À propos de liberté… le renard et les poules

Recherche menée par Robert Gil

eusesSur un site connu, j’ai relevé ce commentaire d’un internaute à propos du droit du travail et  des conventions collectives au sein des entreprises, commentaire complètement en phase avec la propagande idéologique dominante et le laisser faire en faveur de la main invisible du marché : « A chaque fois que vous avez une augmentation de la réglementation, vous avez une diminution de la liberté contractuelle. Aucun juriste n’a jamais discuté ce point. Il est évident. »

Oui, sauf un détail que cet internaute semble ignorer ou plus exactement occulter : pour pouvoir parler de « liberté contractuelle » il faut qu’il y ait égalité dans le rapport de force, sinon, c’est le rapport du fort au faible, où ce dernier n’a d’autre choix que de se soumettre ou de mourir.

Bref, dans ce cas précis, l’augmentation de la réglementation du droit du travail a permis une augmentation de la liberté contractuelle, en rééquilibrant ou plutôt en posant une limite plancher dans ce que peut demander un « patron » à ses  salariés.

Mais c’est vrai que pour les néo libéraux and Co, il n’y a qu’une seule liberté, celle des capitalistes les autres n’ayant aucun espace de liberté propre, n’ont d’autre liberté que celle d’obéir aux premiers. On ne trouve guère de juristes qui discutent ce point, mais on le comprend aisément !

Dans une société complexe, ce sont les règles qui permettent la liberté contractuelle et l’absence de règles, c’est à dire quand elles découlent de l’arbitraire et non de la recherche d’équilibre, d’équité, qui l’interdit. Mais encore une fois, un juriste ne défend pas la justice, il défend celui qui le paie, donc, celui qui domine et définit « la liberté contractuelle ». Sur ce point, tous les juristes sont effectivement d’accord.

Bien sûr dans notre société, ceux qui avant tout pâtissent de cette liberté, ce sont ceux qui sont exclus des prises de décisions, et qui ne possèdent que leur force de travail pour essayer d’y vivre. Mais,  je n’ai pas de considération pour un salarié occidental qui peste contre la baisse de son salaire et de ses conditions de travail, quand dans le même temps, il ne pense qu’à consommer des produits pas chers à l’achat, mais très chers en terme de coûts humain et social.

Je suis comme le bon dieu de Bossuet, je me ris de ceux qui vénèrent les causes dont ils déplorent les conséquences. Alors la situation continue de se dégrader pour les salariés français ?

Bien fait pour eux, tant qu’ils ne se battront que pour défendre leur petite propriété, ils défendront la propriété du grand capital. Tant qu’ils défendront les intérêts de leur microscopique épargne, ils défendront celle des spéculateurs. Tant qu’ils ne verront que leur propre situation contre celle des autres travailleurs, ils ne feront au final que défendre la mentalité de ceux là même qu’ils dénoncent, les riches.

Bref, ce n’est pas la richesse qui les gêne, mais le fait de ne pas être EUX riches à la place des riches… D’ailleurs, suffit de voir combien d’argent ils jouent au loto. Désolé, mais ces gens là méritent leur sort. Ils ne veulent pas la justice sociale, ils veulent une injustice qui soit de leur coté.

Parce que la société est composée de plus de 90% de salariés, alors, si le moins de 1% des propriétaires des moyens de productions peuvent continuer à récolter le fruit du travail des salariés, c’est qu’il faut y voir la complicité de la majorité de ces salariés, qui regardent ce qu’ils peuvent eux même grappiller ou éviter de perdre, plutôt que de prendre le contrôle de l’appareil économique, et se tourner vers ceux qui sont encore traités en esclaves et ceux qui sont laissés sur la touche.

On ne peut à la fois rêver de devenir riche et en même temps vouloir la justice sociale, les deux sont incompatibles, et comme la majorité des gens rêvent encore de devenir riche, ils n’ont rien à foutre de la justice sociale, sauf le fait d’être soi même un peu juste socialement !

La liberté exige une grande discipline intérieure, la servitude un minimum et l’esclavage aucune, car la discipline est imposée de l’extérieur. Trop de gens sont des serviteurs qui ne rêvent pas de liberté, mais ont simplement peur de redevenir esclaves. Pourtant, on peut rester serviteur tout en allant vers la liberté, simplement en cessant de servir la volonté de maîtres, mais en servant sa volonté de justice, c’est à dire, en servant l’intérêt général et non plus des intérêts particuliers.

D’après des réflexions d’ Hervé Hum

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes »… Karl Marx

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