L’Europe, paradis de… l’évasion fiscale!

Recherche menée par Robert Gil

Il est marrant de constater comme certaines informations passent pratiquement inaperçues et ne soulèvent pas plus de polémiques ou de révoltes parmi les médias et l’opinion publique. Une information qui prouve que l’on se fait voler chaque jour par des crapules qui mettent en danger notre vie et celles de nos enfants ne déclenche aucune contestation sérieuse. Un scandale de plus prouvant que dés le départ les dés sont pipés et que tout ce que l’on nous dit sur « les caisses sont vides » ou « il n’y a plus d’argent » sont strictement des mensonges démagogiques. « On ne peut plus payer les retraites« , « la sécu est en déficit « ou « le travail coute cher« , ces affirmations véhiculées par la propagande devraient définitivement voler en éclat devant le scandale Junker … mais personne ne réagit. Le citoyen lambda a parfaitement intériorisé et accepté sa domestication programmée !

Lorsqu’à l’été dernier il s’est agi de désigner le président de la Commission Européenne, nul ne pouvait ignorer que Jean-Claude Juncker, qui était le candidat de la droite (sorti en tête des élections européennes), était aussi le candidat des paradis fiscaux. Depuis, il a été révélé que le chef de la Commission Européenne, qui dirige l’Europe de fait, avait pendant des décennies trafiqué avec des centaines de multinationales, des détournements d’impôts. Cet homme qui exige rigueur budgétaire, la baisse des déficits, et le paiement des dettes, a travaillé à désorganiser cette rigueur, à saboter les équilibres budgétaires. L’Europe entière est en cause et toute cette politique d’austérité qui lui porte malheur. C’est une affaire Cahuzac à la puissance 10 000, il ne s’agit pas de 600 000 euros, mais de centaines de milliards, on parle de 3800 fonds de pension qui déposaient 2400 milliards d’euros, en tout cas cela concerne 340 multinationales, dont 58 françaises. C’est à dire 58 grandes entreprises françaises qui blanchissaient là-bas leur argent pour ne pas payer d’impôt à notre République. Il ne s’agit pas de 400 millions ou de 800 millions dont on parle de ci de la pour les prélever sur les allocations familiales ou sur nos petites retraites. Il ne s’agit pas de 9 milliards retirés à notre Sécurité sociale, à notre santé, ou de 11 milliards retirés aux collectivités territoriales, mais de centaines de milliards de détournement, de fraude, on parle de 60 milliards par an, dans l’enquête Luxleaks. Des milliards qui manquent à la France, à notre budget, à notre protection sociale, à nos salaires…

La personnalité et la situation de Monsieur Junker étaient connues de tous, mais cela n’a pas gêné la plupart des sociaux-démocrates, François Hollande inclus, qui ont accepté de l’introniser. On a même vu Daniel Cohn-Bendit appeler ses amis Verts à faire de même, en vain. À ces derniers, Jean-Claude Juncker a été jusqu’à promettre de « lutter contre la fraude et l’évasion fiscales », promesse réitérée en séance plénière. Hier, interrogé sur le « Luxembourg Leaks » lors de son premier point de presse, Jean-Claude Juncker a promis de ne pas intervenir dans l’enquête européenne sur la pratique fiscale de « tax ruling » qui vise le Luxembourg et trois autres pays. Ne pas intervenir n’est pas tout à fait ce qu’on attendrait d’un responsable politique déterminé à lutter contre l’évasion fiscale.

Et pendant ce temps-là, en France, comme si cela ne suffisait pas, on donne 41 milliards au Medef, à Pierre Gattaz, mais celui-ci, enhardi par ces offres sans contre partie, se permet maintenant d’exiger le licenciement sans motif, la suppression des délégués du personnel, des comités d’entreprises, des CHSCT, la fin de toute durée légale du travail, la fin des 35 h, la suppression de jours fériés, la fin du Smic, la fin du code du travail, des prud’hommes, la fin des contrôles et la casse de l’inspection du travail, la fin de la médecine du travail, le contrôle accru des chômeurs, la fin du paiement des cotisations sociales… Jamais, il ne s’était tant permis, alors, il serait peut être temps de lui dire « stop », à lui et à ses semblables, tous ces PDG qui, alors que les salaires sont bloqués, se goinfrent de centaines de Smic, et à toutes ces multinationales qui, plutôt que d’augmenter le salaire des salariés, et partager un peu tant s’en faut les richesses produites, préfèrent remplir à l’infini des coffres dans les paradis fiscaux .

Dans un premier temps, un moyen simple de lutter contre l’évasion fiscale consisterait à rétablir « la souveraineté fiscale » en taxant les bénéfices là où ils sont réalisés. C’est ce que recommandait l’OCDE dans un document à destination du G20 publié en septembre. Mais c’est sans doute contraire à la religion néolibérale des Jean-Claude Juncker ou autre Pierre Gattaz et consort … Dormez braves gens, mais attention au réveil !

Jean PEUPLUS

« La politique est le moyen pour des hommes sans principe de diriger des hommes sans mémoire »…Paul VALÉRY

Voir : LE PATRONAT AVAIT ANNONCÉ LA COULEUR DEPUIS LONGTEMPS

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