’il me rend par cet article.

    Amicalement

    André Lefebvre

      • avatar
        17 janvier 2014 à 12 12 18 01181
        Permalink

        Finalement je ne crois pas que le but de la vie soit de devenir le plus intelligent, le plus informé, le plus beau, le no 1 mais d’être le plus heureux avec les outils que la vie nous a donnés.
        Ceci est pour toi André :-)

        • avatar
          17 janvier 2014 à 12 12 26 01261
          Permalink

          Merci Poivre de cayenne.

          J,ai continué de chercher cet écrit de Platon et j’ai trouvé ceci:

          http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep7.htm

          Je pense que si on ne peut pas trouver « amusants » les circonvolution intellectuelle obligatoire pour suivre Socrate, on ne peut pas lire ce texte en entier. 🙂

          Amicalement

          André Lefebvre

  • avatar
    17 janvier 2014 à 12 12 06 01061
    Permalink

    Sortir de la caverne et percevoir la lumière n’est qu’une étape. Il ne faut pas s’arrêter là. Percevoir la lumière n’est pas Être la lumière. Il faut aussi sortir de la perception de la lumière. Lumières Lucifériennes n’est pas Être la Lumière. Mais ne reste encore qu’un mensonge, qu’une arnaque et une escroquerie : c’est le piège de l’enfermement où nous nous sommes tous miroités pendant des milliers d’années en le prenant pour réel. Vouloir entreprendre une Quête, c’est nous placer nous-mêmes en distance de ce que nous sommes vraiment, déjà. L’homme n’est pas un reflet de Lumière, n’est pas la perception de cette lumière. Nous ne pouvons pas approcher l’Absolu par la quête. C’est l’Absolu qui est là lorsque nous la cessons. Nous n’avons pas à rechercher ce que nous sommes déjà. Réfuter tous ce que nous ne sommes pas c’est laisser toute la place à ce que nous sommes. Et l’Absolu que nous sommes veut toute la place, au-delà de tout espace et de tout temps. Mais nous sommes absolument libres d’aller et de venir dans toute la création, ou de nous placer au-delà.

    • avatar
      17 janvier 2014 à 12 12 45 01451
      Permalink

      Ouais!

      « Et l’Absolu que nous sommes veut toute la place, au-delà de tout espace et de tout temps.  »

      Je n’aime pas tellement.

      « Mais nous sommes absolument libres d’aller et de venir dans toute la création, ou de nous placer au-delà. »

      Comme le « centre d’un univers infini », en somme. 🙂
      Par contre aller jusqu’à l’au-delà de « ce qui est »; j’en doute un peu. 🙂

      Amicalement

      André Lefebvre

      • avatar
        17 janvier 2014 à 20 08 06 01061
        Permalink

        « Et l’Absolu que nous sommes veut toute la place, au-delà de tout espace et de tout temps. »

        C’est vrai! L’Absolu se fout d’occuper toute la place, puisqu’il l’occupe déjà. Par contre ce que nous croyons être sur ce plan comme acteur ou comme spectateur, occupe une place de par ses croyances qu’il prend pour réelle, qu’il prend pour absolu. Et tant qu’il ne renoncera pas à prendre cette place, à occuper ce rôle, à jouer ce personnage, tant qu’il ne capitulera pas dans son identification illusoire à ce corps, à cette vie, à cette histoire, tant qu’il ne mourra pas à lui-même, dans le moi ou dans le Soi, ce qu’il Est réellement ne pourra Être, et ce qu’il Est de toute éternité c’est un Absolu.
        L’Absolu est l’Être au-delà de tout être, au-delà de tout « Je Suis ». On ne peut l’approcher par le concept, on ne peut qu’en faire l’expérience. Sans ça, il est normal et raisonnable d’en douter. La croyance est une approche, l’expérimenter est une certitude.
        Merci à vous!

      • avatar
        17 janvier 2014 à 20 08 09 01091
        Permalink

        Ce qui est, c’est l’Absolu, c’est l’ultime, on ne peut aller au-delà!

  • avatar
    17 janvier 2014 à 19 07 23 01231
    Permalink

    @Robert Gil

    Merci de nous rappeler le mythe de Platon sur la caverne, un mythe qui me troublait quand je le lisais car je me mettais à la place de ces êtres enchaînés. Finalement, c’est un beau modèle de l’esclavage humain.

    Le changement est difficile. Parce qu’il nous insécurise, parfois on préfère l’enchaînement parce qu’il est familier.

    Sortir de la caverne de nos esprits conditionnés, élargir nos points de vue, c’est ce que j’aurais envie de dire.

    Carolle Anne Dessureault

Commentaires fermés.