Action non-violente pour la séparation du MEDEF et de l’État

Recherche menée par Robert Gil

 tirLa meilleure façon de séparer le Medef de l’État serait de lui enlever le poids économique qu’il fait peser sur l’Etat. Si ce poids économique, c’était nous qui l’exercions, l’Etat serait obligé de nous respecter. Quel poids économique reste-t-il aux citoyens ? Celui d’être salarié et de faire la grève ? Certainement pas ! A l’heure de la précarité généralisée et des CDI jetables, c’est quasiment du suicide et pour les autres la perte de salaire est importante à l’heure où les prélèvements  automatiques sur nos fiches de paye n’est pas négligeable.

Dans notre société actuelle, c’est-à-dire capitaliste, on travaille pour pouvoir être consommateur. Etre à la fois travailleur et consommateur confère à l’Homme son véritable statut social et lui vaut d’être perçu comme un « bon citoyen ». La grève classique, celle du travailleur, permet de faire pression sur ceux qui utilisent la force du travail, c’est-à-dire les employeurs et plus rarement sur le gouvernement, en cas de grève générale. La grève du travail a ses limites, en termes de mobilisation et d’efficacité. L’augmentation du chômage, la précarisation du travail et l’affaiblissement des syndicats, notamment dans le secteur privé, contribuent à diminuer sensiblement l’utilisation de ce moyen d’action. La « Grève générale de la consommation », quant à elle, concerne le second terme de l’équation du « bon citoyen », le consommateur.

Si nous analysons bien les choses, c’est nous, tous ensembles, qui avons le pouvoir absolu dans cette société de consommation. Notre consommation ou notre « grève de la consommation »pourrait mettre à genoux, tant les capitalistes que le gouvernement à leurs bottes. Le jour où les consommateurs comprendront leur force et s’en serviront,  ils pourront tout imposer, à commencer par le retrait de la loi d’esclavage d’El-khomri.

La grève des achats serait également un coup porté aux symboles de notre exploitation, tant en tant que producteurs (salariés) qu’en tant que consommateurs (manipulés par la pub et le marketing) ; Lancer un boycott d’un jour par semaine, des Carrefour (dont le PDG s’augmente outrageusement) ou des Auchan (dont la famille Mulliez planque les profits dans des paradis fiscaux) et autre Casino (qui exploite inhumainement les gérants de leur suppérettes) serait d’abord un coup de semonce pour l’économie. Puis augmenter la pression en organisant les grèves des achats de tout ce qui est superflu dans les injonctions à consommer de la pub et du marketing. Obtenir le retrait de la loi de précarité à vie ne mérite-il pas de se passer de son coca-cola quotidien, de son jeans pré-usé et pré-déchiré à la dernière mode, du dernier gadget électronique « indispensable » pour péter plus haut que son voisin, ou de déserter les restos et les salles de cinéma ?

La forme dont il est question ici est l’équivalent de la grève générale classique. Cette action part du constat que les équilibres budgétaires sont précaires et sensibles à une faible variation des paramètres économiques. On a pu le constater avec la crise économique amorcée en 2008 qui a fait exploser les déficits des Etats et qui a provoqué un accroissement de l’endettement.

Le but de la « grève générale de la consommation » est de faire pression sur le gouvernement en provoquant une baisse des recettes fiscales et de la TVA collectée en particulier, pour l’obliger à adopter un certain nombre de mesures revendiquées avec détermination par les grévistes de la consommation. Rappelons que la TVA représente près de 50% des recettes fiscales et qu’elle constitue l’impôt le plus injuste car, proportionnellement, elle touche davantage les plus pauvres.

La « grève générale de la consommation » consisterait, pour ceux qui décideraient de s’y lancer, à réduire sensiblement leurs dépenses pour faire chuter, au niveau national, les recettes de TVA. Ainsi, si 20% de la population baissait de 25% ses dépenses soumises à TVA, les recettes de TVA baisseraient de 5%, ce qui représenterait 2,5% des recettes totales de l’Etat soit environ 7 milliards d’euros, si on y inclut les taxes assises sur la consommation, comme la Taxe intérieure sur les produits pétroliers.

La pression sur le gouvernement serait double,  directement par la baisse des recettes et son impact sur les finances de l’Etat, et indirectement par la pression que ne manquerait pas d’exercer sur le gouvernement un patronat désireux de revenir à une situation économique « normale ». Ainsi un « bras de fer » s’exercerait entre le gouvernement et une partie importante des citoyens déterminés à le faire plier pour qu’il accède à ses revendications et qu’aucune répression policière ne pourra stopper.

La « grève générale de la consommation » est une forme d’action qui présente l’avantage d’être non violente, de pouvoir être suivie par chaque citoyen, quel que soit son milieu social, quel que soit son âge, qu’il soit actif ou inactif. Chacun peut y contribuer selon ses moyens, selon son engagement politique ; ce n’est pas une action « tout ou rien ».

Cependant, contrairement à la grève générale classique qui doit être massive et limitée dans le temps, la « grève générale de la consommation » ne peut être que progressive pour que la mobilisation puisse se développer et doit s’étaler sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour être efficace.

Hormis quelques sacrifices de confort somme toute relatifs, les « grévistes de la consommation » n’ont rien à y perdre, ils peuvent même y gagner puisqu’en dépensant moins ils vont faire des économies, contrairement à la grève du travail. Ils feront prendre conscience au reste de la population résignée devant la remise en cause des acquis sociaux, qu’il s’agit-là d’un moyen efficace d’action.

Évidemment il est tout à fait possible de coupler la grève de la consommation à des grèves classiques … c’est même recommandé, sauf dans le cas de blocage des raffineries d’essence, ou dans ce cas la, le geste militant est de contribuer à la pénurie en allant faire son plein !

Transmit par CAPUCIN (Merci à Pierre Tourev et à Bel Avenir)

« Le déficit de l’Etat était l’objet même de spéculations. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Or chaque emprunt fournissait à l’aristocratie une nouvelle occasion de rançonner l’Etat, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans des conditions toujours plus défavorables. »…Karl Marx La lutte des classes en France. 1850

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *